Avez-vous besoin de contacter la rédaction ? Envoyez vos e-mails à [email protected] ou sur notre formulaire.
ActualitéNutrition

Ces aliments qui contiennent le plus d’additifs alimentaires dans les assiettes des enfants et des adultes

Voici les aliments qui apportent le plus d’additifs alimentaires et pourquoi les enfants sont plus exposés que les adultes

Qui apporte le plus d’additifs dans votre assiette, le soda du goûter ou le yaourt du matin ? La grande étude française Esteban apporte une réponse chiffrée à cette question, pour la première fois à l’échelle du pays.

Cette enquête a suivi l’alimentation d’enfants, d’adolescents et d’adultes de 3 à 74 ans, puis a croisé ces données avec des bases de composition et des analyses de produits. Résultat, les chercheurs ont pu cartographier l’origine des additifs alimentaires dans la vie réelle, et non seulement sur le papier des textes réglementaires.

L’objectif de cet article est simple. Aider à comprendre quels aliments apportent le plus d’additifs, pourquoi les enfants sont plus exposés que les adultes, et ce que cela change pour la santé au quotidien. Un point clé apparaît d’emblée : les additifs ne sont presque jamais consommés seuls, ils viennent par mélanges complexes, surtout à travers les aliments ultra-transformés. Cette information est précieuse pour les parents, mais aussi pour tout adulte qui souhaite ajuster ses choix sans céder ni à la panique ni au déni.

Que sont les additifs alimentaires et pourquoi tout le monde en consomme

Un additif alimentaire est une substance ajoutée aux aliments pour en modifier un aspect précis. Il peut s’agir de la couleur, du goût, de la texture ou de la durée de conservation. Sur les emballages, on les reconnaît souvent à leur nom technique ou à leur code commençant par la lettre E.

Les exemples les plus connus sont les colorants qui donnent une teinte vive à une boisson ou à un bonbon, les conservateurs qui limitent le développement de microbes, les émulsifiants qui stabilisent une sauce ou une crème, et les édulcorants qui apportent un goût sucré sans sucre classique. D’autres additifs régulent l’acidité, épaississent une préparation ou évitent que les graisses ne rancissent.

Il est tentant de penser que ces substances se cachent seulement dans les sodas, les confiseries ou les snacks très gras. La réalité est moins visible. Des additifs se retrouvent aussi dans le pain de mie, certains yaourts aromatisés, les plats préparés, les sauces en bouteille ou des céréales du petit déjeuner. En France, on estime que plus de la moitié des produits du marché contiennent au moins un additif.

En pratique, presque tout le monde en consomme chaque jour, souvent sans en avoir vraiment conscience.

Soutenez Pressesante.com : Rejoignez notre communauté sur Tipeee

Soutenez Pressesante.com : Rejoignez notre communauté sur Tipeee

Image cliquable

Additifs, ultra-transformés et classification NOVA : faire le lien

Pour mieux comprendre le rôle des additifs, il faut dire un mot des aliments ultra-transformés. La classification NOVA classe les aliments selon leur degré de transformation. Les produits ultra-transformés sont ceux qui contiennent, en plus des ingrédients de base, de nombreux ajouts comme arômes, texturants, colorants ou édulcorants, et qui passent par des procédés industriels lourds.

Les gâteaux industriels, les boissons sucrées, beaucoup de biscuits salés, bon nombre de plats prêts à réchauffer ou certaines céréales très sucrées entrent dans cette catégorie. La nouvelle étude montre que la plupart des mélanges d’additifs repérés sont en fait des marqueurs de ces aliments ultra-transformés.

Dans l’étude Esteban, ces produits fournissaient en moyenne près d’un tiers de l’énergie quotidienne chez les adultes, et environ la moitié chez les enfants et adolescents. Les régimes qui en contiennent beaucoup apportent en général plus de graisses saturées et de sucres ajoutés, et moins de fibres et de vitamines, en particulier la vitamine C et certains caroténoïdes. Les additifs ne viennent donc pas seuls, ils s’inscrivent dans un style global d’alimentation.

Ces sujets peuvent également vous intéresser:

Ce que la grande étude française révèle sur les additifs chez les enfants et les adultes

L’étude Esteban repose sur un large échantillon national de la population française. Entre 2014 et 2016, plus de 3 000 personnes âgées de 3 à 74 ans ont été incluses. Chaque participant a décrit tout ce qu’il mangeait et buvait lors de trois journées différentes, grâce à des rappels de 24 heures ou des carnets alimentaires.

Les chercheurs ont ensuite relié ces informations à une base de composition détaillée, intégrant pour chaque produit les additifs présents. Des analyses en laboratoire sur divers aliments du commerce ont complété le travail, pour affiner le contenu réel en additifs selon les marques.

