Des ultra‑sons capables de diriger le flux sanguin : jusqu’où ira la médecine de précision ?
Des chercheurs montrent que des ultra‑sons basse fréquence peuvent modifier la viscosité du sang et influencer la circulation. Une piste futuriste pour traiter maladies cardiovasculaires, Alzheimer ou diabète, sans chirurgie ?
Les ultra‑sons sont surtout connus comme un outil d’imagerie médicale. On pense aussitôt à l’échographie de grossesse ou aux examens cardiaques. L’appareil permet de “voir” à l’intérieur du corps grâce à des ondes sonores à haute fréquence, sans rayons X, et sans douleur. Depuis quelques années, une autre idée progresse en parallèle. Et si ces ondes pouvaient aussi servir à agir sur les tissus, et non plus seulement à les observer ?
Une équipe de l’Université de technologie de Kaunas (KTU), en Lituanie, publie des résultats qui vont clairement dans cette direction. Selon les données présentées le 18 mai 2026, des ultra‑sons basse fréquence peuvent modifier directement les propriétés du sang, en jouant sur la façon dont les globules rouges s’agrègent ou se séparent. En changeant certains paramètres, les chercheurs parviennent à augmenter ou à diminuer la viscosité du sang, avec l’idée de mieux contrôler la circulation et l’oxygénation des tissus. Pour l’instant, il s’agit d’expériences de laboratoire sur des échantillons de sang, mais le concept ouvre une perspective inédite : influencer la microcirculation à distance, sans injection ni cathéter.
Comment des ultra‑sons peuvent‑ils « pousser » ou « libérer » les globules rouges ?
Pour comprendre cette approche, il faut revenir à un principe de physique : la force de radiation acoustique. Quand une onde sonore traverse un milieu comme le sang, elle transfère une partie de son énergie aux particules qu’elle rencontre. Sur des cellules comme les globules rouges, cela peut créer une sorte de “poussée” mécanique. Des travaux publiés dans le Journal of the Acoustical Society of America décrivent comment cette force acoustique permet de déplacer, piéger ou regrouper de petites particules dans un liquide, un principe déjà utilisé pour expulser des calculs rénaux ou manipuler des microbilles en laboratoire.
L’équipe lituanienne a étudié deux régimes d’ondes différents. Avec des ultra‑sons à haute fréquence, ils observent la formation d’ondes stationnaires qui poussent les globules rouges dans certaines zones de pression. Les cellules ont alors tendance à se coller les unes aux autres, formant des agrégats qui rendent le sang plus visqueux. À l’inverse, avec des ultra‑sons de basse fréquence, les ondes sont dites “voyageuses”. Elles créent des forces de cisaillement capables de dissocier ces amas de globules rouges en cellules isolées. Selon les chercheurs, ce phénomène de “désagrégation” n’avait encore jamais été mis en évidence de cette façon. Quand les globules rouges se séparent, des espaces apparaissent entre eux, la viscosité diminue, et toute la surface de chaque cellule peut mieux participer aux échanges d’oxygène dans les capillaires.
De la circulation au cerveau : quelles applications en cardiologie et neurologie ?
Si l’on peut influencer la viscosité du sang et la façon dont il circule, les applications potentielles sont nombreuses. Les chercheurs de Kaunas évoquent plusieurs pistes. La première concerne les maladies cardiovasculaires, où une augmentation locale du flux sanguin pourrait aider certains tissus à mieux s’oxygéner. Pendant la pandémie de Covid‑19, l’équipe s’était déjà demandé si des ultra‑sons bien réglés pouvaient améliorer les échanges entre l’oxygène et l’hémoglobine dans les poumons, pour soutenir les patients en détresse respiratoire. L’idée serait de faciliter le passage de l’oxygène dans un sang parfois plus visqueux ou mal perfusé.
Dans le cerveau, les ultra‑sons sont déjà testés pour ouvrir de façon transitoire la barrière hémato‑encéphalique, cette structure qui protège le tissu cérébral mais complique aussi l’arrivée de certains médicaments. Des études publiées dans The Lancet Oncology montrent que des ultra‑sons focalisés, combinés à de microbulles, peuvent ouvrir localement cette barrière pour permettre à des chimiothérapies de mieux atteindre des tumeurs comme le glioblastome. Des essais sont en cours en neurologie, notamment dans la maladie d’Alzheimer, pour améliorer l’apport de médicaments ou moduler la microcirculation cérébrale. Les travaux sur le sang renforcent cette dynamique : si les ultra‑sons basse fréquence peuvent fluidifier le sang dans des zones ciblées, ils pourraient, à terme, aider à mieux perfuser des régions cérébrales mal irriguées, ou soutenir des traitements visant à dissoudre des micro‑thromboses.
Un outil possible contre les complications du diabète et des cancers ?
