La lumière du jour aide à régler les rythmes circadiens de l’organisme, qui jouent un rôle important dans le sommeil, l’éveil et d’autres fonctions cérébrales et corporelles. Passer plus de temps au soleil pourrait aussi aider à se protéger de la démence, selon une vaste étude récente, grâce aux effets de la lumière diurne sur les rythmes circadiens.
La lumière extérieure très vive peut aider à renforcer les rythmes circadiens, déclare le Dr Erik S. Musiek, chercheur, professeur de neurologie et codirecteur du Center on Biological Rhythms and Sleep à la Washington University School of Medicine de St. Louis. Le Dr Musiek n’a pas participé à la recherche.
Même si les résultats montrent un lien entre l’exposition à la lumière diurne et un risque plus faible de démence, elle ne prouve pas que la lumière du jour prévient la démence, elle suggère seulement un lien. Elle s’ajoute toutefois à un ensemble croissant de recherches suggérant que l’exposition quotidienne à la lumière, les cycles sommeil-veille et la santé cérébrale sont intimement liés.
Comment l’effet de la lumière qui aide à se protéger de la démence a-t-il été étudié ?
L’étude a été menée sur près de 88 000 personnes, âgées d’environ 62 ans en moyenne (avec environ 57 % de femmes), de la UK Biobank qui ne souffraient pas de démence au début du suivi. Elles ont porté un appareil au poignet pendant sept jours tout en menant une vie normale. L’appareil, appelé accéléromètre, intégrait un capteur de lumière pour mesurer à la fois les mouvements et l’exposition à la lumière pendant la journée et la nuit.
La lumière était mesurée en lux, une unité standard de luminosité. À titre de référence :
- l’éclairage intérieur typique se situe entre 300 et 500 lux,
- la lumière diurne moyenne (un niveau de luminosité modéré équivalent à une journée nuageuse à l’extérieur) est d’environ 1 000 lux,
- la lumière diurne vive peut atteindre 5 000 lux.
Les chercheurs ont ensuite suivi les participants à l’étude pendant une durée médiane de 8 ans. Au cours de cette période, plus de 700 personnes ont développé une démence.
Quel est le lien entre la lumière diurne et le risque de démence ?
Les résultats ont révélé que les personnes qui recevaient plus de lumière diurne présentaient un risque plus faible de développer une démence par la suite :
- les personnes exposées à une lumière diurne moyenne supérieure à 1 000 lux présentaient un risque de démence inférieur de 16 % à celui des personnes moins exposées à la lumière diurne,
- celles ayant reçu au moins 5 000 lux pendant environ 40 minutes par jour présentaient un risque de démence inférieur de 17 %,
- les participants exposés à au moins 3 000 lux pendant environ 84 minutes par jour présentaient un risque de démence inférieur de 18 %.
Recevoir moins de 40 minutes environ de lumière diurne vive était un indicateur de démence plus fort que six facteurs de risque de démence reconnus dans leur modèle, notamment la consommation d’alcool, l’obésité, la pollution de l’air et les traumatismes crâniens.
Le lien est apparu plus fort chez les personnes qui pourraient déjà présenter un risque de démence plus élevé, notamment les porteurs de la variante génétique APOE ε4, les « oiseaux de nuit » (les celles dont l’horloge biologique naturelle a tendance à être plus tardive) et d’autres plus exposées à la lumière nocturne.
De manière assez surprenante, l’exposition à la lumière nocturne n’était pas liée de manière significative au risque de démence dans cette étude. Elle est généralement une préoccupation car elle peut supprimer la mélatonine et perturber les rythmes circadiens, explique le Dr Musiek.
Les personnes qui sortent plus ne seraient-elles pas simplement être en meilleure santé ?
On ne sait pas encore si une lumière diurne plus faible augmente en soi le risque de démence, ou si les personnes aux premiers stades du déclin cognitif passent déjà moins de temps à l’extérieur. La conception de l’étude laisse donc planer une incertitude quant à la relation exacte entre l’exposition au soleil et la démence.
Les personnes qui profitent davantage de la lumière du jour peuvent également être en meilleure santé globale, plus actives physiquement, engagées socialement ou susceptibles d’avoir des habitudes qui les amènent à l’extérieur.
