Une carence en ces minéraux liée au déclin cognitif selon cette étude

Auteur: François Lehn

Publié le:

Une carence en ces minéraux liée au déclin cognitif selon cette étude
Chez des adultes âgés hospitalisés, de faibles taux de calcium et de magnésium ont été associés à de moins bons résultats cognitifs. Le lien avec le déclin cognitif était plus net lorsque le magnésium était bas.

Un oubli répété, une attention qui flanche, une fatigue inhabituelle : chez les personnes âgées, ces signes ont souvent plusieurs explications. Une étude publiée en 2024 dans Nutrients relance la question d’une possible carence en minéraux et déclin cognitif.

Les résultats méritent une lecture calme. Ils montrent une association entre certains taux sanguins et les performances aux tests, pas la preuve qu’une carence provoque directement des troubles de mémoire.

Carence en minéraux et déclin cognitif : ce que montre l’étude

Des chercheurs de l’Université médicale de Łódź, en Pologne, ont étudié 1 220 adultes hospitalisés, tous âgés de 60 ans ou plus. Ils ont mesuré le calcium et le magnésium dans le sang, puis comparé ces données à deux évaluations cognitives.

Les participants étaient répartis en quatre groupes : taux normaux des deux minéraux, magnésium bas seul, calcium bas seul, ou déficit associé. Les résultats détaillés publiés dans Nutrients permettent de distinguer ces situations, plutôt que de parler d’une carence de manière générale.

Le manque de magnésium semble jouer un rôle important

Les scores cognitifs les plus faibles concernaient les personnes ayant à la fois un calcium et un magnésium bas. Celles dont le magnésium était faible, malgré un calcium normal, obtenaient aussi de moins bons résultats que le groupe sans déficit.

À l’inverse, un calcium bas isolé n’était pas lié à une baisse aussi marquée. Cela attire l’attention sur le magnésium, sans en faire le responsable certain du déclin cognitif.

L’âge, l’indice de masse corporelle et l’insuffisance cardiaque comptent aussi

L’âge, l’indice de masse corporelle et l’insuffisance cardiaque étaient également associés à des scores plus faibles. Ces facteurs pèsent sur la santé générale, l’alimentation et la capacité à récupérer après une maladie.

Chez une personne hospitalisée, les analyses sanguines reflètent parfois un état aigu. Elles peuvent aussi traduire une dénutrition, une infection ou un traitement en cours.

Calcium et magnésium : pourquoi ces minéraux sont essentiels au cerveau et au corps

Le calcium ne concerne pas seulement les os. Il intervient dans la contraction musculaire, la transmission nerveuse, la circulation dans les vaisseaux et la libération de certaines hormones.

Le magnésium participe lui aussi au travail des nerfs et des muscles. Il aide à réguler la glycémie et la pression artérielle, contribue à la solidité osseuse et à la fabrication de l’ADN.

Les apports recommandés varient selon l’âge et le sexe

Pour les adultes, les repères habituels se situent autour de 310 à 420 mg de magnésium quotidien et de 1 000 à 1 300 mg de calcium. Ces valeurs changent selon le sexe, l’âge, la grossesse, l’allaitement et certaines maladies.

Elles ne remplacent pas un avis individuel. Une personne atteinte de maladie rénale ou traitée pour une affection chronique peut avoir des besoins et des limites différents.

Une alimentation variée couvre souvent les besoins

Les haricots, les lentilles, les noix, les graines de chia et les céréales complètes apportent du magnésium. Le lait, les yaourts, le fromage, le chou kale, le brocoli et le bok choy sont des sources courantes de calcium.

Une alimentation composée d’aliments peu transformés apporte souvent davantage de minéraux qu’un régime dominé par les produits industriels. Le sujet n’est pas de viser une dose maximale, mais un apport régulier et adapté.

Ce que l’étude ne permet pas encore d’affirmer sur la mémoire

Une association statistique ne décrit pas une cause. L’étude polonaise a observé des personnes à un moment donné de leur hospitalisation. Elle ne démontre donc pas qu’un complément de calcium ou de magnésium améliore les résultats cognitifs.

Le résumé scientifique référencé dans PubMed précise d’ailleurs qu’il s’agit d’un travail observationnel. Les analyses ne prenaient pas entièrement en compte le diabète, la fonction rénale, les médicaments reçus ou la maladie ayant conduit à l’hôpital.

Une carence peut être un signe de maladie plutôt que sa cause

Les reins jouent un rôle important dans l’équilibre du calcium et du magnésium. Une maladie chronique, une dénutrition, des troubles digestifs ou certains traitements peuvent modifier les concentrations sanguines.

La faiblesse du taux observé peut alors être un indicateur de l’état de santé global. Un résultat isolé ne se lit jamais sans le dossier médical, les symptômes et les autres analyses.

Les recherches précédentes appellent à rechercher le bon équilibre

D’autres travaux ont relevé un lien entre le magnésium et la santé cognitive. Toutefois, des taux trop bas comme trop élevés peuvent s’accompagner de moins bonnes performances.

Pour le magnésium, l’objectif médical n’est pas d’en prendre davantage, mais de retrouver un niveau adapté à la situation de chacun.

La prévention du déclin cognitif ne tient donc pas dans une gélule. Elle repose sur un équilibre alimentaire et médical plus large.

Comment vérifier une carence sans prendre de risques inutiles

Une fatigue persistante, des crampes, une faiblesse musculaire, des difficultés alimentaires ou des troubles de mémoire justifient une discussion avec un médecin. Ces symptômes ont de nombreuses causes possibles et ne doivent pas être attribués d’emblée aux minéraux.

Un bilan sanguin peut être utile lorsqu’il répond à une question médicale précise. Il permet d’interpréter le calcium et le magnésium avec les autres données de santé.

Les compléments de calcium et de magnésium ne conviennent pas à tout le monde

Une alimentation suffisante ne demande pas toujours de complément. Pris sans indication, ces produits peuvent interagir avec certains médicaments ou poser problème en cas de maladie rénale.

Les antibiotiques, les traitements de la thyroïde et certains médicaments contre l’ostéoporose nécessitent parfois un espacement des prises. La lecture clinique des résultats de l’étude rappelle l’importance de ne pas transformer une association en ordonnance.

Les meilleurs gestes restent simples au quotidien

Manger varié, bouger selon ses capacités, surveiller la tension et la santé cardiovasculaire reste une base solide. Le sommeil, l’exercice, les liens sociaux et le suivi des maladies chroniques comptent aussi pour le cerveau.

La carence en minéraux et déclin cognitif s’inscrit dans cet ensemble. Aucun facteur isolé ne résume à lui seul la santé de la mémoire.

À retenir pour la prévention

Chez des adultes âgés hospitalisés, de faibles taux de calcium et de magnésium ont été associés à de moins bons résultats cognitifs. Le lien avec le déclin cognitif était plus net lorsque le magnésium était bas.

Cette étude ne prouve pas qu’une supplémentation prévient le déclin cognitif. Une alimentation diversifiée reste le premier réflexe, avec un avis médical avant tout complément.

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