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Anorexie, boulimie: Les troubles alimentaires laissent des traces durables sur la santé selon cette grande étude

Les troubles alimentaires ont des effets profonds et durables sur la santé, bien au-delà de la phase la plus visible.

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Les troubles alimentaires ont beaucoup augmenté au Royaume-Uni depuis le COVID. Le phénomène est clair dans les cabinets de médecine générale, dans les hôpitaux, dans les familles. On parle plus de ces troubles, mais on sous-estime encore leurs effets à long terme.

Une grande étude publiée dans BMJ Medicine en 2025 apporte un éclairage précieux. L’équipe de Morgan et collègues a suivi plus de 24 000 personnes avec un trouble alimentaire, pendant 10 ans, en Angleterre. Les chercheurs ont comparé leur santé à celle de près de 500 000 personnes sans trouble alimentaire, du même âge et du même sexe.

Ce travail montre que les troubles alimentaires ne concernent pas seulement le poids ou l’image du corps. Ils touchent aussi les reins, le foie, le cœur, les os, le sucre sanguin, et bien sûr la santé mentale. Les risques de nombreuses maladies sont multipliés dans la première année après le diagnostic, puis restent plus élevés pendant au moins 5 à 10 ans.

Cet article aide à mieux comprendre ces risques. Il s’adresse aux patients, aux proches et aux soignants. L’objectif est simple, repérer ce qu’il faut surveiller, comprendre pourquoi un suivi au long cours est nécessaire, et voir que des stratégies existent pour réduire ces risques.

Que montre vraiment cette grande étude sur les troubles alimentaires ?

L’étude de Morgan et al. ressemble à une grande photo prise sur 20 ans des soins de ville en Angleterre. Les chercheurs ont utilisé une base de données de médecine générale, le Clinical Practice Research Datalink, couplée aux données d’hospitalisation et aux certificats de décès. Les dossiers étaient anonymisés, ce qui protège les patients, tout en permettant d’analyser leurs parcours de soins.

Plus de 24 700 personnes, âgées de 10 à 44 ans, avaient un diagnostic de trouble alimentaire. Pour chaque personne, les auteurs ont trouvé jusqu’à 20 autres patients sans trouble alimentaire, du même âge, du même sexe, suivis dans le même cabinet. Au total, ce groupe de comparaison comptait près de 493 000 personnes.

Les chercheurs ont observé chacun pendant 10 ans. Ils ont regardé plusieurs types de problèmes, les maladies physiques, les troubles psychiques, les épisodes d’auto-agression, et les décès, toutes causes confondues ou non naturels, dont le suicide. Ils ont comparé les risques dans les groupes avec et sans trouble alimentaire, dans les périodes suivantes, la première année après le diagnostic, puis jusqu’à 5 ans, puis jusqu’à 10 ans.

L’idée clé est nette. Les risques sont les plus élevés dans les 12 premiers mois après le diagnostic. Ils baissent ensuite un peu, mais restent supérieurs à la moyenne plusieurs années plus tard. Autrement dit, un trouble alimentaire lié à l’adolescence ou au début de l’âge adulte peut avoir des effets sur la santé à 30 ou 40 ans.

Qui était suivi et pendant combien de temps ?

Les personnes suivies avaient entre 10 et 44 ans au moment du diagnostic. Cela couvre l’adolescence, le jeune adulte, puis les premières décennies de vie adulte. Pour beaucoup, il s’agit de périodes d’études, d’entrée dans la vie professionnelle, ou de projets de grossesse. Les décisions de santé prises à ces moments ont donc un impact durable.

La durée de suivi de 10 ans est un point fort majeur de cette étude. Beaucoup de travaux sur les troubles alimentaires s’arrêtent à quelques années de recul, souvent centrés sur des patients hospitalisés. Ici, il s’agit de personnes vues en soins de première ligne, dans des cabinets de médecine générale. Les résultats reflètent donc la vraie vie de nombreux patients, pas seulement les cas les plus graves pris en charge à l’hôpital.

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Les données étaient anonymisées. Aucun nom ni détail personnel n’apparaissait. Les chercheurs voyaient seulement des informations cliniques, les diagnostics, les examens, les hospitalisations, les décès. Ce type de base permet de repérer des tendances de santé publique sur de grands nombres de personnes, ce qui est rarement possible dans les études classiques en face à face.

Quels types de troubles alimentaires ont été étudiés ?

