Le saviez vous ?

Leucémie infantile : un lien avec l’exposition dès la naissance aux polluants éternels, les PFAS

Une exposition très précoce aux PFAS pourrait compter dans le risque de leucémie aiguë lymphoblastique chez l'enfant,

Un bébé peut-il être exposé à des polluants avant même ses premiers jours de vie ? Une étude américaine récente suggère que oui, et que cette exposition précoce aux PFAS pourrait être liée à un risque plus élevé de leucémie aiguë lymphoblastique, le cancer le plus fréquent chez l’enfant.

Le point fort du travail est là : les chercheurs n’ont pas seulement estimé l’exposition à partir de l’eau potable. Ils l’ont mesurée sur des gouttes de sang prélevées à la naissance. Cela change la netteté du tableau.

Que sont les PFAS et où trouve-t-on ces substances au quotidien ?

Les PFAS forment une grande famille de composés chimiques utilisés pour résister à l’eau, au gras ou aux taches. On les appelle souvent “produits chimiques éternels” parce qu’ils se dégradent mal. Une fois libérés dans l’environnement, ils restent. Une fois absorbés, ils peuvent aussi persister dans l’organisme.

Ce n’est pas une menace abstraite. Ces substances sont présentes dans certaines eaux contaminées, dans des emballages alimentaires, dans des poêles antiadhésives et dans des textiles traités. L’image la plus simple est celle d’une poussière qui ne quitte pas facilement la pièce. Les PFAS s’accumulent un peu de la même façon, mais à l’échelle du corps et de l’environnement.

Des composés durables qui s’accumulent dans l’organisme

Le problème tient à leur persistance. Le corps n’élimine pas rapidement plusieurs de ces molécules, et l’exposition peut se répéter sur des années. Pour un adulte, c’est déjà un sujet. Pour un fœtus ou un nouveau-né, la question devient plus sensible, car l’exposition peut commencer pendant la grossesse ou juste après la naissance.

Les sources d’exposition les plus fréquentes chez les familles

Dans la vie courante, l’eau potable reste une voie importante quand elle est contaminée. D’autres contacts existent, via certains contenants de nourriture, des ustensiles de cuisine, des tissus traités contre les taches ou des objets du quotidien conçus pour repousser l’humidité et la graisse. Il ne s’agit pas de céder à l’alarme, mais de comprendre que l’exposition est diffuse, banale, parfois invisible.

Ce que montre l’étude sur les nouveau-nés et la leucémie aiguë lymphoblastique

Selon une étude publiée en 2026 dans le Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology, une équipe de l’Université de Californie à Irvine a comparé des enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique à des enfants sans cancer à partir de prélèvements réalisés à la naissance. L’analyse portait sur 125 enfants malades et 219 témoins, tous nés dans le comté de Los Angeles entre 2000 et 2015.

Le résultat appelle à la prudence, mais il retient l’attention : les enfants présentant des niveaux plus élevés de certains PFAS dans leur sang néonatal avaient plus souvent développé cette leucémie plus tard. L’étude ne démontre pas que ces substances causent, à elles seules, la maladie. Elle montre un lien statistique, ce qui est déjà important quand on travaille sur des expositions très précoces.

Pourquoi les cartes de sang à la naissance changent la lecture des résultats

C’est le point le plus solide de ce travail. Mesurer directement des composés sur les cartes de sang séché du dépistage néonatal évite de dépendre uniquement d’estimations indirectes, comme l’adresse du domicile ou la qualité supposée de l’eau. On s’approche du moment critique, celui du tout début de la vie. Et en recherche environnementale, le moment compte presque autant que la dose.

Les PFAS les plus concernés dans les résultats

Parmi les 17 PFAS détectés dans les échantillons, le PFOA et le PFOS étaient ceux retrouvés aux concentrations les plus élevées. Ce sont aussi les deux composés les plus souvent cités dans les travaux antérieurs. Ici, le risque semblait augmenter quand leurs niveaux étaient plus élevés, et la hausse paraissait plus marquée quand l’exposition aux deux était combinée.

Des signaux aussi pour d’autres PFAS moins étudiés

Les chercheurs ont aussi repéré 26 autres PFAS grâce à une approche élargie, au-delà des substances les plus connues. Plusieurs montraient des tendances comparables. C’est un message fort : surveiller seulement quelques molécules historiques ne suffit sans doute plus. L’équipe rappelle d’ailleurs qu’un travail précédent, mené sur plus de 40 000 enfants californiens et publié dans Environmental Epidemiology, avait déjà relié des PFAS présents dans l’eau potable à plusieurs cancers pédiatriques, dont la leucémie myéloïde aiguë et la tumeur de Wilms.

Plus on observe tôt l’exposition, plus on comprend ce que l’enfant porte déjà au départ.

Pourquoi cette période de la vie pourrait être particulièrement sensible

Le début de la vie ressemble à un chantier en plein mouvement. Les tissus se forment, le système immunitaire apprend, la moelle osseuse entre dans une activité intense. Dans cette phase, un signal chimique perturbateur peut avoir plus de poids qu’à l’âge adulte. Ce n’est pas une certitude automatique, mais c’est une hypothèse biologique cohérente.

Un organisme en pleine construction

Pendant la grossesse puis dans les premières années, l’organisme avance vite. Les cellules se multiplient, se spécialisent, communiquent entre elles. Une exposition environnementale survenant pendant cette fenêtre peut laisser une empreinte plus durable qu’une exposition plus tardive. C’est pour cela que les scientifiques s’intéressent tant aux premiers mois de vie.

Une exposition très tôt peut laisser des traces durables

Dans ce cadre, la question n’est pas seulement “combien ?”, mais aussi “quand ?”. Une faible exposition au mauvais moment peut peser plus qu’une exposition plus forte à un autre âge. Des associations plus nettes ont été observées chez les enfants non hispaniques dans cette étude, mais les auteurs précisent que ces sous-analyses reposent sur de petits effectifs. Il faut donc rester mesuré.

Ce qu’il faut retenir pour les parents et pour la santé publique

Cette étude n’autorise pas un raccourci du type : PFAS égale leucémie. La preuve n’est pas à ce niveau. En revanche, elle renforce un faisceau d’indices sur les effets possibles des expositions précoces à des polluants persistants. C’est un signal de santé publique, pas un verdict individuel.

Pour les familles, l’idée n’est pas de tout contrôler, ce qui serait illusoire. Elle est de suivre les informations locales sur la qualité de l’eau, de limiter quand c’est possible les sources connues d’exposition et de rester attentif aux recommandations des autorités sanitaires. À l’échelle collective, l’enjeu est plus large : mieux mesurer, mieux surveiller, mieux réduire la contamination. Car quand une substance reste longtemps partout, la prévention ne peut pas reposer sur les seuls gestes domestiques.

En quelques mots

L’image qui se dessine est sobre, mais sérieuse. Une exposition très précoce aux PFAS pourrait compter dans le risque de leucémie aiguë lymphoblastique chez l’enfant, sans que le lien de cause à effet soit encore prouvé.

La suite dépendra d’études plus larges et d’un suivi plus fin de ces substances. Plus on agit tôt sur l’exposition des bébés et des jeunes enfants, plus la prévention a des chances d’être utile.

 

Avez-vous trouvé cet article utile?
Suivre Presse Santé sur Google News G
Suivre Presse Santé sur Google News

Cet article a été élaboré avec le soutien d'un outil d'intelligence artificielle. Il a ensuite fait l'objet d'une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux. PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.