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Deux verres d’alcool par jour: un risque de cancer colorectal plus élevé de +91% selon cette étude

Les personnes qui boivent de façon régulière autour de 2 verres ou plus par jour, ont un risque de cancer colorectal plus haut +91% par rapport aux buveurs légers.

Un verre le soir, puis un autre, ça peut sembler anodin. Beaucoup de gens pensent rester dans une zone “raisonnable”, surtout si c’est du vin au repas. Pourtant, la recherche rappelle un point simple, la dose compte, et la régularité aussi.

Une grande étude a observé les habitudes d’alcool sur toute la vie adulte. Son signal le plus marquant est clair, Les personnes qui boivent de façon régulière autour de 2 verres ou plus par jour, ont un risque de cancer colorectal plus haut +91% par rapport aux buveurs légers.

Ce billet explique ce que ce résultat veut dire, ce qu’il ne prouve pas, et comment agir au quotidien, sans tomber dans la peur. Il faut aussi garder en tête que le risque dépend d’autres facteurs, comme le poids, l’activité, et l’alimentation.

Ce que dit vraiment l’étude sur le risque de cancer colorectal

Les chercheurs se sont appuyés sur un large suivi d’adultes, avec des infos sur l’alcool à plusieurs âges (au début de l’âge adulte, puis plus tard). Ils ont ensuite comparé les risques de cancer colorectal selon des profils de consommation, en séparant les personnes qui boivent peu, celles qui boivent plus, et celles qui ont arrêté.

Le chiffre de +91% concerne un groupe précis, des buveurs “actuels” qui consommaient fort et de façon stable dans le temps. Dans l’étude, cela correspondait à environ 14 verres ou plus par semaine, soit 2 verres ou plus par jour, en moyenne. Ce n’est pas “un excès ponctuel”, c’est une habitude.

Autre point important, le signal semblait surtout lié au cancer du rectum, plus qu’aux autres zones du côlon. Ce détail compte, car “cancer colorectal” regroupe plusieurs sites, avec des risques et des causes parfois un peu différents.

Il faut aussi être net sur la nature du travail. C’est une étude d’observation. Elle met en avant une association, pas une preuve directe que l’alcool “cause” à lui seul le cancer. Les auteurs citent des limites classiques, des déclarations d’alcool qui peuvent être imprécises, des facteurs de vie difficiles à mesurer, et une population suivie qui n’est pas un miroir parfait de tout le monde (par exemple, un niveau d’études et de santé souvent plus élevé). Malgré ces limites, le signal chez les gros buveurs réguliers reste un avertissement sérieux.

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Que veut dire “2 verres par jour” dans la vraie vie

En pratique, un “verre standard” n’est pas un grand ballon. En France, on se repère souvent sur l’équivalence suivante, un verre de vin d’environ 10 cl, une bière d’environ 25 cl, ou un alcool fort d’environ 3 cl. Le point clé, c’est que ces repères sont souvent dépassés à la maison, et parfois au bar.

C’est là que l’addition devient trompeuse. Un fond de verre “généreux” chaque soir, puis un apéritif le week-end, et la moyenne grimpe vite au-dessus de 14 verres par semaine. On croit rester stable, mais on a déjà changé de catégorie.

L’étude se base surtout sur des moyennes hebdo, pas sur le rythme exact. Or le rythme peut compter. Boire peu en semaine puis beaucoup le samedi n’expose pas de la même manière que deux verres chaque soir. Les épisodes de forte prise (souvent appelés “binge drinking”) n’étaient pas le cœur de l’analyse, donc on ne peut pas en tirer une règle simple. Ce flou ne rassure pas, il rappelle juste qu’un chiffre moyen peut masquer des pics.

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Pourquoi on parle aussi de polypes (adénomes) et pas seulement de cancer

Un adénome est un polype bénin, mais certains adénomes peuvent évoluer avec le temps. On peut les voir comme des “marches” possibles avant un cancer. C’est pour ça que les études regardent aussi les adénomes, pas seulement les cancers déclarés.

Dans cette recherche, les données sur les adénomes venaient d’un sous-groupe, plus petit, ce qui rend l’analyse moins solide. Malgré tout, un résultat ressort, les personnes qui arrêtaient de boire semblaient avoir moins d’adénomes non avancés que certains buveurs actuels. Dit autrement, la marche peut devenir moins glissante quand on coupe l’alcool.

