Les médecins et les chercheurs observent depuis des décennies que se lever et bouger pour courir, nager ou marcher d’un pas vif, peut réduire le risque de maladies diverses et variées.
Les dernières recherches suggèrent qu’il n’est pas nécessaire de passer des heures chaque semaine à s’essouffler à la salle de sport. Des études, s’appuyant sur les données de personnes portant des capteurs d’activité au poignet, suggèrent que même de très petites quantités d’exercice léger, comme la marche, ont un effet bénéfique notable sur la santé. Quelques minutes d’exercice vigoureux par semaine semblent améliorer bien plus que le fonctionnement du cœur et des poumons.
Quelle étude a examiné le lien entre l’exercice vigoureux et sa capacité à réduire le risque de maladies ?
Une nouvelle étude publiée dans le European Heart Journal a examiné les liens entre l’exercice vigoureux et le risque de développer huit pathologies différentes ou groupes de pathologies (diabète de type 2, troubles inflammatoires à médiation immunitaire comme la polyarthrite rhumatoïde et la fibrillation auriculaire).
Ce type d’études ne peut pas prouver de lien de cause à effet, mais les chercheurs ont découvert que l’exercice vigoureux présente un lien substantiel avec une réduction du risque de développer toutes ces pathologies.
Quels facteurs de risque l’exercice pourrait-il affecter ?
Les participants à l’étude, dont plus de 4 % de l’activité physique était classée comme vigoureuse (ce qui signifie qu’elles étaient suffisamment essoufflées pour avoir du mal à parler), présentaient un risque considérablement réduit pour toutes les maladies étudiées : de 29 % à 61 % inférieurs, selon la maladie, par rapport aux personnes qui n’atteignaient jamais ce niveau d’effort.
Des recherches antérieures ont déjà mis en évidence des liens entre l’activité vigoureuse et une réduction du risque de problèmes cardiovasculaires et de mortalité, explique Emmanuel Stamatakis, professeur à l’Université Monash en Australie. Cette étude couvre, elle, un large éventail de maladies non transmissibles, comprenant la démence et les troubles métaboliques comme les maladies du foie et l’insuffisance rénale chronique.
L’équipe de chercheurs a utilisé les données de près de 100 000 personnes issues de la UK Biobank, qui contient des informations sur les résultats de santé et, pour ce sous-groupe de participants, des données provenant de capteurs d’activité portés pendant une semaine. Ils ont également utilisé les informations issues de questionnaires remplis par un grand nombre de participants au sujet de leur activité physique.
Chaque maladie présentait des particularités :
- la diminution du risque de maladies inflammatoires à médiation immunitaire, une catégorie qui comprend la maladie de Crohn, était fortement liée à l’exercice vigoureux,
- le risque de diabète de type 2, en revanche, était lié à la fois au volume global de temps consacré à tous les niveaux d’effort et au temps consacré à l’exercice vigoureux. C’est l’une des affections où l’on constate que le volume importe, explique Stamatakis, et pas seulement l’intensité.
Quelle quantité d’exercice physique est-elle suffisante ?
Aussi peu que 4 à 5 minutes par jour d’activité vigoureuse sont liées à des changements substantiels pour la santé.
Quatre minutes et demie d’exercice physique sont associées à un risque inférieur de développer une maladie cardiovasculaire d’environ 35 à 50 %, précise Emmanuel Stamatakis.
Aux États-Unis, les recommandations actuelles suggèrent de pratiquer 75 minutes d’activité physique vigoureuse par semaine, ou 150 minutes d’activité modérée. Mais même de très petites quantités d’activité de haute intensité peuvent avoir un impact important sur la santé, comme l’ont découvert ce groupe de recherche et d’autres.
Comment savoir si un exercice est considéré comme « vigoureux » ?
Si l’on peut parler confortablement, l’exercice est modéré. Entrer dans la zone vigoureuse coupe le souffle, explique Emmanuel Stamatakis.
L’exercice vigoureux est souvent assez inconfortable. La plupart des personnes qui ne s’entraînent pas souvent ont peu de chances de pouvoir le soutenir pendant plus d’une minute ou deux d’affilée. Mais 60 secondes est absolument parfait, selon Emmanuel Stamatakis. Rien qu’une minute d’activité physique soutenue peut aider à améliorer l’hypertension.
De nombreuses recherches montrent aujourd’hui que l’accumulation d’activité par des salves aussi courtes est bénéfique. Courir pour attraper le bus compte, tout comme monter les escaliers, du moment qu’on est essoufflé et qu’on ne peut plus parler.
Augmenter la quantité d’exercice vigoureux pourrait être finalement assez facile. La manière précise dont cela peut affecter des organes aussi divers que les reins et les poumons est encore l’objet de recherches actives. Pour autant, il existe suffisamment de preuves suggérant des effets positifs justifiant la peine de sortir de sa zone de confort, quelques minutes chaque jour.
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