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Deux portions de cacahuètes par jour pourraient aider votre cerveau selon cette étude

Deux portions quotidiennes de cacahuètes grillées non salées peuvent, chez des seniors en bonne santé, améliorer légèrement le flux sanguin cérébral, la mémoire verbale et la tension systolique

Avec l’âge, beaucoup de personnes craignent de perdre la mémoire ou de “ne plus avoir les idées claires”. La bonne nouvelle est qu’on découvre peu à peu que certaines habitudes simples peuvent soutenir le cerveau au quotidien.

Une étude menée au Maastricht University Medical Center, aux Pays-Bas, a observé qu’environ 2 portions de cacahuètes par jour (60 g de cacahuètes grillées non salées, avec la peau) étaient liées à une meilleure circulation du sang dans le cerveau chez des adultes de 60 à 75 ans. Le flux sanguin cérébral a augmenté d’environ 3,6 %, la matière grise d’environ 4,5 %, et la pression artérielle systolique a baissé d’environ 5 mmHg.

Ces résultats ne représentent pas un traitement de la maladie d’Alzheimer. On ne guérit pas une démence en mangeant des cacahuètes. Il s’agit plutôt d’une piste sérieuse pour soutenir la santé du cerveau avec l’âge, en plus d’autres piliers comme l’activité physique, un bon sommeil et une alimentation variée. Une petite habitude quotidienne, facile à mettre en place, peut devenir une brique de plus dans cette base.

Ce que la science dit sur les cacahuètes et le cerveau

L’étude a inclus 31 hommes et femmes âgés de 60 à 75 ans, en assez bonne santé, avec un poids stable. Les personnes avec allergie aux arachides, diabète, maladie cardiaque ou autre problème sérieux n’y ont pas participé.

Chaque participant a suivi deux périodes de 16 semaines. Dans une phase, il ne consommait pas de cacahuètes ni d’autres fruits à coque. Dans l’autre phase, il mangeait chaque jour 60 g de cacahuètes grillées, sans sel ajouté, avec la peau. Un intervalle de 8 semaines séparait les deux périodes pour laisser le temps au corps de “revenir à zéro”.

Au début, au milieu et à la fin de chaque phase, l’équipe a mesuré la tension artérielle, analysé le sang et noté les apports alimentaires. À la fin de chaque période, les volontaires ont passé une IRM pour mesurer le flux sanguin cérébral, ainsi que des tests de mémoire verbale. L’essai était randomisé et contrôlé, ce qui renforce la qualité des données, mais le nombre de participants reste limité, avec un groupe plutôt en bonne santé.

Un petit essai, mais bien conçu

Les chercheurs ont utilisé un design dit “cross-over”. Chaque personne suit les deux conditions, avec et sans cacahuètes, à deux moments différents. Elle sert donc en quelque sorte de “contrôle” pour elle-même.

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Ce type de plan réduit l’impact des grandes différences entre individus, par exemple le niveau de forme physique, les habitudes de sommeil ou le régime de base. Des spécialistes en neurologie et en nutrition, qui n’étaient pas liés à l’étude, ont salué ce choix de méthode, jugé sérieux pour un travail sur l’alimentation.

La taille du groupe reste toutefois modeste, avec 31 personnes seulement. Cela limite la force statistique des résultats et leur généralisation à d’autres profils, en particulier ceux qui ont déjà des maladies chroniques. Des études plus grandes et plus longues seront nécessaires pour confirmer et préciser ces effets.

Des résultats encourageants sur le flux sanguin cérébral

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Pendant la phase avec cacahuètes, le flux sanguin global dans le cerveau a augmenté d’environ 3,6 %, et la matière grise d’environ 4,5 %. Certains territoires ont montré des hausses encore plus marquées.

Le lobe frontal a vu son flux sanguin augmenter d’environ 6,6 %. Cette zone intervient surtout dans la prise de décision, la planification et le contrôle de l’attention. Le lobe temporal a connu une hausse d’environ 4,9 %. Il joue un rôle clé dans la mémoire et le langage.