Les diagnostics couvraient plusieurs formes de troubles alimentaires. Environ 14,5 % des personnes avaient une anorexie mentale. Environ 20,5 % avaient une boulimie. Environ 5 % présentaient une hyperphagie boulimique, c’est-à-dire des crises alimentaires sans comportements de purge réguliers. Enfin, près de 60 % avaient un trouble alimentaire non précisé.

Cette forte proportion de troubles non spécifiés est importante. Elle montre qu’en pratique, beaucoup de patients n’entrent pas dans une case nette. Ils peuvent avoir des phases d’anorexie, puis de boulimie, ou des symptômes mixtes. Pourtant, même quand le diagnostic est flou, les risques pour la santé restent bien réels.

Un autre point ressort. 89 % de l’ensemble de l’échantillon étaient des femmes. Cela confirme que les femmes sont les plus touchées. Cela ne signifie pas que les hommes sont à l’abri. Les troubles alimentaires chez les hommes restent souvent moins repérés, moins exprimés, parfois cachés derrière la pratique sportive ou la recherche de masse musculaire. Les auteurs eux-mêmes rappellent que les hommes sont concernés, même si les chiffres paraissent plus faibles.

Au final, l’étude ne se limite pas à un seul type de trouble. Elle apporte des données sur l’ensemble du spectre, du diagnostic très clair d’anorexie à des formes mixtes ou incomplètes, mais avec un impact bien concret sur la santé.

Les effets physiques à long terme des troubles alimentaires sur le corps

Les troubles alimentaires touchent tout l’organisme. Ils modifient les apports en nutriments, l’équilibre en eau et en sels minéraux, le poids, les hormones, le métabolisme du sucre. L’étude montre que ces perturbations se traduisent par des risques plus élevés de maladies graves.

Dans la première année après le diagnostic, les personnes avec trouble alimentaire ont un risque de défaillance rénale environ 6 fois plus élevé que les autres. Pour les maladies du foie, le risque est près de 7 fois plus haut. Le risque d’ostéoporose et de fractures est environ 6 fois supérieur. Le cœur est aussi touché, avec un risque de défaillance cardiaque autour du double. Le diabète est, lui, environ 3 fois plus fréquent.

Ces chiffres se traduisent par des dizaines de cas en plus pour 10 000 personnes, même plusieurs années plus tard. Après 5 ans, les risques de défaillance rénale et de maladie du foie restent 2,5 à presque 4 fois plus élevés, avec plus de 100 cas supplémentaires de problèmes rénaux et plus de 20 cas en plus de maladie du foie pour 10 000 personnes au bout de 10 ans.

Cela signifie une chose simple. Même si les crises de boulimie diminuent ou si le poids se stabilise, le corps garde en quelque sorte la mémoire du trouble. Les organes restent plus fragiles. Un suivi avec des bilans réguliers est donc indispensable, surtout dans les premières années, mais aussi sur le long terme.

Reins et foie : des organes fragilisés pendant des années

Les reins filtrent le sang. Ils éliminent les déchets, régulent l’eau, le sodium, le potassium, et d’autres sels minéraux. Les vomissements répétés, la déshydratation, les laxatifs, ou les grandes variations de poids les fatiguent. Un manque prolongé de protéines ou de calories les affaiblit aussi.

Le foie joue un rôle central dans la gestion de l’énergie. Il stocke le glucose sous forme de glycogène, transforme les graisses, détoxifie de nombreuses substances. Les excès de nourriture lors de crises, puis les longues périodes de restriction, créent un stress important. L’alcool, parfois utilisé pour calmer l’angoisse, aggrave encore l’agression du foie.

Dans l’étude, le risque de défaillance rénale est environ 6 fois plus haut durant la première année après le diagnostic. Il reste 2,5 à presque 4 fois plus élevé après 5 ans. Au bout de 10 ans, cela correspond à plus de 100 cas supplémentaires de problème rénal pour 10 000 personnes. Pour le foie, le risque est près de 7 fois plus élevé la première année, avec encore des risques nettement accrus après 5 ans, et quelques dizaines de cas supplémentaires par 10 000 personnes au bout de 10 ans.

Pour un patient, cela signifie que la fonction rénale et hépatique doit être surveillée, même plusieurs années après la période la plus aiguë. Des prises de sang simples (créatinine, bilan hépatique) peuvent alerter tôt en cas de dégradation. Attendre l’apparition de symptômes comme la fatigue intense, l’œdème, ou un ictère, revient à intervenir trop tard.

