Un faible taux de testostérone, ou déficit en testostérone, peut provoquer des symptômes de fatigue, prise de poids et diminution de la libido. Reconnaître ces signes tôt peut aider à rechercher un traitement approprié et à améliorer sa qualité de vie.
Mais cela peut s’avérer difficile car les symptômes associés ne sont pas spécifiques, souvent confondus avec d’autres problèmes. Les hommes plus âgés, en particulier, peuvent ignorer ces signes et les attribuer au vieillissement normal. Il existe néanmoins des signes révélateurs qui justifient une visite chez le médecin. Avec un diagnostic adéquat, il est possible d’explorer des moyens d’augmenter le taux de testostérone, notamment par des changements de mode de vie et un traitement hormonal.
Cet article explique les symptômes d’un taux bas de testostérone et les effets néfastes d’un hypogonadisme non traité sur l’organisme et la qualité de vie. Il explique également comment le déficit en testostérone est diagnostiqué et présente des moyens d’y remédier avec ou sans hormones.
Quels sont les symptômes d’un faible taux de testostérone chez les hommes ?
De la puberté à l’âge adulte, la testostérone joue un rôle central pour la cognition, les niveaux d’énergie, le désir sexuel, l’humeur, la fonction sexuelle, la production de sperme. Une baisse du taux de testostérone peut perturber toutes ces fonctions.
La testostérone est une hormone produite par les testicules des hommes et par les ovaires des femmes. Chez les hommes, elle contribue au développement des caractères sexuels secondaires comme les poils faciaux et corporels et à l’augmentation de la masse osseuse et musculaire. Fréquente chez les hommes plus âgés, une baisse de testostérone peut aussi concerner des hommes plus jeunes et même des adolescents en raison de pathologies congénitales comme le syndrome de Klinefelter, d’infections (les oreillons), de lésions testiculaires, de tumeurs hypophysaires, et même de certains médicaments.
Quelle est la prévalence du déficit en testostérone ?
Des études suggèrent que 1 homme sur 4 âgé de 40 à 70 ans présente un taux bas de testostérone. À 65 ans, plus de 60 % des hommes ont des taux de testostérone bien inférieurs à ceux observés chez les 30 à 35 ans.
L’hypogonadisme touche environ 4 à 5 millions d’hommes aux États-Unis. Bien qu’il puisse survenir à tout âge, un taux bas de testostérone est particulièrement fréquent chez les hommes plus âgés.
Symptômes chez les plus âgés
Les symptômes courants d’un taux bas de testostérone chez les hommes plus âgés sont :
- développement mammaire anormal (gynécomastie),
- diminution des poils faciaux et corporels,
- diminution de la masse musculaire,
- dépression,
- dysfonction érectile,
- fatigue,
- troubles de mémoire,
- bouffées de chaleur,
- irritabilité,
- léthargie,
- perte de concentration,
- baisse de la libido.
Symptômes chez les plus jeunes
Un taux bas de testostérone peut être plus difficile à reconnaître, car les symptômes comme une faible libido ou une dysfonction érectile, couramment observés chez plus âgés, sont parfois absents. En revanche, les hommes plus jeunes atteints d’hypogonadisme peuvent présenter des symptômes non spécifiques comme :
- une gynécomastie,
- moins d’érections spontanées,
- perte de poils corporels et rasage moins fréquent,
- faibles niveaux d’énergie,
- réduction de la taille des testicules (atrophie testiculaire).
Quel est le lien entre le déficit en testostérone et l’infertilité ?
Un taux bas de testostérone n’est souvent pris en compte que lorsqu’un couple ne parvient pas à concevoir et consulte pour des problèmes de fertilité.
Dans 40 % des cas, l’infertilité est attribuée au moins en partie à un hypogonadisme masculin.
Comment savoir si un taux de testostérone est bas ?
Le seul moyen d’en avoir le cœur net est de faire un bilan avec un médecin généraliste ou un spécialiste urologue qui pourra pratiquer une évaluation plus approfondie.
Le diagnostic commence généralement par un examen des symptômes et des antécédents médicaux (incluant les médicaments ou les maladies passées). On pourra également interroger la consommation d’alcool et de tabac, car ceux-ci peuvent aussi influer sur le taux de testostérone.
Ce bilan s’accompagne généralement d’un examen physique pour rechercher des signes de déficit en testostérone, comme un développement mammaire anormal et une atrophie testiculaire.
En plus de l’évaluation des symptômes, l’hypogonadisme peut être diagnostiqué par plusieurs tests sanguins qui permettent de vérifier son taux de testostérone et d’aider à cerner les causes possibles d’un niveau trop bas.
Testostérone totale
Le test de la testostérone totale mesure la quantité de testostérone en nanogrammes par décilitre de sang (ng/dL). Chez les hommes adultes, les valeurs comprises entre 300 et 1 000 ng/dL sont considérées comme normales. Un taux de TT inférieur à 300 ng/dL est jugé bas.
