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Six pays européens perdent le statut d’élimination de la rougeole: ce que ça veut dire pour vous

La perte du statut d’élimination de la rougeole dans six pays européens signale des failles de couverture, pas une fatalité.

En janvier 2026, l’OMS rappelle un fait simple: un statut de santé publique peut monter, puis redescendre. Ce n’est pas un trophée figé. C’est un signal basé sur des données récentes, et sur la capacité d’un pays à garder le virus hors de la circulation habituelle.

L’annonce concerne la perte du statut d’élimination de la rougeole au Royaume-Uni et dans cinq autres pays européens. Le contexte est clair: en 2024, l’Europe a vu repartir les cas, après des années plus calmes. La rougeole, elle, n’a pas changé de nature. Elle se transmet vite, parfois avant même que l’on pense à ce diagnostic.

Faut-il paniquer? Non. Faut-il prendre l’info au sérieux? Oui. Ce statut parle de “trous” dans la protection collective, et de ce que cela permet au virus de faire.

Ce que veut dire « perte du statut d’élimination » (et ce que ça ne veut pas dire)

Pour l’OMS, l’élimination n’est pas la disparition totale du virus. Elle décrit une situation où la transmission “installée” est interrompue, sur une durée suffisante, grâce à une très forte immunité dans la population. Le virus peut encore être importé par un voyage, puis s’éteindre si la protection est élevée.

Quand un pays perd ce statut, cela indique autre chose: des chaînes de transmission ont réussi à se maintenir. Autrement dit, le virus ne fait pas qu’entrer, il circule. Ce point compte, car il change la façon dont on lit les signaux d’alerte dans les écoles, les crèches, ou les services de soins.

Il est important de garder deux idées en tête. D’abord, “perte du statut” ne veut pas dire que tout est hors de contrôle, partout, en même temps. Les flambées restent souvent liées à des zones ou des groupes moins vaccinés. Ensuite, ce n’est pas non plus une maladie “revenant de nulle part”. La rougeole profite surtout de baisses de vaccination et de retards de rappels.

L’OMS utilise un repère très connu: pour garder l’élimination, la couverture doit rester autour d’au moins 95% avec deux doses du vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole). En dessous, le virus trouve plus facilement un chemin.

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Les 6 pays concernés et ce que l’OMS regarde de près

Les pays cités par l’OMS sont l’Arménie, l’Autriche, l’Azerbaïdjan, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Ouzbékistan. Le point commun n’est pas un “mauvais système” partout. Certains ont des programmes de vaccination solides, et pourtant, la rougeole a repris.

Pour juger ce statut, l’OMS s’appuie sur des données de surveillance et sur des preuves de circulation. Elle cherche des chaînes de transmission qui durent, et pas seulement des cas isolés. Elle regarde aussi la rapidité de réponse, la qualité des enquêtes autour des cas, et la capacité à atteindre les personnes non protégées.

Cette approche peut sembler technique. En pratique, elle répond à une question simple: le virus arrive-t-il à se maintenir, ou est-il vite stoppé?

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Pourquoi un bon programme vaccinal peut quand même laisser des « trous »

Même avec un calendrier clair, des “poches” de non-vaccinés peuvent se former. Parfois, ce sont des retards banals, un rendez-vous manqué, un déménagement, ou un accès aux soins plus difficile. Parfois, c’est de l’hésitation, nourrie par de fausses infos ou par une perte de confiance.

La rougeole exploite ces failles comme l’eau trouve une fissure. Il suffit de quelques zones où la couverture est basse pour relancer des flambées. Et quand les contacts sont nombreux, en classe, en transport, en fête, le virus avance vite.

Pourquoi la rougeole revient en Europe, et pourquoi elle est si difficile à stopper

La reprise observée en 2024 a remis un sujet ancien sur le devant de la scène: la vaccination baisse, même un peu, et la rougeole revient. L’OMS a rapporté plus de 125 000 cas en 2024 dans la région Europe, environ deux fois plus qu’en 2023. Ce type de hausse ne se produit pas par hasard. Il suit souvent des années où les rappels ont pris du retard, ou où des enfants n’ont pas reçu leurs deux doses.

La rougeole est aussi un test sévère pour la santé publique, car elle est très contagieuse. Un cas peut entraîner d’autres cas avant même que le diagnostic soit posé. Dans une école, une salle d’attente, ou un foyer, le virus peut passer vite d’une personne à l’autre si la protection manque.

On entend parfois: “Mais on vaccine déjà beaucoup.” Oui, et c’est une bonne nouvelle. Le problème, c’est que la rougeole demande une couverture très haute, partout, pas seulement au niveau national. Une moyenne peut rassurer, tout en cachant des zones fragiles.