Les chercheurs ont tenté de prendre en compte certains de ces critères en ajustant de nombreux facteurs de risque de démence et d’habitudes de vie, comme l’activité physique, l’isolement social, le tabagisme, la consommation d’alcool, le régime alimentaire, l’obésité, le diabète, l’hypertension artérielle, la perte auditive, les traumatismes crâniens et la saison au cours de laquelle l’appareil a été porté.
La lumière diurne aide-t-elle la santé cérébrale ?
Les auteurs de l’étude ont trouvé des indices selon lesquels les rythmes repos-activité et certaines mesures de la structure cérébrale pourraient expliquer en partie le lien entre la lumière diurne et le risque de démence.
Mais ces résultats sont exploratoires et nécessitent des études plus approfondies, ont-ils écrit.
La lumière est l’un des principaux signaux qui aident à régler l’horloge circadienne du corps. Il existe d’autres études établissant un lien entre l’activité physique, l’exercice, les rythmes circadiens, le sommeil et la diminution du risque de démence, mais cette étude fournit des informations directes sur l’exposition à la lumière, déclare le Dr Musiek.
La théorie est que l’exposition à la lumière améliore la fonction circadienne et, en fin de compte, le sommeil mais les nombreuses raisons pour lesquelles les gens s’exposent davantage au soleil rendent cette distinction difficile à faire, explique le chercheur.
Des recherches antérieures utilisant des données de moniteurs cardiaques avaient associé des profils d’activité jour-nuit moins distincts (comme être moins actif le jour, plus agité la nuit ou avoir un pic d’activité plus tard dans la journée) à un risque de démence plus élevé chez les personnes âgées.
Quelles sont forces et les limites de cette nouvelle recherche ?
L’étude présentait plusieurs forces (sa grande taille et l’utilisation de mesures par appareil portable plutôt que des souvenirs) mais l’appareil au poignet n’est pas une mesure parfaite de l’exposition à la lumière et l’étude n’a duré que 7 jours.
Il peut être recouvert par les manches de chemise et il mesure la lumière au niveau du poignet, et non celle qui atteint les yeux et qui affecte le plus directement les rythmes circadiens, explique le Dr Musiek.
L’exposition à la lumière de chaque sujet n’a été mesurée que pendant sept jours et peut donc ne pas refléter ses habitudes à long terme.
Enfin les participants de la UK Biobank ont tendance à être en meilleure santé et moins défavorisés au plan socio-économique que la population générale, ce qui peut limiter l’application des résultats à tout le monde.
La période de suivi était relativement courte pour une étude sur la démence, ajoute le Dr Musiek. De nombreuses maladies neurodégénératives peuvent commencer à se développer 10 à 20 ans avant le diagnostic.
Comment utiliser la lumière du soleil pour soutenir le rythme circadien ?
S’exposer le plus possible à la lumière extérieure pendant la journée est probablement une bonne démarche pour protéger les rythmes circadiens et la santé cérébrale.
Pour le Dr Musiek, cela ne signifie pas s’exposer au soleil pour bronzer, en raison des risques de cancer de la peau. Une bonne crème solaire ou un chapeau peuvent aider à prévenir cela.
Les recommandations du Dr Musiek pour intégrer le soleil au quotidien :
- sortir pendant la journée autant que possible : la lumière extérieure est beaucoup plus vive que la lumière intérieure et peut renforcer les rythmes circadiens, même par temps nuageux,
- faire une promenade matinale : un moyen facile de s’exposer à la lumière tôt dans la journée,
- déjeuner dehors : s’asseoir près d’une grande fenêtre si sortir n’est pas envisageable.
Le Dr Musiek recommande également de maintenir une lumière tamisée en soirée. Il note que même si cette étude n’a pas trouvé de lien entre la lumière nocturne et le risque de démence, d’autres recherches suggèrent qu’éviter les lumières vives la nuit (comme une télévision allumée dans la chambre ou des plafonniers à LED brillants après 21 heures) peut aider à améliorer le sommeil.
Cet article a été élaboré avec le soutien d'un outil d'intelligence artificielle. Il a ensuite fait l'objet d'une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux. PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.