Le taux de testostérone pouvant fluctuer d’un jour à l’autre, deux à trois résultats bas consécutifs sont nécessaires pour poser un diagnostic définitif d’hypogonadisme masculin. Les analyses de sang doivent être réalisées à au moins une semaine d’intervalle, idéalement entre 7 h et 10 h du matin, moment où le taux de testostérone est le plus élevé.
Des tests de testostérone à domicile sont disponibles en ligne et dans de nombreuses pharmacies. Cependant, ils peuvent s’avérer peu fiables, en particulier lorsque le taux de testostérone est bas.
Hormone lutéinisante (LH) et hormone folliculo-stimulante (FSH)
L’hypophyse (glande pituitaire) produit des hormones qui régulent la manière et le moment où les testicules produisent de la testostérone et du sperme. L’hypophyse fait partie du système endocrinien qui régule les hormones dans l’organisme.
Dans le cadre de l’investigation, l’urologue prescrit les tests sanguins pour mesurer les taux de ces deux hormones hypophysaires :
- l’hormone folliculo-stimulante (FSH) : cette hormone indique aux testicules quand produire du sperme. Un taux plus élevé évoque une insuffisance testiculaire primitive et une altération de la production de sperme,
- l’hormone lutéinisante (LH) : elle indique aux testicules quand produire de la testostérone. Le taux de LH normal se situe entre 1,8 et 8,6 unités internationales par litre (UI/L).
Ces tests sont importants car ils permettent d’établir si la cause provient des testicules (l’insuffisance testiculaire primitive s’accompagne d’une élévation de la LH et de la FSH) ou de problèmes hypophysaires (la LH et la FSH sont basses). Le taux de testostérone peut être bas dans les deux cas.
Quels sont les effets d’un taux bas de testostérone ?
Un taux faible de testostérone peut avoir un impact significatif, non seulement au plan physique, mais aussi sur l’humeur, le bien-être, les relations et la qualité de vie.
Effets physiologiques
Un hypogonadisme non traité peut entraîner une perte prononcée de masse musculaire et osseuse au fil du temps, conduisant à une atrophie musculaire, à l’ostéoporose (os poreux) et à un risque accru de fractures de la hanche.
Parallèlement à la perte de masse musculaire, le métabolisme commence également à ralentir. Cela peut entraîner une augmentation de la graisse corporelle et une prise de poids qui, à leur tour, élèvent le risque de pathologies : obésité abdominale, maladie coronarienne, syndrome métabolique, diabète de type 2.
Effets psychologiques et sociaux
Non traité, un taux bas de testostérone peut avoir un impact significatif sur la santé mentale, l’image de soi, la qualité de vie et les relations d’une personne.
C’est particulièrement vrai quand les symptômes de gynécomastie et d’atrophie musculaire commencent à miner la confiance et l’estime de soi. Ces changements sont également liés à un risque accru de stigmatisation, réelle ou perçue, en particulier lorsque l’hypogonadisme survient à un jeune âge.
La dépression directement provoquée par un taux bas de testostérone peut être amplifiée lorsque la baisse de la libido et la dysfonction érectile affectent la vie sexuelle. Il existe une relation de cause à effet : 35 % à 50 % des hommes atteints d’hypogonadisme souffrent de dépression clinique, alors que 63 % des hommes souffrant de dépression clinique présentent un dysfonctionnement sexuel.
Certaines études ont également mis en évidence un lien entre un taux bas de testostérone et des conflits relationnels, non seulement avec les conjoints ou partenaires, mais aussi avec d’autres membres de la famille. Les hommes souffrant d’une dysfonction érectile sévère associée à des niveaux élevés d’anxiété ou de dépression ont tendance à être les plus concernés.
Comment augmenter le taux de testostérone ?
Le traitement substitutif de la testostérone est la principale forme de traitement de l’hypogonadisme masculin. Cependant, tout le monde n’en a pas besoin et certaines personnes doivent impérativement l’éviter.
Le traitement substitutif est généralement recommandé lorsque l’hypogonadisme provoque des symptômes. Sinon, il est rarement envisagé.
En cas d’infertilité, des protocoles spécifiques visant à préserver la fertilité et à stimuler la testostérone sont utilisés, généralement hors indication officielle notamment le citrate de clomiphène ou la gonadotrophine chorionique humaine. L’utilisation hors indication officielle désigne la prescription de médicaments à des fins autres que celles approuvées par les institutions de santé.
La décision de traiter ou non est prise conjointement entre le patient et son médecin en soupesant les bénéfices et les risques potentiels.
Sans prise d’hormones
Si les symptômes ne sont pas prononcés ou si on ne peut / ne veut pas avoir un traitement substitutif, il est possible d’agir sur certains facteurs pour stimuler la testostérone. Cela implique généralement de modifier des aspects du mode de vie qui contribuent au déficit en testostérone.
