Bienfaits des loisirs de grand-mère : des effets positifs sur la santé

Auteur: Aline Legrand

Publié le:

Bienfaits des loisirs de grand-mère : des effets positifs sur la santé
Les loisirs lents, comme le tricot, la tapisserie à l'aiguille et le jardinage, sont redevenus populaires pour les jeunes générations qui cherchent à déconnecter.

Ces passe-temps ne sont pas seulement agréables : ils ont également des bénéfices prouvés pour la santé, selon la recherche. Les bienfaits des « loisirs de grand-mère »  sont le soutien à la cognition, au bien-être psychologique, au vieillissement en bonne santé.

De nos jours, les activités manuelles et traditionnelles comme le tricot, le crochet, le jardinage et le quilting semblent avoir de nouveau la cote auprès des jeunes adultes. Sur TikTok, de nombreuses personnes présentent leurs nouveaux « passe-temps de grand-mère » comme on les appelle souvent. L’attrait semble résider dans le ralentissement et l’apaisement dans un monde où les algorithmes étouffent les goûts personnels et où les notifications poussent le système nerveux à bout.

S’agit-il d’un vaste effet placebo collectif ou ces loisirs font-ils vraiment quelque chose pour la santé ?

Quels sont les bienfaits des loisirs de grand-mère pour la santé ?

La recherche a associé des activités en apparence basiques à des avantages considérables pour le corps et l’esprit : capacités cognitives, amélioration de l’humeur et vieillissement en meilleure santé.

Selon Susan Magsamen, directrice exécutive de l’International Arts + Mind Lab, Center for Applied Neuroaesthetics à la Johns Hopkins University School of Medicine, les loisirs artistiques, l’artisanat, le jardinage sont vraiment bénéfiques.

Clarté de pensée et cognition

Les loisirs lents et méditatifs peuvent soutenir, parmi d’autres approches, l’amélioration de la mémoire et l’apprentissage, incluant la capacité à repérer des motifs, à se souvenir des étapes et à maîtriser de nouvelles techniques.

Apparemment, même dessiner des gribouillis peut avoir un effet. Les personnes qui en font reçoivent l’information, la retiennent et la récupèrent également beaucoup mieux, explique Susan Magsamen.

La recherche a également montré un lien entre le jardinage et un meilleur fonctionnement cognitif dans l’avancée en âge. Une étude de 2024 comparant les scores de tests cognitifs de participants aux âges de 11, 79, 87 et 90 ans a révélé que les personnes plus âgées qui jardinaient, en particulier fréquemment, présentaient des niveaux de capacité cognitive plus élevés à 79 ans, notamment lors de tests de raisonnement et de capacité mentale générale. Le jardinage peut être très engageant au niveau cognitif, relève l’auteure de l’étude, Janie Corley, chercheuse au département de psychologie de l’Université d’Édimbourg. Il implique de la planification, de la résolution de problèmes, l’apprentissage sur les plantes, la mémorisation des tâches saisonnières et l’adaptation à des conditions changeantes. Ces aspects mentalement stimulants peuvent aider à soutenir ce que certains chercheurs appellent la “résilience cognitive”.

Les résultats ont persisté même après la prise en compte par les chercheurs des facteurs d’éducation, de statut socio-économique, de santé cardiovasculaire, de tabagisme et d’activité physique globale. En même temps, il est important de ne pas sur-interpréter les résultats observationnels. L’étude est très solide puisqu’elle suit les personnes de l’enfance jusqu’à un âge avancé et s’ajuste pour de nombreux facteurs importants mais elle ne peut pas prouver que le jardinage cause une meilleure fonction cognitive, rappelle-t-elle.  

Amélioration de l’humeur

La recherche suggère que les activités créatives activent les réseaux de récompense du cerveau et libèrent des neurotransmetteurs comme la dopamine et la sérotonine, améliorant l’humeur et favorisant le bien-être émotionnel.

Mais les activités manuelles ont quelque chose de spécial. Le bout des doigts possède des milliers de récepteurs tactiles. Selon Susan Magsamen, le travail manuel aide à libérer de l’ocytocine apaisante, communément appelée hormone de « l’amour », qui peut aider à réguler le système nerveux.

Les activités qui impliquent de la répétition et du rythme, comme le tissage ou le tricot, vont encore plus loin, en réduisant l’activité du système limbique, qui régule la réponse de fuite ou de lutte. Selon Susan Magsamen, cela peut favoriser le calme et diminuer le cortisol, l’hormone du stress. S’adonner à l’artisanat ou au jardinage en groupe, procure également des bienfaits sociaux. L’isolement peut en effet causer de réels problèmes de santé physique et mentale, et ces activités sont également très utiles pour réduire le sentiment de solitude.

Vieillissement en meilleure santé

La recherche a commencé à associer des activités de type tricot, tapisserie à l’aiguille et jardinage à des bienfaits liés au vieillissement : meilleur apprentissage des aptitudes motrices, de la mobilité et de la coordination.

Ces activités ne se transfèrent pas uniquement à la cuisine, au ménage ou à d’autres compétences motrices fines, explique Susan Magsamen. Elles développent une meilleure neuroplasticité et créent des connexions neuronales plus solides, utilisées dans bien d’autres domaines.

Selon Janie Corley, la recherche suggère que le jardinage peut soutenir de multiples aspects d’un vieillissement en bonne santé au-delà de la cognition : bien-être psychologique, satisfaction de vivre et santé cardiométabolique. Il a même été associé à un risque de mortalité plus faible chez les personnes âgées.

Les activités de jardinage courantes (creuser, planter, désherber et arroser) procurent également une activité physique d’intensité faible à modérée, ce qui peut aider à maintenir la force, la mobilité et l’aptitude fonctionnelle au fur et à mesure du vieillissement.

Comment se lancer dans ces loisirs lents ?

Sans savoir par où et comment s’y prendre, toute tentative sera utile, même seulement 15 minutes de tricot.

Certains stimuli peuvent atteindre les circuits cérébraux en quelques millisecondes. D’autres choses prennent plus de temps, mais la musique ou tout ce qui stimule l’odorat ont des effets immédiats, en raison de la façon dont ils pénètrent dans le cerveau,

Nous ne sommes pas tous câblés de manière identique, c’est pourquoi Susan Magsamen recommande de suivre ses instincts. Chanter sous la douche (pour certaines personnes, un rituel matinal euphorisant), jardiner, cuisiner et écrire de la poésie (oui, même mauvaise) sont de bonnes options.

Elle dit toujours de revenir à l’époque de l’enfance et de se rappeler ce que l’on aimait faire pour trouver une voie d’accès ni effrayante ni écrasante. Le « parfait » ne doit pas devenir l’ennemi du « bien ». Arrêter de s’inquiéter, prendre une pelote de fil, un kit de couture ou une truelle de jardinage, et découvrir ce que l’on peut en faire.

Vous avez aimé cet article ?


PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.