Sécurité des cabines de bronzage : l’avertissement des dermatologues
Pratique appréciée dans les années 1980, le bronzage revient en force par TikTok. Les dermatologues et professionnels de santé alertent sur les dangers des cabines de bronzage.
La génération Z (née avec les technologies numériques) suit les traces des influenceurs qui bronzent et propagent de fausses informations sur les bienfaits du bronzage. Une enquête de mai 2026 de l’American Academy of Dermatology a révélé que la moitié des jeunes adultes de la génération Z s’informent sur Instagram et TikTok au sujet des soins de la peau. Environ 52 % croient à un ou plusieurs mythes concernant les bienfaits du bronzage. Par exemple, 13 % pensent que la sécurité des cabines de bronzage est bien supérieure à celle du soleil. Pourtant, selon la Dre Anna Lien-Lun Chien, professeure agrégée de dermatologie à la Johns Hopkins School of Medicine de Baltimore, il existe une abondante littérature scientifique montrant que le bronzage en cabine peut être dangereux car directement lié au mélanome. Mise au point.
La sécurité des cabines de bronzage est-elle meilleure que celle du soleil ?
L’intensité des UVA dans une cabine de bronzage, 12 fois plus élevée que celle du soleil, est donc plus nocive pour la peau car les UVA pénètrent plus profondément que les UVB : le bronzage en cabine a un lien fort avec le mélanome, comme le précise la Dre Anna Lien-Lun Chien.
Pourtant, selon l’enquête 2026 de l’AAD, 13 % de la génération Z pense que les cabines de bronzage sont plus sûres que le bronzage au soleil parce qu’elles ne libèrent que des rayons UVA (le soleil émet à la fois des rayons UVA et UVB).
Les cabines de bronzage sont-elles sûres avec modération ?
Aucune utilisation de cabine de bronzage n’est sûre. La position des dermatologues est d’éviter complètement le bronzage en cabine.
Environ 29 % des jeunes de la génération Z interrogés dans le cadre de l’enquête de l’AAD pensaient qu’une cabine était sûre tant qu’ils ne prenaient pas de coup de soleil.
Une seule visite au salon de bronzage peut causer de graves dommages à la peau et avant l’âge de 35 ans, le risque de mélanone peut augmenter, et encore davantage à chaque bronzage ultérieur. La recherche montre également une forte association entre le bronzage en cabine et l’augmentation des diagnostics de cancer de la peau précoce avant l’âge de 50 ans.
Pourquoi la sécurité des cabines de bronzage pose-t-elle problème ?
Le plus grand risque de bronzer en cabine est le mélanome, un type de cancer de la peau qui prend naissance dans les cellules pigmentaires, appelées mélanocytes. .
Le risque de mélanome est supérieure de 47 % (particulièrement chez les femmes jeunes), de même que celui d’autres cancers de la peau, en particulier le carcinome épidermoïde et le carcinome basocellulaire.
Le mélanome est plus susceptible de se propager que d’autres cancers de la peau, ce qui le rend si mortel. Parmi les personnes diagnostiquées avec un mélanome entre 2015 et 2021, le taux de survie à cinq ans était de 99 % lorsqu’il était détecté tôt. Cependant, si ce cancer se propage à des parties éloignées du corps (comme les poumons, le foie ou les ganglions lymphatiques), le taux de survie à cinq ans n’est plus que de 35 %. Il est donc très important de le dépister tôt.
Quels sont les autres risques du bronzage ?
On peut citer le vieillissement cutané, les risques pour les yeux, et l’addiction.
Vieillissement cutané
Bronzer donne un teint éclatant de santé à court terme mais accélère aussi le processus de vieillissement de la peau. 19 % de la génération Z pense qu’un bronzage de base prévient les coups de soleil alors que c’est faux. D’importants dommages cutanés se réalisent beaucoup plus rapidement en raison de l’intensité de l’exposition aux UV. Les rides, le relâchement, la décoloration, les vaisseaux sanguins éclatés font partie des dommages causés par le soleil, explique la Dre Susan Y. Chon, professeure et présidente par intérim du département de dermatologie au MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas.
Pathologies oculaires
Les yeux sont également mis en danger durant le bronzage. La lumière UV peut abîmer les paupières et l’œil, augmentant la probabilité de cancer de la paupière et de l’uvée (couche médiane de l’œil), de photokératite (coup de soleil de l’œil) et de cataracte.
Addiction
Malgré ses nombreux dangers, le bronzage peut être addictif, au même titre que l’alcool ou les drogues, avec des symptômes de sevrage similaires lorsqu’on essaie d’arrêter. Le bronzage apporte des avantages minimes pour l’apparence, mais fait énormément de dégâts et courir beaucoup de risques.
Que faire si l’on a déjà utilisé des cabines de bronzage ?
Il vaut mieux ne plus recommencer. Changer peut prévenir des dommages supplémentaires et donner à la peau une chance de se rétablir.
Des patients de la Dre Chon présentant de graves dommages cutanés ont connu une amélioration de leur peau après l’arrêt de l’exposition au soleil et aux cabines de bronzage.
Plus de la moitié des jeunes de la génération Z interrogés dans le cadre de l’enquête de l’AAD n’étaient pas conscients des risques associés aux coups de soleil. 11 % ont déclaré avoir eu un coup de soleil en 2025 ayant provoqué des cloques. Pourtant, la prévention des coups de soleil est extrêmement importante pour réduire les dommages cutanés et le risque de cancer. Faire examiner régulièrement sa peau chez le dermatologue est également important pour détecter le cancer à un stade précoce.
Ne pas encourager les jeunes à se faire bronzer. La plupart des états américains ont déjà interdit ou réglementé le bronzage en cabine pour les mineurs de moins de 18 ans.
Une étude publiée en 2020 a estimé que l’interdiction des cabines de bronzage pour les personnes de 12 à 35 ans aux États-Unis et en Europe permettrait d’éviter 448 000 nouveaux diagnostics de mélanome. La réglementation française est très sévère : les autorités sanitaires (comme l’ANSES) rappellent régulièrement que le risque de développer un mélanome (le cancer de la peau le plus agressif) augmente considérablement si la première exposition aux UV artificiels a lieu avant l’âge de 30 ans. C’est pourquoi les mineurs sont totalement protégés par la loi (interdiction aux moins de 18 ans, pas de machines en libre service).
Existe-t-il un moyen sûr de bronzer ?
L’option la plus sûre est d’utiliser un autobronzant.
Pour 20 % de la génération Z, être bronzé(e) est plus important que de prévenir le cancer de la peau. Dans ce cas, les dermatologues recommandent l’usage d’un autobronzant, à appliquer soi-même ou à faire appliquer par pulvérisation. Les salons de bronzages utilisent un composé chimique appelé dihydroxyacétone pour colorer la peau et simuler l’apparence d’un vrai bronzage. Le résultat est très naturel.
Un autobronzant n’offre aucune protection contre le soleil. Il faut toujours appliquer de la crème solaire, porter des vêtements de protection à l’extérieur, et rechercher l’ombre dès que possible. Choisir une crème solaire avec un SPF de 30 ou plus, et appliquer 30 millilitres (l’équivalent d’un petit verre) sur l’ensemble du corps toutes les deux heures passées au soleil.
L’engouement sur les réseaux sociaux a entraîné un regain de popularité pour les cabines de bronzage, mais le bronzage n’est sûr à aucune dose. Même une seule séance peut augmenter le risque de mélanome, le type de cancer de la peau le plus mortel.
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