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Nutrition

Deux jours de flocons d’avoine pourraient faire baisser le « mauvais » cholestérol, selon une étude

Cette étude suggère qu’une forte dose d’avoine sur deux jours peut réduire le LDL d’environ 10 %

Le cholestérol LDL, souvent appelé « mauvais cholestérol », n’est pas “mauvais” par nature. Le souci, c’est quand il s’accumule dans le sang et favorise, avec le temps, les plaques dans les artères. Pour le cœur, c’est un facteur de risque qu’on suit de près.

Une étude clinique récente apporte une idée surprenante. Deux jours très riches en flocons d’avoine, avec peu de calories, ont été associés à une baisse du LDL qui a duré plusieurs semaines. C’est court, presque comme un “reset” alimentaire. Est-ce trop beau pour être vrai?

Ici, on va résumer ce que l’étude montre, ce qu’elle ne prouve pas, et comment utiliser ces infos sans tomber dans les excès.

Ce que les chercheurs ont observé, et ce que cela change pour le cholestérol

Le résultat principal tient en une phrase simple. Après deux jours centrés sur l’avoine, les participants ont vu leur LDL baisser d’environ 10 %, avec une baisse aussi du cholestérol total. Point important, l’effet a persisté jusqu’à six semaines après, alors même que les personnes étaient revenues à leur alimentation habituelle, sans avoine.

Une baisse de 10 % reste plus faible que ce que certains médicaments peuvent obtenir. Mais c’est loin d’être anecdotique, surtout quand l’intervention dure seulement deux jours. Cela suggère qu’il peut exister un effet “coup de fouet”, lié à une forte dose d’avoine sur un temps très court.

Le cadre de l’essai aide à interpréter. Il s’agit d’un petit essai clinique, avec un groupe “avoine” et un groupe témoin. Les deux groupes ont suivi une restriction calorique de même durée. L’idée était donc de comparer, autant que possible, l’effet de l’avoine à celui d’une simple baisse de calories.

Le protocole a aussi produit des changements attendus à court terme. Juste après les deux jours, les personnes du groupe avoine ont perdu environ deux kilos, et leur tension artérielle a un peu baissé. C’est utile à rappeler, car la perte de poidset la baisse de calories peuvent aussi faire bouger le LDL.

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Le protocole en clair, deux jours très riches en avoine

Les participants étaient des adultes, femmes et hommes. Dans le groupe “avoine”, l’objectif était net, manger environ 300 grammes de flocons d’avoine par jour pendant deux jours. Ils pouvaient ajouter des légumes ou des fruits, pour varier un peu et garder un minimum de confort.

Au total, l’apport en énergie était proche de la moitié des calories habituelles. Ce point compte, car une forte baisse calorique peut agir sur le poids, sur la tension, et sur des marqueurs sanguins.

Après ces deux jours, les personnes ont repris leur alimentation normale, sans continuer l’avoine. C’est là que le résultat intrigue. Malgré le retour aux habitudes, le LDL est resté plus bas pendant plusieurs semaines.

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Pourquoi un bol d’avoine par jour n’a pas fait la même chose

Les chercheurs ont aussi testé une approche plus “vie réelle”. Dans un second essai, un autre groupe a remplacé un repas par des aliments à base d’avoine pendant six semaines. Les formes étaient variées, porridge, flocons, smoothie, ou produits cuits. Cette fois, les personnes ont gardé le même total calorique quotidien.

Résultat, pas de baisse mesurable du LDL ni du cholestérol total au bout de six semaines. Cela ne veut pas dire que l’avoine ne sert à rien au quotidien. Cela veut dire que, dans ce cadre, une dose modérée intégrée à une routine n’a pas créé un signal assez net.

L’explication la plus logique repose sur la dose et la vitesse. Une arrivée massive et soudaine d’avoine peut déclencher une réponse plus forte qu’un apport modeste. Dans une vie normale, beaucoup de détails brouillent les cartes, le reste du menu, l’alcool, le sommeil, le stress, et l’activité.

Le mécanisme possible, le rôle du microbiote quand l’avoine arrive en grande dose

L’étude avance aussi une piste sur le “comment”. L’avoine apporte des fibres, dont le bêta-glucane, et aussi des composés végétaux, dont des composés phénoliques. Quand cette matière arrive en grande quantité, le microbiote intestinal peut changer son activité très vite, un peu comme un atelier qui passe en mode production intensive.

Les chercheurs ont observé, via des échantillons de selles, une hausse de métabolites issus de ces composés végétaux. L’idée est que ces petites molécules, produites par les microbes, pourraient ensuite passer dans le sang et influencer la façon dont le corps gère les lipides.

Il faut rester prudent. On parle d’un mécanisme proposé, pas d’une preuve finale. La biologie est rarement une ligne droite. Mais la cohérence est intéressante, car elle relie un geste alimentaire bref à une réponse mesurable, puis à un effet durable.