Le sang apporte au cerveau l’oxygène et les nutriments dont il a besoin pour penser, se concentrer et mémoriser. Une meilleure irrigation de ces zones, en particulier, peut donc donner un terrain plus favorable au bon fonctionnement cognitif au quotidien.

Une légère amélioration de la mémoire verbale

Les tests de mémoire verbale ont montré un petit gain pendant la phase avec cacahuètes. Les participants ont par exemple reconnu en moyenne un mot de plus sur une liste, par rapport à la période sans cacahuètes.

Ce progrès reste modeste. Il ne transforme pas la mémoire du jour au lendemain. Il est cependant cohérent avec l’augmentation du flux sanguin dans les régions du langage et de la mémoire. On peut y voir un signe que cette habitude alimentaire soutient la fonction cognitive, sans pour autant agir comme un “remède” aux troubles de la mémoire.

Impact sur la tension artérielle et le risque cardiovasculaire

Les mesures de tension ont montré une baisse moyenne de 5 millimètres de mercure pour la pression systolique pendant la période avec cacahuètes. La pression systolique correspond au chiffre le plus élevé sur le tensiomètre, celui qui reflète la pression quand le cœur se contracte.

D’autres études ont montré qu’une réduction même modérée de la pression systolique peut réduire le risque de crise cardiaque et d’AVC. Comme les artères du cœur et celles du cerveau forment un système unique, ce type de bénéfice peut aussi profiter à la santé cérébrale à long terme.

Un cœur qui pompe de façon efficace, avec des artères souples et peu abîmées, envoie un sang riche en oxygène vers le cerveau. Une tension mieux contrôlée limite également les micro-lésions des petits vaisseaux cérébraux, qui peuvent s’accumuler avec l’âge et peser sur les capacités de mémoire et d’attention.

Forces et limites : une étude prometteuse mais encore précoce

Des experts indépendants, comme un neuroscientifique basé à Seattle et un médecin interniste à New York, ont jugé cette étude intéressante. Ils ont salué la qualité du protocole, le caractère contrôlé et randomisé, ainsi que l’usage d’IRM pour mesurer de façon objective la circulation du sang dans le cerveau. Le fait de relier ces données à des tests de mémoire renforce la cohérence du résultat.

Ces mêmes experts rappellent plusieurs limites importantes. Le nombre de participants est faible, ce qui réduit la solidité statistique des conclusions. Les volontaires étaient relativement homogènes, plutôt en bonne santé, ce qui ne reflète pas toute la diversité des personnes âgées dans la population générale. La durée reste limitée à quelques mois.

Il faut aussi mentionner que l’étude a été financée par une fondation liée à la filière cacahuètes. Les chercheurs ont encadré étroitement l’analyse des données pour réduire les biais, mais cette information doit rester en tête au moment de interpréter les résultats.

En résumé, on ne peut pas promettre de prévenir la démence avec des cacahuètes. On peut seulement dire que, chez des seniors en bonne santé, deux portions quotidiennes de cacahuètes grillées avec la peau ont été associées à un meilleur flux sanguin cérébral, à une légère amélioration de la mémoire verbale et à une tension artérielle un peu plus basse.

Pourquoi 2 portions de cacahuètes par jour pourraient aider votre cerveau

Cette étude s’inscrit dans un ensemble plus large de travaux qui lient l’alimentation à la santé du cœur et du cerveau. Les cacahuètes intéressent les chercheurs car elles sont riches en nutriments qui soutiennent les vaisseaux sanguins et les cellules nerveuses.

Elles apportent des protéines, des graisses dites « bonnes », des polyphénols, des antioxydants et un acide aminé appelé L-arginine. Les cacahuètes grillées avec la peau semblent encore plus riches en fibres et en composés protecteurs que les cacahuètes sans peau.

Protéines et bonnes graisses : du carburant stable pour le cerveau

Le cerveau a besoin d’un flux d’énergie stable pour fonctionner jour et nuit. Les pics de sucre rapides suivis de chutes brutales peuvent nuire à la concentration et à la stabilité de l’humeur.

