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Causes et traitements de la pellagre

La pellagre est une maladie grave qui peut affecter sévèrement la qualité de vie et la santé d'une personne, voire entraîner la mort.

La pellagre est une maladie due à une carence en vitamine B3, ou niacine, un nutriment essentiel au métabolisme énergétique, à la santé de la peau et au fonctionnement du système nerveux. Bien que rare dans les pays industrialisés, elle demeure préoccupante dans certaines régions du monde ou chez les personnes souffrant de troubles nutritionnels ou d’absorption. Non traitée, cette affection peut être fatale. Découvrons ses causes, ses symptômes et les meilleures stratégies de prévention et de traitement.

Qu’est-ce que la pellagre ?

La pellagre apparaît lorsque l’organisme manque de niacine ou n’est plus capable de l’utiliser correctement. On distingue deux formes principales :

  • Pellagre primaire : causée par un apport alimentaire insuffisant en niacine ou en tryptophane (acide aminé précurseur de la niacine). Elle est fréquente dans les régions où l’alimentation repose presque exclusivement sur le maïs non traité, dont la niacine est sous forme de niacétine, non assimilable par le corps humain.
  • Pellagre secondaire : due à une mauvaise absorption intestinale ou à des troubles métaboliques empêchant la conversion du tryptophane en niacine. Elle touche notamment les personnes souffrant de maladies chroniques ou de dépendance à l’alcool.

La niacine est présente dans les viandes, les œufs, les poissons, les légumineuses et certains fruits et légumes. Le corps peut aussi en produire à partir du tryptophane, fourni par des aliments comme le poulet, le soja ou les graines de tournesol. Pour connaître en détail les bienfaits de la niacine, il est utile de comprendre son rôle dans la production d’énergie et la protection cellulaire.

Les symptômes typiques de la pellagre

La pellagre se manifeste classiquement par la triade des « trois D » : diarrhée, dermatite et démence. Ces signes reflètent la gravité du déficit en vitamine B3 et l’atteinte simultanée du système digestif, de la peau et du cerveau.

1. Troubles gastro-intestinaux

Les premiers symptômes concernent souvent l’appareil digestif. La diarrhée chronique, avec des selles liquides et fréquentes (au moins trois par jour), est le signe le plus caractéristique. Elle entraîne rapidement une déshydratation, une perte d’appétit et une malnutrition. D’autres signes digestifs incluent :

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  • nausées et vomissements ;
  • douleurs abdominales et indigestion ;
  • ulcères buccaux et langue gonflée ;
  • perte de poids progressive.

Ces symptômes traduisent un affaiblissement global du système digestif, compromettant l’absorption des nutriments. Pour approfondir le sujet, découvrez les causes et symptômes de la diarrhée et leur lien avec les carences nutritionnelles.

2. Manifestations dermatologiques

La dermatite pellagreuse est caractéristique : la peau devient rouge, épaissie, squameuse et douloureuse, notamment sur les zones exposées au soleil (visage, cou, avant-bras). L’éruption autour du cou forme parfois un « collier » typique, appelé collier de Casal. Avec le temps, la peau peut brunir et se fissurer.

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Les lèvres et les paupières peuvent également être touchées : la chéilite (fissures aux coins de la bouche) et la blépharite angulaire (inflammation des paupières) sont des signes précoces. Ces atteintes cutanées, souvent douloureuses, traduisent un déficit cellulaire profond en niacine, indispensable au renouvellement cutané.

3. Troubles neurologiques et psychiatriques

Les conséquences sur le cerveau sont parfois dramatiques. Les premiers signes sont souvent discrets — anxiété, irritabilité, troubles du sommeil ou dépression — mais la maladie peut évoluer vers des troubles cognitifs sévères. Les formes avancées se manifestent par :

  • confusion mentale et pertes de mémoire ;
  • délires, hallucinations, voire psychose ;
  • rigidité musculaire et réflexes exagérés ;
  • désorientation et comportements incohérents.

