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Étudiants et jeux vidéo au-delà de 10 heures par semaine: une  mauvaise alimentation et un IMC plus élevé

Quand le temps de jeux vidéo dépasse 10 heures par semaine, on observe plus souvent une qualité alimentaire plus basse, un IMC plus haut, et un sommeil plus mauvais.

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Il est 23 h, le casque est en place. Une partie de plus, puis une autre. Sur le bureau, un sachet de chips, une boisson sucrée, et un plat vite fait qui refroidit. Cette scène, beaucoup d’étudiants la connaissent.

En janvier 2026, une idée revient souvent dans les discussions santé, faut-il réduire le jeu vidéo. Une étude menée chez des étudiants australiens apporte un angle plus concret. Quand le temps de jeu dépasse 10 heures par semaine, on observe plus souvent une qualité alimentaire plus basse, un IMC plus haut, et un sommeil plus mauvais.

Point clé, on parle d’une association, pas d’une preuve que le jeu “fait grossir”. L’intérêt est ailleurs. Comprendre ce qui se passe, puis garder le plaisir de jouer, sans laisser les habitudes partir en vrille.

Ce que dit l’étude, sans termes compliqués

L’étude s’appuie sur une enquête en ligne menée auprès de 317 étudiants de premier cycle, en Australie. L’âge médian était d’environ 20 ans. Les chercheurs ont comparé les habitudes selon le temps de jeu déclaré chaque semaine.

Trois groupes ont été formés, selon les heures de jeu. Un groupe faible (0 à 5 heures), un groupe moyen (6 à 10 heures), et un groupe élevé (plus de 10 heures). L’idée n’était pas de juger le jeu, mais de voir ce qui change quand il prend beaucoup de place.

Plusieurs aspects de santé ont été mesurés avec des outils connus. La qualité de l’alimentation a été évaluée via un score, qui reflète l’écart entre ce qu’on mange et des repères simples (fruits, légumes, produits gras, snacks). L’IMC (indice de masse corporelle) a servi de repère pour le poids relatif à la taille. Le sommeil a été mesuré avec le questionnaire PSQI (un score au-dessus de 5 évoque un sommeil de mauvaise qualité). L’activité physique a été estimée via un questionnaire d’activité, en équivalents d’effort.

Les résultats sont assez clairs. Les étudiants qui jouent plus de 10 heures par semaine ont un score de qualité alimentaire plus bas. La médiane est autour de 45, contre environ 50 chez ceux qui jouent peu, avec une différence nette sur le plan statistique. Autre signal fort, leur IMC médian est plus haut, autour de 26,3 kg/m², contre 22,2 kg/m² chez les joueurs “faibles”. Et côté sommeil, le score PSQI est un peu plus élevé, autour de 7 contre 6, ce qui renvoie plus souvent à un sommeil médiocre.

Un détail utile aide à comprendre l’effet “dose”. À chaque heure de jeu en plus par semaine, le score de qualité alimentaire baisse en moyenne d’environ 0,16 point (après prise en compte d’autres facteurs). Ce n’est pas une chute énorme heure par heure, mais sur un semestre, ça compte.

L’activité physique montre un lien inverse, mais faible. Autrement dit, plus on joue, plus l’activité a tendance à baisser un peu, sans que les niveaux globaux soient très différents entre groupes. Enfin, le profil des gros joueurs se distingue aussi sur certains points, ils sont plus souvent des hommes, jouent plus souvent sur PC, et déclarent même boire moins d’alcool que les joueurs “faibles”. Ce dernier point rappelle une chose simple, le sujet n’est pas “mauvaise hygiène de vie partout”, c’est plus fin.

À partir de quand le risque semble augmenter

Le seuil le plus parlant, ici, est celui utilisé par l’étude, plus de 10 heures par semaine. Il ne sort pas de nulle part, il sert à comparer des habitudes. Il ne dit pas qu’à 9 h 59 tout va bien, et qu’à 10 h 01 tout va mal.

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Il sert plutôt de repère pratique. Quand on dépasse ce niveau, on a plus de chances de voir s’installer des routines moins favorables, surtout sur l’alimentation et le sommeil. Ce n’est pas un appel à arrêter de jouer. C’est un signal pour regarder le reste, repas, pauses, et heures de coucher.

Si vous jouez beaucoup, la bonne question n’est pas “combien d’heures”, mais “qu’est-ce que ces heures remplacent”. Le jeu peut rester un loisir social, un sas de décompression, et un lieu de progrès. Mais il peut aussi devenir un tunnel où l’on oublie le reste.

Ce que l’étude ne peut pas prouver

L’étude est dite transversale. Elle observe une photo à un moment donné. Elle ne suit pas les étudiants dans le temps. Résultat, elle ne peut pas dire que le jeu cause la prise de poids, ou la baisse de qualité alimentaire.

