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Obésité : des risques différents chez les hommes et les femmes

L'obésité n'expose pas toujours aux mêmes complications selon que l'on est un homme ou une femme

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L’obésité est une maladie chronique, mais ses complications ne suivent pas toujours la même route selon le sexe. Le cœur, le foie, le cholestérol et l’inflammation ne réagissent pas de façon identique chez les hommes et chez les femmes.

Une recherche présentée au Congrès européen sur l’obésité 2026, à Istanbul, apporte un éclairage utile. Elle montre ce qui change chez les hommes, ce qui change chez les femmes, et pourquoi cela peut aider à mieux cibler la prévention.

Ce que la nouvelle étude révèle sur les différences entre hommes et femmes

Selon des chercheurs de l’université Dokuz Eylul, en Turquie, l’étude a porté sur plus de 1 100 adultes suivis en clinique d’obésité entre 2024 et 2025. La plupart étaient des femmes, avec 886 participantes, contre 248 hommes. L’équipe a comparé des mesures simples, comme le tour de taille et la tension, mais aussi des données biologiques plus fines, comme les lipides sanguins, la glycémie, les enzymes du foie, la créatinine et plusieurs marqueurs de l’inflammation.

Le point important, c’est la nature de l’étude. Elle est transversale, ce qui veut dire qu’elle photographie des profils de risque à un moment donné. Elle ne prouve donc pas qu’un facteur en cause un autre. En revanche, elle aide à voir des tendances solides, utiles pour le suivi médical.

Chez les hommes, un profil plus marqué par la graisse abdominale et le risque métabolique

Chez les hommes, le signal le plus net concerne la graisse abdominale. Leur tour de taille moyen était plus élevé, autour de 120 cm, contre 108 cm chez les femmes. Leur tension systolique tendait aussi à être plus haute. Ce n’est pas un détail, car la graisse qui entoure les organes internes, souvent appelée graisse viscérale, agit comme un moteur silencieux du risque cardiométabolique.

Les hommes présentaient aussi des triglycérides plus élevés, ainsi qu’une hausse des enzymes hépatiques ALT et GGT. Ces marqueurs peuvent signaler une souffrance du foie, souvent liée à l’excès de graisse. La créatinine était également plus haute, ce qui mérite une attention dans l’évaluation globale de la santé métabolique et rénale. En clair, chez les hommes vivant avec l’obésité, le risque semble plus souvent se concentrer autour du ventre, du foie et du syndrome métabolique.

Chez les femmes, plus d’inflammation générale et un cholestérol LDL plus élevé

Chez les femmes, le profil observé était différent. Les taux de cholestérol total et de LDL, le “mauvais” cholestérol, étaient plus élevés que chez les hommes. L’écart n’est pas énorme sur le papier, mais il compte lorsqu’on parle de maladie cardiovasculaire et de diabète de type 2.

L’autre différence frappe encore plus. Les femmes avaient des marqueurs inflammatoires plus élevés, comme la CRP, la vitesse de sédimentation et le nombre de plaquettes. Ce profil suggère une inflammation plus diffuse, moins visible qu’un tour de taille élevé, mais loin d’être anodine. Autrement dit, deux personnes peuvent avoir une obésité proche sur la balance, tout en portant un risque biologique très différent.

Pourquoi le corps ne réagit pas de la même façon selon le sexe

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Pourquoi ces écarts apparaissent-ils ? Les chercheurs avancent plusieurs pistes biologiques, sans réduire chaque individu à son sexe. Les hormones, la façon de stocker la graisse et la réponse immunitaire jouent ensemble, un peu comme trois réglages qui modifient la même machine.

Cette idée ne dit pas que tous les hommes auront le même profil, ni que toutes les femmes suivront le même schéma. Elle rappelle seulement qu’en santé, la biologie compte, et qu’un suivi uniforme pour tous peut passer à côté d’une partie du risque.

