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Couper les glucides, pas les graisses, pour mieux calmer l’appétit chez les femmes

Sur huit semaines, un régime plus pauvre en glucides a semblé mieux réduire certaines envies de sucre chez des femmes , comparé à un régime pauvre en graisses, à calories et protéines égales.

Avez-vous déjà eu l’impression que votre faim se réveille juste en voyant une vitrine, une pub, ou un plat sur la table, même après un repas correct ? Cette sensation n’a rien de rare, et elle ne se résume pas à un manque de volonté.

En décembre 2025, une étude clinique courte a remis ce sujet au centre, chez des femmes vivant avec un lipœdème et une obésité. Sur huit semaines, un régime plus pauvre en glucides a semblé mieux réduire certaines envies, comparé à un régime pauvre en graisses, à calories et protéines égales.

Avant d’aller plus loin, clarifions une idée simple. La faim “physique” vient d’un besoin d’énergie (ventre vide, baisse d’énergie). L’envie “pour le plaisir” vient surtout du cerveau, de l’habitude, et des signaux autour de nous (odeurs, images, stress). L’article explique ce que l’étude montre, ce que cela peut changer au quotidien, et les limites à garder en tête.

Pourquoi couper les glucides peut calmer les envies de manger chez les femmes

Les glucides influencent la glycémie, c’est-à-dire le taux de sucre dans le sang. Quand on mange des glucides rapides (sucre, boissons sucrées, viennoiseries), la glycémie monte vite. Le corps répond en libérant de l’insuline, une hormone qui aide à faire entrer ce sucre dans les cellules.

Le problème, c’est le “grand huit”. Chez certaines personnes, la glycémie redescend vite après le pic. Et quand elle chute, le cerveau réclame un carburant rapide. Résultat, une fringale arrive, souvent sur des aliments très salés ou très sucrés.

Il y a aussi l’effet “signal”. Les glucides très appétissants se marient souvent avec du sel, des textures croustillantes, et des arômes forts. Cela nourrit le circuit de la récompense. L’odeur d’une pizza, le visuel d’un dessert, la pause café, tout peut déclencher une envie qui ne vient pas de l’estomac.

Une baisse des glucides peut aider à lisser ces hauts et bas, et à réduire l’effet de certains signaux. Ce n’est pas une vérité pour tout le monde. C’est une piste, appuyée ici par un essai court, sur une population précise.

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Faim “de plaisir” et signaux alimentaires, ce que l’étude a mesuré

La faim hédonique (ou faim “de plaisir”) décrit l’envie de manger pour le goût, l’odeur, ou le contexte, et non par besoin d’énergie. C’est un peu comme une notification sur votre téléphone. Elle attire l’attention, même si ce n’est pas urgent.

Dans l’étude, les chercheurs ont utilisé un questionnaire validé, le Power of Food Scale. Il évalue à quel point une personne se sent attirée par la nourriture selon trois situations. Quand la nourriture est “disponible” (on sait qu’elle est là). Quand elle est “présente” (on la voit ou on la sent, sans l’avoir goûtée). Et quand elle est “goûtée” (l’expérience est en cours).

Le point clé, ici, est la catégorie “nourriture présente”. Elle reflète l’impulsion qui monte face à un plat posé devant soi, avant même la première bouchée.

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Hormones et cerveau, pourquoi les glucides peuvent jouer sur les envies

Deux hormones reviennent souvent dans ce débat: l’insuline et la ghréline. L’insuline ne sert pas qu’à gérer le sucre. Elle envoie aussi des signaux au cerveau et peut influencer les circuits liés à la récompense. La ghréline, souvent appelée “hormone de la faim”, peut aussi agir sur ces circuits, en modulant l’envie et l’attrait pour certains aliments.

Des travaux antérieurs suggèrent qu’une baisse des glucides peut réduire certains signaux hormonaux, et améliorer la sensibilité à l’insuline chez plusieurs profils. Cela peut changer la manière dont le cerveau répond aux “indices” alimentaires, comme l’odeur d’un snack.