Les cacahuètes fournissent des protéines végétales et des graisses insaturées, qui aident à stabiliser la glycémie sur plusieurs heures. Une petite poignée de cacahuètes forme une collation rassasiante qui limite les fringales et les coups de fatigue en milieu de journée. Ce carburant plus régulier peut soutenir les neurones sur la durée, en complément d’autres sources de glucides complexes comme les céréales complètes ou les légumineuses.

Polyphénols et antioxydants : protéger les cellules du cerveau

Les antioxydants sont des molécules qui aident à limiter les dégâts causés par le stress oxydatif. Ce phénomène correspond à une accumulation de dommages dans les cellules, due en partie aux radicaux libres produits par le métabolisme ou par des facteurs extérieurs, comme la pollution ou le tabac.

Les cacahuètes contiennent des polyphénols, un type d’antioxydants que l’on retrouve aussi dans le chocolat noir ou les fruits rouges. Des experts citent d’ailleurs ces aliments comme possibles alternatives pour les personnes qui ne mangent pas de cacahuètes.

La peau des cacahuètes est une zone particulièrement riche en fibres, en protéines et en composés antioxydants, selon des travaux menés par des instituts agricoles. Cela explique pourquoi l’étude néerlandaise a choisi des cacahuètes grillées avec la peau, plutôt que des cacahuètes blanches ou très transformées.

L-arginine et circulation sanguine cérébrale

La L-arginine est un acide aminé présent dans les cacahuètes. Le corps l’utilise pour produire de l’oxyde nitrique, une substance qui détend les parois des vaisseaux sanguins. Quand les vaisseaux se relâchent, le sang circule plus facilement, ce qui peut réduire la tension artérielle et améliorer l’apport d’oxygène aux organes.

Ce mécanisme offre une explication possible aux hausses de flux sanguin observées dans le cerveau des participants qui consommaient des cacahuètes. Le lien exact entre L-arginine, oxyde nitrique et performance cognitive reste à préciser, mais l’idée générale est claire : mieux le sang circule, mieux les neurones reçoivent ce dont ils ont besoin pour soutenir la mémoire, l’attention et le raisonnement.

Lien entre santé du cœur et santé du cerveau

Les fondations de neurologie rappellent souvent un principe simple : un cœur en bonne santé aide à garder un cerveau en bonne santé. On peut se représenter le système cardiovasculaire comme un réseau de routes qui alimentent aussi bien le cœur que le cortex cérébral.

Des artères souples, peu obstruées, laissent passer un flux stable de sang vers les deux organes. Une tension artérielle trop élevée, au contraire, abîme peu à peu les parois des vaisseaux. Des plaques se forment, la circulation se fait moins aisée, et le cerveau reçoit moins bien l’oxygène nécessaire à ses tâches.

Les résultats de l’étude sur la baisse de la pression systolique et l’augmentation du flux sanguin cérébral s’intègrent dans cette vision globale. Un même aliment peut donc soutenir à la fois le cœur et le cerveau, à condition de s’inscrire dans une alimentation équilibrée et un mode de vie sain.

Comment ajouter 2 portions de cacahuètes par jour sans risque et sans excès

Même si les résultats paraissent encourageants, il reste important d’intégrer les cacahuètes avec prudence. Elles sont énergétiques, peuvent déclencher des allergies sévères et, selon leur forme, apporter trop de sel ou de sucre. L’objectif est de viser la simplicité, la sécurité et la modération.

Quelle quantité viser et à quoi cela ressemble dans l’assiette

La quantité utilisée dans l’étude correspond à environ 60 g de cacahuètes par jour. Pour une personne, cela revient à deux petites poignées. On peut imaginer une poignée en collation le matin et une autre l’après-midi, ou bien répartir la dose entre plusieurs repas.

Une option pratique consiste à ajouter des cacahuètes à un yaourt nature, à un bol de porridge ou à une salade de crudités. Il est préférable de choisir des cacahuètes grillées, non salées, avec la peau, afin de se rapprocher des conditions de la recherche et de limiter l’excès de sodium.

