Symptômes d’une hémorragie interne : une urgence médicale souvent sérieuse
Le saignement interne, ou hémorragie, est une urgence médicale généralement grave. Quels sont les causes, symptômes et traitements ?

Un saignement interne peut être causé par un traumatisme, une pathologie sous-jacente ou des complications chirurgicales. Selon la zone touchée et la rapidité de la perte sanguine, les symptômes d’une hémorragie interne sont variables : faiblesse inexpliquée, douleur persistante, décoloration de la peau sans blessure apparente, gonflement, crachats de sang peuvent la faire suspecter. Dans certains cas, l’hémorragie interne peut se manifester par des symptômes silencieux ou très subtils, de fatigue ou de léger inconfort quand le saignement est lent.
La survie dépend de la gravité et de la localisation : une prise en charge médicale immédiate est indispensable car elle peut être mortelle en l’absence de traitement. Les symptômes ne correspondent pas toujours à la gravité de la perte sanguine. Des cas mineurs peuvent se résorber naturellement mais il faut en général une intervention médicale comme de la chirurgie ou des transfusions sanguines.
Quels sont les signes et symptômes de l’hémorragie interne ?
Étourdissement, douleur, essoufflement, picotements, nausées et vomissements, contusion, confusion mentale, troubles de la vision, transpiration abondante ne correspondent pas toujours à la gravité du saignement.
De grandes quantités de sang peuvent être perdues après une blessure à l’abdomen ou aux reins bien avant l’apparition de symptômes et, inversement, de faibles saignements au cerveau peuvent causer des symptômes graves, voire la mort.
Dans les cas de trauma, l’absence initiale de signes ou de symptômes ne signifie pas que la personne est hors de danger. C’est plus tard que les symptômes peuvent se développer et devenir graves.
Les symptômes d’hémorragie interne sont :
- étourdissements et vertiges : fréquents en cas de perte sanguine rapide ou massive. Si le saignement est progressif, les étourdissements peuvent ne survenir que lorsque la personne essaie de se lever et que sa tension artérielle chute (hypotension orthostatique),
- douleur : elle est courante car le sang irrite les tissus. Elle peut être confinée à la zone de saignement ou ressentie dans d’autres parties du corps (douleur référée), comme une douleur à l’épaule pour un saignement près du diaphragme,
- réaction de défense : c’est la tentative inconsciente d’éviter que quelqu’un ne touche une partie du corps sensible ou blessée,
- essoufflement (dyspnée) : le manque de globules rouges transportant l’oxygène vers les tissus, lié à la perte sanguine, peut causer une insuffisance respiratoire mais dans certains cas aussi une hyperventilation (respiration excessive),
- picotements des mains et des pieds : le corps réduit souvent l’afflux sanguin vers les membres pour rediriger le sang vers les organes essentiels, provoquant des picotements,
- changements de la vision : peuvent précéder un évanouissement lorsque la perte sanguine est rapide ou sévère. Ils peuvent aussi être dus à une hémorragie cérébrale (vision floue ou double),
- nausées ou vomissements : peuvent survenir en raison de la perte de sang ou en réponse à la douleur. Fréquents lorsque le saignement se trouve dans le tube digestif ou le cerveau,
- transpiration abondante (diaphorèse) : une forte transpiration sans raison apparente peut survenir lorsque la perte de sang est soudaine ou grave (souvent décrite comme une « sueur froide »),
- contusions/ecchymoses : peuvent indiquer l’emplacement d’un saignement. Une ecchymose autour du nombril (signe de Cullen) suggère un saignement dans l’abdomen ; une ecchymose sur le flanc (signe de Grey Turner) peut indiquer un saignement dans l’abdomen ou l’espace rétropéritonéal (où se trouvent les reins),
- changement de l’état mental : la confusion et la désorientation sont des signes qu’une grande quantité de sang a été perdue, pouvant mener à la perte de conscience. C’est un signe d’urgence médicale.
Y a-t-il des symptômes spécifiques aux hémorragies internes ?
Le cerveau, le thorax, l’abdomen, les os et articulations, les muscles ont des manifestations particulières :
- cerveau : maux de tête sévères, nausées, vomissements, faiblesse d’un côté du corps, changements de vision, confusion, désorientation, perte de conscience ou convulsions,
- thorax (poitrine) : essoufflement, toux haletante et hémoptysie (crachat de sang). Cracher ne serait-ce qu’une cuillère à café de sang peut être une urgence médicale. Un saignement autour du cœur (épanchement péricardique) peut restreindre son mouvement et conduire à une tamponnade cardiaque potentiellement mortelle.
