Le rhumatisme psoriasique est une maladie inflammatoire auto-immune chronique qui s’attaque à la fois aux articulations et à la peau. Ce type de rhumatisme est intimement lié au psoriasis (une maladie de peau qui cause des plaques rouges et des squames blanchâtres).
Dans environ 80 % des cas, le psoriasis cutané apparaît en premier, mais il arrive parfois que les douleurs articulaires se manifestent avant les lésions de la peau. On estime qu’environ un tiers des patients atteints de rhumatisme psoriasique (RP) luttent contre la dépression et l’anxiété.
La recherche a montré que les personnes atteintes de psoriasis et de RP sont près de 3 fois plus susceptibles de souffrir de dépression, indépendamment d’autres comorbidités, que celles qui ne sont pas atteintes de cette pathologie. Parmi 73 447 personnes atteintes de psoriasis, celles qui ont connu un trouble dépressif majeur présentaient un risque significativement plus élevé de développer un RP par rapport à celles qui n’avaient pas développé de ce trouble dépressif.
Le Dr Vinod Chandran, rhumatologue et clinicien-chercheur à l’Université de Toronto, co-directeur du programme sur le rhumatisme psoriasique à l’University Health Network, et co-auteur de cette étude, voudrait que tous les patients parviennent à la rémission ou présentent une activité minimale de leur rhumatisme psoriasique. Mais malheureusement, la dépression et l’anxiété sont des facteurs importants qui empêchent l’atteinte de cet objectif. Ces troubles devraient être pris en compte lors de la prise en charge des patients atteints de rhumatisme psoriasique.
Comment la dépression et l’anxiété peuvent-elles alimenter la douleur du rhumatisme psoriasique ?
Lorsqu’une personne est déprimée, elle peut négliger sa santé en ne faisant pas d’exercice, par exemple, ce qui peut aggraver les symptômes douloureux du rhumatisme psoriasique.
Même si aucune recherche n’a prouvé de relation de cause à effet entre la dépression et le rhumatisme psoriasique, inversement la douleur liée au RP peut accentuer la dépression.
Brett Smith, rhumatologue chez Tennessee Direct Rheumatology à Knoxville, estime que les médecins pourraient être plus proactifs dans l’évaluation de la santé mentale de leurs patients, d’autant que le rhumatisme psoriasique et la dépression semblent s’aggraver mutuellement.
La dépression et l’anxiété ne sont pas la seule cause de la douleur, mais elles abaissent le seuil de tolérance du patient, explique Stanford Shoor, professeur clinicien de médecine et de rhumatologie à l’Université de Stanford à Palo Alto, en Californie. La douleur est dans l’esprit de celui qui la ressent et la dépression ainsi que l’anxiété peuvent avoir pour effet qu’une même niveau inflammatoire dans une articulation soit ressenti de manière plus intense. Il est très important de déterminer si l’inconfort ressenti provient réellement de l’inflammation ou est lié au traitement de la douleur. La dépression ainsi que l’humeur jouent un rôle.
Brett Smith travaille parfois avec un psychologue pour apporter un soutien spécialisé aux patients aux prises avec des problèmes de santé mentale ou psychologiques. Le patient doit être abordé entièrement plutôt que par ses articulations douloureuses et ses modifications cutanées.
Alors que le Dr Shoor souligne que le rhumatisme psoriasique n’est pas seulement une maladie du corps, il rappelle que les rhumatologues ne sont pas des experts dans le traitement de la dépression. S’il estime qu’une personne a besoin d’une aide psychologique, il peut lui suggérer de consulter un thérapeute ou éventuellement un psychiatre. Les patients qui se montrent proactifs peuvent également trouver un soutien émotionnel auprès de groupes sociaux composés d’autres personnes atteintes de rhumatisme psoriasique. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains fournissent des liens vers des ateliers d’éducation à l’autogestion pour apprendre à faire face aux symptômes de l’arthrite et à maintenir des comportements bénéfiques.
La première étape pour surmonter un problème de santé mentale est de reconnaître les symptômes. Les signes de dépression sont :
- humeur triste, anxieuse ou vide persistante,
- sentiments de désespoir, pessimisme,
- perte d’intérêt ou de plaisir pour les loisirs et les activités,
- baisse d’énergie, fatigue, impression de fonctionner au ralenti,
- difficultés à se concentrer, se souvenir ou prendre des décisions,
- insomnie, réveils précoces ou excès de sommeil (hypersomnie),
- diminution de l’appétit et perte de poids, ou alimentation excessive et prise de poids,
- agitation ou irritabilité.
Pourquoi inclure la santé mentale dans le traitement du rhumatisme psoriasique ?
L’étude conclut qu’élargir les soins vers une approche pluridisciplinaire pour traiter l’anxiété et la dépression aide les patients à diminuer l’activité de la pathologie.
Les cliniciens ne doivent pas seulement se concentrer sur les thérapies capables de supprimer l’inflammation articulaire. Une revue récente de recherche souligne que reconnaître et aborder l’impact psychosocial du RP est primordial pour une prise en charge multidisciplinaire impliquant des rhumatologues, des psychologues et d’autres professionnels de la santé.
La thérapie cognitivo-comportementale, la réduction du stress basée sur la pleine conscience et d’autres interventions psychologiques peuvent aider à gérer le stress, l’anxiété et la dépression. Les groupes de soutien peuvent apporter une aide à la fois émotionnelle et pratique. Les chercheurs ajoutent que des programmes de prise en charge globale de la maladie, qui répondent aux besoins à la fois physiques et psychosociaux, pourraient être cruciaux pour améliorer les résultats des patients et leur qualité de vie.
L’Arthritis Foundation affirme que le traitement des troubles de la santé mentale doit être considéré comme une partie fondamentale de la gestion des symptômes de l’arthrite. L’organisation propose des conseils sur le moment opportun de consulter un spécialiste de la santé mentale ainsi que des informations sur les choix de mode de vie sain et les options d’autogestion qui peuvent aider à atténuer les symptômes associés à une psychothérapie ou à des médicaments.
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