Maladie rénale chronique: près de 800 millions d’adultes concernés dans le monde en 2023
La maladie rénale chronique touche environ un adulte sur sept dans le monde

Près de 800 millions d’adultes vivent aujourd’hui avec une maladie rénale chronique, dite MRC ou CKD. Ce chiffre, difficile à imaginer, résume une réalité simple et préoccupante. La MRC progresse partout, souvent sans symptômes au début, et pèse lourd sur le cœur, la qualité de vie et les systèmes de santé.
Cette estimation vient de l’analyse GBD 2023 publiée dans The Lancet. Elle a été menée par l’IHME (University of Washington), le NYU Grossman School of Medicine et l’University of Glasgow. L’équipe a exploité 2 230 sources et suivi 204 pays et territoires de 1990 à 2023. Résultat, une vision solide de la charge de la maladie, des décès et des facteurs de risque.
Pourquoi en parler maintenant? Parce qu’une grande part de ce fardeau est évitable. La majorité des cas se trouvent aux stades précoces, où l’on peut ralentir la progression et réduire le risque cardiovasculaire. Dans cet article, nous verrons les chiffres clés, les raisons de la hausse, le dépistage et les gestes concrets, puis les inégalités d’accès et les actions à mener d’ici 2030.
Ce que révèle la nouvelle étude sur la CKD en 2023
La MRC n’est pas rare. Elle touche environ un adulte sur sept. Elle progresse avec l’âge, mais pas seulement. Les habitudes de vie, l’augmentation du diabète et de l’hypertension, ainsi que l’obésité, tirent la courbe vers le haut. Pour la santé publique, cela change la priorité. L’objectif n’est pas uniquement de traiter l’insuffisance rénale avancée, il est aussi d’agir tôt pour freiner la pente.
Chiffres clés à retenir: prévalence, décès, tendance
- Environ 14 % des adultes de 20 ans et plus vivent avec une MRC.
- Le total approche 800 millions de personnes en 2023.
- La MRC est la 9e cause de décès dans le monde, avec près de 1,5 million de morts en 2023.
- Le taux de mortalité standardisé sur l’âge a légèrement augmenté depuis 1990, passant d’environ 24,9 à 26,5décès pour 100 000.
- La majorité des patients sont aux stades 1 à 3, souvent avec peu ou pas de symptômes.
Cela signifie que le cœur du problème se joue tôt. Attendre les signes tardifs expose à plus de complications, plus de coûts, et moins d’options.
Où la maladie est la plus fréquente par région
Certaines régions affichent des prévalences plus élevées que la moyenne mondiale. Les différences s’expliquent par la charge de diabète et d’hypertension, les systèmes de soins, l’accès à la prévention et les contextes socio-économiques.
| Région | Prévalence estimée en 2023 |
|---|---|
| Afrique du Nord et Moyen-Orient | ~18,0 % |
| Asie du Sud | ~15,8 % |
| Afrique subsaharienne | ~15,6 % |
| Amérique latine et Caraïbes | ~15,4 % |
| Moyenne mondiale (adultes 20+ ans) | ~14,0 % |
En nombres absolus, de grands pays portent des charges très lourdes. La Chine compte environ 152 millions d’adultes vivant avec une MRC, l’Inde environ 138 millions. D’autres pays dépassent les 10 millions de cas, comme les États-Unis, l’Indonésie, le Japon, le Brésil, la Russie, le Mexique, le Nigeria, le Pakistan, le Bangladesh, l’Iran, les Philippines, le Vietnam, la Thaïlande et la Turquie.
Plusieurs pays affichent des prévalences élevées, par exemple l’Iran, Haïti, le Panama, le Nigeria, Maurice, les Seychelles, la Grenade, le Mexique, la Libye et le Costa Rica.
Pourquoi ces résultats font autorité
L’analyse GBD 2023, publiée dans The Lancet, compile des sources hétérogènes et harmonise les données pour comparer pays et périodes. Le suivi de 204 pays sur 1990 à 2023, avec 2 230 sources, autorise une lecture solide des tendances, des décès et des facteurs de risque. C’est aujourd’hui une référence mondiale pour estimer la charge de la MRC et orienter les politiques.
