Marcher 5 minutes de plus par jour réduit le risque de décès précoce
Cinq minutes de marche semblent petites, mais elles s’additionnent vite. Dans une grande étude, cette hausse est associée à un risque plus bas de décès précoce, surtout quand on est peu actif.

On connaît la scène, une journée prise au piège entre écran, voiture, réunions. Le soir, on se dit qu’on bougera demain, faute de temps, faute d’élan. Et si le vrai déclic tenait en 5 minutes de marche ?
Une grande étude récente, publiée dans The Lancet, va dans ce sens. Elle associe de très petits ajouts d’activité, et un peu moins de temps assis, à une baisse du risque de mourir plus tôt. Le point fort, c’est que l’effet apparaît même quand on part de presque rien, sans se juger, ni viser la perf.
On va voir ce que dit l’étude, pourquoi ces mini-changements pèsent lourd, et comment les caser dès aujourd’hui.
Ce que montre la grande étude, en mots simples
Les chercheurs ont regroupé des données de sept études menées aux États-Unis, en Norvège et en Suède. Au total, plus de 135 000 adultes ont été suivis sur environ huit ans. L’âge moyen tournait autour de 64 ans. Point clé, l’activité et le temps assis n’étaient pas déclarés au hasard, ils étaient mesurés par des appareils portés au quotidien.
Le résultat central tient en une idée simple. Beaucoup de personnes font déjà un peu d’activité dite modérée, autour de 17 minutes par jour en moyenne. Dans ce groupe, ajouter seulement 5 minutes par jour est associé à environ 10 % de décès en moins. Passer à 10 minutes de plus par jour est associé à environ 15 % de moins.
Et pour les personnes très peu actives, celles qui n’atteignent que deux minutes d’activité modérée par jour, le gain reste visible. Cinq minutes en plus s’associent à environ 6 % de décès en moins. Dix minutes en plus montent à environ 9 %.
Un point reste à garder en tête pour bien comprendre. C’est une étude d’observation, donc elle montre un lien, pas une preuve directe de cause à effet. Mais la taille du groupe, la durée du suivi, et la mesure par capteurs rendent l’ensemble solide.
Soutenez Pressesante.com : Rejoignez notre communauté sur Tipeee
C’est quoi une marche « modérée » au juste
On parle d’un effort où le corps se réveille, sans partir au sprint. La marche rapide est l’exemple le plus clair. La respiration s’accélère, on sent un peu de chaleur, mais on peut encore parler. En revanche, chanter devient difficile.
Dans la vraie vie, ça ressemble à un trajet fait d’un bon pas jusqu’au métro, ou un tour de quartier sans traîner. C’est aussi marcher avec une poussette en gardant un rythme soutenu, ou traverser la ville à pied au lieu d’attendre une place de parking.
Pourquoi ces petits gains comptent autant
Le corps réagit vite aux signaux répétés. Une courte marche, faite chaque jour, agit comme une piqûre de rappel pour le cœur, les muscles, et la gestion de l’énergie. Ce n’est pas un exploit, c’est une routine.
C’est aussi une question de réalisme. Les repères de santé publique parlent souvent de 150 minutes d’activité modérée par semaine. C’est une bonne cible, mais elle décourage vite quand on part de bas. Ajouter cinq minutes, c’est un seuil bas, facile à répéter, et qui peut ouvrir la porte à plus.
Dans l’étude, l’idée « chaque minute compte » n’est pas un slogan. Les gains apparaissent avec des doses minuscules, surtout chez les profils très sédentaires.
Moins s’asseoir, c’est aussi une partie du plan
La marche n’est pas le seul levier mis en avant. L’étude relie aussi le temps sédentaire, donc le temps passé assis ou immobile, à la longévité. Beaucoup d’adultes tournent autour de 10 heures par jour assis. Dans ce cadre, réduire ce temps de 30 minutes est associé à environ 7 % de décès en moins. Retirer une heure est associé à environ 13 % de moins.
Chez les personnes les plus sédentaires, autour de 12 heures assises par jour, l’effet existe aussi, mais il est plus modeste à court terme. Enlever 30 minutes est associé à environ 3 % de décès en moins. Ça reste un progrès, et surtout un point de départ.