Os fragiles et fractures : pourquoi l’ostéoporose est si fréquente

Les os ont besoin de calcium, de vitamine D, de protéines, et d’hormones stables pour rester solides. En cas de restriction alimentaire prolongée, ces apports chutent. Les réserves de l’organisme s’épuisent peu à peu. Chez les personnes qui perdent beaucoup de poids ou qui n’ont plus de règles, les hormones sexuelles baissent, ce qui accélère la perte de masse osseuse.

L’étude montre un risque d’ostéoporose et de fractures environ 6 fois plus élevé durant la première année après le diagnostic de trouble alimentaire. Ce risque reste ensuite plus fort durant les années suivantes. Cela peut se traduire par des fractures après une petite chute, des douleurs de dos chroniques, ou une perte de taille avec l’âge en cas de tassements vertébraux.

La bonne nouvelle est que l’on peut agir. Une prise en charge précoce de la nutrition, avec un apport suffisant en calories, en protéines, en calcium et en vitamine D, limite la casse. Une activité physique modérée, adaptée à l’état de santé, aide aussi à maintenir la masse osseuse. Dans certains cas, un examen de densité osseuse (ostéodensitométrie) est utile pour décider de traitements plus ciblés.

Cœur, diabète et autres problèmes métaboliques à surveiller

Le cœur est très sensible aux carences et aux troubles des sels minéraux. Les vomissements, les laxatifs et les diurétiques peuvent faire chuter le potassium. Une baisse importante de potassium augmente le risque de troubles du rythme cardiaque et de défaillance cardiaque. Les fortes variations de poids et les efforts physiques excessifs ajoutent une charge de travail au cœur.

L’étude montre que le risque de défaillance cardiaque est environ doublé pendant la première année après le diagnostic. Ce risque reste ensuite plus élevé, même si le trouble alimentaire paraît mieux contrôlé.

Le diabète est aussi plus fréquent. Le risque est environ 3 fois plus élevé dans la première année. Les crises de hyperphagie (ingestion rapide de grandes quantités de nourriture), avec un apport massif de sucre et de graisses, favorisent la prise de poids et la résistance à l’insuline. Certaines personnes passent par des cycles de poids qui montent et qui descendent, ce qui fatigue le métabolisme.

Un suivi régulier de la tension, de la fréquence cardiaque, et un électrocardiogramme en cas de doute, permettent de repérer les signes d’alerte pour le cœur. Des prises de sang avec glycémie à jeun, hémoglobine glyquée, et bilan lipidique, aident à suivre le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires.

Conséquences à long terme sur la santé mentale et le risque de décès

Les effets des troubles alimentaires ne se limitent pas au corps. Ils touchent aussi profondément la santé mentale. L’étude montre que, dans la première année après le diagnostic, le risque de dépression est environ 7 fois plus élevé que dans la population générale. Cela correspond à près de 600 cas supplémentaires pour 10 000 personnes.

Le risque de conduites auto-agressives (auto-mutilation, tentatives de suicide) est lui aussi très largement accru, plus de 9 fois plus élevé la première année, avec environ 300 cas supplémentaires pour 10 000 personnes. Ces risques diminuent un peu après 5 ans, mais restent plus élevés que dans le reste de la population.

Pour la mortalité, les chiffres sont préoccupants. Le risque de décès pour toutes causes confondues est plus de 4 fois plus élevé dans la première année après le diagnostic. Le risque de décès non naturel, y compris le suicide, est environ 5 fois plus élevé sur la même période. Après 5 ans, le risque de décès toutes causes reste environ doublé, et celui des décès non naturels environ triplé.

Au bout de 10 ans, on compte près de 95 décès supplémentaires pour 10 000 personnes, toutes causes confondues, et plus de 340 décès non naturels en plus pour 100 000 personnes. Le risque de suicide est presque 14 fois plus élevé dans la première année, puis reste presque 3 fois plus élevé 10 ans après, avec 169 décès par suicide supplémentaires pour 100 000 personnes.

Ces chiffres montrent que les troubles alimentaires sont des maladies potentiellement mortelles, parfois longtemps après l’amélioration apparente des symptômes alimentaires. Un suivi psychologique et psychiatrique au long cours n’est donc pas un luxe, mais une nécessité.

Dépression, anxiété et auto-agression : un fardeau qui dure

Beaucoup de personnes avec un trouble alimentaire vivent aussi avec une dépression ou une anxiété marquée. La nourriture, le poids, l’image du corps, occupent une place énorme dans leurs pensées. La honte, la peur du jugement, l’isolement social renforcent la souffrance.

