Saison des tiques : comment s’en protéger ?
C'est un rite printanier et estival : se préparer à l'assaut de tiques minuscules qui propagent des maladies comme la maladie de Lyme et la fièvre pourprée des montagnes Rocheuses.

Le changement climatique entraîne des hivers plus doux et des conditions plus fertiles pour la reproduction et l’éclosion des tiques.
Les températures plus clémentes dans des régions traditionnellement plus froides permettent également à ces arachnides d’étendre leur habitat, de prospérer là où elles n’existaient pas il y a quelques décennies. Aux USA, par exemple, la tique de la côte du Golfe et la tique « Lone Star » apparaissent désormais dans de nouvelles régions. Et elles transportent de plus en plus de maladies », explique Joellen Lampman, coordonnatrice de la lutte contre les tiques à l’Université Cornell. D’autres espèces invasives, comme la tique à longues cornes d’Asie, s’installent également dans de nouvelles régions.
Ces nouvelles venues ne remplacent pas les espèces existantes mais s’ajoutent au nombre croissant de tiques sans aucune diminution des populations de tiques indigènes. Ce phénomène pose désormais problème non seulement pendant la saison des tiques, mais aussi une majeure partie de l’année.
Les températures plus chaudes entraînent également d’autres changements écologiques favorables aux tiques, comme l’expansion de populations animales (cerfs, écureuils, souris).
Il y a quelques années, les conditions étaient idéales pour que les chênes produisent une récolte abondante de glands, ce qui a aidé ces animaux à prospérer. Les tiques dépendent de ces hôtes pour transporter leurs larves et leurs nymphes, ce qui a conduit à une saison explosive certaines années.
Le risque de maladies transmises par les tiques augmente. Si les sources de nourriture pour les animaux qui les portent diminuent et s’il y a moins de ces animaux, il devient plus probable qu’une tique s’accroche à une personne ou à un chien lors de son passage.
Lorsque qu’une couverture neigeuse est plus épaisse, le sol reste isolé des températures glaciales de l’air et les tiques dormantes qui s’abritent dans le sol durant l’hiver sont mieux protégées du froid. Plus de tiques survivent pour pondre des œufs au printemps.
Alors, comment se protéger ? Voici les conseils des experts.
Pourquoi la saison des tiques est-elle dangereuse pour l’homme ?
Le problème n’est pas les tiques elles-mêmes mais les maladies qu’elles répandent.
Se nourrissant du sang d’animaux infectés, elles peuvent transmettre des bactéries, des virus et des parasites entre les espèces. Ces maladies propagées par le sang sont des infections virales, comme le virus Powassan, et bactériennes, particulièrement la maladie de Lyme, la fièvre pourprée des montagnes Rocheuses, l’anaplasmose et l’ehrlichiose.
Le virus Powassan peut être mortel s’il n’est pas traité. La fièvre pourprée des montagnes Rocheuses et l’ehrlichiose peuvent entraîner une défaillance organique ou respiratoire, également potentiellement fatale.
Comment se protéger des maladies transmises par les tiques ?
La prévention est la meilleure protection.
Éviter les zones boisées et herbeuses peuplées de tiques, ce qui est plus facile à dire qu’à faire lors d’activités estivales de camping ou randonnée. Rester au milieu des sentiers et éviter de s’aventurer dans les zones moins fréquentées. Les chiens peuvent aussi être contaminés.
Comment empêcher les tiques de piquer ?
Il faut exposer le moins de peau possible, en portant des manches longues, des pantalons longs, des chaussettes, des chaussures fermées et une écharpe autour du cou, même s’il fait chaud.
En forêt, fermer l’ouverture des bottes ou des chaussures sur les chaussettes avec du ruban adhésif ou rentrer le pantalon dans les chaussettes. Les tiques partent des pieds et grimpent. Si le pantalon n’est pas rentré, elles se glissent dessous et visent les parties humides et sombres du corps où elles aiment se nourrir.
Rafal Tokarz, professeur associé au Centre d’infection et d’immunité de l’Université Columbia, recommande également de porter des vêtements de couleur claire pour mieux repérer les tiques. Elles ressemblent à des graines de pavot et sont minuscules. Sur la peau, elles sont difficiles à voir.
Vaporiser les vêtements et chaussures avec de la perméthrine mais attention : ne pas en mettre sur la peau. Laisser le vêtement sécher complètement avant de le porter. D’autres répulsifs contenant du DEET ou des huiles végétales naturelles peuvent également être efficaces pour éloigner les tiques.
Comment vérifier une piqûre de tique ?