Ce croisement a permis de calculer, pour chaque personne, la quantité moyenne d’additifs ingérée par jour, en grammes par jour mais aussi en milligrammes par kilo de poids corporel. L’étude a recensé tous les additifs consommés au moins une fois par un participant, chez les adultes comme chez les enfants.

Un message ressort avec clarté. Les enfants reçoivent plus d’additifs par kilo de poids que les adultes, et les plus jeunes sont exposés à des mélanges particulièrement denses, liés à certains produits très présents dans leur quotidien.

Combien d’additifs consommons-nous chaque jour

Chez les adultes, environ 125 additifs différents ont été repérés au moins une fois dans le régime d’un participant. Chez les enfants, ce chiffre atteint 122. Cela ne signifie pas qu’une même personne consomme autant de substances différentes chaque jour, mais que l’offre globale du marché introduit un large panel d’additifs dans les habitudes alimentaires.

En termes de quantité, l’apport moyen se situait autour de 4,4 grammes d’additifs par jour chez les adultes, contre environ 5,1 grammes chez les enfants. La différence devient plus frappante quand on rapporte ces apports au poids du corps. L’exposition, en milligrammes par kilo, est environ deux fois plus élevée chez les enfants.

Cette situation tient à deux éléments principaux. Les enfants mangent souvent plus d’aliments très transformés pour leur poids, par exemple des biscuits, des desserts laitiers sucrés ou des boissons aromatisées. Leur organisme est aussi en pleine croissance, avec des systèmes digestifs, immunitaires et métaboliques encore en construction. Cette combinaison nourrit l’idée qu’il est utile de suivre de près leurs habitudes alimentaires, sans dramatiser, mais avec un réel sens de la prévention.

Les additifs ne viennent pas seuls : l’impact des mélanges

L’un des points forts du travail des chercheurs est d’avoir étudié les additifs non seulement un par un, mais aussi en combinaisons. À l’aide d’une méthode statistique adaptée à de grands ensembles de données, ils ont identifié les mélanges qui revenaient le plus souvent dans les régimes.

Chez les adultes, trois grands profils de mélanges expliquent la plupart des différences d’exposition entre individus. Chez les enfants, ce sont quatre profils. Chaque mélange regroupe un ensemble typique d’additifs et se rattache à des groupes d’aliments particuliers.

Par exemple, certains mélanges sont riches en régulateurs d’acidité, colorants, émulsifiants et épaississants, très présents dans les biscuits industriels, les gâteaux, les snacks salés ou les boissons sucrées. D’autres couvrent plutôt des édulcorants, des conservateurs et des arômes, associés à des desserts lactés, des plats prêts à consommer, des sauces ou des boissons édulcorées.

Dans la vie réelle, nous sommes donc rarement exposés à un seul additif à la fois. Nous recevons des cocktails répétés, dont les effets combinés restent encore mal connus, surtout sur le long terme.

Quand les limites réglementaires sont dépassées

Pour cadrer l’usage des additifs, les agences sanitaires fixent une Dose Journalière Admissible, ou DJA, pour chacun d’eux. Cette valeur représente la quantité qu’une personne peut consommer chaque jour, toute sa vie, sans risque jugé significatif, selon les données expérimentales disponibles. Elle s’exprime en milligrammes par kilo de poids corporel.

Dans l’étude Esteban, les chercheurs ont comparé les expositions estimées à ces DJA. Ils ont observé que, pour la plupart des additifs, les apports restaient en dessous des limites, mais des dépassements apparaissaient pour certains produits. L’extrait de romarin, utilisé comme antioxydant et désigné par le code E392, voyait sa DJA dépassée chez une part non négligeable d’enfants et d’adultes. La sucralose, un édulcorant intense connu sous le code E955, dépassait aussi sa DJA chez une petite fraction d’adultes.

Ces dépassements ne signifient pas, à eux seuls, qu’un danger aigu est présent. Ils appellent en revanche à la prudence pour deux raisons. D’une part, les marges de sécurité sont calculées sur des tests où un additif est étudié seul, souvent chez l’animal. D’autre part, ils ne tiennent pas encore pleinement compte des effets possibles des mélanges d’additifs entre eux.

D’où viennent les additifs dans l’assiette des enfants et des adultes

L’intérêt majeur de cette étude tient à la cartographie précise des sources d’additifs. Autrement dit, quels aliments du quotidien en apportent le plus, et à qui.

Chez les adultes, les apports sont fortement tirés par les gâteaux et biscuits industriels, les snacks salés, les plats très transformés comme certains plats préparés, les sauces toutes prêtes et les boissons sucrées, qu’elles soient classiques ou édulcorées. Les desserts laitiers aromatisés contribuent aussi à certains mélanges.