Selon l’étude, le risque de dépression est multiplié par 7 dans la première année après le diagnostic. Le risque de conduites auto-agressives est, lui, plus de 9 fois plus élevé. Ces risques ne disparaissent pas une fois passé ce cap. Même après 5 ans, les patients gardent des taux de dépression et d’auto-agression plus élevés que la population générale.

Cela signifie que la fin des crises de boulimie ou le retour à un poids dit normal ne suffisent pas à conclure à une guérison complète. Le trouble peut se déplacer vers l’humeur, l’anxiété, l’obsession pour le corps ou la nourriture, sans que l’entourage s’en rende compte.

Des signes d’alerte doivent être pris au sérieux, idées noires, baisse marquée de l’intérêt pour les activités habituelles, repli social, augmentation de la consommation d’alcool ou de drogues, scarifications ou autres gestes auto-agressifs. En parler tôt avec un professionnel permet de réduire le risque de passage à l’acte.

Risque de décès et de suicide : pourquoi la surveillance est essentielle

Les troubles alimentaires font partie des troubles psychiques avec les plus forts risques de décès prématuré. L’étude de Morgan et al. le confirme de manière très claire.

Dans la première année après le diagnostic, le risque de décès toutes causes est plus de 4 fois plus élevé, et celui de décès non naturel, y compris suicide, environ 5 fois plus élevé. Après 5 ans, ces risques restent environ multipliés par 2 ou 3. Sur 10 ans, cela représente près de 95 décès supplémentaires pour 10 000 personnes, et plus de 340 décès non naturels pour 100 000.

Le suicide occupe une place importante dans ces chiffres. Son risque est presque 14 fois plus élevé durant la première année, ce qui montre l’intensité de la période qui suit le diagnostic. Dix ans plus tard, ce risque reste presque 3 fois plus élevé.

Pour les soignants, cela implique un repérage précoce du risque suicidaire, une surveillance rapprochée au début, puis un accompagnement régulier, même lorsque la personne semble aller mieux. Pour les proches, cela rappelle l’importance d’écouter, de poser des questions simples, de proposer d’accompagner à une consultation.

Pourquoi un suivi médical et psychologique au long cours est indispensable

Les auteurs de l’étude, comme les experts qui ont rédigé l’éditorial lié, insistent sur un point fort. Les soignants de première ligne ont un rôle central. Il s’agit des médecins généralistes, des pédiatres, des infirmiers, des psychologues de proximité, parfois des médecins scolaires ou des médecins du travail.

L’étude met en lumière un vide dans l’offre de soins. Certaines personnes ont des troubles assez complexes pour nécessiter plus qu’un soutien bref, mais pas assez sévères, au moins en apparence, pour entrer dans des programmes de prise en charge très spécialisés. Ces patients peuvent passer entre les mailles du filet, alors que leurs risques à long terme restent élevés.

Les auteurs appellent à un modèle de soins intégrés. Cela signifie une coopération active entre la médecine de ville et les spécialistes du corps (néphrologie, cardiologie, endocrinologie, gynécologie) et de l’esprit (psychiatrie, psychologie), sans oublier la diététique. Le but est de suivre la personne dans la durée, de quelques mois à plusieurs années, pour limiter les complications sur les 5 à 10 ans qui suivent le diagnostic.

L’éditorial souligne aussi un autre point, la formation des soignants sur les troubles alimentaires reste pauvre, malgré la fréquence et la gravité de ces troubles. Beaucoup de médecins reçoivent peu d’enseignement sur ce sujet pendant leurs études. Cela conduit à un repérage tardif, à une minimisation des risques à long terme, ou à une focalisation seulement sur le poids.

Le rôle central du médecin traitant dans la surveillance à long terme

Le médecin généraliste peut jouer le rôle de chef d’orchestre du suivi. Il connaît souvent la personne depuis longtemps, parfois aussi sa famille. Il peut suivre l’évolution du poids, de la nutrition, et surveiller les signes physiques et psychiques sur la durée.

Concrètement, il peut proposer des bilans réguliers. Cela inclut des prises de sang, fonction rénale et hépatique, analyse des sels minéraux, glycémie, cholestérol, bilan thyroïdien si besoin, mesure de la tension, et parfois un électrocardiogramme. Il peut aussi interroger l’humeur, le sommeil, l’apparition d’idées noires, de gestes auto-agressifs, ou de conduites à risque.