Il faut s’inspecter régulièrement et se doucher après une activité de plein air :
- s’inspecter : pendant les sorties et avant de rentrer, faire des vérifications régulières sur le pantalon et les manches, et, de retour chez soi, un examen approfondi.. Les tiques peuvent se cacher dans 12 endroits du corps à vérifier, certains difficiles d’accès (cuir chevelu, arrière des genoux, nombril, entre les jambes et même dans ou autour des oreilles). Demander idéalement à quelqu’un de scruter le dos et l’arrière des jambes,
- se doucher dès que possible après une activité de plein air : l’eau et le frottement peuvent aider à déloger celles qui ne se sont pas encore fixées, mais ce n’est pas une garantie. Passer les vêtements au sèche-linge à cycle chaud peut aider à tuer les tiques restantes. Ces bestioles coriaces peuvent survivre jusqu’à 3 semaines dans la maison.
Comment retirer une tique avec précaution ?
La meilleure façon de retirer une tique est d’utiliser une pince à épiler (ou un tire-tique) et de tirer doucement à plusieurs reprises.
Il est déconseillé de suivre des méthodes présentées sur internet, comme les brûler, car elles ne sont ni sûres ni efficaces.
La tique ne voudra pas lâcher prise mais finira par céder. Il est difficile de savoir si toute la tique a été retirée : si des parties saillantes sur la tique retirée sont visibles, c’est généralement bon signe. L’hypostome, une sorte de tube rigide muni de petits crochets inversés qui lui permettent de s’ancrer solidement dans le derme, est apparent.
Plus vite la tique est retirée, mieux c’est. Il faut entre 24 et 36 heures à une tique infectée pour transmettre un agent pathogène. Une fois ôtée, nettoyer la peau avec de l’eau et du savon, de l’alcool ou du désinfectant.
Placer ensuite la tique dans un récipient scellé avec de l’alcool pour la tuer. La conserver dans un sachet au congélateur avec la date, au cas où des symptômes apparaîtraient, afin de pouvoir la tester. Ne pas l’écraser avec les mains pour éviter tout contact avec les agents pathogènes.
Comment savoir si on a contracté la maladie de Lyme ?
Être attentif à la fièvre, aux frissons, aux maux de tête et aux douleurs musculaires après une sortie.
Toutes les tiques ne transmettent pas la maladie de Lyme, mais selon les régions, jusqu’à 50 % des tiques adultes pourraient porter la bactérie.
Les symptômes de Lyme ressemblent à ceux d’autres maladies. Dans la majorité des cas, une éruption cutanée rouge apparaît à l’endroit de la piqûre (parfois, mais pas toujours, en forme de « cible » ou d’œil de bœuf). Cependant, tout le monde ne développe pas cette éruption, et elle peut passer inaperçue dans les cheveux.
Malgré tout le diagnostic est complexe et certains symptômes sont moins connus. Le test se fait en deux étapes. Les médecins doivent respecter un ordre précis : un test de dépistage des anticorps généraux, puis un test de confirmation spécifique, explique le Dr Martin Backer, professeur à NYU Langone Health.
Comme la réponse immunitaire met du temps à s’activer, un test trop précoce peut donner un faux négatif. Tous les professionnels de santé ne sont pas familiers avec la séquence spécifique du test de Lyme et même si les tests se sont améliorés, le système reste proche de celui d’il y a 30 ans.
Existe-t-il un traitement pour la maladie de Lyme ?
Les antibiotiques sont le meilleur moyen de traiter la maladie Lyme.
La plupart des médecins prescrivent une cure de deux semaines ; plus le traitement commence tôt, plus il est efficace. Certaines personnes gardent des symptômes persistants après l’infection, et les chercheurs tentent de comprendre pourquoi (persistance bactérienne, dommages immunitaires ou co-infections).
Existe-t-il un vaccin contre la maladie de Lyme ?
Pas encore mais le laboratoire Pfizer a annoncé des résultats encourageants : son vaccin candidat a protégé de la maladie 73 % des participants à un essai de plus d’un an.
Bien que ces résultats n’aient pas tout à fait atteint certains critères statistiques stricts de l’essai, Pfizer estime que l’efficacité est suffisante pour demander une approbation réglementaire.
Pour les médecins, c’est encourageant. Avec le vaccin, le sang que la tique aspire contient des anticorps qui neutralisent la bactérie, explique le Dr Backer. Une protection de 70 % est un excellent chiffre. Ce n’est pas 95 %, mais bien mieux que 0 % sans vaccin.
Le vaccin nécessite quatre doses (trois en quelques mois, puis une un an plus tard). Dans le contexte actuel de méfiance envers les vaccins, l’acceptation par le public sera un défi, reconnaît Rafal Tokarz. Mais c’est une avancée, et globalement un vaccin satisfaisant.
Sources:
Ameli : morsure de tiques et prévention de la maladie de Lyme
Santé Publique France : maladies vectorielles à tique, bien se protéger
Pfizer : forte efficacité du vaccin candidat contre la maladie de Lyme en phase 3
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.
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