Chez les enfants et les adolescents, on retrouve les mêmes groupes, mais avec un poids relatif plus important. Les biscuits et gâteaux de goûter, les snacks salés, les desserts laitiers, les pâtisseries, les céréales très sucrées, les boissons sucrées ou édulcorées et bon nombre de plats prêts à réchauffer fournissent une part substantielle de l’exposition.

Cette cartographie montre aussi des liens avec le profil social ou les habitudes de vie. Certains mélanges sont plus fréquents chez les jeunes adultes, parfois avec un niveau d’études plus élevé, grands consommateurs de boissons sucrées et de produits pratiques. D’autres mélanges sont plus typiques de personnes fumeuses, d’ouvriers ou de foyers avec des revenus modestes, où les aliments prêts à l’emploi et peu chers occupent une place importante.

Les grands fournisseurs d’additifs dans le régime des adultes

Chez les adultes, un premier mélange d’additifs associe surtout des régulateurs d’acidité, des colorants et divers agents de texture comme les émulsifiants et épaississants. Ce profil renvoie aux gâteaux et biscuits industriels, aux snacks salés, à certains aliments très transformés de type plats composés, et à de nombreuses boissons sucrées. Les adultes les plus exposés à ce mélange sont souvent plus jeunes et plus souvent des hommes.

Un second mélange regroupe un renforçateur de goût, des conservateurs, des colorants et d’autres émulsifiants. Il est très présent dans les plats prêts à consommer, les sauces, certaines matières grasses de cuisine, les snacks salés et diverses préparations laitières comme les desserts aromatisés. On retrouve ce profil plus souvent chez des adultes ayant un niveau d’études plus élevé, mais aussi chez des fumeurs ou des travailleurs manuels, ce qui traduit la diversité des modes de vie associés aux produits transformés.

Un troisième mélange comprend au contraire davantage de sweeteners, de colorants et un agent de glaçage. Il est typique des boissons sucrées ou édulcorées, des confiseries, de certains cakes et biscuits. Il touche en particulier des adultes d’âge intermédiaire, souvent fumeurs et plus souvent des hommes.

Pourquoi les enfants sont encore plus exposés aux mélanges d’additifs

Chez les enfants, les résultats sont encore plus parlants. Les plus gros fournisseurs d’additifs sont les biscuits et gâteaux du goûter, les snacks salés de type chips ou biscuits apéritifs, les desserts laitiers sucrés, les plats prêts à réchauffer, les pâtisseries, les boissons sucrées et les boissons édulcorées.

L’étude montre que la consommation de mélanges d’additifs augmente avec l’âge chez les enfants. Les 6 à 10 ans, puis les préadolescents et les adolescents, sont ceux qui reçoivent les cocktails les plus complexes. À l’inverse, chez les adultes, l’exposition aux mélanges a tendance à décroître après un certain âge, en lien avec une consommation plus faible d’aliments ultra-transformés.

Les profils sociaux jouent aussi un rôle. Certains mélanges sont plus fréquents dans les foyers avec des revenus intermédiaires, d’autres dans ceux où le parent référent a un niveau de diplôme plus bas. Dans plusieurs cas, des enfants avec un indice de masse corporelle élevé apparaissent plus exposés aux mélanges, ce qui renvoie à des habitudes globales peu favorables à la santé.

Additifs, sucre, graisses et manque de fibres : un même problème

Les chercheurs ont ensuite regardé comment ces mélanges d’additifs se reliaient à la qualité globale de l’alimentation. Le constat est clair. Les personnes les plus exposées aux mélanges d’additifs consomment en moyenne plus d’énergie totale, plus de graisses saturées et plus de sucres ajoutés.

Dans le même temps, leurs apports en protéines, en fibres, en bêta-carotène et en vitamine C sont plus faibles. Les mélanges d’additifs ne sont donc pas un problème isolé. Ils signalent souvent un régime globalement déséquilibré, riche en aliments ultra-transformés et pauvre en aliments bruts comme les fruits, les légumes, les légumineuses, les noix, les produits céréaliers complets ou les produits laitiers simples.

Réduire certains aliments ultra-transformés permet donc à la fois de baisser l’exposition aux additifs et d’améliorer la qualité nutritionnelle du régime.

Quels risques potentiels et comment limiter les additifs dans la vie quotidienne

Les débats sur les additifs alimentaires ne manquent pas, et ils sont parfois très polarisés. La science apporte peu à peu des éléments, mais le tableau reste incomplet, surtout pour les mélanges.

Ce que la science commence à dire sur la santé et les additifs

Plusieurs études françaises et internationales ont mis en lumière des liens entre une forte consommation d’aliments ultra-transformés, et parfois une exposition élevée à certains additifs, et un risque plus élevé de problèmes cardio-métaboliques. On pense en particulier au diabète de type 2, à la prise de poids, à certains troubles lipidiques ou à des effets possibles sur le microbiote intestinal.