Cette difficulté explique aussi pourquoi des pays avec de bons soins peuvent avoir des flambées. La qualité des hôpitaux ne remplace pas la prévention. Quand la rougeole circule, elle impose des isolements, des enquêtes, des absences, et parfois des soins lourds. Tout cela aurait pu être évité dans bien des cas.

Le vaccin ROR et le seuil des 95%, une règle simple pour une maladie très contagieuse

Le seuil des 95% n’est pas un slogan. Il correspond au niveau de protection collective requis pour bloquer la transmission. Plus la maladie se transmet facilement, plus ce seuil doit être haut. La rougeole fait partie des infections qui exigent le maximum.

Deux doses de ROR protègent la grande majorité des personnes. Au Royaume-Uni, l’agence de sécurité sanitaire (UKHSA) indique qu’après deux doses, la protection contre la rougeole et la rubéole atteint environ 99%. Ce chiffre aide à comprendre l’enjeu: on ne cherche pas une protection “moyenne”, on vise une protection solide, répétée, dans toute la population.

Quand beaucoup de personnes n’ont qu’une dose, ou aucune, la barrière se fissure. Le virus retrouve des hôtes, et la chaîne repart.

À quoi ressemble la rougeole, et quand les signes apparaissent

Les symptômes commencent souvent 7 à 14 jours après l’infection. Au début, cela ressemble à un gros rhume. On voit une fièvre, une toux, un nez qui coule, et des yeux rouges et larmoyants.

Puis, deux à trois jours après le début de ces signes, de petites taches blanches peuvent apparaître dans la bouche. On les appelle taches de Koplik. Elles orientent vers la rougeole, mais elles ne sont pas toujours repérées.

L’éruption arrive en général trois à cinq jours après les premiers symptômes. Elle commence souvent sur le visage, près de la ligne des cheveux, puis descend vers le cou, le tronc, les bras et les jambes. La fièvre peut remonter fort, parfois au-delà de 40°C. Si vous suspectez une rougeole, il faut appeler avant de se déplacer, pour éviter de contaminer d’autres personnes.

Ce que cela change pour les familles, les écoles et les voyages

Dans la vie courante, la perte du statut d’élimination ne change pas une règle unique, du jour au lendemain. Elle change le niveau d’attention. Les autorités s’attendent à plus de cas, donc à plus d’alertes dans les écoles et les lieux de garde. Cela peut conduire à vérifier des carnets de vaccination, à conseiller des rattrapages, et à demander des isolements quand un cas est confirmé.

Pour les parents, l’effet concret est souvent un message de l’école, ou un appel du médecin, après un contact. Pour les adultes, le sujet surgit au travail, en particulier dans les soins, l’accueil, ou l’éducation, où l’on croise beaucoup de monde.

Les voyages comptent aussi. Un trajet peut suffire pour importer le virus, puis l’amener dans un groupe moins protégé. Ce risque n’est pas réservé aux destinations lointaines. Il existe aussi entre villes, et entre pays voisins, car les contacts sont fréquents.

La bonne nouvelle, c’est que la réponse est simple: vérifier, rattraper, protéger tôt. La rougeole est évitable, mais elle ne pardonne pas les retards.

Royaume-Uni, un exemple parlant de couverture insuffisante

Au Royaume-Uni, la couverture ROR globale est d’environ 84,5%, et elle descend autour de 83,9% en Angleterre. Ces niveaux restent loin du seuil de 95% qui aide à bloquer la transmission.

Le pays a aussi signalé 957 cas confirmés en laboratoire en Angleterre depuis le 1er janvier 2025. Quand la couverture reste sous le seuil, le virus trouve plus de personnes sensibles. Il circule plus facilement, puis il atteint des enfants trop jeunes pour être vaccinés, ou des adultes non protégés.

Quand faut-il vérifier ses vaccins, enfants, ados, adultes

Le calendrier le plus souvent cité propose une première dose vers 12 mois, puis une seconde vers 18 mois. Si un enfant a raté un rendez-vous, le rattrapage reste possible, et il vaut mieux le faire vite. Les ados et les adultes qui ne sont pas à jour peuvent aussi recevoir le vaccin.

Certains moments doivent faire tilt: une rentrée scolaire, un projet de grossesse, un emploi en santé, un départ à l’étranger, ou un contact avec un cas. Dans ces situations, vérifier son statut vaccinal permet d’éviter du stress et des complications. Un professionnel de santé peut confirmer ce qui manque, et proposer un rattrapage adapté.

A retenir

La perte du statut d’élimination de la rougeole dans six pays européens signale des failles de couverture, pas une fatalité. La hausse des cas en 2024 montre ce qui arrive quand la protection baisse, même par endroits. La rougeole se propage vite, mais elle se prévient très bien, surtout avec deux doses de ROR. Prenez une minute pour vérifier votre carnet, ou celui de votre enfant, puis parlez-en à un professionnel de santé. Une action simple peut éviter une chaîne de contagion.

 

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