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Nausées régulières: les 7 causes les plus courantes

Les nausées correspondent à une sensation de malaise avec envie imminente de vomir. Elles peuvent survenir isolément, à la suite d’un repas trop copieux, d’un trajet mouvementé ou d’un épisode de stress, ou s’inscrire dans le cadre d’une maladie aiguë ou chronique. Occasionnelles, elles inquiètent rarement. Répétées, elles justifient une analyse attentive des facteurs déclenchants afin d’identifier la cause et d’adapter la prise en charge. Ce guide développe, sans ajouter de nouvelles rubriques, les principaux mécanismes en jeu, les situations les plus fréquentes et les gestes qui soulagent.

Qu’est-ce qui peut causer des nausées?

Un symptôme multifactoriel, les nausées ne constituent pas une maladie mais un signal envoyé par l’organisme. Elles impliquent des circuits communs qui relient l’intestin, le système nerveux autonome, l’oreille interne et les centres du vomissement situés dans le tronc cérébral. Les déclencheurs habituels incluent le stress et l’anxiété, les infections virales comme la « grippe intestinale », les troubles digestifs fonctionnels ou inflammatoires, certains médicaments, les variations hormonales et les atteintes du système vestibulaire. Selon le contexte, la même personne peut cumuler plusieurs facteurs. Comprendre cette mosaïque aide à orienter les mesures pratiques, par exemple alléger l’assiette quand le tube digestif est irritable, ou travailler la respiration si l’anxiété domine.

1 Troubles digestifs

Les troubles digestifs sont une cause majeure de nausées, car ils perturbent l’acidité gastrique, la motricité de l’estomac et la sensibilité des nerfs viscéraux. Les tableaux les plus courants sont les suivants.

  • Gastrite : l’inflammation de la muqueuse de l’estomac, souvent liée à Helicobacter pylori ou à l’usage d’anti inflammatoires, provoque brûlures, indigestion et nausées au réveil ou après les repas. Le traitement associe éradication bactérienne lorsqu’indiquée, réduction des irritants et protection de la muqueuse.
  • Gastroparésie : l’estomac se vide lentement, avec sensation de lourdeur précoce, ballonnements, éructations et nausées. Elle complique parfois le diabète ou certaines atteintes nerveuses. Fractionner l’alimentation, privilégier les textures souples et ajuster les traitements améliore nettement le confort.
  • Reflux gastro œsophagien : la remontée acide entraîne brûlures, goût amer, toux nocturne et nausées. Surélever la tête du lit, éviter les repas tardifs, réduire les boissons très caféinées et, si besoin, recourir à un traitement anti sécrétoire constituent le socle des mesures.
  • Syndrome de l’intestin irritable : la sensibilité du tube digestif augmente, avec douleurs abdominales, diarrhée, constipation ou alternance des deux, et nausées fluctuantes. La gestion passe par une alimentation adaptée, l’activité physique et la réduction du stress qui exacerbe la motricité intestinale.
  • Maladie cœliaque : la réaction au gluten touche la muqueuse intestinale, provoquant douleurs, ballonnements, diarrhée et nausées après les repas. L’éviction stricte du gluten permet souvent une amélioration rapide des symptômes.
  • Affections biliaires : les calculs vésiculaires déclenchent des douleurs sous costales droites irradiant parfois vers l’épaule, accompagnées de nausées et vomissements.
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  • Pancréatite : la douleur épigastrique intense associée à des nausées persistantes impose une prise en charge médicale urgente.

Des signes associés orientent vers l’origine digestive : ballonnements, gaz, brûlures, modifications du transit, intolérances alimentaires, perte d’appétit. Le traitement repose sur des médicaments ciblés, des ajustements alimentaires, une bonne hydratation et, à l’occasion, des examens complémentaires pour préciser le diagnostic.

2 Problèmes de santé mentale, stress et panique

La santé mentale et la digestion sont intimement liées par l’axe intestin cerveau. Le stress aigu active le système nerveux autonome et ralentit la vidange gastrique, ce qui favorise les nausées. L’anxiété chronique entretient une hypervigilance aux sensations corporelles et peut amplifier de petits inconforts. Palpitations, respiration courte, sensations de gorge serrée, sueurs, vertiges s’y associent volontiers.

