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Bien être

Cultiver l’humour au quotidien : 8 façons d’y parvenir

Quand la vie est trop triste ou ennuyeuse pour être drôle, dénicher de l'humour autour de soi permet d’améliorer la santé et le bien-être.

C’est l’avis de Steven M. Sultanoff, psychologue clinicien et ancien président de l’Association for Applied and Therapeutic Humor, une organisation à but non lucratif axée sur l’étude et l’utilisation de l’humour. Il ne se considère pas comme particulièrement drôle : il n’était pas le clown de sa classe au lycée et ne se qualifierait jamais de boute entrain. Pourtant, il a consacré plus de 40 ans à aider les gens à profiter des pouvoirs curatifs de l’humour. Il sait que cultiver l’humour au quotidien peut apporter une grande quantité de bienfaits.

À quoi sert de cultiver l’humour au quotidien ?

La recherche suggère que cela donne de l’énergie, améliore le fonctionnement cérébral, renforce l’immunité, réduit le stress et améliore le moral.

Certains de ces bienfaits proviennent du rire, la réaction physique à quelque chose de drôle. Tout le monde ne rit pas lorsqu’il est amusé et il n’est pas nécessaire pour retirer les avantages de l’humour. Cependant, selon le spécialiste, le rire partagé provoque ce qu’il nomme « fusion relationnelle », le bénéfice social de se connecter aux autres. Quand on partage un moment l’humour avec quelqu’un, on se connecte avec cette personne. Lorsque les gens sont liés, ils se sentent généralement plus détendus, plus en sécurité et à l’aise.

L’humour et les émotions pénibles ne peuvent occuper le même espace psychologique. Le cerveau ne sait pas traiter conjointement la douleur émotionnelle et l’humour. Le dernier chasse la première et procure un répit. C’est pourquoi c’est un antidote temporaire à la détresse, car il mobilise les ressources mentales pour une activité incompatible avec la rumination négative.

Faire l’expérience de l’humour a aussi les effets moins visibles de modifier la pensée positivement et d’offrir de nouvelles perspectives. Dans cet article, Steven M. Sultanoff et d’autres spécialistes exposent leurs façons préférées d’alléger la vie de tous les jours.

Quels les 8 conseils des spécialistes de l’humour “thérapeutique” ?

Savoir ce qui vous fait rire

La comédie est comme la musique, des genres différents attirent les uns ou les autres , explique Kate Nichols, psychothérapeute et humoriste de stand-up. Réfléchir au type d’humour qui plaît le plus, puis le rechercher aussi souvent que possible. Aller voir des spectacles de comédie, passer plus de temps avec des personnes qui font rire et mettre un film drôle plutôt qu’un drame, conseille Kate Nichols. Les réseaux sociaux peuvent également être utiles : créer un dossier pour enregistrer les mèmes ou les vidéos les plus amusantes, et y revenir à chaque besoin de légèreté.

Identifier au moins une chose drôle par jour

On est souvent inconscient de ce qui est devant soi jusqu’à se mette à le chercher. Il est utile d’avoir l’intention de chercher de l’humour chaque jour. Il y a probablement de l’humour dans des endroits inattendus. S’efforcer aussi de rire plus souvent.

Revivre un moment drôle préféré

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Au prochain moment de déprime, se raconter 3 moments où l’on a ri si fort qu’on en avait les larmes aux yeux. Visualiser son moment drôle préféré est une sorte de méditation. À faire n’importe où : c’est presque garanti que cela remonte le moral.

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Suivre un cours de comédie

Kate Nichols a commencé à prendre des cours d’improvisation après l’université, alors qu’elle avait besoin d’une nouvelle étincelle dans sa vie.

Elle se souvenait qu’enfant, elle aimait faire des sketches amusants avec ses amis et écrire des chansons parodiques pour faire rire les gens. Elle est immédiatement tombée amoureuse de l’impro, ce qui l’a menée au stand-up. Maintenant, elle se produit régulièrement.

Il est possible de suivre un cours d’improvisation même si on ne sent pas spécialement drôle. Le cours va déclencher des idées drôles, que l’humour soit naturel ou non. L’improvisation est excellente pour les gens qui essaient de se vider la tête, car l’accent est particulièrement mis le moment présent.

S’entraîner à avoir de la répartie

Steven M. Sultanoff intègre l’humour dans sa pratique de psychothérapie de diverses façons. Il se souvient d’un client qui avait emmené son nourrisson chez le coiffeur un jour de pluie, et alors qu’il partait, la coiffeuse lui avait dit de bien couvrir le bébé. L’homme avait passé le reste de la journée à ruminer, convaincu qu’il avait été perçu comme un mauvais parent.

Steven M. Sultanoff  a demandé à son client : s’il pouvait revenir en arrière, que pourrait-il dire de drôle à la coiffeuse ? « Ne vous inquiétez pas pour le bébé. Il n’a pas encore pris de douche aujourd’hui. » La réponse fut jugée une bonne répartie.

C’est un exercice facile à répéter après des expériences inconfortables. Réfléchir à des boutades, et s’entraîner à pouvoir les faire à un moment donné, en plaçant une réplique amusante en temps réel.

Maîtriser une blague

Beaucoup d’entre nous aiment naturellement faire rire les autres, et cela ne demande pas une grande compétence comique. Apprendre une blague simple et bonne, pas besoin qu’elle soit longue. La répéter puis l’utiliser dans des situations qui ont besoin de légèreté.

Utiliser des accessoires

Porter un nez de clown rouge vif de clown peut alléger instantanément les choses. Un des spécialistes connaît un couple qui en met un chaque fois qu’une dispute menace et cela brise immédiatement la tension. Au volant aussi, l’un des experts interrogés détend l’atmosphère en conduisant avec un nez de clown.

Après avoir passé une radiographie, Steven M. Sultanoff raconte qu’il aime enfiler des lumières rouges clignotantes sur ses pouces, dire au technicien qu’il se sent étrangement rayonnant, puis lui fait un pouce levé. Cette personne partage un moment de joie avec lui, rentre à la maison le soir et raconte l’histoire à d’autres qui en profite également.

Ne pas forcer les choses

S’efforcer d’être drôle a souvent l’effet inverse. Plus on s’expose régulièrement à des choses amusantes, plus la zone du cerveau concernée se réveille. L’humour se muscle, c’est comme travailler un groupe musculaire dans l’exercice physique.

Peut-on cultiver l’humour en période de profond chagrin ?

La possibilité d’appliquer ces conseils dépend de la phase et de l’intensité du chagrin et du type d’humour recherché.

Durant une période très éprouvante, l’idée de chercher l’humour peut sembler irréaliste et déplacée. L’humour n’annule pas la tristesse, il aide à créer un espace de respiration à côté de la tristesse :

  • moment de crise : c’est généralement impossible dans l’urgence émotionnelle (un deuil, un diagnostic grave, une rupture soudaine) car l’esprit est envahi de souffrance. L’humour n’a pas sa place lorsqu’on est en mode survie, tenter de rire ou de faire rire est souvent inutile. Il faut laisser la tristesse occuper tout l’espace psychologique.
  • période de rétablissement : l’humour est un outil de résilience et de soutien et le rire peut être à la base d’une thérapie. Il doit être introduit doucement, sans pression. Il ne s’agit pas de rire aux éclats mais de remarquer un petit décalage dans le quotidien. Ne pas forcer est le conseil prioritaire : la personne doit le faire quand elle s’en sent capable, comme un soupir de légèreté, pas par un effort conscient.
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