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Besoin d’uriner en rentrant chez soi : pourquoi est-ce incompressible ?

Le besoin d’uriner au moment de rentrer chez soi concerne beaucoup de gens. Ça presse ! Rééducation vésicale et autres thérapies peuvent aider à se retenir.

Vous avez fait des courses toute la matinée, et maintenant, une envie pressante d’uriner ! Vraiment très urgente. Juste le temps de rentrer chez vous. Au moment de mettre la clé dans la porte, vous sentez les vannes lâcher. Que se passe t-il, pourquoi cette envie incompressible ? Le besoin d’uriner en rentrant chez soi touche des milliers de personnes. L’urologue, Emily Slopnick, explique pourquoi cela arrive et comment éviter ce type de problème.

Qu’est-ce que ce besoin d’uriner en rentrant chez soi ?

Ce phénomène est aussi appelé « syndrome de la clé dans la porte ».

Il se produit lorsqu’on rentre chez soi, au moment de mettre la clé dans la serrure. Il s’agit d’une incontinence de type « par impériosité », c’est à dire un besoin soudain et fort d’uriner.  Déverrouiller ou ouvrir la porte sont déclencheurs.

L’incontinence par impériosité n’est pas une maladie mais souvent le symptôme d’un autre problème vésical car le « syndrome de la clé dans la porte » apparaît rarement seul. La vessie hyperactive est la raison la plus courante : uriner plus souvent que d’habitude ou soudainement très fortement.

Il est probable qu’une fréquence ou une urgence urinaires se produisent à d’autres moments, sans avoir été particulièrement remarquées. Là, c’est le moment précis de mettre la clé dans la serrure ou d’ouvrir la porte de chez soi qui attire l’attention. Généralement, les personnes atteintes urinent également plus souvent tout au long de la journée ou pendant la nuit. Elles peuvent aussi avoir des accidents occasionnels.

Quelles sont les causes de « l’incontinence de la clé dans la porte » ?

Le cerveau et la vessie entretiennent une relation étroite.

Des signaux du cerveau indiquent à la vessie quand retenir l’urine et quand la libérer. Cette connexion explique pourquoi il est parfois difficile de se retenir d’uriner au moment de rentrer chez soi.

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Le cerveau et la vessie sont habitués au schéma d’uriner après être rentré à la maison. A un moment, le cerveau repère le déclencheur comme la clé dans la serrure et envoie le signal à la vessie de se lâcher, même avant d’avoir atteint les toilettes.

Toutes les personnes qui courent aux toilettes dès qu’elles rentrent chez elles n’ont pas une incontinence de ce type. Certains facteurs augmentent le risque :

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  • âge : les plus de 40 ans sont plus susceptibles d’avoir tout type d’incontinence par impériosité, comme ce syndrome,
  • constipation : l’accumulation de selles dures dans le côlon peut exercer une pression sur la vessie et aggraver l’incontinence,
  • ménopause : le risque d’incontinence par impériosité est plus élevé,
  • conditions neurologiques : des pathologies peuvent sensibiliser les nerfs de la vessie et déclencher l’envoi de signaux indésirables à celle-ci par le cerveau (diabète, sclérose en plaques, maladie de Parkinson, séquelles d’ accident vasculaire cérébral),
  • infections des voies urinaires : elles peuvent irriter la paroi de la vessie, et déclencher la contraction involontaire des muscles.

Peut-on entraîner la vessie à résister au besoin incompressible d’uriner en rentrant chez soi ?

Cette incontinence impétueuse risque de créer de l’embarras mais il y a des solutions pour la canaliser.

L’entraînement de la vessie peut aider à bloquer le besoin d’uriner en rentrant chez soi. Comme « l’incontinence de la clé dans la serrure » se produit à ce moment précis, elle peut être anticipée.

  • éviter ou diminuer les irritants pour la vessie : la caféine, les boissons gazeuses et les aliments acides ou épicés peuvent irriter la vessie et augmenter le risque d’urgence et d’accidents,
  • vider sa vessie : aller aux toilettes à l’extérieur du domicile, même sans besoin. Tellement habitué(e) à se retenir, on peut ne pas ressentir l’envie d’y aller dans un lieu public, alors qu’il est préférable d’avoir la vessie vidée en rentrant chez soi,
  • tenir un journal : noter chaque jour d’une semaine environ, si certaines choses pourraient aggraver le problème (repas, boissons, activités) et si une urgence ou des accidents se sont produits au même moment,
  • s’arrêter et se détendre : en arrivant chez soi, ne pas se précipiter immédiatement vers la porte d’entrée et les toilettes. S’asseoir dehors ou dans sa voiture quelques instants pour “raisonner le cerveau”. Faire un exercice de respiration profonde ou du plancher pelvien (Kegel) peut aider à perdre cette habitude. Toutefois, ne pas forcer la vessie trop longtemps à résister et filer tranquillement aux toilettes une fois à l’intérieur.

Plusieurs semaines peuvent être nécessaires pour observer une différence après ces changements. Persévérer car ces conseils donnent satisfaction à beaucoup de gens.

Quels sont les autres traitements disponibles ?

Si ces mesures ne fonctionnent pas, ne paniquez pas.

De nombreuses personnes ont de bons résultats avec de la kinésithérapie du plancher pelvien : elles apprennent des exercices spécifiques pour retrouver le contrôle de leur vessie.

Il existe également des médicaments, des injections et des procédures pour calmer les signaux nerveux anormaux et réduire l’urgence.

Enfin, ne partez pas du principe que cette incontinence est une fatalité. Les fuites urinaires, bien que courantes, ne sont pas normales en vieillissant.

L’incontinence par impériosité est traitable : éviter les urgences améliore la  qualité de vie.

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