Artériopathie oblitérante des membres inférieurs : jambes et pieds touchés
L'artériopathie oblitérante des membres inférieurs est le rétrécissement des artères des jambes qui se bouchent, provoquant une mauvaise circulation sanguine.

L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI pour faire court) augmente le risque de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux. Cet article décrit les types, les causes, les symptômes, le diagnostic et les traitements.
Quels sont les types d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs ?
Les types d’artériopathie périphérique sont regroupés selon les zones du corps touchées (membres inférieurs et supérieurs) et la présentation clinique.
Types basés sur les zones touchées
Ce sont l’AOMI des membres inférieurs et l’atteinte des membres supérieurs. Celle des membres inférieurs est la plus fréquente et affecte les jambes et les pieds. Celle des membres supérieurs affecte les bras, les mains et les doigts.
Types basés sur la présentation clinique
- asymptomatique : aucun symptôme,
- claudication : les symptômes comprennent de la fatigue, un inconfort ou une douleur qui survient pendant l’activité et diminue au repos,
- ischémie critique des membres : les symptômes incluent des douleurs au repos, des crampes dans les jambes pendant le sommeil, ou des lésions cutanées comme des ulcères ou une gangrène franche,
- ischémie aiguë des membres : les symptômes sont une réduction brutale du flux sanguin vers les membres, ce qui peut entraîner la mort des tissus.
Quels sont les symptômes de l’AOMI ?
L’AOMI est souvent sous-diagnostiquée et les symptômes varient considérablement. Environ une personne sur cinq ne présente aucun symptôme et plus de la moitié peut présenter des signes atypiques.
Certaines personnes atteintes d’AOMI qui disent ne pas avoir de symptômes attribuent en fait leurs signes à d’autres causes, comme l’inactivité ou le vieillissement. Le risque augmente avec l’âge. Certaines personnes seront seulement diagnostiquées quand leurs symptômes seront assez graves pour constituer une urgence médicale. Un médecin peut aider à identifier les symptômes de l’AOMI :
Douleur
Un signe courant d’AOMI est la douleur musculaire à l’effort, qui provoque ce que l’on appelle une claudication (gêne à la marche), des courbatures, des crampes, des engourdissements et de la fatigue.
Cette douleur survient lors de la marche ou d’une autre activité physique. Elle se situe souvent dans les jambes, mais peut également être dans les fesses, les hanches, les cuisses, les mollets ou les pieds.
Dans les cas graves, la douleur musculaire peut ne pas disparaître, même au repos. Si elle se situe dans les pieds, abaisser le pied sous le niveau du cœur ou le laisser pendre au bord du lit peut aider à réduire la douleur. Lorsque les jambes sont vers le bas, la gravité aide à attirer plus de sang vers les pieds, ce qui peut temporairement atténuer la douleur.
Symptômes au pied
Les symptômes au pied sont fréquents avec l’AOMI, les pieds et les jambes sont d’ailleurs les zones les plus touchées. Ces symptômes peuvent être :
- pieds froids : les pieds sont frais ou froids au toucher. La circulation sanguine aide à maintenir les jambes et les pieds au chaud. Lorsque les artères sont partiellement obstruées, le corps ne peut pas envoyer autant de sang vers les zones éloignées du cœur pour maintenir une température stable,
- engourdissement : une perte de sensation ou de picotement peut survenir dans les orteils affectés ou dans tout le pied,
- pâleur : la peau de la zone affectée peut être particulièrement pâle.
Changements des ongles d’orteils
Les ongles peuvent pousser plus lentement ou devenir épais, déformés ou décolorés.
Une mauvaise circulation chronique due à des artères rétrécies ou bouchées peut entraîner des modifications des ongles.
Changements de la peau et des poils
Les personnes atteintes d’AOMI peuvent présenter une peau lisse et brillante dans les zones touchées. La couleur de la peau change et peut s’éclaircir (hypopigmentée) ou bien devenir bleuâtre (cyanose).
L’AOMI peut également affecter les poils des jambes qui risquent de tomber ou de pousser beaucoup plus lentement. Globalement, le manque de flux sanguin vers la peau et les cellules pileuses des jambes provoque ces changements progressifs.
Complications tissulaires
Le manque de flux sanguin vers les jambes et les pieds peut augmenter le risque de développer des plaies appelées ulcères artériels. Ces ulcères apparaissent généralement loin du cœur, sur les jambes, les pieds, les chevilles ou les orteils. Ils peuvent également être lents et difficiles à guérir et devenir pâles, cendrés ou froids.
Une diminution de la masse musculaire, ou amyotrophie, peut être une conséquence de l’AOMI. Certaines personnes présentent une diminution globale des muscles du mollet ou d’autres muscles de la jambe.
La réduction du flux sanguin vers les muscles diminue également l’apport d’oxygène et d’énergie, ce qui peut réduire la mobilité. Si elle n’est pas traitée, l’AOMI peut évoluer vers la mort des tissus, ou gangrène. À mesure que les artères se rétrécissent, une douleur même au repos ou des ulcères qui ne guérissent pas peuvent survenir. Ce stade de l’AOMI est connu sous le nom d’ischémie critique des membres.
Quelles sont les causes de l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs ?
Les personnes ayant un taux de cholestérol élevé risquent de développer de l’athérosclérose, c’est-à-dire de la plaque dans les artères causée par le cholestérol et d’autres substances.
Le cholestérol, une substance cireuse qui circule dans le sang, est essentiel à de nombreuses fonctions corporelles. Les artères font partie du système circulatoire (ou système cardiovasculaire) et sont responsables du transport du sang frais et riche en oxygène vers les organes. L’accumulation de plaque liée au cholestérol peut réduire ou bloquer le flux sanguin vers les membres, ce qui conduit à l’artériopathie périphérique.