- abdomen : gonflement et douleur diffuse. L’absence de bruits intestinaux à l’auscultation et la présence d’ecchymoses autour du nombril ou du flanc suggèrent fortement un saignement interne,
- dans l’œsophage ou l’estomac : possibles vomissements sanglants,
- dans le tube digestif inférieur : saignements rectaux ou selles sanglantes,
- dans les reins ou la vessie : sang dans l’urine,
- os, articulations, muscles : les saignements dus à des fractures, à des blessures articulaires ou musculaires provoquent généralement des ecchymoses, parfois graves. La peau peut devenir pâle et tendue en cas de syndrome des loges (pression extrême dans les tissus musculaires).
Quelles sont les causes des saignements internes ?
Les causes sont aussi variées que ses signes et symptômes (traumatismes, anévrisme, troubles de la coagulation, fièvres hémorragiques virales).
Certaines hémorragies internes sont causées par une force externe (un coup porté au corps), d’autres surviennent en raison d’une maladie ou d’une fragilité structurelle.
Traumatisme
Le traumatisme est l’une des causes les plus fréquentes d’hémorragie interne :
- traumatisme pénétrant : un objet pénètre dans le corps (couteau, verre brisé, shrapnel ou balle),
- traumatisme contondant : coups et chocs peuvent ne pas causer de symptômes visibles au début, mais avoir des impacts à grande vitesse provoquant souvent des saignements internes,
- blessures par décélération : lors d’accidents de voiture, la rupture ou le détachement de vaisseaux et d’organes est provoquée par l’arrêt soudain du véhicule,
- fractures : certaines fractures saignent plus que d’autres. Les fractures des os longs (bras, jambe) et du bassin peuvent entraîner une perte sanguine significative. Des fragments osseux peuvent aussi déchirer des vaisseaux sanguins.
Anévrisme
Un anévrisme, une poche formée dans un vaisseau sanguin à cause d’une faiblesse de sa paroi, peut entraîner sa rupture. Parfois, elle survient lors d’une activité intense ou sans raison apparente au repos et pendant le sommeil.
Les anévrismes peuvent survenir dans n’importe quel vaisseau sanguin, mais ils sont plus fréquents au cerveau (anévrisme cérébral) ou dans l’aorte (anévrisme aortique thoracique ou abdominal).
Troubles de la coagulation
Les troubles de la coagulation, comme l’hémophilie, peuvent augmenter le risque de saignement interne. Ceci est causé par une incapacité du sang à coaguler normalement, en raison d’un manque de plaquettes ou de protéines appelées facteurs de coagulation.
La sur-utilisation d’anticoagulants et antiplaquettaires peut avoir le même effet. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’aspirine et l’ibuprofène, peuvent provoquer des saignements internes s’ils sont utilisés en excès, surtout en cas d’ulcère peptique ou de tout autre problème entraînant des saignements gastriques.
Fièvres hémorragiques virales
Une cause moins courante est la fièvre hémorragique virale. Certains virus peuvent provoquer de petits caillots sanguins dans les vaisseaux. Il y a alors moins de plaquettes disponibles pour arrêter le saignement.
Les symptômes courants sont les vomissements, la diarrhée, les douleurs musculaires, de minuscules taches rouges ou violettes sur la peau (pétéchies), des saignements et une chute de la tension artérielle.
Quelles sont les complications des hémorragies internes ?
Elles sont graves et peuvent provoquer la mort par exsanguination (perte de la moitié aux deux tiers du volume sanguin). Des séquelles permanentes sont aussi possibles :
- état de choc : les tissus ne reçoivent pas assez de sang et d’oxygène. Lorsqu’il est causé par une hémorragie, on parle de choc hypovolémique. Les signes de choc (peau moite, rythme cardiaque rapide, difficultés respiratoires) surviennent souvent après la perte de 10 à 15 % du volume sanguin,
- insuffisance ou dommage organique : certains organes sont plus sensibles au manque d’oxygène. Dans le cœur et les reins, le manque de flux sanguin provoque la mort rapide des tissus (nécrose), réduisant de façon permanente la fonction de ces organes. Des saignements cérébraux peuvent entraîner une mort tissulaire et une paralysie, la perte de la vision ou à des problèmes de mémoire.
Comment est diagnostiquée une hémorragie interne ?
Le diagnostic est établi à l’aide de tests de laboratoire et d’outils d’imagerie.
