Dommages cérébraux de rester assis(e) : comment les éviter
Rester assis longtemps peut augmenter le risque de démence mais les activités qui stimulent le cerveau peuvent aider à compenser ce risque.

La recherche a largement exposé les dommages cérébraux de rester assis(e) longtemps et a lié une position assise excessive à des taux plus élevés de démence chez les personnes âgées. De nouvelles recherches suggèrent que ce que la personne fait en étant assise pourrait également jouer un rôle dans la santé cérébrale à long terme.
L’étude a révélé que les comportements sédentaires « mentalement passifs » (par exemple, regarder la télévision) peuvent augmenter le risque de démence, mais que remplacer ces activités par des occupations qui sollicitent le cerveau (allant du travail de bureau au tricot) pourrait le réduire.
Cette nouvelle découverte est significative car elle a identifié un possible nouveau facteur de risque de démence, explique le chercheur principal de l’étude, Mats Hallgren, de l’Institut Karolinska de Stockholm. Selon le Dr Hallgren, les résultats suggèrent que remplacer la position assise passive par des activités mentalement stimulantes (sédentaires ou physiquement actives), pourrait potentiellement réduire le nombre de personnes qui développent une démence.
Quels sont les enseignements de l’étude sur les dommages cérébraux de rester assis(e) ?
Minimiser le temps assis mentalement passif au profit de tâches actives, mentalement ou physiquement, pourrait réduire le risque de démence chez les personnes âgées.
Pour cette étude, publiée dans l’American Journal of Preventive Medicine, les chercheurs ont analysé les données d’environ 21 000 adultes âgés de 35 à 64 ans issus de la cohorte suédoise « National March Cohort ».
Près de 70 % étaient des femmes, suivies pendant près de deux décennies.
Les participants ont répondu à des questionnaires sur leur emploi de leur temps. Ils ont rapporté des comportements sédentaires comme regarder la télévision, écouter de la musique et se prélasser dans un jacuzzi. Les activités sédentaires mentalement actives comprenaient le travail de bureau, la lecture d’un livre, la participation à une réunion, le tricot et la couture.
Les participants ont également déclaré leur niveau d’activité physique, soit le temps hebdomadaire passé à marcher, courir, nager ou s’entraîner intensément. Les chercheurs ont déterminé les taux de démence à l’aide du registre national des patients et de celui des causes de décès en Suède.
Les principales conclusions sont les suivantes :
- le comportement sédentaire mentalement passif était associé à une incidence plus élevée de démence,
- le comportement sédentaire mentalement actif était associé à un risque réduit de développer une démence,
- chaque heure supplémentaire par jour d’activité sédentaire mentalement active était associée à une baisse de 4 % du risque de démence,
- augmenter l’activité sédentaire active d’une heure par jour, en maintenant les niveaux d’activité passive et physique, était lié à une réduction de 11 % du risque de démence.
L’une des limites de la recherche est que les questionnaires de 1997 ne prenaient pas en compte les activités actuelles, comme l’utilisation réseaux sociaux, le streaming vidéo ou le défilement sur smartphone (des recherches antérieures suggèrent qu’ils peuvent nuire à la concentration).
Une autre limite réside dans la nature observationnelle des données. Mats. Hallgren précise que son équipe prévoit une nouvelle étude pour examiner les effets réels du remplacement de la position assise passive par des activités stimulantes sur les symptômes de la démence.
Pourquoi il est important de distinguer les positions assises actives et passives ?
Toute position assise n’est pas nocive si le cerveau est bien stimulé.
Cette étude déplace la discussion du “éviter de rester assis” vers “stimuler le cerveau. Toutes les positions assises ne se valent pas. S’asseoir peut, soit affaiblir le cerveau, soit le renforcer.
De nombreuses activités généralement pratiquées assis(e) peuvent soutenir le cerveau, comme l’écriture ou la création artistique, ce qui réduit potentiellement le risque de démence, rappelle l’auteur de l’étude.
Les activités qui nécessitent une combinaison dynamique et engagée d’attention, de mémoire, de langage ou de résolution de problèmes peuvent aider à maintenir ou à renforcer les circuits neuronaux, explique le Dr Joel Salinas, neurologue comportemental et directeur médical chez Isaac Health à New York. Les activités passives stimulent relativement peu ces systèmes.
Faire défiler son téléphone est-il une activité active ou passive ?
L’étude n’a pas abordé cette question mais les spécialistes estiment que cela dépend probablement de l’usage qui est fait du défilement.
Le défilement machinal et répétitif sans réflexion ni interaction est probablement une activité mentalement passive, selon le Dr Salinas. Elle tend à impliquer une faible attention soutenue et un effort cognitif minimal. Cependant, si le téléphone sert à apprendre quelque chose, lire attentivement ou s’engager de manière réfléchie, cette occupation peut devenir une activité mentalement active. On peut régler un minuteur pour suivre le temps passé sur les réseaux sociaux et se fixer l’objectif d’apprendre cinq nouvelles choses.
Quels sont les besoins essentiels du cerveau ?
Le cerveau a besoin d’activité physique et d’engagement intellectuel.
Malgré les conclusions, le Dr Majid Fotuhi, neurologue à Washington qui n’a pas participé à l’étude, rappelle qu’une position assise prolongée reste associée à un risque plus élevé de maladie d’Alzheimer, d’AVC, de crise cardiaque, et d’autres problèmes de santé.
L’activité physique est essentielle au cerveau et à un corps en bonne santé, ajoute le Dr Salinas. Les activités mentalement stimulantes peuvent apporter un bénéfice supplémentaire, mais elles ne compensent pas les effets systémiques d’une sédentarité prolongée.
Le cerveau a besoin à la fois de mouvement et d’engagement mental, conclut le Dr Fotuhi. Ils agissent ensemble. Bien que devoir rester assis(e) soit inévitable, Mats Hallgren recommande de rompre les longues périodes d’assise passive par une activité active, intéressante et exigeante.
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