Prédire le risque d’infarctus : une nouvelle façon de l’estimer en 2026
Les nouveaux calculateurs, dont les équations PREVENT, proposent une estimation plus globale du risque d'infarctus, avec une lecture utile sur 30 ans.

Beaucoup de personnes se croient « à l’abri » parce que leur risque d’infarctus à 10 ans paraît faible. Pourtant, sur 30 ans, l’histoire peut changer, surtout quand la tension, le poids ou la glycémie dérivent lentement.
La nouveauté, ce sont des modèles plus complets (cœur, rein, métabolisme) et une façon plus lisible de parler du risque, avec un calculateur de risque cardiovasculaire qui situe aussi chaque personne par rapport à ses pairs, pour guider la prévention plus tôt.
Ce qui change avec les nouveaux calculateurs de risque cardiovasculaire
Pendant longtemps, l’estimation du risque s’est appuyée sur des modèles centrés sur quelques facteurs et sur un horizon court. Or, la maladie cardiovasculaire ne se limite pas à l’infarctus, elle inclut aussi l’AVC et, pour beaucoup de personnes, l’insuffisance cardiaque qui s’installe avec le temps. Les nouvelles équations, comme celles proposées récemment par l’American Heart Association (PREVENT), cherchent à refléter cette réalité, avec une approche plus large de la maladie cardiovasculaire et une projection plus lointaine.
Des équipes de chercheurs ont développé puis validé ces équations sur de grandes bases de données américaines, et elles s’appuient sur des sources nationales de santé. Point important pour la transparence : le code de calcul a été publié en open-source, ce qui permet aux scientifiques de vérifier, tester et améliorer les modèles. Pour le public, cela ne change pas l’essentiel : on obtient une estimation plus cohérente avec la vie réelle, utile pour décider quand intensifier la prévention.
Un score n’est pas une prédiction « certaine », c’est une boussole. Il sert à choisir le bon effort, au bon moment.
Un risque sur 30 ans, plus parlant quand on est jeune
À 35 ou 40 ans, le risque à 10 ans est souvent bas, même si plusieurs voyants sont déjà orange. C’est logique : les événements graves restent plus rares à court terme. Mais des travaux récents, publiés dans des revues médicales majeures, ont montré une discordance fréquente entre risque à 10 ans et risque à 30 ans : certaines personnes « rassurées » à 10 ans portent en fait un risque cumulé plus élevé sur le long terme.
Imaginez une fuite d’eau lente. En une semaine, rien de dramatique. En dix ans, le mur peut être abîmé. Le raisonnement est proche : agir tôt sur la pression artérielle, le tabac, l’activité physique ou le sommeil peut réduire l’accumulation de dommages. Le but n’est pas d’inquiéter, mais d’éviter une prévention qui démarre trop tard.
Une vision plus globale, cœur, rein, métabolisme
Les nouvelles approches intègrent mieux la logique dite « cardio-rénale-métabolique ». En clair, elles considèrent que la santé du cœur dépend aussi de l’équilibre métabolique (diabète, surpoids, lipides) et de la fonction rénale, car rein et vaisseaux vieillissent souvent ensemble. Cela rejoint des positions scientifiques récentes qui proposent d’évaluer le risque cardiovasculaire en tenant compte, de façon plus systématique, de ces dimensions.
Il faut rester précis sur ce point : un calculateur n’établit pas un diagnostic. Il estime une probabilité, à partir d’informations mesurables (tension, cholestérol, diabète, tabac, traitements, parfois marqueurs rénaux). Cette estimation aide à hiérarchiser les priorités, surtout quand on hésite entre « je continue comme avant » et « je change maintenant ».
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La nouvelle façon de comprendre votre risque, se situer par rapport aux autres
Beaucoup de gens sous-estiment leur risque parce qu’ils se sentent en forme. D’autres le surestiment parce qu’un proche a fait un infarctus. Des études sur la perception du risque cardiovasculaire ont montré ce décalage, et elles soulignent un point simple : la manière de présenter un chiffre change la manière de le comprendre. Un pourcentage isolé peut rester abstrait, surtout quand il porte sur plusieurs décennies.