Pourquoi le temps assis pèse-t-il autant ? Parce qu’il fige le corps dans un mode économie. Le sang circule moins bien dans les jambes, les muscles brûlent moins de sucre, et le métabolisme ralentit. Bouger un peu casse ce mode pause. Même une activité légère, faite souvent, aide déjà.
Les chercheurs rappellent aussi un intérêt plus large. Bouger est lié à moins de risques de maladies chroniques, comme le diabète. L’activité physique tend à faire baisser la glycémie, et les efforts plus soutenus peuvent aider davantage. Mais le premier pas reste le plus simple, se lever, marcher, recommencer.
Des moments faciles à remplacer sans bouleverser sa journée
Le plus dur n’est pas de savoir quoi faire, c’est de trouver quand. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut grignoter du mouvement sur des temps déjà existants. Un appel peut se faire debout, ou en marchant dans une pièce. Une pause café peut devenir un aller-retour au bout de la rue.
Après le repas, au lieu de rester collé à la chaise, une courte marche calme suffit. Même deux ou trois minutes font une différence, surtout si on les répète. Dans les transports, descendre une station plus tôt marche très bien. À la maison, prendre les escaliers quand c’est possible fait aussi partie de l’effort.
L’idée n’est pas de tout changer. C’est de remplacer un bout de temps assis par un bout de temps debout, puis par quelques pas.
Le duo gagnant, 5 minutes de marche plus 30 minutes assis en moins
Le duo marche parce qu’il est clair, mesurable, et peu stressant. Les cinq minutes ajoutent un vrai temps d’activité modérée. Les trente minutes en moins font baisser le volume total d’immobilité.
Dans une journée classique, on peut placer cinq minutes de marche le matin, entre deux tâches. Puis on récupère trente minutes assises en faisant deux pauses debout de dix minutes, et une petite marche de dix minutes. Ce n’est pas une règle stricte, c’est un cadre.
Au fil des semaines, ce cadre devient une habitude. Et une habitude, c’est comme un compte épargne, on y dépose peu, mais souvent.
Comment ajouter 5 minutes de marche dès aujourd’hui, sans motivation héroïque
Chercher la motivation parfaite fatigue. Chercher un point d’accroche marche mieux. Cinq minutes, c’est la taille d’un morceau de musique, ou d’une vidéo courte. On peut les placer sans tenue de sport, ni plan compliqué.
Et la marche n’est pas la seule option. L’étude parle d’activité modérée au sens large, donc de tout ce qui fait monter un peu le souffle. Un vélo tranquille sur un trajet court, tondre la pelouse, jardiner en rythme, frotter le sol, ou danser quelques morceaux, tout ça compte si l’effort reste soutenu.
Une règle simple aide à rester dans le bon niveau. Si vous respirez plus fort, que vous sentez le corps actif, et que vous pouvez parler sans être à bout, vous êtes dans la bonne zone.
Les trois déclencheurs qui marchent le mieux
Le premier déclencheur, c’est la fin d’un repas. Dès que l’assiette est finie, on enfile un pull et on sort faire le tour du bloc. Le cerveau associe vite repas puis marche, sans débat intérieur.
Le second déclencheur, c’est juste avant la douche. On se dit, je marche cinq minutes, puis je me douche. La douche devient la récompense, et le geste se répète plus facilement.
Le troisième déclencheur, c’est le retour du travail. Avant de s’asseoir, on pose les clés, puis on marche cinq minutes. Une fois assis, on y reste, c’est humain.
Rester en sécurité et garder le rythme sur la durée
Le corps aime la progressivité. Des chaussures stables, un rythme qui monte sans douleur, et un départ calme suffisent. Si l’effort coupe le souffle d’un coup, on ralentit.
En cas de douleur thoracique, d’essoufflement inhabituel, ou de maladie connue, un avis médical est logique. Mieux vaut adapter que forcer.
Pour suivre, pas besoin d’outils complexes. Un minuteur, une note sur un calendrier, ou une coche mentale après la marche peuvent suffire. Le but, c’est de voir la chaîne se former.
A retenir
Cinq minutes semblent petites, mais elles s’additionnent vite. Dans une grande étude, cette hausse est associée à un risque plus bas de décès précoce, surtout quand on est peu actif. Réduire le temps assis va dans le même sens, avec des gains visibles dès 30 minutes de moins. Ce soir, testez un mini-défi simple, une courte marche après le dîner. Le vrai luxe, c’est la régularité, pas la performance.