Crises de panique et malaise vagal peuvent entraîner nausées, étourdissements et, parfois, brève perte de connaissance appelée syncope vasovagale. Les techniques de respiration diaphragmatique, la cohérence cardiaque, les exercices de mise à distance des pensées anxieuses et l’activité physique régulière réduisent la fréquence et l’intensité des épisodes. Lorsque l’anxiété interfère avec la vie quotidienne, un accompagnement psychothérapeutique et, si nécessaire, un traitement adapté améliorent durablement les symptômes.

3 Affections de l’oreille interne

Le système vestibulaire, situé dans l’oreille interne, informe le cerveau de la position et des accélérations du corps. En cas de conflit entre les informations visuelles et vestibulaires, le cerveau déclenche vertiges et nausées, mécanisme au cœur du mal des transports. Certaines pathologies vestibulaires produisent le même effet.

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Les conditions qui peuvent en être à l’origine comprennent :

  • Mal des transports : fréquent lors des trajets en voiture, avion ou bateau, il se manifeste par pâleur, hypersalivation, fatigue et nausées. Fixer un point stable, aérer, s’asseoir au centre des mouvements et éviter la lecture aident à prévenir les symptômes.
  • Labyrinthite : infection de l’oreille interne survenant souvent après un rhume, avec vertiges intenses, acouphènes et nausées. Le repos et le traitement de la cause permettent une résolution progressive.
  • Névrite vestibulaire : inflammation du nerf de l’équilibre avec vertige prolongé et instabilité majeure. Une rééducation vestibulaire aide le cerveau à compenser la défaillance du signal.
  • Maladie de Ménière : crises soudaines de vertiges, baisse auditive fluctuante et bourdonnements, souvent accompagnées de nausées. La prise en charge se personnalise selon la fréquence et la sévérité des accès.

Le traitement dépend du diagnostic : antivertigineux de courte durée, rééducation spécifique, conseils d’hygiène de vie et, plus rarement, gestes spécialisés.

4 Changements hormonaux

Les variations hormonales modifient la sensibilité et la motricité digestives. Les fluctuations des œstrogènes et de la progestérone, la modification de l’hormone chorionique et certains traitements hormonaux peuvent déclencher nausées et inconfort. Les troubles endocriniens, en particulier thyroïdiens et surrénaliens, altèrent également l’équilibre métabolique et favorisent ce symptôme.

Grossesse

Les nausées de grossesse concernent une large majorité de femmes, souvent au premier trimestre, à n’importe quel moment de la journée. Elles peuvent être déclenchées par des odeurs, la fatigue ou la faim et s’atténuent le plus souvent après la quatorzième semaine. Fractionner les repas, privilégier des aliments légèrement salés ou secs au lever, boire à petites gorgées et se reposer atténuent l’inconfort. Un avis médical s’impose si les vomissements deviennent très fréquents, avec perte de poids ou signes de déshydratation, situation appelée hyperémèse gravidique.

5 Troubles thyroïdiens

La thyroïde régule le métabolisme. Un excès d’hormones, hyperthyroïdie, entraîne nervosité, perte de poids, intolérance à la chaleur, tremblements et accélération du transit avec nausées. Un déficit, hypothyroïdie, favorise fatigue, frilosité, constipation et inconfort digestif. Devant des nausées inexpliquées associées à ces signes, un bilan simple oriente vers le traitement adapté qui corrige le terrain et améliore les symptômes digestifs.

6 Affections neurologiques

Le système nerveux central orchestre la sensation de nausée via des réseaux qui intègrent les informations vestibulaires et viscérales. La migraine représente la cause neurologique la plus fréquente. Les crises s’accompagnent volontiers de nausées, de vomissements, d’une sensibilité au bruit et à la lumière, parfois d’une aura visuelle ou sensorielle. L’identification des facteurs déclenchants, la régularité du sommeil et de l’alimentation, et les traitements de crise ou de fond réduisent l’impact des épisodes. D’autres affections plus rares, inflammatoires ou infectieuses, peuvent également se manifester par des nausées, en particulier lorsqu’elles s’accompagnent de céphalées inhabituelles ou d’une raideur de nuque, ce qui impose une évaluation médicale rapide.