Cette portion apporte une quantité non négligeable de calories. Les personnes qui surveillent leur poids peuvent adapter le reste de leur alimentation, par exemple en réduisant d’autres sources de graisses moins intéressantes sur le plan nutritionnel.

Précautions : allergies, sel, poids et maladies chroniques

Pour les personnes allergiques aux arachides, la règle est claire : éviter totalement les cacahuètes, même en petite quantité. Dans ce cas, seul un avis médical permet d’évaluer les risques et d’envisager des stratégies adaptées.

Les cacahuètes salées, enrobées de sucre, de miel ou de pâte croustillante ne constituent pas un bon choix à long terme pour le cœur et le cerveau. Elles augmentent l’apport en sel, en sucre ou en graisses de mauvaise qualité, ce qui va à l’encontre de l’objectif recherché.

Les personnes qui vivent avec un diabète, une maladie cardiaque, une insuffisance rénale ou d’autres troubles métaboliques devraient parler avec leur professionnel de santé avant d’augmenter fortement leur consommation de graisses, même d’origine végétale. La modération reste la règle, car les cacahuètes sont très denses en énergie. Dans la plupart des cas, deux portions suffisent largement.

Alternatives pour ceux qui ne mangent pas de cacahuètes

Certaines personnes ne peuvent pas manger de cacahuètes, d’autres n’aiment tout simplement pas leur goût. Il existe heureusement des options riches en polyphénols et en bonnes graisses qui peuvent soutenir les vaisseaux sanguins.

Des experts citent les noix, les amandes, les noisettes ou les pistaches comme exemples de fruits à coque intéressants. Le chocolat noir riche en cacao et les fruits rouges sont aussi des sources connues de polyphénols, avec des effets potentiels sur la santé vasculaire.

L’idée n’est pas de chercher un aliment parfait, mais de varier les sources de nutriments protecteurs. Une alimentation riche en végétaux, en céréales complètes, en légumineuses et en gras insaturés apporte une diversité de composés bénéfiques pour le cerveau et le reste du corps.

Intégrer les cacahuètes dans une routine globale pour le cerveau

Les cacahuètes peuvent s’inscrire dans une stratégie globale de protection du cerveau. Elles ne remplacent pas l’exercice physique régulier, qui améliore aussi la circulation sanguine cérébrale. Elles ne remplacent pas un sommeil suffisant, la stimulation mentale ou le maintien de liens sociaux, qui jouent un rôle important dans le vieillissement cognitif.

On peut plutôt les voir comme un outil simple du quotidien, facile à intégrer à un goûter ou à un repas. De petits gestes quotidiens, répétés dans le temps, peuvent se cumuler : quelques poignées de cacahuètes, une marche active, une lecture stimulante, une soirée avec des proches, un contrôle régulier de la tension artérielle.

Cette vision globale aide à garder une attitude réaliste. Les cacahuètes soutiennent, mais ne guérissent pas. Elles complètent, mais ne remplacent pas, les autres piliers de la santé du cerveau.

A retenir

L’étude réalisée aux Pays-Bas suggère qu’environ deux portions quotidiennes de cacahuètes grillées non salées avec la peau peuvent, chez des seniors en bonne santé, améliorer légèrement le flux sanguin cérébral, la mémoire verbale et la tension systolique. Ces résultats sont encourageants, mais restent limités par le petit nombre de participants et la durée modérée de l’essai.

Les cacahuètes n’offrent pas une protection garantie contre la maladie d’Alzheimer ou les autres formes de démence. Elles peuvent néanmoins faire partie d’un mode de vie favorable au cerveau, centré sur une alimentation équilibrée, l’activité physique, le sommeil et le suivi des facteurs de risque cardiovasculaires.

Si vous n’êtes pas allergique aux arachides et que votre médecin ne voit pas de contre-indication, vous pouvez envisager d’ajouter de petites poignées de cacahuètes à vos repas ou collations. Gardez cependant une vision d’ensemble : la santé du cerveau se construit jour après jour, à partir d’un ensemble cohérent d’habitudes, et la recherche continue d’apporter de nouvelles pièces à ce puzzle.

 

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