
De manière simple et efficace, il est possible de prévenir l’Alzheimer en marchant et en faisant des promenades régulières, surtout chez les personnes porteuses d’un gène qui augmente le risque de cette pathologie cognitive.
La marche est déjà associée à une amélioration de la santé cérébrale chez les personnes âgées et à la prévention de la démence. Mais une nouvelle recherche, présentées lors d’une conférence internationale sur la maladie d’Alzheimer, conclut que marcher davantage aide à ralentir le déclin cognitif de personnes porteuses d’une variante génétique appelée APOE e4, qui augmente le risque accru de démence.
L’auteure principale de l’étude, Cindy Barha, PhD, professeure adjointe en neurosciences à l’Université de Calgary et titulaire de la chaire de recherche du Canada en neurosciences, santé du cerveau et exercice, relève aussi que, naturellement, tout le monde peut bénéficier de marcher.
Comment les gènes affectent-ils le risque d’Alzheimer ?
Tout le monde est porteur d’une variante du gène APOE (apolipoprotéine E), qui joue un rôle dans le transport du cholestérol et d’autres types de graisses dans le sang.
On pense que des dysfonctionnements de ce système contribuent au développement de la maladie d’Alzheimer.
Le gène APOE a trois variantes :
- APOE e2 : c’est sa forme la moins courante liée à un risque plus faible de maladie d’Alzheimer. On estime qu’environ 8 % des personnes sont porteuses de ce gène,
- APOE e3 : la forme la plus courante (portée par 78 % des personnes) qui ne semble pas affecter le risque,
- APOE e4 : portée par environ 14 % des personnes, liée à la fois à un risque accru de maladie d’Alzheimer et à une maladie plus grave.
Pour cette analyse, la Dre Barha et son équipe ont examiné comment la marche affecte le risque de maladie d’Alzheimer selon les différentes variantes du gène APOE.
L’étude a utilisé les données de près de 3 000 Américains qui ont participé à l’étude Health, Aging, and Body Composition. Les participants étaient âgés de 70 à 79 ans au début du projet.
Ils ont déclaré eux-mêmes la fréquence de leurs marches en remplissant un questionnaire standardisé.
Après 10 ans de suivi, les auteurs de l’étude ont constaté que :
- les participants porteurs du gène APOE e4 présentaient un déclin plus important de leurs performances cognitives que les porteurs de l’APOE e3,
- les personnes avec l’APOE e2 bénéficiaient d’une certaine protection contre le déclin cognitif,
- les personnes avec la variante APOE e4 ont particulièrement gagné grâce à la marche.
Cette étude s’ajoute à un nombre important de publications sur les bienfaits de l’exercice : comme ici, la marche déclarée par les participants a été associée à moins de déclin cognitif chez les porteurs de l’APOE e4.
Cela ne signifie pas que la marche n’est pas bénéfique pour tout le monde mais l’effet le plus fort est chez les porteurs de la variante APOE e4.
De quelle façon prévenir l’Alzheimer en marchant ?
L’analyse actuelle n’a pas permis d’évaluer si la fréquence, la durée ou l’intensité de la marche faisaient une différence mais a montré que la marche en soi était protectrice.
Cependant, Cindy Barha a souligné des recherches antérieures selon lesquelles des femmes âgées, qui marchaient simplement environ 1,6 km par jour, avaient 13 % de risques en moins de connaître un déclin cognitif sur une période de 6 à 8 ans.
Une autre étude portant sur plus de 74 000 adultes a révélé que de 3 800 à 9 800 pas par jour pouvaient suffire à réduire le risque de déclin mental.
Comment la marche peut-elle diminuer le risque d’Alzheimer ?
L’exercice en général stimule la production d’une substance appelée facteur neurotrophique dérivé du cerveau.
Cette protéine soutient la croissance et la survie des cellules nerveuses.
Elle agit comme un engrais pour le cerveau, produit naturellement, surtout si on est physiquement actif(ve). Elle aide les cellules cérébrales à survivre, grandir et former des connexions plus fortes. Cela favorise la mémoire (en particulier dans l’hippocampe, le centre mémoriel du cerveau), l’apprentissage et l’humeur.
La recherche montre également que l’exercice, comme la marche, améliore la circulation sanguine vers le cerveau et son maintien en bon état de fonctionnement.
Pourquoi l’étude a-t-elle des limites reconnues ?
Les résultats sont basés sur un grand nombre de participants et une longue période de suivi de 10 ans, mais c’est une étude observationnelle auto-déclarative.
Le niveau de preuve est donc inférieur à celui d’une étude clinique soigneusement contrôlée qui aurait pu suivre les données de marche avec plus de précision (par exemple, à l’aide d’appareils de suivi).
Des recherches basées sur des résultats quantifiables fourniraient des données plus précises, comme la quantité de marche requise pour ralentir significativement le déclin cognitif. L’auteure de l’étude suggère qu’un essai impliquant une intervention de marche prescrivant la quantité, la durée et l’intensité pourrait apporter un vrai plus de connaissances.
Que faire pour ralentir le déclin mental ?
Pour marcher plus au quotidien, voici quelques conseils :
- se lever régulièrement et marcher tout au long de la journée, surtout si on reste beaucoup de temps assis,
- aller marcher avec d’autres personnes, parler aide à passer le temps et stimule le cerveau,
- marcher au lieu de prendre le volant ou les transports en commun, dans la mesure du possible,
- s’il faut conduire, se garer au fond du parking pour devoir marcher un peu,
- prendre les escaliers autant que possible plutôt que l’ascenseur ou l’escalator.
Sources :
NHI : marcher stabilise la fonction cognitive dans la maladie d’Alzheimer sur un an
JAMA Network : étude prospective sur l’activité physique et le déclin cognitif chez les femmes âgées
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.
PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.