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Être dans la lune trop souvent : 11 causes possibles et des solutions

Être trop souvent dans la lune n’est pas (toujours) grave mais c’est parfois embêtant. La fatigue, le stress sont les raisons les plus courantes de ces absences. Il y en a d'autres (médicales).

Être dans la lune est une expression familière pour distrait, rêveur, perdu dans ses pensées, parfois au point de s’absenter vraiment mentalement de la réalité immédiate et de ne plus prêter attention à ce qui se passe autour de soi. La sensation de s’être coupé de ce qui se produit peut être due à la fatigue, au stress ou à une hypoglycémie. Des problèmes de santé plus inquiétants, crise d’épilepsie ou mini AVC, peuvent également provoquer des absences (arrêt momentané de l’attention ou de la conscience). Le stress post-traumatique entraîne parfois aussi un état de défense, appelé dissociation, pour faire face à la souffrance.

Quelles sont les 11 raisons d’être dans la lune trop souvent ?

Au delà de la simple distraction, la fatigue, le stress, l’anxiété, l’hypotension, l’hypoglycémie, la migraine, etc., peuvent, déclencher soit des absences neurologiques, soit un mécanisme de défense, appelé dissociation.

Fatigue

Une fatigue extrême peut nuire au fonctionnement normal du cerveau. Même éveillé et pleinement conscient, il doit lutter pour maintenir sa vigilance et peut produire soudainement un « brouillard mental ».

La plupart des absences sont momentanées pendant quelques secondes ou minutes mais certaines durent plus longtemps. Le surmenage ou un manque de sommeil peuvent en être la cause ainsi qu’un effort physique intense, comme courir un marathon.

Distraction

L’attention est capturée par des stimuli, pensées ou émotions. Cela peut être par ennui en conduisant, en écoutant un discours ou une musique monotone, à cause des notifications de téléphone. L’esprit bascule vers ce qui l’intéresse ou le préoccupe le plus et s’absente.

Un neurotransmetteur appelé acétylcholine est essentiel dans la manière dont le cerveau gère l’attention et la mémoire. Certaines études animales montrent que les niveaux et les voies de communication dans le cerveau changent en fonction de stimuli comme la distraction.

Pendant les épisodes d’absence, le circuit du cerveau peut « dysfonctionner » : le cortex postéro-médian, qui régule la conscience de soi et de l’extérieur, est perturbé par les neurotransmetteurs des signaux nerveux, ou par des problèmes au niveau des nerfs eux-mêmes.

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Stress et anxiété

Le stress, l’anxiété et les absences mentales sont fréquents, même sans être fatigué ou en manque de sommeil. Le cerveau se met en pause momentanément lorsqu’il est surchargé et sous tension.

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Le stress est associé à la libération de cortisol, l’« hormone du stress » qui peut déséquilibrer le fonctionnement cérébral. La dépression, l’anxiété et les taux de cortisol associés peuvent parfois même provoquer une dissociation, indépendamment de toute autre condition de santé mentale comme un trouble de stress post-traumatique.

Hypotension (faible tension artérielle)

L’hypotension peut réduire le flux sanguin vers le cerveau, faisant se sentir étourdi avec la privation d’oxygène. Cela peut également faire perdre l’attention ou la conscience pendant quelques secondes ou minutes en raison du manque d’oxygène (hypoxie) dans les tissus du cortex postéro-médian.

Hypoglycémie (faible taux de sucre dans le sang)

L’hypoglycémie peut faire perdre la conscience pendant une brève période. Le glucose (sucre sanguin) est le principal carburant du système nerveux central.

Lorsque l’hypoglycémie est modérée à sévère, elle peut altérer la fonction cérébrale, entraînant une série de symptômes neurologiques appelés neuroglycopénie. Elle commence généralement par une absence avant de progresser vers la confusion, la somnolence et les convulsions.

Migraine

Les maux de tête migraineux provoquent généralement une douleur intense et unilatérale. Parfois, la douleur peut être si forte qu’elle peut conduire à une perte temporaire de conscience de l’environnement.

Les personnes souffrant de migraines chroniques peuvent également éprouver des épisodes dissociatifs, quelle que soit la gravité de la douleur. Ces épisodes précèdent souvent la douleur réelle du mal de tête et s’accompagnent d’une hypersensibilité et d’une aversion soudaine aux odeurs (osmophobie).

Consommation de substances

De nombreuses drogues psychotropes (altérant l’esprit) peuvent induire un état dissociatif. Certaines après une  surconsommation, d’autres immédiatement.

Ces substances sont réglementées et illicites :

  • alcool,
  • cannabis (marijuana),
  • dextrométhorphane,
  • LSD,
  • mescaline (peyotl),
  • MDMA (ecstasy),
  • oxyde nitreux.
  • psilocybine (champignons magiques),
  • phéncyclidine (PCP),
  • kétamine,
  • Salvia divinorum.

Accident ischémique transitoire

Un accident ischémique transitoire ou « mini-AVC » est bref et réversible et ne cause pas de dommages permanents. Il est provoqué par une insuffisance de flux sanguin vers le cerveau, appelée ischémie, qui peut affecter à la fois le contrôle musculaire et le fonctionnement cérébral.