Sans traitement, la pellagre peut aboutir à une altération profonde des fonctions cérébrales et, dans les cas extrêmes, à la mort. Ces complications justifient une prise en charge médicale rapide.

Les causes et facteurs de risque

La pellagre primaire survient essentiellement dans les contextes de malnutrition chronique, en particulier dans les populations dont le régime repose sur le maïs non enrichi. Dans les pays développés, où les farines sont souvent enrichies en vitamines B, cette forme est devenue rare.

La pellagre secondaire est plus fréquente et peut résulter de :

  • troubles de l’absorption intestinale (maladie de Crohn, maladie cœliaque, dialyse chronique) ;
  • alcoolisme chronique, qui altère la transformation du tryptophane en niacine ;
  • carences multiples liées à la malnutrition, à l’anorexie ou à l’itinérance ;
  • maladies métaboliques rares comme la maladie de Hartnup ou le syndrome carcinoïde ;
  • prise prolongée de certains médicaments, tels que l’isoniazide utilisé contre la tuberculose.

L’alcoolisme joue un rôle majeur, car il perturbe l’absorption intestinale, réduit l’appétit et détourne le métabolisme des protéines nécessaires à la synthèse de la niacine. Cette pellagre alcoolique est souvent confondue avec le syndrome de sevrage ou d’autres troubles neurologiques.

Diagnostic et traitement de la pellagre

Le diagnostic repose sur l’association des trois symptômes majeurs : diarrhée, dermatite et démence. Le médecin peut également confirmer la carence par des analyses de sang et d’urine mesurant le taux de niacine et de ses dérivés métaboliques.

Le traitement repose sur une supplémentation immédiate en vitamine B3 et sur la correction des déséquilibres nutritionnels. Les recommandations générales sont les suivantes :

  • Apport alimentaire accru en niacine : viandes maigres, poissons, œufs, légumineuses, arachides, graines de tournesol, champignons.
  • Supplémentation vitaminique : administration de niacine ou de nicotinamide (300 à 500 mg par jour pendant quelques jours) sous supervision médicale.
  • Correction des carences associées, notamment en vitamine B1 et B6, indispensables au métabolisme énergétique. Pour renforcer ces apports, privilégiez les aliments riches en vitamine B1.
  • Hydratation et rééquilibrage électrolytique pour compenser les pertes dues à la diarrhée.
  • Traitement de la cause sous-jacente dans les cas secondaires (alcoolisme, maladies digestives, médicaments).

Les symptômes s’améliorent généralement dès les premiers jours du traitement, avec une récupération complète en une à deux semaines si la prise en charge est rapide.

Apports journaliers recommandés en niacine

Les besoins varient selon l’âge et la situation physiologique :

  • 14 à 16 mg par jour pour les adultes ;
  • 18 mg pour les femmes enceintes ou allaitantes ;
  • 6 à 16 mg pour les enfants et adolescents.

Respecter les apports nutritionnels recommandés en vitamine B3 est essentiel pour éviter toute carence. Une alimentation variée, riche en protéines, reste la meilleure protection. Par ailleurs, certains troubles digestifs, comme une diarrhée matinale fréquente, peuvent réduire l’absorption des vitamines du groupe B et accroître le risque de pellagre.

À retenir

La pellagre est une maladie de carence évitable si l’alimentation est équilibrée et suffisamment diversifiée. Elle illustre l’importance de la micronutrition dans la santé globale. Dans les populations à risque, la fortification des aliments et la sensibilisation à la consommation de protéines variées ont permis de faire reculer cette pathologie. Cependant, chez les personnes souffrant de troubles d’absorption, d’alcoolisme ou de malnutrition, une surveillance clinique et biologique reste indispensable. Un diagnostic précoce et une supplémentation adaptée permettent une guérison rapide et évitent les complications neurologiques irréversibles.

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