Le médecin traitant coordonne les échanges avec le psychiatre, le psychologue, le diététicien, et les autres spécialistes, par exemple un néphrologue en cas d’atteinte rénale, un cardiologue si le cœur est fragilisé, ou un endocrinologue pour des troubles hormonaux ou un diabète. Cette continuité crée un lien de confiance, qui encourage la personne à parler tôt d’une rechute ou d’un mal-être.

Ce suivi garde son intérêt même quand les symptômes visibles semblent avoir disparu. L’étude montre que les risques pour les reins, le foie, les os, le cœur, le diabète, la dépression et le suicide restent augmentés pendant au moins 5 à 10 ans. Arrêter tout suivi dès que le poids revient dans la norme ne tient donc pas compte de ces données.

Des soins intégrés entre spécialistes du corps et de l’esprit

Une prise en charge efficace des troubles alimentaires voit le corps et l’esprit comme un tout. Un plan de soins peut réunir plusieurs intervenants, le médecin généraliste, le psychiatre, le psychologue, le diététicien, et, selon les cas, des spécialistes d’organes, néphrologue, cardiologue, endocrinologue, gynécologue, rhumatologue.

Par exemple, un traitement antidépresseur peut influencer le poids ou l’appétit. Le psychiatre et le diététicien doivent travailler ensemble pour adapter la stratégie. L’activité physique doit tenir compte de l’état du cœur et des os, ce qui suppose un dialogue entre cardiologie, rhumatologie ou médecine du sport.

Pour une personne qui souhaite une grossesse, la coordination est encore plus importante. Il faut surveiller la nutrition, les hormones, le poids, et le risque de rechute des troubles alimentaires. Un suivi conjoint entre gynécologue, médecin généraliste, psychiatre et diététicien améliore la sécurité pour la mère et pour l’enfant.

Les auteurs de l’éditorial résument bien la situation. Les troubles alimentaires touchent plusieurs organes à la fois. Leur prise en charge doit donc intégrer des soins médicaux et psychiques coordonnés, sur le temps long.

Former les soignants à mieux repérer et traiter les troubles alimentaires

Les experts rappellent que les conséquences des troubles alimentaires restent souvent sous-estimées. Une partie du problème vient du manque de formation pendant les études de médecine et dans la formation continue. Beaucoup de professionnels se sentent peu à l’aise pour aborder ces questions, ou ignorent l’ampleur des risques à long terme.

Une meilleure formation aiderait à repérer plus tôt certains signes, perte de poids rapide, variation importante du poids, obsession pour la nourriture ou le sport, absence de règles, isolement, consultations répétées pour douleurs digestives ou fatigue inexpliquée. Elle aiderait aussi à évaluer plus vite les risques physiques, atteinte des reins, du foie, du cœur, fragilité osseuse, diabète, et les risques psychiques, dépression, idées suicidaires, auto-agression.

Les professionnels concernés sont nombreux, médecins généralistes, pédiatres, médecins scolaires, urgentistes, infirmiers, psychologues, diététiciens. S’ils connaissent mieux ces risques, ils pourront adresser plus tôt les patients aux équipes adaptées, éviter certains retards de prise en charge, et, à terme, réduire le nombre de complications graves et de décès.

Agir tôt, suivre longtemps, garder l’espoir

Les données de cette grande étude rappellent une réalité forte. Les troubles alimentaires ont des effets profonds et durables sur la santé, bien au-delà de la phase la plus visible. Les risques sont les plus forts dans la première année après le diagnostic, pour les reins, le foie, le cœur, les os, le diabète, la dépression, l’auto-agression et le suicide, puis restent plus élevés pendant au moins 5 à 10 ans.

Un suivi régulier avec le médecin traitant et une équipe pluridisciplinaire permet de réduire ces risques, de repérer tôt les complications, de soutenir la personne dans la durée. La formation des soignants et la meilleure coordination entre soins de première ligne et spécialistes sont des leviers essentiels pour améliorer le pronostic.

Le message reste porteur d’espoir. Il est possible d’agir, de parler tôt, de se faire aider, de limiter les séquelles, et de retrouver une vie plus stable et plus libre. Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, ou si vous pensez à un proche, n’hésitez pas à en parler à un professionnel de santé et à demander un suivi à long terme. La prise en charge ne se limite pas à la balance, elle concerne toute la personne, dans sa durée.

 

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Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.

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