Vivre à proximité d’eau polluée favorise cette maladie neurodégénérative rare : ce que révèle une étude

Auteur: François Lehn

relu par Dr Muriel Dodin

Publié le :

Vivre à proximité d’eau polluée favorise cette maladie neurodégénérative rare : ce que révèle une étude
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Vivre près d’installations qui polluent l’eau est associé à un risque accru de PSP, une maladie neurodégénérative rare. Cette association statistique ne démontre toutefois pas que la proximité d’un site provoque la maladie.

Pour interpréter ces résultats, il faut distinguer le risque relatif du risque individuel. Les données apportent une piste sur les expositions environnementales, mais leur portée dépend des méthodes employées et des limites de l’étude.

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Vivre près d’installations qui polluent l’eau est lié à un risque accru de PSP

Publiée le 28 octobre 2026 dans Neurology, l’étude est présentée par l’American Academy of Neurology. Elle a suivi plus de 500 000 personnes au Royaume-Uni pendant une période allant jusqu’à 25 ans. Au cours du suivi, 221 participants ont développé une paralysie supranucléaire progressive (PSP).

Les personnes atteintes vivaient plus souvent près de sites industriels

Environ un tiers des personnes ayant développé une PSP habitaient à moins de trois miles d’une installation concernée, soit environ cinq kilomètres. Cette proportion était d’environ un quart chez les personnes sans PSP.

Les chercheurs ont comparé les cas à des témoins du même âge et du même sexe. Ils ont estimé la proximité des installations à partir des adresses résidentielles relevées en 2007. Les personnes installées depuis moins d’un an étaient exclues.

Les pesticides et certains autres polluants ressortent dans les résultats

Après ajustement sur des facteurs comme l’âge, le sexe et le niveau d’études, les hausses relatives observées étaient de 66 % pour les pesticides, notamment l’atrazine, et de 60 % pour les polluants inorganiques, comme le phosphore.

Elles atteignaient 52 % pour les polluants organiques, dont le benzène, et 38 % pour les métaux lourds, comme le plomb et le mercure. Aucun lien n’a été retrouvé pour les solvants chlorés et les polluants organiques persistants.

Ces chiffres décrivent des différences relatives entre groupes. Ils ne correspondent pas à une augmentation équivalente du risque absolu de développer la maladie.

Ce que la proximité d’un site polluant peut, et ne peut pas, nous apprendre

Les installations étudiées comprenaient des stations d’épuration, des sites d’aquaculture intensive, des usines chimiques et des centrales thermiques. Leur proximité constitue un indicateur environnemental, mais ne mesure pas directement la quantité de polluants absorbée par chaque personne.

La distance et la durée de résidence pourraient compter

Les résultats suggèrent que le risque relatif diminuait à mesure que la distance augmentait, jusqu’à environ six miles, soit près de dix kilomètres. La durée passée à proximité des installations pourrait également intervenir.

Cette tendance ne permet cependant pas de définir une distance individuelle sans risque. Habiter au-delà de six miles ne constitue pas une garantie, et vivre plus près ne signifie pas qu’une personne développera une PSP.

La distance géographique ne décrit pas, à elle seule, les voies d’exposition. Elle ne permet notamment pas de déterminer quels polluants ont atteint un habitant, ni à quelle concentration.

Les limites empêchent d’identifier un polluant responsable

Plusieurs installations émettaient différentes catégories de substances. Il était donc difficile de séparer leurs effets et d’attribuer l’association à un polluant particulier.

Les expositions professionnelles n’ont pas été pleinement évaluées, faute d’informations complètes sur les emplois occupés. L’adresse retenue ne retrace pas non plus les déménagements et toutes les expositions accumulées au cours de la vie.

Ces limites de l’étude sur la proximité des installations polluantes comptent dans son interprétation : une étude observationnelle peut mettre en évidence une association sans expliquer précisément son origine.

Comprendre la PSP et remettre le risque individuel en perspective

Une maladie distincte de la maladie de Parkinson

La PSP appartient aux syndromes parkinsoniens atypiques, un groupe de maladies neurodégénératives qui présentent certains signes proches de la maladie de Parkinson. Elle peut entraîner des troubles de l’équilibre, des chutes, une rigidité et des difficultés à contrôler les mouvements des yeux.

Son évolution est souvent plus rapide que celle de la maladie de Parkinson. La réponse aux traitements est également différente : les médicaments habituellement utilisés contre les symptômes parkinsoniens sont généralement moins efficaces.

Le National Institute of Neurological Disorders and Stroke précise qu’aucun traitement ne permet actuellement d’arrêter ou de ralentir efficacement sa progression. La prise en charge vise notamment les symptômes et les difficultés fonctionnelles.

Une association ne signifie pas que la pollution provoque la maladie

Que signifie alors ce risque accru de PSP pour une personne vivant près d’un site industriel ? L’étude ne fournit pas de probabilité personnelle fiable à partir d’une adresse.

Une hausse relative de 66 % ne signifie ni que 66 % des riverains développeront une PSP, ni que leur risque augmente de 66 points.

Le risque global reste faible, quel que soit le lieu de résidence. Les 221 cas observés dans cette vaste population rappellent la rareté de la maladie, sans fournir un taux directement applicable à chacun.

D’autres travaux devront confirmer les résultats et mieux caractériser les expositions. Il faudra aussi déterminer si les polluants contribuent directement à la maladie ou si d’autres facteurs expliquent l’association.

Une piste environnementale, sans prédiction individuelle

Cette étude relie la proximité de certaines installations qui polluent l’eau à une fréquence plus élevée de maladie neurodégénérative rare, la PSP. Elle ouvre une piste sur les expositions environnementales, sans établir de lien de cause à effet.

Ses résultats ne permettent ni de prédire qui développera la maladie, ni d’attribuer un cas à une installation particulière. Pour les riverains, la distinction essentielle reste celle-ci : une différence statistique entre groupes ne constitue pas un diagnostic individuel.

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