Fibres, bêta-glucane et acides biliaires, le classique qui aide déjà

Même sans hypothèse “microbiote”, l’avoine a un atout connu. Le bêta-glucane est une fibre visqueuse. Dans l’intestin, elle épaissit le contenu digestif, et peut limiter la réabsorption de certains composés liés aux graisses, dont les acides biliaires. Le foie doit alors en fabriquer davantage, en utilisant du cholestérol, ce qui peut faire baisser le LDL.

Un repère simple ressort de plusieurs analyses d’études. Environ 3 grammes par jour de bêta-glucane d’avoine, souvent via deux à trois portions d’avoine ou de son, est associé à une baisse du LDL autour de 5 à 10 %. Ce n’est pas “miracle”, mais c’est régulier.

Et l’avoine n’est pas la seule. L’orge contient aussi du bêta-glucane, avec un effet proche. D’autres céréales et aliments riches en fibres visqueuses peuvent aussi aider, surtout dans un menu global riche en végétaux.

Composés phénoliques et métabolites, une piste plus récente

L’étude met en avant un autre angle, moins connu du grand public. Une forte dose d’avoine apporte plus de “matière première” au microbiote, dont des composés phénoliques. Les microbes les transforment en métabolites, dont certains ont été retrouvés en plus grande quantité après l’intervention.

Ces métabolites ont été associés à la baisse du LDL observée. Les chercheurs suggèrent qu’ils pourraient perturber, au niveau cellulaire, une partie de la gestion du cholestérol. L’image est simple, l’avoine nourrit le microbiote, le microbiote produit des composés, ces composés envoient des signaux au corps.

Cette piste n’efface pas le rôle des calories ou du poids. Elle ajoute une couche de compréhension, et donne une raison possible à l’effet durable après seulement deux jours.

Faut-il essayer une « cure avoine » de deux jours, et comment rester prudent

Deux jours, ça paraît facile. Mais “facile” ne veut pas dire adapté à tout le monde. Ce type de mini-diète réduit beaucoup les calories, et change vite l’apport en fibres. Certaines personnes le tolèrent mal, avec ballonnements, diarrhée, ou fatigue.

Si vous avez un traitement pour le cholestérol, un diabète, des antécédents cardiaques, une grossesse, des troubles digestifs, ou un passé de troubles du comportement alimentaire, le bon réflexe est simple, en parler d’abord à un médecin ou à un diététicien. Dans ces cas, un essai maison, même court, peut poser problème.

Un autre point mérite d’être dit clairement. Dans l’étude, la perte de poids rapide a été visible. Or baisser les calories et perdre du poids peut aussi faire baisser le LDL. L’avoine est peut-être une partie de l’histoire, pas toute l’histoire.

Ce que l’étude ne dit pas encore, et les limites à garder en tête

L’essai reste petit, avec peu de participants, ce qui limite la portée. La durée d’intervention est très courte, même si le suivi a duré plusieurs semaines. Et une partie du suivi repose sur ce que les personnes déclarent manger, ce qui n’est jamais parfait.

Il reste aussi difficile de séparer, à 100 %, l’effet de l’avoine de l’effet du déficit calorique, de la perte de poids, ou d’un menu un peu plus “sage” après l’étude.

Les chercheurs évoquent une idée logique, répéter de temps en temps une intervention courte pourrait relancer l’effet. Mais ce point doit être testé dans de futurs essais contrôlés, avec des règles plus strictes.

Une option plus simple, ajouter l’avoine dans une routine « bon pour le cœur »

Pour beaucoup de personnes, la stratégie la plus solide reste la plus simple. Ajouter l’avoine sans tout bouleverser. Un porridge au petit-déjeuner, du son d’avoine dans un yaourt, de l’avoine dans un smoothie, ou une cuisson au four, peuvent aider à augmenter les fibres, sans choc alimentaire.

Le plus important est l’ensemble. Une routine “bon pour le cœur” marche mieux quand elle combine fibres visqueuses, légumineuses, fruits, légumes, noix, et une part de protéines peu grasses. L’activité physique régulière, le sommeil, et le suivi médical complètent le tableau, surtout si le LDL est déjà haut.

Ce qu’il faut retenir avant de passer à l’action

Cette étude suggère qu’une forte dose d’avoine sur deux jours peut réduire le LDL d’environ 10 %, avec un effet qui dure plusieurs semaines. Elle ne prouve pas que cela marchera pour tout le monde, ni que c’est supérieur à une approche stable. Si votre cholestérol est élevé, ou si vous prenez un traitement, un avis médical reste le choix le plus sûr. Pour la plupart des gens, viser des fibres au quotidien, dont l’avoine, reste une option réaliste, parce qu’elle tient dans le temps.

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