Mucus dans la gorge : pourquoi il ne part pas, que faire ?

Auteur: Aline Legrand

relu par Dr Muriel Dodin

Publié le :

Mucus dans la gorge : pourquoi il ne part pas, que faire ?
Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Les personnes qui souffrent d’un écoulement post-nasal persistant, savent à quelle vitesse cette sensation de mucus dans la gorge revient et le peu de soulagement qu’une pastille ou qu’un gargarisme peuvent apporter.

Si leur métier implique de parler, cela peut être particulièrement frustrant et perturbant au téléphone ou en réunion, explique le Dr Matt Hershcovitch, ORL et spécialiste des sinus à Burbank, en Californie. Elles ne peuvent pas s’exprimer plus de 30 secondes sans avoir à tousser et à se racler la gorge.

Perte d’audition : 12 signes à prendre très au sérieux
Les différentes couleurs d’urine : quand s’inquiéter ?

Dans cet article, des spécialistes expliquent les raisons de cette sensation persistante de mucus dans la gorge, pourquoi les remèdes habituels ne fonctionnent pas toujours et comment trouver du soulagement.

Qu’est-ce qui provoque cet écoulement de mucus dans la gorge ?

Les allergies environnementales et la rhinosinusite chronique (inflammation persistante du nez et des sinus) figurent parmi les causes les plus fréquentes, indique la Dre Florence Hsu, allergologue et immunologue à Yale Medicine.

L’inflammation peut augmenter la production de mucus, provoquant un écoulement à l’arrière de la gorge.

Avoir passé toute son enfance sans allergies ne les exclut pas pour autant aujourd’hui. Les allergies et la sensibilité changent tout au long de la vie, rappelle le Dr Hershcovitch.

Le nez peut également réagir à des éléments sans que cela soit allergique. La fumée, les odeurs fortes, les aliments épicés et les changements de météo peuvent déclencher une rhinite non allergique, précise le Dr Hershcovitch. La muqueuse nasale devient hyperactive et produit un excès de mucus.

Le reflux peut aussi provoquer une sensation de mucus dans la gorge même en l’absence de brûlures d’estomac, note la Dre Hsu.

Et parfois, la sensation qu’un corps étranger est bloqué ne signifie pas qu’il y a un amas tenace à déloger. L’irritation causée par l’écoulement ou le reflux peut laisser la gorge enflammée, ajoute le Dr Hershcovitch, créant l’impression qu’une boule ou un corps étranger persiste alors même qu’aucun obstacle physique ne bloque le passage.

Pourquoi les antihistaminiques ne sont-ils pas toujours la solution ?

Un comprimé contre l’allergie peut soulager certains symptômes, mais ne réglera pas toutes les raisons pour lesquelles la gorge semble tapissée de glaires.

Les antihistaminiques ciblent les effets de l’histamine, une substance chimique impliquée dans les réactions allergiques, explique la Dre Hsu. Même lorsque des allergies entrent en jeu, d’autres aspects de la réponse inflammatoire peuvent nécessiter un traitement différent, comme un spray nasal à base de corticoïdes.

Parfois, les antihistaminiques peuvent même aggraver la situation. Ils peuvent également avoir un effet asséchant, entraînant un mucus plus épais et plus difficile à éliminer.

Qu’est-il possible d’essayer chez soi ?  

Les lavages nasaux à l’eau saline (à l’aide d’une bouteille souple ou d’un pot neti) peuvent aider à éliminer le mucus et les allergènes, indique la Dre Hsu.

Si la solution est préparée chez soi, utiliser de l’eau distillée, stérile ou préalablement bouillie puis refroidie, et non pas de l’eau du robinet. Respecter bien les instructions de nettoyage du pot neti.

Pour les symptômes liés aux allergies, un spray nasal aux corticoïdes est une autre option. Vérifier l’étiquette : tous les sprays nasaux ne se valent pas, avertit le Dr Hershcovitch. Les sprays aux corticoïdes diffèrent des décongestionnants, qui conseille d’en limiter l’usage à deux ou trois jours maximum. Une utilisation prolongée peut provoquer un effet rebond et aggraver la congestion.

Il est également utile d’identifier les déclencheurs chez soi et au travail, comme les acariens et les squames d’animaux, conseille la Dre Hsu. Pour contribuer à réduire les allergènes en suspension dans l’air, le Dr Hershcovitch suggère d’utiliser un purificateur d’air et de veiller à nettoyer régulièrement ses filtres.

Quand faut-il consulter ?

Si la situation dure depuis des années ou persiste malgré les traitements en vente libre, consulter un allergologue ou un ORL.

Un test d’allergie peut aider à identifier les déclencheurs et un médecin ORL pourra utiliser une fine caméra pour examiner les fosses nasales après application d’un spray anesthésique.

La suite dépendra des conclusions des médecins. Un traitement peut être prescrit comme un médicament contre le reflux, ou, dans certains cas, une intervention pour corriger un problème structurel ou des sinus bouchés, précise le Dr Hershcovitch.

Certains symptômes doivent inciter à consulter rapidement plutôt que de persister avec des remèdes maison : présence de sécrétions sanglantes ou unilatérales, ou douleurs faciales. La Dre Hsu signale également la perte de l’odorat ou du goût, une obstruction nasale complète, ou l’apparition de sifflements respiratoires ou de difficultés à respirer.

Le Dr Hershcovitch se veut rassurant et rappelle que ce trouble est très gérable.

PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.

Donnez votre avis

★★★★★

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Vous aimez cet article ? Partagez !



Presse Santé est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris :

Partagez votre avis

Partagez votre avis