Autre limite, les données sont déclarées. Les étudiants rapportent leurs heures de jeu, leurs habitudes, leur taille et leur poids. On sait que la mémoire, la fatigue, ou l’envie de “bien répondre” peuvent influencer les réponses.

Il peut aussi y avoir des causes en amont. Un étudiant stressé peut jouer plus pour se calmer, et sauter des repas. Un budget serré peut pousser vers des aliments moins chers, et souvent plus gras ou sucrés. Des horaires de cours tardifs, un job étudiant, ou une vie en colocation changent aussi les repas. L’étude contrôle certains facteurs, mais pas tout. La conclusion correcte reste simple, plus de jeu est lié à des habitudes moins saines, sans dire pourquoi, ni dans quel sens.

Pourquoi les longues sessions peuvent pousser vers une moins bonne alimentation et un IMC plus élevé

Pour comprendre, imaginez une journée comme une étagère, avec peu de place. Si un objet grossit, le reste doit se tasser. C’est l’idée dite du déplacement. Le temps de jeu peut prendre la place du sommeil, de la cuisine, des courses, ou d’un sport léger.

Chez les étudiants, ce point pèse lourd. Les années de fac sont souvent le moment où l’on construit des automatismes. On apprend à gérer seul son frigo, son budget, et ses horaires. Un rythme mal calé peut devenir “normal” en quelques semaines.

Le jeu vidéo n’est pas le seul facteur. Mais il a un trait unique, il est conçu pour tenir l’attention. Un match en ligne, une quête, une série de parties, et l’heure tourne sans bruit. Le corps, lui, reste là, avec ses signaux de faim et de fatigue. Sauf qu’on les écoute moins.

Ce cadre aide à relier les trois résultats de l’étude. Quand le temps de jeu monte, le score alimentaire baisse, l’IMC grimpe, et le sommeil se dégrade. Ce trio a du sens, car chacun nourrit l’autre. Un mauvais sommeil augmente souvent l’envie d’aliments très denses. Une alimentation pauvre en fibres cale moins. Et un IMC plus haut peut rendre l’activité plus dure à reprendre. C’est un cercle, pas une fatalité.

Le temps de jeu peut remplacer cuisine, sport et sommeil

Une longue session change d’abord la façon de manger. On cuisine moins, car ça coupe le rythme. On choisit des aliments rapides, car on veut “juste tenir”. On saute un vrai repas, puis on se rattrape tard. Ce modèle colle bien avec une baisse du score de qualité alimentaire, car il réduit fruits, légumes, et plats simples faits maison.

Le sommeil est souvent la première variable sacrifiée. On repousse l’heure de fin. On se dit qu’on rattrapera demain. Mais le lendemain, le réveil sonne, et la dette de sommeil s’installe. Or dormir moins perturbe la régulation de l’appétit. On a plus faim, on cherche du sucré, et on grignote plus vite. Le résultat peut se voir sur l’IMC, sur plusieurs mois.

Le sport, lui, souffre aussi, mais parfois de façon discrète. On ne passe pas de “sportif” à “zéro activité” du jour au lendemain. On perd plutôt des petites choses, la marche vers la fac, un détour à pied, un entraînement raté. Dans l’étude, le lien entre jeu et activité est faible, mais il va dans le même sens.

Il faut aussi penser à l’éclairage des écrans, surtout le soir. La lumière bleue peut retarder l’endormissement chez certains. On s’endort plus tard, on dort moins, puis on compense par des aliments rapides. Le score PSQI plus élevé chez les gros joueurs va dans cette direction, même si d’autres causes sont possibles.

Manger en jouant, c’est souvent manger sans s’en rendre compte

Le grignotage pendant le jeu a un trait trompeur, il passe en arrière-plan. L’attention est sur l’écran, pas sur le goût. On mange “en pilote auto”. Et quand l’attention est captée, les signaux de satiété arrivent plus tard.

Un exemple banal parle à tout le monde. Vous ouvrez un sachet de chips “pour une partie”. Deux parties plus tard, le sachet est vide. Vous ne vous souvenez même pas du moment où vous avez fini. Même chose avec des biscuits, des barres, ou des nouilles instantanées prises à la volée.

Les boissons jouent aussi un rôle. Une boisson sucrée se boit vite, et sans mâcher. Elle apporte des calories, sans rassasier. À force, elle peut tirer l’apport total vers le haut, sans que l’on mange plus “en volume”. Beaucoup d’étudiants cumulent aussi café, boissons caféinées, et coucher tardif. Ce trio peut abîmer le sommeil, puis pousser vers des choix alimentaires plus denses le lendemain.