Tests de laboratoire
- analyse de sang : peut révéler une anémie (faible taux de globules rouges) due à la perte sanguine,
- échantillon de selles : peut être analysé pour détecter la présence de sang occulte (sang dans les selles, non visible à l’œil nu),
- tests de laboratoire: peuvent également identifier des troubles de la coagulation et d’autres maladies sous-jacentes.
Examens d’imagerie
En cas de traumatisme grave, comme un accident de voiture sérieux, un scanner complet de la tête aux pieds, appelé « pan-scan », peut être réalisé pour rechercher des blessures et des saignements.
L’imagerie est généralement localisée à la région qui a subi une blessure ou présente des signes de saignement. Les examens d’imagerie, radiographies, scanners, échographies, angiographies et endoscopie, peuvent aider à localiser avec précision l’emplacement du saignement.
Cas particuliers
Les saignements peuvent soulever des préoccupations particulières notamment chez les enfants et les femmes enceintes.
- enfants: contrairement aux adultes, ils peuvent être incapables de décrire leurs symptômes. Au lieu de se plaindre de douleur, ils risquent de devenir irritables, pleurer continuellement ou être difficiles à consoler. Ils peuvent également perdre l’appétit ou refuser de manger. Les changements de l’état mental sont également des indices courants. Un enfant qui aime normalement jouer peut devenir léthargique. Des changements de vision peuvent amener un enfant à se heurter aux murs ou à manquer les objets qu’il essaie d’atteindre.
- femmes enceintes: au début d’une grossesse, un saignement peut être un signe de fausse couche ou de grossesse extra-utérine. Plus tard, le placenta prævia, les hématomes rétroplacentaires (ou décollement placentaire), ou la rupture utérine, peuvent provoquer une hémorragie interne. Ces complications entraînent souvent des saignements vaginaux, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans certains cas, le saignement peut être dissimulé derrière le placenta. Cela peut augmenter le risque de diagnostic tardif et de décès.
Quels sont les traitements de l’hémorragie interne ?
Les traitements visent à arrêter la perte sanguine, stabiliser la personne affectée et à traiter la cause.
- stabilisation et localisation : des échographies, scanners, IRM sont utilisés pour localiser la source du saignement,
- intervention médicale : les cas graves nécessitent souvent des procédures chirurgicales (comme la laparotomie ou l’endoscopie) pour arrêter le saignement. Les traitements peuvent inclure la réparation des vaisseaux endommagés, le retrait d’organes rompus, la cautérisation ou l’embolisation (blocage d’un vaisseau),
- soutien à la coagulation : des médicaments comme l’acide tranexamique ou des remplacements de facteurs de coagulation peuvent être administrés, ainsi que des transfusions sanguines. Des antidotes peuvent être donnés aux personnes prenant des anticoagulants.
Il n’existe aucune méthode naturelle fiable pour arrêter l’hémorragie interne. Un traitement hospitalier est essentiel pour éviter les complications graves.
Quelles sont les suites d’une hémorragie interne ?
Les chances de survie dépendent de la gravité, de la localisation et de la rapidité de la prise en charge.
Malgré les progrès dans le traitement, un saignement non contrôlé demeure une cause majeure de décès après des blessures graves. Dans certains cas, la mort peut survenir très rapidement, dans l’heure et demie environ suivant l’arrivée à l’hôpital, si le saignement n’est pas arrêté rapidement.
L’hémorragie interne peut causer des problèmes graves, comme l’état de choc et des dommages aux organes. Si le saignement affecte des organes vitaux, cerveau, cœur ou poumons, il peut entraîner des lésions à long terme et rendre la survie plus difficile.
Plus le traitement est commencé tôt, meilleur est le pronostique, surtout si les équipes médicales parviennent à localiser et à stopper le saignement rapidement.
Quand faire appel à un médecin ?
L’hémorragie interne est une urgence vitale et exige une action immédiate.
Il faut sans tarder appeler les urgences (15 en France) si vous, ou une autre personne, présentez des signes suggérant une hémorragie interne :
- douleur abdominale ou thoracique sévère,
- essoufflement ou difficulté à respirer,
- étourdissements ou évanouissements,
- toux avec crachats de sang,
- changements de la vision,
- changements de l’état mental (confusion).
Sources :
MSD manuel : hémorragie interne traumatique
BMC : hémorragie traumatique et chaîne de survie
Science Direct : fièvre hémorragique virale
Medicover hospitals : symptômes d’une hémorragie interne
Hôpitaux Universitaires de Genève : traitement des hémorragies et urgence
Société française de médecine d’urgence : le choc hypovolémique
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