Au‑delà du cœur et du cerveau, les auteurs lituaniens citent d’autres pistes, en particulier le diabète et certaines tumeurs. Dans le diabète, surtout lorsqu’il est mal contrôlé, la microcirculation se détériore progressivement. Les petits vaisseaux se bouchent ou se rigidifient, ce qui favorise les ulcères du pied, les atteintes rénales ou rétiniennes. Les chercheurs imaginent qu’un dispositif d’ultra‑sons basse fréquence pourrait, un jour, être appliqué sur une zone de pied diabétique pour améliorer localement le flux sanguin et aider la cicatrisation. L’objectif ne serait pas de remplacer les traitements de fond, mais d’ajouter une technique non invasive pour soutenir la perfusion des tissus les plus fragiles.
En oncologie, la question de l’oxygénation des tumeurs est centrale. Un article de synthèse publié début 2026 dans une revue en libre accès rappelle que de nombreuses tumeurs solides souffrent d’un manque d’oxygène, ce qui les rend plus résistantes aux chimio et radiothérapies. Si des ultra‑sons bien calibrés pouvaient améliorer, même temporairement, la livraison d’oxygène ou de médicaments à l’intérieur des masses tumorales, cela pourrait rendre certains traitements plus efficaces. Des travaux étudiés par la Focused Ultrasound Foundation explorent déjà l’utilisation d’ultra‑sons focalisés pour augmenter la perméabilité des vaisseaux et améliorer la pénétration de médicaments anticancéreux. Les résultats restent précliniques pour la plupart, sur des modèles animaux ou des cultures cellulaires, mais ils montrent une réduction de la croissance tumorale et un allongement de la survie dans certaines expériences.
Une technologie encore expérimentale, loin d’un usage quotidien
L’image de médecins “guidant le sang à distance” peut faire rêver, mais elle reste pour l’instant très éloignée de la médecine de tous les jours. Les expériences de l’équipe de Kaunas ont été menées sur des échantillons de sang, divisés en plusieurs centaines de tubes exposés à différentes intensités et fréquences d’ultra‑sons. Avant d’envisager des essais chez l’humain, de nombreuses questions restent ouvertes : quelles intensités sont efficaces sans endommager les cellules ni les tissus voisins ? Quelle durée d’exposition est acceptable ? Comment concentrer l’énergie sur une zone profonde sans toucher les organes environnants ?
La sécurité est un enjeu majeur. Une étude plus ancienne publiée dans le Journal of the American College of Cardiology avait montré que des ultra‑sons basse fréquence pouvaient dilater les artères du bras chez des volontaires, avec un effet visible en quelques minutes, mais temporaire. Cette vasodilatation pourrait être intéressante en cardiologie, mais elle doit être parfaitement contrôlée pour éviter des chutes de tension ou des déséquilibres de la circulation. Les chercheurs lituaniens ont développé un transducteur capable d’envoyer des signaux quatre fois plus profondément que les appareils classiques, et ont déposé un brevet international pour cette technologie. À ce stade, on parle donc d’un prototype de recherche, pas d’un appareil prêt à entrer dans le cabinet du cardiologue. Les étapes à venir passeront par des études animales, puis, peut‑être, par des essais cliniques soigneusement encadrés chez des patients sélectionnés.
À retenir
Les ultra‑sons basse fréquence ne servent plus seulement à voir, mais commencent à être envisagés comme un moyen d’agir sur le sang lui‑même. En modulant la façon dont les globules rouges s’agrègent ou se dispersent, les chercheurs montrent qu’il est possible de modifier la viscosité du sang et, en théorie, la microcirculation. À terme, ces effets pourraient être utilisés pour mieux perfuser certains tissus, améliorer l’oxygénation de zones mal irriguées, faciliter la cicatrisation chez les personnes diabétiques ou rendre certains traitements anticancéreux plus efficaces.
Pour l’instant, cette approche reste au stade expérimental. Les études sont menées sur des échantillons de sang, des modèles animaux ou dans des protocoles très encadrés. La sécurité, la précision du ciblage, la durée des effets et l’impact à long terme devront être évalués avant tout usage courant. En pratique, les patients ne verront pas cette technologie débarquer tout de suite dans les services de cardiologie ou de neurologie. Mais elle illustre une tendance forte de la médecine de précision : utiliser des outils non invasifs, comme les ultra‑sons, pour moduler finement la biologie des tissus, avec moins de médicaments et moins de chirurgie quand cela est possible. Pour les personnes concernées par une maladie cardiovasculaire, un diabète compliqué ou une pathologie cérébrale, ces recherches ne changent pas encore la prise en charge quotidienne, mais elles dessinent un futur où la circulation sanguine pourrait, un jour, être ajustée à la demande, de manière ciblée et personnalisée.
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