Des recherches récentes aux USA ont révélé que le cancer du poumon chez les non-fumeurs est en augmentation, en particulier parmi les femmes et les populations asiatiques. Les scientifiques évoquent comme risques potentiels la pollution de l’air, les aliments ultra-transformés et l’exposition à certains produits chimiques et aux fumées.
Quels sont les facteurs de risque du cancer du poumon chez les non- fumeurs ?
Une étude récente publiée dans Nature a lié certains cas de cancer du poumon chez des non-fumeurs à l’exposition à des polluants atmosphériques (gaz d’échappement des véhicules, produits chimiques toxiques et fumées de cuisson).
Le tabagisme et le tabagisme passif ne sont donc pas les seuls facteurs de risque du cancer du poumon.
Une autre étude a trouvé un lien possible entre les aliments ultra-transformés et le cancer du poumon chez des personnes n’ayant jamais fumé. Les auteurs suggèrent que le risque peut découler d’une mauvaise qualité de l’alimentation, de l’exposition aux produits chimiques des emballages et de sous-produits nocifs comme l’acroléine présente dans les aliments transformés, les viandes grillées (également contenue dans la fumée de cigarette).
Cette étude observationnelle ne peut pas établir de lien de cause à effet entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de cancer du poumon, mais ses conclusions sont certainement percutantes et méritent d’être confirmées auprès d’autres populations d’étude, estime Lori Sakoda, chercheuse scientifique en Californie.
Les chercheurs affirment qu’il est crucial d’identifier les causes du cancer du poumon car la maladie n’est souvent diagnostiquée qu’après l’apparition des symptômes, alors qu’elle devient plus difficile à traiter et plus mortelle.
Il faut faire évoluer la perception du public en insistant que n’importe qui peut développer un cancer du poumon, quels que soient ses antécédents de tabagisme, a déclaré Lori Sakoda.
Quels sont les obstacles au dépistage du cancer du poumon ?
La recommandation actuelle en matière de dépistage du cancer du poumon évolue en France : alors que la Haute Autorité de Santé (HAS) n’encourageait pas jusqu’ici de dépistage généralisé, elle préconise désormais la mise en place d’expérimentations de dépistage ciblé organisé par scanner thoracique à faible dose.
Cependant, la mise en œuvre pratique à grande échelle est complexe. Selon les données de l’Institut National du Cancer, l’adhésion aux programmes pilotes reste encore timide. Les principaux freins sont la peur, le sentiment de culpabilité et la crainte du jugement, la difficulté à estimer l’éligibilité des personnes invitées à se faire dépister et la difficulté d’atteindre certains publics concernés.
À noter : les scanners du corps entier ne permettent pas de détecter avec fiabilité le cancer du poumon. Ils peuvent exposer les patients à des radiations et ont un coût élevé.
Comment reconnaître les premiers symptômes du cancer du poumon chez un non-fumeur ?
Les symptômes du cancer du poumon sont souvent les mêmes chez les fumeurs et les non-fumeurs : fatigue, crachats de sang, douleurs thoraciques fréquentes, respiration sifflante et souffle court.
Cependant, les non-fumeurs peuvent ne pas envisager que le cancer du poumon soit une cause possible de ce type de symptômes et retarder leur consultation chez un médecin.
Le Dr Daniel Boffa, chirurgien thoracique à la Yale School of Medicine, a déclaré qu’il est important pour les patients et leurs médecins d’envisager la possibilité d’un cancer du poumon si nouvelle toux durant plus de quatre semaines, présence de crachat de sang ou douleurs dans la poitrine qui durent plusieurs semaines.
La grande majorité du temps, le patient présentant ces symptômes n’aura pas de cancer du poumon, mais ne pas envisager cette possibilité pourrait considérablement retarder les soins si le cancer en était la cause.
Pour l’instant, éviter le cancer du poumon quand on est non-fumeur est complexe, car il n’y a pas de comportement type à modifier, ni d’exposition spécifique à éviter, et le dépistage n’est pas encore actuellement adapté à cette population », a ajouté le Dr Boffa.
Comment réduire le risque de cancer du poumon ?
Au niveau personnel, il est important de se protéger du tabagisme passif, suivre la qualité de l’air et les émissions de substances toxiques cancérigènes :
- éviter le tabagisme passif : faire de sa maison et de sa voiture des espaces sans tabac. Et s’éloigner des fumeurs, même à l’extérieur,
- tester sa maison pour le radon : le radon est un gaz principalement issu des roches granitiques et volcaniques qui peut s’infiltrer à l’intérieur des habitations dans certaines régions. Prendre des mesures pour réduire les niveaux de radon s’ils sont élevés,
- se protéger au travail : suivre les directives de santé et de sécurité pour éviter les agents cancérigènes des produits chimiques ou des produits de nettoyage,
- surveiller la qualité de l’air : prendre des précautions pour minimiser l’exposition à la fumée des feux de forêt et à d’autres polluants, surtout en cas de maladie pulmonaire.
Il faudrait à grande échelle agir sur la réglementation des émissions toxiques d’origine industrielle et promouvoir des technologies d’énergie propre pour réduire la pollution de l’air.
Le cancer du poumon peut toucher des personnes qui n’ont jamais fumé et les taux sont en augmentation. Comme il n’existe pas encore de directives de dépistage systématiques pour les non-fumeurs, il faut être attentif aux symptômes et réduire l’exposition au tabagisme passif, aux polluants atmosphériques et aux substances cancérigènes pour abaisser son risque.
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