C’est là qu’arrive une idée plus intuitive : compléter le risque absolu par une comparaison à des personnes du même âge et du même sexe, sous forme de percentiles. Des chercheurs ont construit des repères de percentiles de risque à 30 ans à partir d’échantillons populationnels, avec des outils en ligne dédiés. L’intérêt n’est pas de « se comparer pour se juger », mais de donner un contexte, comme une courbe de croissance chez l’enfant.
Les percentiles, une comparaison simple qui évite les malentendus
Un percentile répond à une question que beaucoup se posent sans oser la formuler : « Par rapport aux gens comme moi, je me situe où ? » Si votre risque est au-dessus du 75e percentile, vous êtes dans le quart des personnes les plus exposées de votre groupe d’âge et de sexe. Si vous êtes autour du 50e, vous êtes proche de la médiane. Dit autrement, le percentile transforme un chiffre froid en repère social compréhensible.
Cette approche a aussi un avantage psychologique. Selon des recherches en communication médicale, contextualiser le risque peut réduire les réactions extrêmes, la peur qui paralyse, ou le déni qui rassure à tort. Le message devient plus actionnable : « Je peux revenir vers la moyenne », plutôt que « Je suis condamné » ou « Je n’ai rien à faire ».
Pourquoi “âge du cœur” et “risque à 10 ans” ne racontent pas toute l’histoire
L’« âge du cœur » parle, parce qu’il transforme des facteurs en image mentale. Plusieurs pays ont popularisé ce type d’outil, et l’Europe ou le Royaume-Uni utilisent aussi leurs propres calculateurs. Le risque à 10 ans, lui, reste utile pour décider d’actions immédiates, surtout après 50 ans.
Le problème, c’est qu’un seul cadran ne suffit pas. Chez un adulte jeune, l’âge du cœur peut simplifier à l’excès, et le risque à 10 ans peut minimiser un risque cumulé qui grimpe avec le temps. À l’inverse, chez une personne plus âgée, un risque à 30 ans peut sembler fataliste alors que l’objectif est d’éviter un événement dans les prochaines années. L’approche la plus claire combine souvent plusieurs angles, sans noyer le patient sous les chiffres.
Aller au-delà des calculs, les tests qui peuvent affiner le risque
Même avec un bon modèle, il reste des zones grises. C’est fréquent quand le risque estimé se situe « entre deux » et que la décision de prévention, comme débuter un traitement au long cours, n’est pas évidente. Dans ces cas, certains examens peuvent aider à trancher, à condition de les discuter avec un médecin. L’histoire familiale, l’âge de survenue des événements chez les proches, et les résultats du bilan de base comptent autant que le score.
L’idée est simple : quand l’incertitude est élevée, on peut chercher un signal plus direct de maladie ou de vulnérabilité. Les sociétés savantes ont d’ailleurs publié des textes sur l’usage raisonné de ces examens en prévention, pour éviter le dépistage indiscriminé et ses faux positifs.
Le score calcique coronaire, voir peut aider à agir
Le score calcique coronaire mesure la présence de calcium dans les artères du cœur, via un scanner dédié. Ce calcium reflète souvent une athérosclérose installée. Un score nul peut rassurer dans certains profils, alors qu’un score élevé peut pousser à intensifier la prévention, parce qu’il rend le risque plus concret.
Des chercheurs ont observé que la visualisation du calcium peut améliorer l’adhésion à certains traitements, comme les statines, et encourager des changements d’habitudes. Une synthèse récente sur l’impact d’images cardiovasculaires va dans le même sens : quand on rend la maladie visible, une partie des patients passe plus facilement à l’action. Des essais ont aussi exploré, dans des familles à risque, des stratégies combinant imagerie et traitement pour freiner la progression des plaques, même si ces situations restent ciblées.