7 Effet secondaire des médicaments

De nombreux traitements modifient les médiateurs chimiques du cerveau et de l’intestin. Les antibiotiques perturbent l’équilibre du microbiote et peuvent induire des nausées transitoires. Les antidépresseurs, via la sérotonine, exposent parfois à un inconfort initial qui s’atténue en quelques jours. Les antalgiques comme l’aspirine ou l’ibuprofène irritent la muqueuse gastrique s’ils sont pris à jeun. Le fer en supplément provoque nausées, lourdeurs et constipation chez certains patients. Les opioïdes ralentissent fortement la motricité digestive. Les protocoles de chimiothérapie sont connus pour déclencher des nausées intenses, justifiant des protocoles antiémétiques précis.

Des stratégies simples limitent ces effets : prise au cours d’un repas lorsque c’est compatible avec le médicament, hydratation régulière, ajustement de l’horaire, formulation alternative en cas d’intolérance, et recours aux antiémétiques sur avis médical. Il est recommandé de ne pas interrompre un traitement sans concertation afin d’éviter une perte d’efficacité ou des rebonds de symptômes.

Comment soulager les nausées

Le soulagement passe d’abord par des gestes concrets. S’aérer, desserrer les vêtements, s’asseoir ou s’allonger la tête légèrement surélevée, respirer lentement par le ventre diminuent l’inconfort. Fractionner l’alimentation en petites prises régulières, préférer des textures simples et tièdes, éviter les plats gras, très épicés ou fortement odorants, réduit la stimulation gastrique. Boire à petites gorgées de l’eau fraîche, une infusion au gingembre ou à la menthe poivrée aide certaines personnes. En cas de mal des transports, choisir une place stable, fixer l’horizon, éviter la lecture et s’exposer à l’air frais sont des réflexes efficaces.

La gestion du stress complète l’approche, en particulier quand l’anxiété entretient les symptômes. Des techniques de respiration régulière, la relaxation, la marche quotidienne et un sommeil suffisant soutiennent l’équilibre neurovégétatif. Lorsque la cause est identifiée, un traitement ciblé apporte un bénéfice supplémentaire : protecteurs gastriques dans la gastrite, prokinétiques en cas de lenteur de vidange, correction des carences, adaptation des traitements en cause. Les antiémétiques ont leur place, mais ils ne doivent pas faire oublier l’évaluation du facteur déclenchant.

Quand parler à un médecin

Consultez rapidement si les nausées deviennent fréquentes, si elles se prolongent sans explication claire, ou si elles s’associent à des signaux d’alerte : perte de poids involontaire, douleurs abdominales intenses, vomissements incoercibles, signes de déshydratation, fièvre élevée, céphalée brutale avec raideur de nuque, sang dans les vomissements ou selles noires. Une douleur thoracique avec oppression, essoufflement, irradiation vers le bras, le dos, le cou ou la mâchoire, accompagnée de sueurs froides, impose une prise en charge urgente, car les nausées peuvent faire partie d’un tableau cardiaque, notamment chez la femme. Après un traumatisme crânien, l’apparition de vomissements s’accompagne parfois d’autres signes nécessitant une évaluation immédiate. Chez la femme enceinte, des vomissements répétés avec incapacité à s’alimenter exigent un avis médical pour prévenir la déshydratation et les carences.

Sources

Collantes, M. E. V., et al. (2021). Neurological manifestations in COVID-19 infection, A systematic review and meta-analysis. Diarrhea and vomiting. (2020). Evans, T. H., et al. (2012). Chronic vestibular dysfunction as an unappreciated cause of chronic nausea and vomiting. Feeling sick, nausea. (2018). Jeanmonod. R., et al. (2020). Vasovagal episode. Morning sickness, Nausea and vomiting of pregnancy. (2020). Singh, P., et al. (2016). Nausea, A review of pathophysiology and therapeutics.

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