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Boire trop sucré : mauvais pour la fertilité masculine

Une nouvelle étude a établi un lien entre la consommation régulière de boissons sucrées et l’altération de la qualité du sperme et des dommages à l'ADN

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Des recherches alertent que boire trop sucré serait associé à des effets nocifs pour la santé reproductive masculine, principalement en accentuant des déséquilibres hormonaux et des dommages oxydatifs.

Des scientifiques ont examiné la littérature disponible pour documenter les preuves existantes sur le lien entre la consommation de boissons sucrées et la santé du sperme. Ils ont publié leurs travaux dans la revue Nutrient.

Cette revue inclut des études datées de 2000 à 2024 : toutes les recherches pertinentes identifiées entre le 11 octobre 2024 et le 14 décembre 2024 à partir de plusieurs bases de données ont été évaluées (y compris les sources PubMed, ScienceDirect et Google Scholar). Après suppression des doublons, 11 études observationnelles et de cohorte ont été choisies et prises en compte pour cette nouvelle revue de recherches.

Que sont les boissons sucrées ?

Les boissons sucrées sont la plus grande source de sucres ajoutés dans l’alimentation.

Par exemple, une portion standard de 355 ml de soda contient environ 35 à 37,5 g de sucre et 140 à 150 calories. Elles ont généralement des concentrations élevées d’édulcorants caloriques, comme le sirop de maïs à haute teneur en fructose, le saccharose ou des concentrés de jus de fruits.

Une augmentation de la consommation mondiale de boissons sucrées d’environ 23 % a été observée entre 1990 et 2018. Elle est plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Selon le Health Promotion Board de Singapour, en moyenne, une personne consommait environ 60 grammes de sucre par jour en 2018.

Quel lien entre boire trop sucré et la santé du sperme ?

Plusieurs études ont documenté un déclin significatif de la santé du sperme entre 1973 et 2018.

Les concentrations moyennes de spermatozoïdes ont diminué de plus de 50 %.

Certaines conditions peuvent affecter la reproduction masculine : la réduction du nombre total de spermatozoïdes, du volume de l’éjaculat, de la motilité et de la viabilité des spermatozoïdes et une morphologie anormale des spermatozoïdes.

    Ces sujets peuvent également vous intéresser:
  • Une mauvaise qualité du sperme est associée à une morbidité à long terme qui augmente les risques d’hospitalisation, en particulier pour les patients diabétiques ou ceux souffrant de maladies cardiovasculaires (selon des études antérieures),
  • L’obésité est un facteur connu de réduction de la qualité du sperme : un apport élevé en sucre déclenche de multiples états métaboliques (résistance à l’insuline, élévation des triglycérides et vieillissement accéléré). De nombreuses études ont établi une relation dose-réponse soit le fait qu’un apport plus élevé en boissons sucrées exacerbe les résultats indésirables.

Boire régulièrement plus de sept boissons sucrées par semaine, équivalant de 245 à 262,5 grammes de sucre, est associé à une diminution significative de la concentration et de la motilité des spermatozoïdes :

  • réduction de 22 % de la concentration de spermatozoïdes par rapport aux non-consommateurs,
  • volume séminal inférieur de 6 % par rapport aux non-buveurs. Mais cette réduction du volume séminal n’était pas toujours statistiquement significative,
  • motilité des spermatozoïdes : selon des études antérieures, celle-ci était négativement impactée et dans d’autres l’impact s’est avéré relativement modeste et non statistiquement significatif.

Des résultats contradictoires concernant l’association entre un apport élevé en boissons sucrées et une réduction du pourcentage de spermatozoïdes morphologiquement normaux ont aussi été documentés.

Certaines études ont même rapporté des associations minimes ou positives entre l’apport en boissons sucrées et la morphologie des spermatozoïdes, ce qui indique une incohérence dans les preuves.

Comment les boissons sucrées affectent-elles la fertilité masculine ?

Les boissons sucrées peuvent provoquer l’obésité, ce qui perturbe l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique.

Cet état entraîne une altération des réponses des gonadotrophines et une modification de l’ultrastructure du sperme éjaculé.