Lipoprotéine(a) et risque génétique, utiles dans des cas ciblés
La lipoprotéine(a), souvent notée Lp(a), est un facteur surtout héréditaire, associé à un risque plus élevé d’athérosclérose et parfois de sténose aortique. Les consensus européens et américains recommandent de la considérer dans certains contextes, car elle n’apparaît pas toujours dans les bilans classiques et elle peut expliquer des événements précoces dans une famille.
Les scores de risque polygénique existent aussi. Une déclaration scientifique de l’American Heart Association a fait le point sur leur intérêt et leurs limites. Ces scores ne remplacent pas la tension, le tabac ou le diabète. En revanche, ils peuvent aider quand l’histoire familiale est forte, quand un événement survient tôt chez des proches, ou quand le niveau de risque reste difficile à classer.
Transformer un score en plan de prévention, les décisions qui comptent vraiment
Un calculateur, même excellent, ne réduit pas le risque à lui seul. La vraie question devient : que faire de ce résultat, sans dramatiser, et sans le ranger dans un tiroir ? La décision partagée aide beaucoup. Le patient apporte ses priorités, ses contraintes et ses peurs. Le clinicien apporte le cadre médical, les bénéfices attendus et les effets indésirables possibles. Ensemble, ils choisissent une stratégie tenable.
La recherche en communication du risque montre aussi que le format compte. Quand l’information est mieux comprise, l’acceptation d’une prévention augmente, et l’adhérence suit plus souvent. À l’échelle de la santé publique, des essais ont évalué des modèles de prévention structurés, avec un impact mesurable sur les événements cardiovasculaires et les coûts, ce qui rappelle qu’une bonne prévention ne relève pas seulement de la volonté individuelle.
Pourquoi agir tôt peut rapporter gros plus tard
Sur le long terme, de petits écarts répétés comptent plus que des efforts héroïques sur trois mois. Des études de modélisation, publiées dans des journaux de cardiologie, suggèrent qu’abaisser plus tôt le LDL-cholestérol (par le mode de vie, et parfois par traitement) peut apporter un bénéfice cumulé supérieur à une prise en charge tardive. Cela ne veut pas dire traiter tout le monde tôt. Cela invite à repérer ceux qui ont un risque à 30 ans élevé, même si le risque à 10 ans paraît modeste.
Le même raisonnement vaut pour la tension et le diabète. Un contrôle « à peu près » pendant vingt ans pèse souvent plus lourd qu’un mauvais trimestre. La prévention devient alors une gestion de trajectoire, pas une réaction en urgence.
Parler clairement avec son médecin, pour éviter la peur ou le déni
Beaucoup de freins n’ont rien de médical. Certains craignent les médicaments. D’autres se sentent jugés. La faible littératie en santé complique aussi la lecture des chiffres, comme l’ont montré des travaux en psychologie de la santé sur l’usage des informations cardio-métaboliques.
Dans ce contexte, des outils d’aide à la décision peuvent améliorer la qualité du choix, parce qu’ils posent les bonnes questions et cadrent les options. Des essais dans d’autres domaines cardiovasculaires, par exemple la prévention de l’AVC en fibrillation atriale, suggèrent que cette approche renforce la compréhension et réduit les décisions prises sous pression. Quand le risque est expliqué en risque absolu, complété par des percentiles, la discussion devient souvent plus simple, et le plan plus réaliste.
En bref, ce que cette nouvelle approche change pour vous
Les nouveaux calculateurs, dont les équations PREVENT, proposent une estimation plus globale du risque d’infarctus, avec une lecture utile sur 30 ans. Cette perspective de long terme, surtout chez les adultes jeunes, évite de confondre « risque faible à 10 ans » et absence de risque. Les percentiles ajoutent un repère clair, parce qu’ils situent votre résultat par rapport aux personnes de votre âge et de votre sexe. Quand le doute persiste, des examens ciblés, comme le score calcique, la lipoprotéine(a) ou une évaluation génétique, peuvent affiner l’évaluation, à discuter au cas par cas. Au final, le meilleur score est celui qui débouche sur une prévention comprise, choisie et suivie, avec un professionnel qui l’interprète dans votre contexte personnel.
Source
Calculateur pour calculer son risque: PREVENT Risk Percentiles Tool