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Anxiété de vieillir : le coût caché pour la santé

Une nouvelle étude suggère que s’inquiéter de vieillir pourrait être associée à un vieillissement biologique plus rapide.

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Des chercheurs ont découvert que l’anxiété de vieillir, et particulièrement les préoccupations de santé, était liée à des signes de vieillissement accéléré. Au lieu de tenter d’éliminer ces inquiétudes, les spécialistes affirment qu’il serait plus utile de se concentrer sur la gestion de l’anxiété. S’inquiéter de vieillir ne rajeunit pas, et cela pourrait produire l’effet inverse.

Les femmes anxieuses de prendre de l’âge pourraient en réalité avoir un vieillissement biologique plus rapide que celles qui sont plus sereines, d’après l’étude publiée dans la revue Psychoneuroendocrinology.

L’autrice Mariana Rodrigues, doctorante à la School of Global Public Health de l’Université de New York, a déclaré que cette recherche était la première à examiner les effets biologiques de l’anxiété liée au vieillissement. Elle est fermement convaincue que, ni la santé mentale, ni la santé physique, ne doivent être examinées isolément et ces résultats suggèrent qu’elles sont effectivement liées.

Qu’ont découvert les chercheurs sur l’anxiété de vieillir ?

Le stress lié à l’anxiété de vieillir agit sur l’inflammation, le métabolisme et la santé cellulaire.

Les chercheurs ont analysé les données de 726 femmes américaines, âgées de 25 à 74 ans, ayant participé à l’étude “Midlife in the United States”. Dans le cadre de cette recherche, celles-ci ont répondu à des questions sur leur santé et leur mode de vie. Elles ont évalué leur niveau d’anxiété à propos des changements liés à l’âge au plan de la santé, de l’apparence physique et de la capacité à avoir des enfants.

Les femmes ont également fourni des échantillons de sang pour permettre aux chercheurs d’observer des marqueurs de leur santé physique : les changements chimiques sur l’ADN accumulés avec l’âge qui se reflètent dans la manière dont le corps vieillit biologiquement, a expliqué Mariana Rodrigues.

L’examen de l’ensemble des données a révélé que les femmes ayant déclaré une plus grande anxiété face au vieillissement, notamment des inquiétudes pour leur santé, étaient plus susceptibles de montrer des signes de vieillissement biologique accéléré, probablement parce que le stress agit sur l’inflammation, le métabolisme et la santé cellulaire, selon l’autrice de l’étude.

L’anxiété concernant l’apparence et les maternités futures ne semblait pas aussi fortement liée au vieillissement biologique que celle liée à la santé, ont constaté les chercheurs.

L’anxiété peut-elle vraiment faire vieillir plus vite ?

Il est « très plausible » de penser que le stress et le vieillissement sont liés, a déclaré Michael Snyder, professeur de génétique à la faculté de médecine de l’Université de Stanford.

Ce professeur étudie le vieillissement mais n’a pas participé à cette nouvelle recherche. D’autres travaux ont également mis en évidence ce lien. Tout ce qui favorise l’inflammation accélère le vieillissement et le stress est associé à l’inflammation.

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Ellen Lee, psychiatre gériatrique à l’Université de Californie à San Diego, qui étudie le vieillissement mais n’a pas participé à l’étude, estime qu’il existe une connexion corps-esprit et que les santés mentale et physique sont certainement plus liées qu’on ne le pense. La recherche a montré que la maladie physique peut augmenter le risque de dépression et vice versa, par exemple.

Cependant, Mariana Rodrigues a souligné que son étude ne peut pas prouver de manière définitive que s’inquiéter pour sa santé future et son vieillissement fera vieillir plus vite. L’étude n’a pas été conçue pour suivre les changements dans la durée, mais seulement pour rechercher des liens entre l’anxiété et la mesure de l’âge biologique. C’est déjà un concept novateur. Les chercheurs travaillent encore sur le meilleur moyen de mesurer l’âge biologique et ce qu’il convient de faire de cette information, a déclaré Michael Snyder, qui a cofondé une entreprise dans ce domaine.

De plus, des facteurs externes semblaient influencer la relation entre l’anxiété et le vieillissement. Lorsque les chercheurs ont également pris en compte les effets de l’état de santé et d’habitudes de vie nocives, comme le tabagisme et la consommation d’alcool, l’anxiété liée au vieillissement est apparue moins significative.

Selon Ellen Lee, les personnes présentant des facteurs de risque de santé pourraient vieillir plus vite et s’inquiéter davantage de leur bien-être futur,  mais cela ne signifie pas que l’inquiétude est le moteur du processus de vieillissement.

Comment arrêter de s’inquiéter du vieillissement ?

Mettre un coup d’arrêt à l’anxiété n’est probablement pas un objectif réaliste, en revanche il est important de trouver des moyens de gérer le stress causé par l’inquiétude.

Une personne déjà anxieuse à l’idée de vieillir ne trouvera aucun soulagement dans cette étude mais cela ne doit pas la pousser pour autant “à s’inquiéter de s’inquiéter”, reconnaît Martina Rodriguez.

Elle suggère d’adopter un état d’esprit positif (ce qui n’est pas facile) mais aussi d’apprendre à gérer le stress provoqué par l’inquiétude : passer du temps avec ses proches, pratiquer la pleine conscience, s’adonner à un loisir, par exemple.

D’un point de vue évolutif, l’anxiété est censée amener à faire quelque chose de bon pour la survie, relève Ellen Lee. C’est pourquoi, il vaut mieux essayer d’utiliser l’anxiété liée au vieillissement comme une motivation pour améliorer son alimentation, bouger plus, augmenter ses liens sociaux dès maintenant, en un mot, pour prendre de bonnes habitudes qui ralentissent l’âge biologique. Ce qui aurait le double effet de gérer le stress tout en se protégeant de l’inquiétude qui en est la cause.

Il est sain de penser aux aspects positifs du vieillissement, comme la sagesse et l’expérience, pour contrer certaines des pensées négatives. Si quelques aspects de la jeunesse manquent trop, chercher comment les adapter au présent.  Par exemple, les genoux ne sont peut-être plus aptes à courir des marathons mais permettent toujours de sortir et d’être actif avec d’autres personnes.

Il est possible de garder une qualité de vie vraiment bonne et riche de sens sans posséder tous les attributs physiques de la jeunesse, résume Ellen Lee.

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Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.

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