Pourquoi la MRC augmente et qui est le plus à risque
La hausse s’explique par deux dynamiques qui se renforcent. D’un côté, le vieillissement de la population. De l’autre, la montée de facteurs modifiables: diabète, hypertension, obésité et habitudes alimentaires. La bonne nouvelle, c’est que ces facteurs se corrigent, avec des bénéfices rapides pour les reins et le cœur.
Les moteurs majeurs: diabète, hypertension, obésité
Ces trois éléments expliquent une large part des années de vie en bonne santé perdues à cause de la MRC. Ils endommagent les vaisseaux, augmentent la pression dans les glomérules et accélèrent la perte de fonction rénale. Le risque s’accroît avec l’âge, mais il commence souvent plus tôt qu’on ne le pense.
- Diabète: une glycémie mal contrôlée altère la microcirculation rénale.
- Hypertension: une pression élevée abîme les filtres rénaux au fil du temps.
- Obésité: elle aggrave la résistance à l’insuline, la pression artérielle, et l’inflammation.
Mieux contrôler glycémie et tension freine la progression. C’est un levier simple et prioritaire.
Reins et cœur: un lien fort avec la mortalité cardiovasculaire
La dysfonction rénale pèse lourd sur le cœur. En 2023, elle serait impliquée dans près de 12 % des décès cardiovasculaires à l’échelle mondiale. Comme facteur de risque, elle compte plus que le diabète ou l’obésité dans ce contexte. Autrement dit, protéger ses reins, c’est protéger son cœur. Une baisse de l’albuminurie, une tension mieux contrôlée, une glycémie stable, tout cela réduit le risque d’infarctus et d’AVC.
Mode de vie et alimentation: trop de sel, pas assez de fruits et légumes
Les habitudes alimentaires jouent un rôle clair. Un apport trop élevé en sodium augmente la pression et favorise la rétention hydrique. Des apports trop faibles en fruits et légumes réduisent l’apport en potassium, fibres et antioxydants, ce qui défavorise la santé vasculaire.
Des pistes simples pour commencer dès aujourd’hui:
- Cuisiner plus maison: on maîtrise mieux le sel caché.
- Goûter avant de resaler: une habitude qui change tout.
- Ajouter une portion de légumes à chaque repas, même sous forme de crudités.
- Privilégier les produits frais sur les plats ultra-transformés.
Repérer tôt et agir: dépistage MRC, symptômes, traitements qui aident
La MRC évolue souvent en silence, surtout aux stades 1 à 3. Le dépistage précoce permet d’ajuster les traitements, de corriger les habitudes de vie et de réduire le risque cardiaque. Attendre les symptômes revient à donner une longueur d’avance à la maladie.
Signes précoces souvent discrets, ne pas attendre les symptômes
Au début, on ne ressent souvent rien. Pas de douleur, pas de signe évident. Le bilan de base est rapide et peu coûteux:
- Tension artérielle: au cabinet ou à domicile.
- Créatinine sanguine pour estimer le DFG (débit de filtration glomérulaire).
- Albuminurie sur échantillon d’urines.
Ces tests, simples, détectent tôt une atteinte rénale. Ils sont la porte d’entrée d’un suivi pertinent.
Qui dépister et à quelle fréquence
Certaines personnes doivent être dépistées de façon systématique:
- Diabète, hypertension, obésité.
- Antécédents familiaux de MRC.
- Tabagisme.
- Âge supérieur à 60 ans.
Un dépistage annuel convient dans la plupart des cas à risque, à adapter selon l’avis médical. Repérer tôt, c’est éviter ou retarder la dialyse plus tard.
Freiner la progression: contrôler glycémie et tension en priorité
La priorité est claire: abaisser et stabiliser la glycémie et la pression artérielle. L’accès à des traitements efficaces est essentiel, car ils réduisent la mortalité cardiovasculaire et retardent la nécessité des thérapies de suppléance rénale.
- Adhésion au traitement: suivre les prescriptions, signaler les effets indésirables, ne pas arrêter seul.
- Suivi régulier: ajuster les doses, vérifier la tolérance, mesurer les objectifs atteints.
- Objectifs concrets: tension cible définie avec le médecin, HbA1c adaptée au profil du patient, réduction de l’albuminurie si présente.
Habitudes protectrices des reins au quotidien
De petits gestes, répétés, construisent une vraie protection:
- Limiter le sel: viser des produits moins salés, réduire les sauces et charcuteries.