Dans certains travaux, des mélanges d’additifs précis ont été associés à un sur-risque de diabète de type 2, après prise en compte d’autres facteurs comme le poids, l’activité physique ou le niveau social. Ces résultats ne prouvent pas à eux seuls un lien de cause à effet, mais ils convergent avec les données sur les aliments ultra-transformés.

Un point important reste que la plupart des évaluations de risque actuelles étudient un additif à la fois, alors que la population est exposée à des cocktails répétés. Les effets d’interaction, qu’ils soient additifs, synergiques ou au contraire protecteurs, restent encore mal compris, en particulier chez les enfants. D’où le besoin de recherches complémentaires, qui tiennent compte des mélanges observés dans la vie réelle.

6 gestes simples pour réduire les additifs sans tout changer du jour au lendemain

La bonne nouvelle est que de petits ajustements peuvent réduire l’exposition aux additifs, sans viser une perfection irréaliste.

Un premier geste consiste à remettre plus souvent au menu des aliments peu transformés. Les fruits, les légumes, les légumineuses, les œufs, le poisson, les viandes simples ou les produits laitiers nature contiennent peu ou pas d’additifs.

Un second geste est de limiter la présence quotidienne de biscuits, gâteaux, sodas et snacks salés du commerce. Ces produits peuvent garder une place occasionnelle, mais ils gagnent à ne plus structurer chaque goûter ou chaque dessert.

Un troisième geste consiste à privilégier l’eau comme boisson courante. Les boissons sucrées ou édulcorées concentrent souvent plusieurs additifs à la fois, en plus du sucre ou des sweeteners.

Un quatrième geste repose sur la lecture de l’étiquette. Sans devenir expert en chaque code E, on peut comparer deux produits d’une même catégorie et choisir celui qui a une liste d’ingrédients plus courte, avec moins d’additifs, et moins de sucres ajoutés.

Un cinquième geste est d’introduire plus de préparations fait maison simples. Un gâteau au yaourt, une soupe de légumes, une compote sans sucre ajouté ou un houmous préparé à la maison contiennent en général moins d’additifs que leurs équivalents ultra-transformés.

Enfin, il est utile d’éviter d’additionner, dans un même repas, plusieurs produits très transformés. Par exemple, remplacer un dessert lacté très sucré par un fruit, si l’entrée est déjà industrielle, réduit à la fois les additifs et le sucre total.

Comment parler des additifs aux enfants sans créer de peur

Les enfants entendent de plus en plus parler de santé, de sucre, de gras, de produits « bons » ou « mauvais ». Aborder les additifs avec eux demande une approche calme et simple.

On peut expliquer que les additifs servent à colorer, épaissir ou conserver les aliments, pour que les produits soient plus jolis, plus stables ou plus pratiques à transporter. Puis rappeler que le corps préfère, pour la plupart des jours, des aliments simples, peu transformés, qui apportent des nutriments utiles et moins d’éléments ajoutés.

Les parents peuvent aussi inviter les enfants en cuisine. Préparer ensemble un gâteau, une pizza maison ou une salade de fruits permet de montrer ce qu’est un aliment sans additif ajouté. Lire les étiquettes ensemble, en repérant le nombre d’ingrédients, peut devenir un jeu éducatif.

L’essentiel est de parler d’équilibre et de fréquence. Un biscuit industriel ou un soda de temps en temps n’a pas le même impact qu’une consommation répétée, plusieurs fois par jour, de nombreux produits ultra-transformés. Ce message aide l’enfant à comprendre, sans peur excessive, que ses choix de tous les jours comptent.

A retenir

La grande étude nationale Esteban dessine un message clair. Les additifs sont présents dans une large part des aliments du commerce, et ils sont très rarement consommés seuls, surtout dans le cadre des aliments ultra-transformés. En France, les enfants et les adolescents apparaissent plus exposés que les adultes, avec des mélanges d’additifs complexes largement portés par les gâteaux, les snacks, les desserts laitiers, les plats prêts à réchauffer et les boissons sucrées ou édulcorées.

Cette cartographie ne doit pas conduire à la peur, mais à une vigilance éclairée. En revenant plus souvent vers des aliments simples, en limitant certains produits industriels très présents, et en gardant un œil régulier sur l’étiquette, il est possible de réduire l’exposition sans tomber dans un contrôle excessif. Chaque petit changement compte, surtout pour les plus jeunes, et cette nouvelle vision des additifs en France peut aider les familles à faire des choix plus informés, jour après jour.

 

Avez-vous trouvé cet article utile?
* PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.