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La musicothérapie accélère le réveil après anesthésie en chirurgie colorectale

Des études montrent que la musicothérapie avant ou après l’intervention, peut aider le cerveau à "remonter à la surface" plus facilement, réduire la douleur, limiter l’anxiété et rendre le réveil moins confus.

Et si une simple mélodie aidait le cerveau à se réveiller plus vite après une opération lourde du ventre ?
Dans de plus en plus d’hôpitaux, la musique n’est plus seulement un fond sonore agréable, elle devient un outil thérapeutique complémentaire, surtout autour de la chirurgie colorectale.

La chirurgie colorectale concerne le côlon et le rectum. Ce sont les parties du gros intestin qui servent à terminer la digestion, absorber l’eau et stocker les selles avant l’évacuation. Ce type de chirurgie se fait presque toujours sous anesthésie générale, c’est-à-dire avec un sommeil artificiel profond, contrôlé par des médicaments, pendant lequel le patient ne sent rien et ne garde aucun souvenir.

Des travaux de recherche montrent que le simple fait d’écouter de la musique avant ou après l’intervention peut aider le cerveau à “remonter à la surface” plus facilement, réduire la douleur, limiter l’anxiété et rendre le réveil moins confus.
Dans cet article, nous allons voir comment cela fonctionne, ce que disent les études, et comment un patient peut, très concrètement, profiter de la musicothérapie autour d’une chirurgie colorectale.

Comprendre la chirurgie colorectale et la récupération après l’anesthésie

Qu’est-ce qu’une chirurgie colorectale et pourquoi elle est souvent lourde

Le côlon et le rectum appartiennent au gros intestin. Ils récupèrent ce qui reste des aliments après la digestion dans l’intestin grêle, absorbent encore un peu d’eau, transforment le contenu en selles et le stockent avant l’évacuation.
Quand ces organes sont malades, une intervention peut devenir nécessaire.

Les principales raisons de recourir à une chirurgie colorectale sont, par exemple :

  • un cancer colorectal ;
  • Ces sujets peuvent également vous intéresser:
  • des polypes à risque de transformation cancéreuse ;
  • une maladie inflammatoire chronique de l’intestin ;
  • des diverticules compliqués ;
  • une occlusion intestinale.

Ces opérations sont souvent longues. Elles demandent une préparation importante, plusieurs jours d’hospitalisation, et parfois un passage en soins intensifs après l’intervention. Le corps vit un stress majeur, avec une agression chirurgicale sur le ventre, une modification du transit, et parfois la pose d’une stomie.

Après ce type de chirurgie, de nombreux patients décrivent :

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  • une douleur importante au niveau de l’abdomen ;
  • une fatigue intense, comme si toute l’énergie avait été consommée ;
  • un réveil lent après l’anesthésie, avec l’impression d’être “dans le brouillard” pendant plusieurs heures.

C’est dans ce contexte que toute stratégie simple, non médicamenteuse, qui améliore le confort et la qualité du réveil, prend tout son sens.

Comment fonctionne l’anesthésie générale et pourquoi le réveil peut être difficile

L’anesthésie générale agit un peu comme un interrupteur qui coupe progressivement plusieurs circuits du cerveau.
Les médicaments injectés “débranchent” :

  • la conscience ;
  • la perception de la douleur ;
  • la mémoire de ce qui se passe.

Pendant l’opération, l’anesthésiste surveille en permanence la profondeur de ce sommeil artificiel, le rythme cardiaque, la tension artérielle et la respiration. Le but est simple : ne pas laisser passer la douleur, garantir le confort, et permettre au chirurgien de travailler dans de bonnes conditions.

Au réveil, l’interrupteur ne se rallume pas d’un seul coup. Le cerveau reçoit moins de médicaments, élimine ceux qui restent, puis se réorganise petit à petit. Durant cette phase, beaucoup de patients ressentent :

  • une somnolence marquée ;
  • une confusion ou une désorientation ;
  • des nausées ou vomissements ;
  • parfois une agitation ou une forte anxiété, sans raison claire.

Plus l’intervention a duré, plus le corps a reçu de médicaments, plus ces effets peuvent être marqués.
Tout ce qui aide le cerveau à retrouver calmement ses repères, à stabiliser les émotions et le rythme du corps, peut donc raccourcir cette période désagréable. La musique entre précisément dans ce cadre.

Musicothérapie en chirurgie colorectale : comment la musique aide le cerveau à se réveiller plus vite

Qu’est-ce que la musicothérapie et en quoi elle dépasse une simple « playlist »

La musicothérapie consiste à utiliser la musique de façon volontaire, encadrée, dans un but de santé. Cela peut se faire avec un musicothérapeute formé, mais aussi à travers des protocoles simples mis en place par des équipes soignantes.