On voit aussi, dans la littérature sur les régimes très pauvres en glucides, des hypothèses sur le rôle du système nerveux, avec plus de GABA (un messager qui freine l’excitation), et moins d’inflammation au niveau cérébral. Il faut rester clair: le régime de l’étude n’était pas présenté comme un régime cétogène strict. Ces éléments servent de contexte, pas de preuve directe.

Ce que l’étude 2025 sur le lipœdème a vraiment trouvé (et ce qu’elle n’a pas prouvé)

Cette recherche est une analyse secondaire d’un essai randomisé, mené chez 70 femmes avec lipœdème et obésité. Les participantes ont suivi l’un des deux régimes pendant huit semaines. Les deux groupes avaient le même apport énergétique, 1200 kcal par jour, et le même apport en protéines, 60 g par jour. La différence venait surtout de la part de glucides et de lipides.

Le résultat le plus parlant touche la réactivité aux signaux alimentaires. Dans le groupe pauvre en glucides, le score lié à “nourriture présente” a baissé après l’intervention. En clair, les participantes rapportaient moins d’envie déclenchée par le simple fait de voir ou sentir la nourriture.

Un autre point concerne l’alimentation émotionnelle. Dans le groupe pauvre en glucides, un aspect de cette alimentation a diminué. Cela renvoie au fait de manger quand l’humeur baisse, ou quand le stress monte, sans vraie faim.

Dans le groupe pauvre en graisses, on a observé une hausse de l’alimentation “restreinte”, qui correspond à un contrôle plus mental (se retenir, surveiller, compter). Ce type de contrôle peut aider à court terme, mais il peut aussi fatiguer, surtout si la faim reste vive.

Point important: toutes les catégories globales d’alimentation n’étaient pas différentes entre groupes. Plusieurs changements étaient surtout visibles “à l’intérieur” d’un groupe, avant et après les huit semaines. Ce n’est pas un verdict final, c’est un signal.

Régime pauvre en glucides vs pauvre en graisses, les apports comparés

Dans le groupe pauvre en glucides, l’objectif tournait autour de 75 g de glucides par jour. Dans le groupe pauvre en graisses, l’objectif était plus élevé en glucides, autour de 180 g par jour, avec environ 27 g de lipides par jour.

Comme les calories et les protéines étaient identiques, l’étude isole mieux l’effet de la répartition des macronutriments, au moins sur la période courte.

Les résultats les plus parlants, moins d’envies face à la nourriture, moins d’alimentation émotionnelle

La baisse du score “nourriture présente” parle à beaucoup de gens. C’est l’envie qui surgit quand le plat est là, même si vous aviez prévu “juste un peu”. Une baisse de ce signal peut rendre les choix plus calmes, et les repas moins tendus.

La baisse d’un volet de l’alimentation émotionnelle va dans le même sens. Quand les envies sont moins explosives, il devient plus simple d’attendre, de respirer, et de choisir. À l’inverse, une hausse du contrôle mental sous régime pauvre en graisses peut donner l’impression d’être “en régime” toute la journée, ce qui use vite.

Comment tester une baisse de glucides sans se compliquer la vie

Réduire les glucides ne veut pas dire vivre sans pain ni fruits. L’idée la plus utile, pour l’appétit, est de choisir les glucides qui déclenchent le plus de pics, puis de les remplacer par des options plus stables.

Un exemple simple: remplacer un petit-déjeuner sucré (céréales, jus) par un petit-déjeuner avec protéines (yaourt nature, œufs, fromage blanc) et fibres (fruit entier, graines, ou légumes selon l’habitude). C’est moins “flash”, plus durable. Le but reste la satiété, pas la punition.

Au déjeuner et au dîner, garder une base protéinée aide beaucoup. Ajoutez des légumes en volume, puis une portion de féculent si besoin, en restant sur des formes moins raffinées (riz complet, légumineuses si elles passent bien, pommes de terre refroidies puis réchauffées). Et n’ayez pas peur des graisses de qualité, car le “zéro gras” rend souvent les repas tristes et peu rassasiants.