Le rôle des hormones dans le stockage des graisses et l’inflammation

Les hormones, surtout les œstrogènes, influencent le lieu où la graisse se dépose. Chez les femmes, elle se loge plus souvent sous la peau. Chez les hommes, elle s’accumule plus volontiers autour des organes abdominaux. Or cette graisse viscérale est plus étroitement liée aux troubles métaboliques, à l’hypertension, à la résistance à l’insuline et à la stéatose du foie.

Cela n’efface pas le risque féminin. Une graisse moins centrée sur les organes n’empêche pas un terrain inflammatoire ou lipidique défavorable. C’est là que le tableau devient plus fin, et plus utile pour la prévention.

Une réponse immunitaire différente peut aussi changer le risque

Les femmes ont souvent une réponse immunitaire plus active. Des facteurs hormonaux, mais aussi génétiques, comme ceux liés au chromosome X, peuvent y contribuer. Cette activité plus forte pourrait aider à expliquer pourquoi les marqueurs d’inflammation montent davantage chez elles.

Il faut rester prudent. Cette explication est plausible, mais elle ne résume pas chaque parcours. L’âge, le sommeil, l’alimentation, les traitements, l’activité physique et le niveau de stress comptent aussi. Le sexe donne une tendance, pas un verdict.

Ce que ces différences changent pour la prévention et le suivi médical

Si les risques ne sont pas les mêmes, le dépistage ne devrait pas être calqué pour tous. C’est sans doute la leçon la plus utile de cette étude. La prévention de la maladie cardiovasculaire, du diabète de type 2, de l’inflammation chronique et des atteintes du foie gagne à être plus ciblée.

Quels signes et examens méritent une attention particulière chez les hommes

Chez les hommes vivant avec l’obésité, le tour de taille doit rester un repère central. Il renseigne souvent mieux que le seul IMC sur le risque réel. La tension artérielle, les triglycérides, les enzymes du foie et les signes de syndrome métabolique méritent aussi un suivi régulier.

Ce regard plus serré peut aider à repérer plus tôt un risque cardiovasculaire ou hépatique. En pratique, on ne surveille pas seulement le poids, on surveille aussi où se concentre la graisse et ce qu’elle fait au foie.

Quels points surveiller de près chez les femmes vivant avec l’obésité

Chez les femmes, le cholestérol total, le LDL et les marqueurs d’inflammation doivent attirer l’attention. Ce profil peut peser sur le risque cardiaque, même quand le ventre paraît moins “typique” que chez un homme.

L’enjeu est simple, traiter le bon risque au bon moment. Une médecine plus personnalisée, fondée sur le profil biologique de chaque patiente, pourrait mieux prévenir les complications que l’approche unique pour tous.

Ce que l’on sait déjà, et ce que la science doit encore confirmer

L’obésité s’inscrit souvent dans un tableau plus large, celui du syndrome métabolique. En 2023, on estimait que 1,54 milliard d’adultes vivaient avec ce groupe de facteurs de risque, qui mêle obésité abdominale, cholestérol anormal, hypertension et glycémie élevée. Le sujet n’a donc rien d’anecdotique.

Mais cette étude a des limites. Elle ne permet pas d’établir une cause directe, et sa population était surtout d’origine turque, ce qui freine la généralisation à d’autres groupes. Des travaux plus larges devront confirmer ces résultats. S’ils se vérifient, ils pourraient ouvrir la voie à une prise en charge plus précise, pensée différemment pour les femmes et pour les hommes.

À retenir

L’obésité n’expose pas toujours aux mêmes complications selon le sexe. Chez les hommes, le risque paraît plus lié à la graisse viscérale, au foie et au profil métabolique. Chez les femmes, l’inflammation et le cholestérol LDL semblent davantage au premier plan.

La bonne piste, pour la suite, n’est pas une médecine séparée, mais une médecine plus fine. Mieux lire le profil de risque de chacun pourrait améliorer le dépistage, la prévention et le suivi.

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