La différence avec une simple playlist posée au hasard est importante.
En musicothérapie, on pense à :

  • la vitesse de la musique (un tempo lent calme souvent le système nerveux) ;
  • le volume (plutôt doux, pour ne pas agresser l’oreille) ;
  • le style musical, choisi en fonction des goûts de la personne.

Certains services d’anesthésie ou de chirurgie proposent déjà des séances d’écoute structurées, par exemple :

  • un temps de musique au casque avant la descente au bloc ;
  • une reprise de la musique pendant le passage en salle de réveil ;
  • parfois des séances en chambre dans les jours qui suivent.

La musique devient alors un soin à part entière, intégré à la prise en charge, et non un simple fond sonore.

Ce que montrent les études : moins d’anxiété, meilleure récupération après anesthésie

Des études cliniques menées chez des patients opérés, y compris en chirurgie colorectale, montrent une tendance assez cohérente. Quand on propose de la musique avant ou après l’intervention, on observe souvent :

  • une anxiété préopératoire plus faible ;
  • une douleur rapportée moins intense après l’opération ;
  • parfois une diminution de la quantité de médicaments antidouleur ou sédatifs ;
  • une sensation de réveil plus rapide, plus agréable.

Plusieurs équipes ont aussi décrit une meilleure stabilité du rythme cardiaque et de la tension artérielle pendant le réveil. Le corps semble moins “surpris” et réagit avec moins de variations brutales.

Il reste important de rappeler que la musique ne remplace pas les médicaments d’anesthésie ou les antalgiques. Elle fonctionne comme un complément, qui renforce l’action des traitements classiques et améliore l’expérience globale du patient.

Pourquoi la musique peut accélérer le réveil après l’anesthésie

La musique agit sur plusieurs zones du cerveau liées aux émotions, à la mémoire, à la douleur et au contrôle du corps.
Quand le patient écoute une musique qu’il apprécie, on observe souvent :

  • une baisse des hormones de stress, comme l’adrénaline ;
  • une activation des circuits du plaisir et du réconfort ;
  • une meilleure organisation des rythmes internes du corps.

En pratique, cela se traduit par :

  • un rythme respiratoire plus régulier ;
  • une tension musculaire diminuée ;
  • une meilleure tolérance aux bruits et aux gestes du personnel en salle de réveil.

On peut comparer cela à un atterrissage en avion. Sans repère, l’atterrissage peut paraître brutal, avec une sensation de chute. Avec une musique calmante, le cerveau reçoit un fil conducteur, une sorte de “piste lumineuse”, qui l’aide à passer plus vite d’un état très endormi à un état plus vigilant, mais paisible.

En chirurgie colorectale, où le réveil est souvent plus long et inconfortable, ce petit coup de pouce peut compter beaucoup dans le ressenti du patient.

Bénéfices concrets de la musicothérapie après une chirurgie colorectale

Moins de douleur ressentie et parfois moins de médicaments

De nombreux patients décrivent une diminution nette de la douleur quand ils écoutent une musique apaisante après l’opération. Ils ne déclarent pas forcément une disparition totale de la douleur, mais la trouvent plus supportable.

Certaines études montrent aussi une baisse de la consommation de médicaments contre la douleur ou de calmants. Ce résultat n’est pas systématique, mais la tendance se répète dans plusieurs travaux.

Cette réduction même modeste a un double intérêt :

  • une meilleure tolérance de la douleur au quotidien ;
  • moins d’effets secondaires liés aux médicaments forts, comme les nausées, la somnolence prolongée ou la constipation, qui sont déjà fréquentes après une chirurgie digestive.

Moins de médicaments ne veut pas dire “pas de médicaments”. La musique permet simplement, dans certains cas, de trouver le bon équilibre avec des doses plus ajustées.

Moins d’anxiété, de confusion et de stress en salle de réveil

La salle de réveil peut être un lieu déstabilisant. Lumières vives, bruits de moniteurs, voix multiples, perfusions, sensation de froid ou de gêne respiratoire, tout cela peut impressionner un cerveau encore à moitié endormi.

De nombreux patients racontent qu’ils se sentent perdus, ne savent plus où ils sont, ni combien de temps s’est écoulé. Certains ressentent même des images étranges ou des pensées angoissantes.

La musique agit alors comme un repère rassurant.
Une chanson connue, un air familier, rappellent au patient son identité, ses goûts, sa vie en dehors de l’hôpital. Cette ancre sonore :

  • réduit l’angoisse ;
  • aide à se reconnecter au temps présent ;
  • limite parfois l’agitation post-opératoire et les poussées de tension ;
  • facilite la communication avec l’équipe soignante, car le patient se sent moins agressé par l’environnement.

Pour le personnel, un patient plus calme, qui comprend mieux ce qui se passe, est aussi plus simple à surveiller et à accompagner.

Une récupération plus confortable : sommeil, fatigue et moral

Après une chirurgie colorectale, la fatigue est souvent profonde. Le corps doit gérer la plaie opératoire, la reprise du transit, la douleur, la position allongée prolongée, et, pour certains, la découverte d’une stomie. Le sommeil devient pourtant plus fragile, avec des réveils nocturnes fréquents.