Les absences neurologiques sont fréquentes, accompagnée de symptômes :

  • faiblesse et/ou perte de sensation d’un côté du corps,
  • confusion ou désorientation,
  • changements de la vision, vision double,
  • étourdissements ou vertiges (sensations de rotation),
  • discours indistinct,
  • problèmes d’équilibre,
  • perte de coordination.

Les symptômes peuvent varier de légers à graves en fonction de l’emplacement et de l’étendue de l’obstruction du flux sanguin.

Crise d’épilepsie

Une crise d’épilepsie est causée par une activité électrique soudaine et erratique dans le cerveau. Elles sont généralement associées à des mouvements corporels incontrôlés mais certaines provoquent un bref épisode de perte de conscience et d’absence.

Les signes courants d’une crise d’absence sont :

  • perte de conscience de 10 à 20 secondes,
  • expression faciale vide,
  • clignements rapides des yeux,
  • oubli de ce qui vient de se passer.

Également appelées crises de petit mal, elles peuvent se produire plusieurs fois par jour si elles ne sont pas traitées. Elles touchent 2 % à 8 % des personnes atteintes d’épilepsie, débutant généralement entre 4 et 8 ans.

Amnésie globale transitoire

L’amnésie globale transitoire est une interruption temporaire de la mémoire à court terme. Cet événement rare peut durer des heures et la personne concernée ne se souvient pas de ce qu’elle a vécu, même en paraissant se comporter normalement pour son entourage.

L’amnésie globale transitoire peut survenir avec l’épilepsie, un AVC ou une lésion cérébrale, mais également se produire à la réception d’une nouvelle choquante, un surmenage physique, ou une immersion soudaine dans de l’eau glacée.

Troubles dissociatifs

Les troubles psychiatriques associés à la dissociation et au sentiment d’être hors de son corps sont :

  • trouble de la personnalité borderline,
  • trouble de dépersonnalisation,
  • amnésie dissociative,
  • trouble dissociatif de l’identité (anciennement appelé « personnalité multiple »),
  • trouble dépressif majeur,
  • trouble panique,
  • syndrome de stress post-traumatique.

Dans ces cas, la dissociation peut être une forme d’autoprotection due à un traumatisme passé ou actuel sévère.

Comment traiter cet état d’être dans la lune ?

Si les épisodes de décrochage mental sont dus à une cause médicale connue, le traitement sera spécifique au diagnostic (stabiliser la glycémie, ajuster des médicaments pour un trouble migraineux).

Il peut être nécessaire de faire diagnostiquer ce type de symptômes par :

  • examen physique,
  • analyses de sang,
  • tests d’imagerie.

Un trouble de santé mentale sous-jacent peut nécessiter un traitement. Le médecin peut orienter vers un spécialiste selon les symptômes.

Quand consulter un médecin ?

Si décrocher implique des pertes de mémoire, se répète souvent, dure, provoque de l’incontinence ou des blessures, il peut s’agir d’un problème médical :

  • épisodes répétés : sans raison évidente comme un gros projet au travail,
  • perte de mémoire : ne pas pouvoir se souvenir des événements survenus ou de choses faites pendant l’épisode de décrochage,
  • comportement étrange : égarer des objets pendant les épisodes ou agir d’une manière inhabituelle,
  • perte de contrôle des intestins ou de la vessie : ne pas réaliser devoir aller aux toilettes ou ne pas pouvoir s’y rendre à temps,
  • blessure : se blesser parce qu’on est dans la lune, ne pas se souvenir comment cela s’est produit et prendre des risques,
  • durée : les périodes de déconnexion ont tendance à durer plus de quelques minutes.

Discuter avec un médecin des facteurs qui pourraient augmenter le risque d’une cause médicale comme le diabète, l’obésité ou le tabagisme.

Comment prévenir le risque de décrochage mental ?

Décrocher pour cause d’ennui, fatigue, stress ou une petite anxiété n’est généralement pas une préoccupation médicale grave. S’il s’agit d’un problème de santé, la prévention passe par un rendez-vous chez le médecin.

Voici quelques conseils pour aider à rester dans le présent :

  • dormir suffisamment : améliorer l’hygiène du sommeil (éviter la nourriture et les appareils électroniques avant le coucher, maintenir une routine de sommeil régulière et créer un environnement idéal avec une chambre sombre et fraîche),
  • gérer le stress : pratiques corps-esprit comme des exercices de respiration, de méditation, de yoga, de sophrologie et de relaxation musculaire progressive. Les techniques de pleine conscience peuvent améliorer la réponse au stress et aider à mieux le supporter,
  • écoute active : pour éviter de s’égarer dans des situations professionnelles ou sociales, rester concentré grâce à l’écoute active. Cela peut aider à donner un sens aux mots et à utiliser des signaux physiques, comme hocher la tête, pour rester pleinement engagé.

En situation soudaine de décrochage mental, trouver un moyen de stimuler les sens : s’étirer, sauter, marcher rapidement, écouter la radio, s’asperger le visage d’eau froide ou utiliser l’aromathérapie pour se ré-ancrer dans le moment présent.

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