Ce point aide à relier la baisse de qualité alimentaire observée dans l’étude. Ce n’est pas toujours “manger plus”. C’est souvent manger moins bien, plus souvent, et plus tard. Et quand ce modèle s’installe, l’IMC peut monter, lentement mais sûrement.

Jouer beaucoup sans se ruiner la santé, des habitudes simples qui marchent

Le message le plus utile n’est pas “jouez moins”. C’est “jouez, mais protégez vos bases”. L’étude évoque l’intérêt d’actions ciblées auprès des étudiants joueurs, avec une logique de healthy gaming dans les programmes bien-être des universités. L’idée est réaliste, car elle colle à la vie étudiante.

La première base est l’alimentation. Elle ne doit pas devenir parfaite. Elle doit devenir prévisible. Quand on sait ce qu’on va manger, on réduit les choix impulsifs. Et quand on réduit les choix impulsifs, on améliore le score global, même sans régime.

La seconde base est le sommeil. Un sommeil moyen est déjà fréquent chez les étudiants, et l’étude le suggère aussi, même les joueurs “faibles” dépassent souvent le seuil PSQI de 5. Dans ce contexte, gagner 30 minutes, ou stabiliser une heure de coucher, peut changer beaucoup de choses.

La troisième base est le mouvement. Pas besoin d’un programme dur. On vise des pauses courtes, répétées, qui cassent la position assise. Un corps immobile, c’est comme un ordinateur sans ventilation, il chauffe en silence.

Des choix de repas et snacks faciles pendant une session

Le point le plus simple est de préparer avant de lancer une longue session. Pas un grand plat. Juste quelque chose de prêt, qui évite le “au pire je commande”. Une assiette simple, un sandwich fait minute, une soupe, ou un plat préparé correct font souvent mieux qu’un grignotage sans fin.

Pour les snacks, l’objectif est de garder du goût et du croquant, sans tomber dans le sachet XXL. Un yaourt, un fruit, une poignée de noix, ou un morceau de fromage peuvent suffire. L’eau doit rester à portée. La soif se déguise souvent en faim, surtout quand on parle en vocal et qu’on s’agite.

Un détail change tout, ne mangez pas au sachet. Versez dans un bol, ou mettez sur une assiette. Ce geste crée une limite visible. Il aide à sentir la fin. C’est bête, mais c’est efficace.

Même avec un petit budget, on peut s’en sortir. Les fruits de saison, les légumes surgelés, le thon, les œufs, les légumineuses, et le pain complet coûtent souvent moins cher qu’une commande répétée. Le gain est double, moins de sel, et plus de fibres, ce qui cale mieux pendant une session.

Si vous aimez les boissons “plaisir”, gardez une règle simple. Une boisson sucrée, c’est un choix, pas un réflexe. Alternez avec de l’eau, et évitez la caféine tard, sinon le sommeil paiera la note.

Protéger le sommeil et casser la sédentarité, sans tuer le fun

Le sommeil se protège avec des règles courtes, et tenables. Fixez une heure de fin les soirs de cours, même souple. Préparez une routine de sortie, casque rangé, lumière plus basse, et écran loin du lit si possible. Le but est de donner au cerveau un signal clair, la partie est finie.

Si vous jouez le soir, baissez la lumière de la pièce. Réduisez l’éclat de l’écran. Ces gestes peuvent aider certains à s’endormir plus vite. Et si vous aimez les sessions tardives le week-end, gardez une heure de lever pas trop variable, sinon le lundi devient rude.

Pour bouger, cherchez des pauses courtes. Le jeu a des temps morts, chargements, fin de manche, file d’attente. Profitez-en pour vous lever, marcher, boire, respirer. Deux minutes suffisent. À force, ces micro-pauses limitent les raideurs, et rappellent au corps qu’il existe.

Ce point vaut aussi pour l’alimentation. Une pause debout casse le grignotage “sans y penser”. Vous revenez, et vous choisissez mieux. Le plaisir du jeu reste là, mais il ne mange plus tout l’espace.

En quelques lignes

Cette étude chez des étudiants australiens relie un temps de jeu élevé, au-delà de 10 heures par semaine, à une qualité alimentaire plus basse, un IMC plus élevé, et un sommeil plus mauvais. Elle ne prouve pas une cause. Elle met en lumière un ensemble d’habitudes qui peuvent se répondre.

Le bon objectif est simple, garder le jeu, et renforcer les bases. Cette semaine, choisissez un seul changement clair, un snack prévu avant la session, une heure de fin, ou une marche courte entre deux parties. Un petit réglage répété vaut mieux qu’un grand plan qui tombe.

Le jeu peut rester un plaisir, un lien social, un moment à soi. Avec quelques règles, il peut aussi cohabiter avec une santé stable. Et si vous dépassez souvent les 10 heures, la vraie question est là, qu’est-ce que vous pouvez protéger, sans perdre le fun ?

 

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