La musique calme favorise le repos.
Écoutée à volume modéré, elle peut :

  • aider à s’endormir plus facilement ;
  • soutenir des siestes courtes mais réparatrices ;
  • masquer certains bruits de couloir ou d’appareils.

Un meilleur sommeil accélère ensuite la récupération globale. Le patient reprend plus vite de l’énergie, se sent plus disponible pour se lever, marcher, participer aux séances de kinésithérapie ou aux soins.

Sur le plan psychologique, la musique agit aussi comme un support du moral. Elle redonne un sentiment de contrôle, car le patient choisit quelque chose pour lui, selon ses goûts. Cette petite action personnelle dans un environnement très médicalisé fait parfois une grande différence dans la motivation.

Comment profiter de la musicothérapie avant et après une chirurgie colorectale

Parler de la musique avec l’équipe médicale avant l’opération

La première étape consiste à aborder simplement le sujet avec l’équipe soignante.
Lors de la consultation d’anesthésie ou de chirurgie, il est possible de demander :

  • si l’hôpital propose des séances de musicothérapie ;
  • si des casques ou des systèmes d’écoute sont disponibles ;
  • si l’usage d’un téléphone avec écouteurs est autorisé, et à quels moments.

C’est aussi le bon moment pour signaler :

  • des problèmes d’audition ;
  • une grande sensibilité au bruit ;
  • des troubles sensoriels particuliers.

De plus en plus de services s’inscrivent dans des programmes de “récupération améliorée après chirurgie”, souvent connus sous le sigle ERAS. Ces programmes cherchent à réduire la durée d’hospitalisation tout en augmentant la sécurité et le confort. La musique peut venir compléter ces approches, aux côtés d’autres mesures comme une mobilisation précoce ou une gestion plus fine de la douleur.

Bien choisir sa musique : genres, durée et moment d’écoute

Il n’existe pas de playlist universelle qui conviendrait à tout le monde. Le choix personnel reste central.
Quelques repères peuvent toutefois guider le patient :

  • préférer un rythme lent et régulier ;
  • garder un volume modéré ;
  • éviter les morceaux avec des changements brusques, des sons très aigus ou agressifs.

Les styles souvent appréciés dans ce contexte sont, par exemple :

  • la musique classique douce ;
  • le piano solo ;
  • les musiques “ambient” ou de relaxation ;
  • des sons de nature ;
  • des musiques religieuses ou traditionnelles, si elles ont une valeur affective.

Pour les moments d’écoute, plusieurs temps sont intéressants :

  • avant l’entrée au bloc, pour abaisser l’anxiété ;
  • lors du réveil, si le service l’accepte ;
  • dans les heures et les jours suivant l’opération, pour favoriser le repos.

L’idée n’est pas d’écouter de la musique en continu, mais de l’utiliser à des moments clés, comme un outil ciblé.

Préparer son matériel et impliquer les proches

Une bonne préparation simplifie beaucoup les choses. Avant l’hospitalisation, il peut être utile de :

  • créer une ou plusieurs playlists sur son téléphone ou un lecteur audio ;
  • vérifier la batterie des appareils ;
  • choisir des écouteurs ou un casque confortable, facile à nettoyer.

Les proches peuvent jouer un rôle actif. Ils peuvent aider à choisir les morceaux, adapter la playlist si le patient se sent trop stimulé, et lancer la musique au retour en chambre, avec son accord. Ils peuvent aussi surveiller le volume, pour qu’il reste agréable et n’isole pas trop la personne de ce qui se passe autour.

Il reste essentiel de respecter les règles du service de chirurgie. Certaines unités limitent les horaires d’écoute ou demandent l’usage d’écouteurs pour ne pas gêner les autres patients. Un simple échange avec l’équipe permet d’ajuster la pratique sans conflit.

En quelques mots

La chirurgie colorectale associe anesthésie générale, geste opératoire lourd et récupération souvent longue. Dans ce contexte, la musicothérapie apparaît comme une ressource simple pour rendre le réveil et les jours suivants plus supportables.

Les données scientifiques convergent vers un message clair : la musique ne remplace pas les traitements médicaux, mais elle réduit souvent l’anxiété, adoucit la douleur ressentie, stabilise le corps pendant le réveil et améliore le confort global. Pour certains patients, elle aide le cerveau à sortir plus vite de l’anesthésie, avec moins de confusion.

Si une chirurgie colorectale est prévue, il peut être utile d’en parler à l’équipe soignante, de préparer une playlist adaptée et d’impliquer ses proches dans cette démarche. Cette préparation simple transforme la musique en alliée et donne au patient une place active dans sa propre récupération.

En fin de compte, quelques morceaux choisis avec soin peuvent changer profondément la manière de vivre l’hôpital, l’anesthésie et le retour à soi après l’opération.

 

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