Comment diagnostiquer une AOMI ?
Des analyses de sang, des tests à l’effort et de marche, une échographie Doppler et des mesures des pressions Doppler sont réalisés.
Dès les premiers symptômes d’artériopathie périphérique, le médecin peut décider d’examiner le flux sanguin : le test de l’index de pression systolique compare la pression artérielle des jambes à celle des bras. Un score IPS sain se situe entre 1,00 et 1,40. Un score inférieur à 0,9 peut suggérer une AOMI mais d’autres tests sont nécessaires pour un diagnostic.
Ceux qui suivent peuvent être utilisés pour évaluer davantage l’état de santé et confirmer un diagnostic :
- analyses de sang : elles servent à évaluer le taux de cholestérol, de triglycérides et de sucre dans le sang,
- test IPS à l’effort : si le test IPS initial est préoccupant mais pas sévère, le médecin peut vouloir refaire le test pendant l’exercice,
- test de marche de six minutes : ce test mesure la distance parcourue en 6 minutes pour évaluer l’endurance et la fonction corporelle,
- échographie Doppler : cet outil est passé sur la peau pour trouver les zones de flux sanguin réduit et évaluer la vitesse de circulation du sang dans les artères,
- mesure segmentaire des pressions Doppler : ce test utilise des brassards de tension artérielle pour évaluer différentes zones des jambes à la recherche d’artères rétrécies ou obstruées.
Comment traiter l’AOMI ?
Le médecin peut consulter divers spécialistes pour traiter l’AOMI, un cardiologue ou un chirurgien vasculaire ou prescrire des médicaments ou des troubles similaires associées à l’athérosclérose :
- antiagrégants plaquettaires, comme l’aspirine, pour prévenir les caillots sanguins,
- statines, comme l’atorvastatine ou le rosuvastatine pour réduire le cholestérol,
- agents vasoactifs, comme le cilostazol pour augmenter le flux sanguin.
L’angioplastie, une procédure permettant d’ouvrir les vaisseaux sanguins rétrécis, peut également être recommandée. La pose d’un petit tube métallique, appelé stent, est réalisée dans les artères touchées pour les maintenir ouvertes.
L’ischémie critique des membres peut nécessiter une chirurgie de pontage pour corriger le flux sanguin. Sans amélioration de la circulation, la mort des tissus pourrait survenir. Malheureusement, il n’y a pas de remède une fois que le tissu est mort. Si les blessures s’infectent ou s’il est impossible d’améliorer le flux sanguin, une amputation peut être nécessaire.
Moins de 5 % des personnes atteintes d’AOMI subiront une amputation majeure du membre (au niveau ou au-dessus de la cheville) après cinq ans. Cependant, environ 30 % à 50 % des personnes atteintes d’ischémie critique qui n’ont pas été revascularisées (rétablissement du flux sanguin) dans l’année peuvent nécessiter ce type d’amputation.
Comment gérer son mode de vie si on est atteint d’AOMI ?
Ne pas fumer, ou arrêter de fumer, est crucial, car la majorité des personnes atteintes d’AOMI ( 80 %) fumaient auparavant ou fument encore.
Le tabagisme augmente le risque de crises cardiaques ou d’aggravation de l’AOMI. L’arrêt du tabac peut aider à réduire les symptômes de claudication.
L’exercice peutsoulager les symptômes de claudication en augmentant le flux sanguin vers les membres et en préservant la masse musculaire. Il peut être utile de travailler avec un kinésithérapeute pour élaborer des programmes d’exercices structurés,
Quelle prévention contre l’AOMI adopter ?
Un rééquilibrage alimentaire et de l’activité physique sont conseillés en prévention.
Le médecin peut recommander contre l’hypercholestérolémie, l’AOMI ou son aggravation, de :
- manger des aliments riches en fibres ou faibles en graisses saturées, en sel et en sucres ajoutés (céréales complètes, fruits, légumes et viandes maigres),
- maintenir un poids santé,
- faire de l’exercice régulièrement,
- ne pas fumer.
Si un médecin diagnostique une AOMI, il faut assurer des visites de suivi régulières. Il n’existe aucun remède définitif et les changements de mode de vie et le traitement peuvent aider à prévenir l’aggravation de maladie. La crise cardiaque et l’AVC sont des complications potentielles majeures, ce qui justifie de prendre des mesures préventives.
Quand consulter un médecin en cas d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs ?
Une douleur dans les jambes lors de la marche ou d’autres symptômes d’AOMI, justifient un rendez-vous médical immédiat pour un diagnostic.
Certains cas d’AOMI peuvent être asymptomatiques, il est donc nécessaire de pratiquer des bilans médicaux annuels réguliers, incluant des tests de pression artérielle et de cholestérol. Informer son médecin en cas de risque de :
- diabète, la douleur au pied pouvant en être le symptôme,
- hypertension artérielle,
- cholestérol élevé,
- antécédents de tabagisme,
- âge avancé.
Sources :
Centers for Disease Control and Prevention : artériopathie oblitérante des membres inférieurs
BMJ Journal : artériopathie oblitérante des membres inférieurs
American Heart Association : artériopathie oblitérante des membres inférieurs
JAAC : gestion de l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs
NIH : différences entre les blessures aux membres inférieurs (artérielles, veineuses et neuropathiques)
Medline Plus : angiosplastie et pose de stent
Springer Nature : exercices thérapeutiques pour la claudication
UpToDate : éducation des patients (cholestérol élevé et options de gestion des lipides)
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.
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