Les changements qui aident le plus, réduire les glucides raffinés et garder des protéines

Les glucides qui posent le plus de souci, côté envies, sont souvent les plus simples: sodas, bonbons, pâtisseries, pain blanc, biscuits, snacks “sans faim”. Les réduire peut suffire à changer l’après-midi.

Les protéines à chaque repas soutiennent la satiété. Les fibres aident aussi, via le volume et le transit. Les bonnes graisses (huile d’olive, noix, poisson gras) renforcent le rassasiement, sans pousser à manger plus quand les portions restent claires.

Repères simples et signes que ça marche (ou pas)

Quand la stratégie marche, la faim devient plus stable. Le grignotage lié au stress baisse. Les envies face à la nourriture visible perdent en force. Vous restez capable de dire “oui” ou “non”, sans lutte constante.

Si vous vous sentez fatiguée, irritable, ou constipée, ajustez plutôt que d’insister. Ajoutez des légumes, buvez plus, et discutez du sel et des apports avec un pro de santé, selon votre contexte. Remontez aussi un peu les glucides “lents” si le sommeil se dégrade. Un test sur deux à trois semaines, avec un suivi de votre ressenti, donne souvent une réponse claire.

À qui cela peut convenir, et quand demander un avis médical

L’étude porte sur des femmes avec lipœdème et obésité. On doit rester prudent avant de généraliser à toutes les femmes, ou à tous les objectifs (perte de poids, sport, troubles digestifs).

Le lipœdème est une maladie chronique, presque toujours féminine, avec un excès de tissu adipeux surtout sur les jambes et les hanches, et souvent une douleur, des bleus faciles, et une sensation de lourdeur. Il est souvent confondu avec l’obésité, même si les deux peuvent coexister. Il apparaît ou s’aggrave souvent lors de périodes de changements hormonaux, comme la puberté, la grossesse, ou la ménopause.

Demandez un avis médical si vous avez un diabète traité (surtout avec insuline ou sulfamides), si vous êtes enceinte, si vous avez une maladie rénale, ou des antécédents de troubles du comportement alimentaire. Et si l’objectif calorique est très bas, comme 1200 kcal, il faut un cadre clair, car ce n’est pas toujours adapté à la “vraie vie”.

Lipœdème, hormones, inflammation, pourquoi l’appétit peut être différent

Dans le lipœdème, des changements du tissu graisseux, une inflammation locale, et des effets vasculaires peuvent interagir avec les signaux de faim. Le stress et l’image du corps comptent aussi. Quand on vit avec douleur et jugement social, l’alimentation émotionnelle peut devenir un refuge, puis une source de culpabilité. C’est un cercle qu’il faut traiter avec respect.

Les limites de l’étude et ce qu’on attend encore de la recherche

Huit semaines, c’est court. L’échantillon reste modéré. Les mesures reposent sur des questionnaires, utiles, mais liés au ressenti. Les calories étaient fixées, ce qui ne reflète pas un contexte libre. On attend des études plus longues, avec un suivi de l’adhésion, de la qualité des aliments, et des effets sur le poids, la douleur, la santé cardio-métabolique, et la qualité de vie.

En quelque slignes

Chez des femmes avec lipœdème et obésité, une baisse des glucides a été associée à moins d’envies déclenchées par la nourriture visible, et à une baisse d’un volet de l’alimentation émotionnelle. Le régime pauvre en graisses a surtout renforcé le contrôle mental, ce qui peut être lourd à tenir.

Ce n’est pas une règle universelle, mais c’est une piste simple à tester, avec des protéines, des fibres, et de bons lipides. Choisissez un seul changement concret, par exemple retirer les boissons sucrées, et observez votre faim pendant trois semaines. Si votre santé est fragile, ou si les émotions prennent trop de place, un avis médical vaut mieux qu’un bras de fer quotidien.

 

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