Une étude antérieure a révélé qu’un apport élevé en boissons sucrées réduit les niveaux d’hormones, y compris l’inhibine-B, associée à un nombre de spermatozoïdes plus faible.

Les perturbations hormonales dues à des ratios inhibine-B/hormone folliculo-stimulante (FSH) réduits pourraient être les mécanismes sous-jacents corrélant l’impact du stress oxydatif accru et du dysfonctionnement métabolique sur la santé du sperme.

Les boissons sucrées induisent un stress oxydatif en générant des espèces réactives de l’oxygène (ROS), qui endommagent l’ADN et altèrent la capacité de fécondation du sperme.

Elles détériorent également la membrane des spermatozoïdes par peroxydation lipidique et favorisent le dysfonctionnement mitochondrial, réduisant la motilité et la viabilité des spermatozoïdes. Ces dommages sont généralement évalués par des tests moléculaires comme le test de structure de la chromatine du sperme (SCSA), le test des comètes (électrophorèse sur gel de cellule unique) et le TUNEL (terminal deoxynucleotidyl transferase dUTP nick end labeling).

Le stress oxydatif chronique accélère aussi le  vieillissement cellulaire. Une consommation élevée de sodas sucrés a été associée à une longueur de télomères leucocytaires plus courte chez les adultes en bonne santé, suggérant le rôle possible des boissons sucrées dans la promotion des dommages oxydatifs systémiques et du vieillissement biologique prématuré.

Une consommation plus élevée de boissons sucrées déclenche également une hyperglycémie transitoire, élève la production de ROS et affecte la fonction endothéliale dans les circulations microvasculaire et macrovasculaire.

La thérapie antioxydante avec la N-acétylcystéine et l’apocynine pourrait atténuer la dysfonction vasculaire. Des suppléments d’antioxydants, de type coenzyme Q10, vitamines C et E, et glutathion, ont montré des effets positifs dans l’atténuation des dommages cellulaires induits par le stress oxydatif.

Cependant, la revue note que si les suppléments peuvent aider dans certains cas, une utilisation excessive pourrait paradoxalement altérer la fonction des spermatozoïdes. Une alimentation équilibrée, riche en antioxydants, est recommandée à long terme car elle est plus sûre et plus durable pour améliorer la santé reproductive masculine.

Certaines études incluses ont également examiné les boissons édulcorées artificiellement, qui ont généralement montré un effet minimal ou nul sur la santé du sperme. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier ces résultats.

Quelles sont les conclusions et les perspectives ?

La consommation régulière de boissons sucrées est associée à des réductions du nombre et de la motilité des spermatozoïdes et à une augmentation de la fragmentation de l’ADN.

Cela peut nuire à la santé reproductive masculine et à la fertilité. Cependant, la plupart des preuves sont observationnelles et n’établissent pas de causalité directe.

Une alimentation équilibrée et riche en antioxydants peut aider à améliorer un faible nombre de spermatozoïdes, leur motilité et leur volume. Des modifications du mode de vie et des mesures de santé publique visant à réduire la consommation de boissons sucrées, maintenir un IMC sain et améliorer la santé métabolique globale, sont recommandées dans le cadre d’une approche globale de soutien à la fonction reproductive masculine.

La validation des preuves actuelles appelle des études longitudinales avec une conception d’étude et une méthodologie standardisée pour l’analyse du sperme sont essentielles.

Les biomarqueurs du stress oxydatif et des évaluations diététiques détaillées pourraient aider à découvrir le mécanisme sous-jacent par lequel l’apport de boissons sucrées a un impact sur le volume et la qualité du sperme.

Compte tenu de la diversité nutritionnelle et génétique de la population mondiale, il est impératif de mener des recherches similaires sur les populations asiatiques.

Il est également important de prendre en compte les variables (possiblement confondantes) d’IMC, d’activité physique, d’apport d’antioxydants alimentaires et d’expositions environnementales dans les futures études, pour clarifier la véritable relation entre l’apport de boissons sucrées et la santé du sperme.

 

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