IMC ou VO2 Max : qu’est-ce qui compte le plus pour la santé ?

Auteur: Aline Legrand

Publié le:

IMC ou VO2 Max : qu’est-ce qui compte le plus pour la santé ?
La VO2 Max prédit mieux les risques de santé mais est plus difficile à calculer que l’IMC.

Les praticiens médicaux utilisent depuis longtemps l’indice de masse corporelle (IMC) pour évaluer la santé et prédire le risque de maladie, mais cette mesure imparfaite a été critiquée. La VO2 max, autrefois réservée aux athlètes d’élite, est en train de se démocratiser. Le Dr Sohaib Imtiaz explique quel indicateur, IMC ou VO2 max, fait la meilleure prédiction de santé.

Quelle mesure, IMC ou VO2 max, est le meilleur indicateur de santé ?

Selon le Dr Imtiaz, la VO2 max est généralement un meilleur indicateur de  santé car elle mesure les fonctions cardiorespiratoires et musculaires, alors que l’IMC ne représente que le poids par rapport à la taille.

La VO2 max reflète la capacité maximale des systèmes cardiovasculaire et respiratoire à acheminer l’oxygène vers les muscles squelettiques en activité. Elle mesure l’efficacité d’utilisation de l’oxygène et est considérée comme la référence absolue pour l’état cardiorespiratoire : le cœur, les poumons, le système vasculaire et les muscles squelettiques.

Une étude de 2025 a examiné les effets de l’état cardiorespiratoire et de l’IMC sur la mortalité. Elle a révélé que les personnes en surpoids mais en bonne condition physique et les personnes obèses mais en bonne condition physique ne présentaient pas d’augmentation significative de la mortalité par rapport aux personnes de « poids normal » également en bonne condition physique. En revanche, les individus en mauvaise condition physique, quel que soit leur poids (ceux ayant la condition cardiorespiratoire la plus faible), y compris les personnes de poids normal, présentaient un risque de mortalité deux à trois fois plus élevé.

Les personnes ayant un état cardiorespiratoire ou une VO2 max élevée, même si elles sont en surpoids ou obèses, ont un risque de mortalité plus faible que les personnes qui ont une VO2 max et une condition cardiorespiratoire faibles, même si ces dernières ont un poids « normal » selon les normes de l’IMC.

Cette étude met en évidence l’importance de l’état cardiorespiratoire et explique pourquoi l’IMC seul ne dit pas tout.

Pourquoi l’IMC fait-il défaut pour prédire la santé ?

L’IMC ne fait pas de distinction entre la masse grasse et la masse maigre. On peut avoir un IMC élevé et beaucoup de muscles, ce qui est bon pour la santé, tout en étant considéré en « surpoids » ou même « obèse ».

Même un excellent état de santé ne sera pas toujours reflété par l’IMC, qui ne permet pas forcément de savoir si on prend la bonne direction pour sa santé.

L’IMC ne tient pas compte de la répartition des graisses. La graisse viscérale ou abdominale pose un risque cardiométabolique beaucoup plus grand que la graisse sous-cutanée et l’IMC ne fait pas la différence entre les deux.

Enfin, il ne s’ajuste pas en fonction du sexe ou de l’âge. L’IMC varie selon les genres, les âges et les origines.  C’est un problème car certains groupes ont un risque plus élevé de souffrir de problèmes de santé, comme le diabète, même avec un IMC normal.

Pourquoi les professionnels de la santé utilisent-ils quand même l’IMC ? 

L’IMC est un calcul très simple et très facile à utiliser, c’est pourquoi il a été largement adopté.

C’est un indicateur rapide et peu coûteux des niveaux de graisse, utilisé pour le dépistage de la population. La plupart des gens (mais pas tous) avec un IMC élevé le doivent à leur masse grasse, donc cela finit par fonctionner dans de nombreux cas.

La VO2 max, en revanche, nécessite des tests de laboratoire spécialisés ou des algorithmes d’estimation et est plus difficile à tester.

Certains trackers de fitness connectés estiment la VO2 max mais ils sont souvent imprécis. Cela peut être un bon moyen de suivre l’évolution de la forme physique mais la valeur absolue d’un appareil connecté n‘est pas fiable à des fins cliniques.

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