Un autre point va dans le même sens. Les anciens buveurs, y compris ceux qui avaient bu modéré à fort, avaient un risque de cancer colorectal proche de celui des buveurs légers. Ce n’est pas une promesse individuelle, mais c’est une idée utile, arrêter n’est pas “trop tard”. C’est comme fermer un robinet, le sol reste mouillé un moment, mais on stoppe la fuite.

Ce qui peut expliquer le lien entre alcool et cancers du côlon et du rectum

Quand on boit, l’alcool est transformé dans le corps. Une partie devient de l’acétaldéhyde, une substance irritante, qui peut abîmer les cellules si l’exposition se répète. Le tube digestif est en première ligne, car il est au contact direct, puis via le sang.

L’alcool peut aussi favoriser une inflammation chronique, perturber l’équilibre du microbiote intestinal, et gêner certains apports utiles (comme les folates) chez des personnes qui mangent déjà peu varié. Aucun de ces mécanismes ne suffit à lui seul à expliquer tous les cas. Ensemble, ils rendent l’association crédible.

Il y a aussi un effet indirect, plus banal, mais souvent réel. L’alcool peut pousser à grignoter, à choisir des plats plus gras ou salés, et à bouger moins le lendemain. Sur des années, ces petits décalages pèsent sur le poids, le sommeil, et la santé du côlon.

Le message pratique reste simple, si votre objectif est de réduire le risque de cancer, moins d’alcool aide, et pas seulement pour le côlon.

Les autres facteurs qui pèsent souvent plus qu’on ne le pense

Le risque de cancer colorectal ne se résume jamais à un seul geste. Les données en santé pointent souvent les mêmes grands facteurs, une alimentation riche en viandes transformées et pauvre en fibres, le surpoids, et le manque d’activité physique.

Ces facteurs s’additionnent. L’alcool n’arrive pas dans un corps “neutre”, il se combine à un mode de vie. Deux verres par jour, plus peu de légumes, plus une vie très assise, c’est un trio qui tire dans la mauvaise direction.

À l’inverse, améliorer un seul point peut déjà aider. Plus de fibres (légumes, fruits, légumineuses), moins de charcuterie, et un peu plus de marche régulière changent le terrain. L’idée n’est pas la perfection. C’est la somme, sur des mois, puis des années.

Réduire ou arrêter, comment faire sans se sentir puni

Beaucoup de gens n’arrêtent pas par manque de volonté, mais par habitude. L’alcool s’accroche à des moments précis, l’apéro, le repas, la fin de journée. Pour le déloger, il faut changer le décor, pas se juger.

Un levier simple est de décider à l’avance de quelques jours sans alcool. Pas “quand j’y pense”, mais sur l’agenda. On peut aussi garder le geste, tout en changeant le contenu, bière sans alcool, eau pétillante avec citron, ou cocktail simple sans alcool. Le cerveau aime les rituels, autant les garder, en version plus sûre.

Le social compte aussi. Dire “je conduis” ou “je fais une pause santé” coupe court. Et servir dans un verre plus petit réduit souvent la quantité, sans effort.

Les résultats sur les anciens buveurs vont dans le bon sens, le risque peut redevenir proche de celui des buveurs légers. Cela donne une raison calme d’agir, même après des années.

Un point de sécurité s’impose. Si l’alcool est devenu une dépendance, un arrêt brutal peut être dangereux. Dans ce cas, il faut en parler à un médecin, et se faire aider.

Signaux à surveiller et quand parler à un médecin

Le cancer colorectal se traite mieux quand il est vu tôt. Il ne faut pas attendre “d’avoir très mal”. Des signes doivent pousser à consulter, du sang dans les selles, une douleur qui dure, un changement du transit qui s’installe, une perte de poids sans raison, ou une fatigue inhabituelle.

Le dépistage compte aussi, car il peut trouver des polypes avant le cancer. En France, un test de selles est proposé dans le dépistage organisé à partir de 50 ans, et jusqu’à 74 ans, pour les personnes à risque moyen. En cas d’antécédent familial, ou de symptômes, on ne suit pas forcément le même calendrier, on demande un avis médical.

A retenir

Le chiffre de +91% n’est pas un détail, il concerne les gros buveurs réguliers. Le signal semblait surtout toucher le rectum, ce qui renforce l’intérêt de surveiller sa santé digestive. Et l’idée la plus utile est rassurante, réduire ou arrêterpeut encore apporter un gain, même plus tard.

Cette semaine, choisissez un premier pas simple, un jour sans alcool, ou un verre en moins. Puis posez la question du dépistage à un pro de santé, si vous êtes concerné.

 

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