Maladies auto-immunes des femmes : risque accru de décès cardiovasculaire
Une nouvelle étude révèle que les personnes atteintes de maladies auto-immunes, et en particulier les femmes, doivent accorder une attention particulière à leur santé cardiovasculaire, et particulièrement cardiaque.

Une vaste étude menée sur plusieurs décennies a révélé que les maladies auto-immunes des femmes doublent leur risque de mourir de problèmes cardiovasculaires (maladies coronariennes, arythmie, AVC ou crise cardiaque) par rapport à celui des hommes atteints de ces mêmes pathologies.
La disparité des décès entre femmes et hommes est plus importante chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde : les femmes concernées sont 3 fois plus susceptibles de mourir d’une maladie cardiaque que les hommes.
Les auteurs de l’étude soulignent le fardeau important des maladies cardiovasculaires chez les personnes atteintes de maladies inflammatoires à médiation immunitaire, qui touchent de manière disproportionnée les femmes. Ces pathologies sont un sous-ensemble des affections auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse, le psoriasis, l’asthme, la sclérose en plaques et le lupus.
Pourquoi l’inflammation des maladies auto-immunes des femmes peut-elle principalement endommager le cœur ?
En 2024, 5 millions de personnes vivaient avec une maladie auto-immune en France. Les femmes étaient huit fois plus nombreuses que les hommes.
Il est déjà établi que l’inflammation chronique due aux maladies auto-immunes peut endommager le cœur mais de nombreuses personnes souffrant de ces pathologies ne sont pas conscientes de ce risque accru.
Une étude menée auprès de plus de 22 millions de personnes au Royaume-Uni a révélé que n’importe laquelle des 19 affections auto-immunes différentes augmentait le risque de maladie cardiovasculaire (autant que le tabagisme ou le diabète de type 2, des facteurs traditionnels).
Les maladies cardiovasculaires n’incluent pas seulement les maladies cardiaques. C’est un terme générique pour tous les types d’affections qui touchent le cœur ou les vaisseaux sanguins :
- maladie coronarienne (artères obstruées),
- accident vasculaire cérébral,
- crise cardiaque,
- insuffisance cardiaque,
- artériopathie périphérique,
- valvulopathie,
- arythmie,
- péricardite,
- thrombose veineuse profonde,
- maladie cérébrovasculaire,
- maladie aortique,
- cardiopathie congénitale.
Quel est l’écart de risques de décès cardiovasculaires entre les sexes ?
Les chercheurs se sont concentrés sur les décès cardiovasculaires entre 1999 et 2020 de personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, de lupus ou de sclérose systémique.
Sur plus de 281 000 décès liés à ces maladies au cours de la période, plus de 127 000 étaient dus à des causes cardiovasculaires.
Le taux global de décès liés aux maladies cardiovasculaires dans ce groupe a diminué de plus de moitié. Les décès sont passés de 3,9 à 2,1 pour 100 000 femmes et de 1,7 à 1,2 pour 100 000 hommes. Mais l’écart entre femmes et hommes est resté.
Les scientifiques pensaient que les personnes atteintes de maladies inflammatoires à médiation immunitaire mouraient principalement d’infections ou de maladies rénales. L’étude a révélé qu’un tiers des décès dans cette population étaient provoqués par des maladies cardiovasculaires, principalement cardiaques.
L’écart entre femmes et hommes est troublant. D’autant que lorsque les auteurs ont examiné également les différences entre les sexes concernant les décès dus au cancer, les infections et les maladies respiratoires, ils n’ont pas trouvé une disparité importante et parfois le risque était le même.
Pourquoi les femmes atteintes de maladies auto-immunes présentent-elle un risque plus élevé ?
D’un côté, les maladies cardiaques sont sous-diagnostiquées chez les femmes, de l’autre, les maladies auto-immunes endommagent le cœur.
C’est une réalité systémique : les femmes sont également sous-traitées et moins fréquemment incluses dans les essais cliniques. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour étudier le « pourquoi ».
Le nombre plus élevé de décès chez les femmes pourrait également être lié à d’autres maladies, à l’accès aux traitements ou à des différences dans manifestation des symptômes, selon les auteurs de la recherche.
Comment le traitement des maladies auto-immunes peut-elle prévenir le risque de décès cardiovasculaires ?
La tendance à la baisse des décès cardiovasculaires est probablement due aux traitements des maladies auto-immunes et aux traitements cardiovasculaires.
Les thérapies biologiques utilisées pour gérer de nombreuses maladies auto-immunes peuvent aider à réduire l’inflammation systémique avec, à la clé, moins de dommages au cœur.
Des médicaments comme les statines et les traitements contre l’hypertension artérielle réduisent le risque de décès prématuré dû à une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral, expliquent les chercheurs.
L’enseignement à retenir est que toute personne atteinte d’une maladie auto-immune, en particulier les femmes, devrait surveiller sa santé cardiaque : suivre son taux de cholestérol, sa tension artérielle et les autres facteurs de risque.
Les personnes atteintes de maladies auto-immunes ont souvent de nombreux médecins et différents problèmes de santé à gérer. La supervision de leur risque cardiovasculaire peut être constamment repoussée au prochain rendez-vous, parfois jusqu’à ce qu’il soit trop tard…
Il peut également y avoir une certaine hésitation au traitement à cause des effets secondaires de certains médicaments. Mais en 2025, il est possible de trouver un médicament efficace pour abaisser le cholestérol, traiter le diabète ou gérer la tension artérielle qui ne provoque pas d’effets secondaires.
Sources :
Inserm : maladies auto-immunes
The lancet : maladies auto-immunes et risque cardiovasculaire
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.
PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.