Ces mesures sont :
- faire de l’exercice régulièrement : l’exercice aérobique régulier et l’entraînement en résistance peuvent stimuler la production de testostérone,
- éviter toutefois le surentraînement : il peut diminuer la testostérone,
- améliorer son sommeil : la testostérone augmente pendant le sommeil paradoxal. Viser sept à huit heures de sommeil non interrompu par nuit, en améliorant l’hygiène de sommeil si nécessaire,
- limiter la consommation d’alcool : une consommation excessive d’alcool peut provoquer un hypogonadisme en raison de la conversion accrue de la testostérone en œstrogènes. Rechercher de l’aide pour arrêter si besoin,
- perdre du poids : la graisse abdominale augmente les niveaux d’une enzyme appelée aromatase, qui convertit la testostérone en œstrogènes. Réduire la graisse abdominale laisse une plus grande quantité de testostérone non convertie,
- gérer le stress : le stress déclenche la libération d’une hormone appelée cortisol, ce qui entraîne une baisse du taux de testostérone. Des techniques de réduction du stress comme la méditation peuvent minimiser cet effet,
- arrêter de fumer : le tabagisme est lié à une diminution de la testostérone chez les plus âgés. Confronté à la difficulté d’arrêter, demander à un médecin d’être orienté vers des aides au sevrage tabagique,
- essayer des remèdes naturels : certaines études suggèrent que les extraits de fenugrec et d’ashwagandha peuvent aider à augmenter le taux de testostérone. Demander un avis médical avant d’utiliser ces remèdes pour valider qu’ils sont sûrs et qu’ils n’interagissent pas avec les médicaments.
Avec des hormones
Le traitement substitutif de la testostérone se présente sous de nombreuses formes, certaines administrant des doses plus élevées (pour traiter un hypogonadisme sévère ou des retards de croissance chez les enfants) et d’autres des doses plus faibles (généralement pour un maintien à long terme).
Le traitement substitutif, disponible uniquement sur ordonnance, se présente sous les formes suivantes :
- comprimés oraux,
- injections intramusculaires (administrées par injection dans un grand muscle),
- patchs transdermiques (une formulation à libération contrôlée portée sur la peau),
- gels ou crèmes topiques (généralement appliqués sur le poignet, la face interne du coude ou l’aine),
- gels intranasaux (appliqués à l’intérieur de la narine),
- comprimés ou films sublinguaux (dissous sous la langue).
Quels sont les bienfaits du traitement substitutif de la testostérone ?
Selon une revue de 27 études publiée en 2019, un traitement substitutif a eu des effets sur la dépression et le dysfonctionnement sexuel des hommes.
- dépression : à une dose supérieure à 0,5 gramme par semaine, le traitement alternatif s’est avéré plus de deux fois plus efficace qu’un placebo (médicament factice),
- dysfonctionnement sexuel : le traitement substitutif a augmenté l’activité sexuelle de 49 % en l’espace de six mois, améliorant l’humeur et le désir sexuel, mais pas nécessairement la dysfonction érectile.
Comment gérer les effets secondaires du traitement à la testostérone ?
Le risque d’effets secondaires varie en fonction du type de testostérone utilisé (notamment l’énanthate de testostérone, le cypionate de testostérone et l’undécanoate de testostérone), de la posologie et de la durée d’utilisation.
Les effets secondaires possibles du traitement substitutif sont :
- acné,
- caillots sanguins,
- gynécomastie,
- risque accru de cancer de la prostate,
- éruption cutanée ou irritation à l’endroit où le médicament a été appliqué,
- réduction de la taille des testicules,
- apnée du sommeil,
- troubles gastriques,
- gonflement des chevilles ou des pieds,
- aggravation d’une hypertrophie de la prostate.
Pour mieux gérer le traitement substitutif à long terme, consulter tous les 3 à 6 mois afin de répéter les analyses de sang et de vérifier la survenue d’effets secondaires. Cela peut impliquer des tests réguliers de l’antigène spécifique de la prostate pour dépister des signes d’hypertrophie ou de cancer prostatique.
À qui le traitement substitutif de la testostérone est-il déconseillé ?
Le traitement substitutif doit être évité par les hommes atteints d’un cancer de la prostate ou du sein non traité car la testostérone peut stimuler la croissance de la tumeur.
Ce traitement est également déconseillé chez les personnes ayant récemment subi une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral et par celles qui souffrent d’insuffisance cardiaque avancée, en raison du risque thrombotique.
Si un taux bas de testostérone est causé par l’hypophyse plutôt que par les testicules, le traitement substitutif ne serait pas d’un grand secours puisqu’il ne modifiera pas les taux de LH ou de FSH. Si l’infertilité constitue une source de préoccupation, des injections de LH et de FSH peuvent être prescrites pour aider à stimuler la production de sperme.
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