- Manger plus de fruits et de légumes: au moins une portion à chaque repas.
- Atteindre un poids sain: même 5 à 7 % de perte améliorent tension et glycémie.
- Bouger chaque jour: 30 minutes de marche rapide, vélo ou natation.
- Arrêter le tabac: bénéfices rapides sur la pression et les vaisseaux.
- Dormir suffisamment: un sommeil court déséquilibre tension et appétit.
- Boire selon la soif: éviter les excès, surtout si le médecin a fixé une restriction.
- Limiter l’automédication par anti-inflammatoires sans avis médical, car ils peuvent altérer la perfusion rénale.
Inégalités d’accès et politiques publiques: que changer d’ici 2030
Les traitements de suppléance rénale, comme la dialyse et la transplantation, restent difficiles d’accès dans de nombreux pays. Les inégalités sont marquées, tant pour le diagnostic que pour la prise en charge. Dans ce contexte, la prévention et le ralentissement de la progression deviennent encore plus décisifs.
Accès inégal à la dialyse et à la transplantation
Dans plusieurs régions, l’offre de dialyse est limitée, coûteuse, et concentrée dans les grandes villes. Les listes d’attente pour la transplantation sont longues. Beaucoup de patients n’arrivent pas à l’étape du traitement optimal. Il faut donc:
- Renforcer le diagnostic précoce au niveau des soins primaires.
- Assurer une prise en charge abordable, continue et proche du domicile.
- Développer des parcours de soins du stade 1 au stade avancé, avec un accompagnement nutritionnel et éducatif.
Priorités pour les systèmes de santé
Des mesures simples peuvent produire des gains rapides:
- Intégrer le dépistage MRC dans les bilans de diabète et d’hypertension en soins primaires.
- Garantir l’accès aux médicaments essentiels pour tension et glycémie, sans rupture.
- Mettre en place des programmes d’éducation pour patients et familles, avec des outils de suivi à domicile.
- Ajuster les politiques de sel au niveau populationnel si pertinent, en travaillant avec l’industrie et la restauration.
- Suivre la qualité de l’air si l’exposition environnementale est un enjeu local, car elle peut aggraver les maladies cardio-rénales.
- Former les équipes de soins à l’identification de l’albuminurie et à la surveillance du DFG.
Objectif OMS 2030: réduire la mortalité prématurée liée aux MRC
L’OMS vise une réduction d’un tiers de la mortalité prématurée due aux maladies non transmissibles d’ici 2030. Réduire les décès liés à la MRC est indispensable pour y parvenir, car la mortalité standardisée de la MRC augmente encore. Sans action sur le dépistage, le contrôle de la tension et de la glycémie, et l’accès équitable aux soins, cet objectif restera hors de portée.
Mesurer les progrès: indicateurs simples à suivre
Des indicateurs clairs aident à piloter les efforts et à rendre des comptes:
- Couverture du dépistage chez les personnes diabétiques et hypertendues.
- Proportion de patients avec tension et glycémie contrôlées.
- Réduction de l’apport en sodium au niveau populationnel.
- Accès aux soins rénaux, y compris dialyse et suivi spécialisé.
- Part des patients diagnostiqués aux stades 1 à 3, et non au stade terminal.
- Taux d’albuminurie dépistée et suivie en soins primaires.
- Écart de mortalité entre régions et groupes socio-économiques.
Un tableau de bord national, mis à jour chaque année, peut guider les ressources vers les zones et les groupes les plus à risque.
A retenir
La maladie rénal chronique touche environ un adulte sur sept dans le monde. Elle avance souvent en silence, mais elle pèse lourd sur le cœur et la vie quotidienne. Une large part de ce fardeau peut être évité par un dépistage simple, un contrôle strict de la tension et de la glycémie, et des habitudes protectrices.
Si vous avez des facteurs de risque, parlez avec votre médecin d’une mesure de tension, d’un dosage de créatinine et d’une recherche d’albumine urinaire. Regardez votre assiette, réduisez le sel, ajoutez des légumes, avancez pas à pas. Pour les décideurs, l’appel est clair: investir dans le dépistage, l’accès aux soins et la prévention à grande échelle. C’est la voie la plus sûre pour tenir l’objectif 2030 et protéger des millions de vies.
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.
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