Deux personnes peuvent avoir le même IMC et un profil de santé très différent. L’une peut être très musclée, l’autre présenter un excès de graisse abdominale, pourtant la formule les place parfois dans la même case.
Un nouvel indicateur, le CBMI, cherche à corriger cette limite en tenant compte du tour de taille. Il reste un outil de recherche, pas une méthode médicale validée. Mais son principe mérite l’attention.
Pourquoi l’IMC ne convient pas à tout le monde
L’indice de masse corporelle, ou IMC, divise le poids par la taille au carré. Cette mesure est simple, rapide et largement utilisée. Elle ne distingue pourtant ni la masse musculaire, ni la masse grasse, ni l’endroit où cette graisse s’accumule.
C’est là que le problème apparaît. Un sportif très musclé peut afficher un IMC élevé sans excès de graisse. À l’inverse, une personne dont le poids paraît normal peut avoir une graisse abdominale associée à un risque accru de diabète ou de maladie cardiovasculaire.
Les limites sont aussi connues chez les enfants, les adolescents et les personnes de taille très petite ou très grande. Chez un enfant, l’IMC ne se lit jamais avec les seuils d’un adulte. Il doit être comparé à des courbes tenant compte de l’âge et du sexe. Une valeur isolée ne raconte pas toute l’histoire.
Comment fonctionne le nouvel indice CBMI
Le Consistent Body Mass Index, ou CBMI, part d’une idée simple : le poids ne suffit pas à décrire la corpulence. Les chercheurs y associent la taille et le tour de taille, deux mesures qui renseignent davantage sur les proportions corporelles.
Le modèle mathématique représente le corps comme un cylindre. La hauteur correspond à la taille, tandis que la circonférence reflète le tour de taille. Cette image est forcément simplifiée. Un corps humain n’est ni uniforme ni cylindrique, et les différences de sexe, d’origine ou de composition corporelle demeurent importantes.
L’objectif du CBMI est de se rapprocher du rapport tour de taille sur taille. Ce rapport évite un écueil évident : un tour de taille de 90 centimètres ne signifie pas la même chose chez une personne de 1,55 mètre et chez une personne de 1,90 mètre. La proportion compte autant que la mesure brute.
Une mesure pensée pour des morphologies variées
Le CBMI est conçu comme un indice sans unité. Cette caractéristique peut rendre les comparaisons plus cohérentes entre différents âges et différentes tailles. C’est une piste intéressante quand on cherche à évaluer la corpulence sans réduire une personne à son poids.
Selon la présentation de cette nouvelle approche de l’IMC, les chercheurs espèrent aussi l’utiliser pour estimer un poids de référence selon la taille. Cette possibilité reste théorique à ce stade.
Le CBMI est plus proche du tour de taille sur taille que le TMI
Les auteurs ont comparé le CBMI au TMI, l’indice de masse tripondéral. Le TMI ajuste lui aussi le poids à la taille, mais il ne prend pas directement en compte la répartition abdominale.
Dans l’échantillon étudié, le CBMI correspondait davantage au rapport tour de taille sur taille que le TMI. Cela ne prouve pas qu’il prédit mieux les maladies. Cela indique seulement qu’il classe les proportions corporelles de façon plus proche de cet autre repère anthropométrique.
Ce que montre l’étude publiée dans Scientific Reports
L’étude a porté sur 400 personnes en bonne santé, recrutées dans un seul hôpital d’Istanbul. Elle incluait des nourrissons, des enfants, des adolescents et des adultes. Les mesures de poids, taille et tour de taille ont été recueillies selon un protocole standardisé.
Les participants ont ensuite été regroupés par âge et par sexe. Cette méthode permettait de vérifier si l’indice pouvait rester cohérent à plusieurs étapes de la vie. Les résultats complets figurent dans l’étude publiée dans Scientific Reports.
L’échantillon reste modeste et localisé. Il ne permet pas de généraliser les résultats à toutes les populations. Les chercheurs n’ont pas non plus comparé le CBMI à une mesure directe de masse grasse, comme l’absorptiométrie, ni à des données de santé métabolique.
Des seuils encore provisoires
Les auteurs proposent 0,50 comme limite supérieure d’une zone considérée comme normale pour le rapport tour de taille sur taille. Ils avancent 0,46 comme repère idéal. Ces chiffres ne décrivent pas un poids parfait, ni une règle valable pour chacun.
Les catégories proposées pour le CBMI suivent des zones proches. Elles ne concernent pas les nourrissons de moins d’un an, dont les proportions corporelles diffèrent fortement de celles des enfants plus âgés et des adultes.
Un seuil anthropométrique aide à orienter l’évaluation. Il ne pose jamais, à lui seul, un diagnostic de santé.
Le cas d’une enfant de dix ans
L’article illustre la méthode avec une fille de dix ans, pesant 40 kilos et mesurant 147 centimètres. Son tour de taille est de 67 centimètres. Son CBMI et son rapport tour de taille sur taille la situent près de la zone idéale proposée.
Un IMC lu avec des seuils réservés aux adultes pourrait donner une impression trompeuse. Chez l’enfant, l’âge, le sexe et la courbe de croissance restent indispensables. Cet exemple explique une méthode, il ne remplace pas une consultation médicale.
Le CBMI peut-il remplacer l’IMC aujourd’hui ?
La réponse est non. Le CBMI est prometteur, mais il n’a pas encore démontré qu’il prédit mieux le diabète, les maladies cardiovasculaires, le cancer ou la mortalité. Son modèle géométrique ne saisit pas non plus toutes les réalités du corps humain.
Il ne faut pas le confondre avec d’autres indices portant des noms proches. Des travaux sur un IMC modifié en soins intensifs portent sur un contexte hospitalier distinct et ne valident pas le CBMI.
Aujourd’hui, les soignants croisent l’IMC avec le tour de taille, l’âge, les antécédents, la tension artérielle, les analyses sanguines et le mode de vie. Cette lecture globale reste plus fiable qu’un chiffre unique.
À retenir pour la prévention
Le CBMI tente de corriger une faiblesse connue de l’IMC : son incapacité à décrire la graisse abdominale et les proportions du corps. Dans cette première étude, il suit de près le rapport tour de taille sur taille.
Des études plus larges devront confirmer son intérêt clinique. Pour prévenir les risques liés au surpoids, aucun indice isolé ne suffit à juger la santé d’une personne.
Cet article a été élaboré avec le soutien d'un outil d'intelligence artificielle. Il a ensuite fait l'objet d'une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux. PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.





