Ce régime alimentaire confirme moins de risques cardiaques chez les femmes après la ménopause

Auteur: François Lehn

Publié le:

Ce régime alimentaire confirme moins de risques cardiaques chez les femmes après la ménopause
Chez les femmes âgées, la Planetary Health Diet est associée à moins de maladies cardiovasculaires, y compris lorsque l'adhésion reste modérée

Après la ménopause, le risque de maladie cardiovasculaire augmente et l’alimentation prend une place plus visible dans la prévention. Une vaste étude américaine associe la Planetary Health Diet à un risque cardiovasculaire plus faible chez les femmes âgées.

Le résultat ne prouve pas qu’un menu, à lui seul, protège le cœur. Il dessine toutefois une piste solide, fondée sur vingt années de suivi et sur des habitudes alimentaires réalistes.

La Planetary Health Diet réduit le risque cardiovasculaire chez les femmes âgées

Les chercheurs ont suivi 66 892 participantes de la Women’s Health Initiative, âgées d’environ 63 ans au début de l’étude. Toutes étaient indemnes de maladie cardiovasculaire lors de leur inclusion, entre 1994 et 1998.

Pendant près de vingt ans, les scientifiques ont comparé leur alimentation et la survenue de maladies du cœur. Les femmes dont les repas se rapprochaient le plus de la Planetary Health Diet présentaient environ 28 % de risque cardiovasculaire en moins que celles qui s’en éloignaient le plus.

Les données sont détaillées dans l’étude consacrée à la Planetary Health Diet Index. Même une adhésion intermédiaire était liée à un risque plus faible. La perfection n’est donc pas la condition d’un possible bénéfice.

Les chercheurs n’ont pas regroupé tous les diagnostics dans une seule catégorie. Ils ont examiné séparément les maladies cardiovasculaires globales, la maladie coronarienne, l’accident vasculaire cérébral et l’insuffisance cardiaque.

Le même sens d’association apparaît dans ces différents résultats. Les femmes les plus proches du modèle alimentaire avaient moins d’événements cardiaques, moins d’AVC et moins d’insuffisance cardiaque.

Une hausse de dix points du score d’adhésion était aussi associée à une réduction supplémentaire du risque. Ce score reposait sur un questionnaire alimentaire rempli au début de l’étude. Il mesure une tendance alimentaire, pas la qualité parfaite de chaque repas.

Les résultats suggèrent qu’une alimentation mieux orientée vers les végétaux peut compter, même lorsqu’elle reste imparfaite.

Que contient réellement la Planetary Health Diet ?

La Planetary Health Diet n’est pas un régime temporaire ni une règle punitive. C’est un cadre alimentaire qui donne la priorité aux fruits, aux légumes, aux céréales complètes, aux légumineuses, aux noix et aux graisses insaturées.

À l’inverse, elle réduit la place de la viande rouge, des charcuteries, des sucres ajoutés, des céréales raffinées et des graisses saturées. L’objectif n’est pas d’interdire, mais de modifier l’équilibre général de l’assiette.

La Women’s Health Initiative est une grande étude nationale américaine sur la santé des femmes après la ménopause. Son programme de recherche sur les femmes a aussi évalué, au fil des années, les effets de l’alimentation et d’autres facteurs sur les maladies chroniques.

Un modèle favorable au cœur et à la santé de la planète

Le nom du modèle évoque aussi l’environnement. Il cherche à concilier la prévention des maladies chroniques avec une alimentation moins dépendante des produits animaux les plus gourmands en ressources.

Sur le plan cardiovasculaire, son intérêt tient surtout à la qualité des aliments. Davantage de fibres, moins de produits ultra-transformés et un meilleur choix de matières grasses peuvent agir sur plusieurs facteurs de risque.

Il ne faut pas lui prêter des effets automatiques. Une assiette végétale peut aussi être riche en sel, en sucre ou en produits raffinés. La qualité des choix reste le point central.

Pourquoi cette alimentation pourrait-elle réduire le risque cardiaque ?

Les mécanismes sont plausibles et connus. Les fibres des légumes, des fruits, des haricots et des céréales complètes aident à mieux réguler le cholestérol et la glycémie. Elles favorisent aussi la satiété, ce qui peut aider à maintenir un poids stable.

Les graisses insaturées, présentes dans l’huile d’olive, les noix ou l’avocat, remplacent certaines graisses saturées. Ce remplacement compte davantage que l’ajout isolé d’un aliment réputé sain.

Une alimentation riche en végétaux peut également soutenir le contrôle de la tension artérielle et limiter certains processus inflammatoires. Des résultats antérieurs observés chez des infirmières américaines vont dans le même sens, selon une étude publiée dans The Lancet Planetary Health.

Les limites à garder en tête avant de tirer des conclusions

Cette étude est observationnelle. Elle établit une association entre la Planetary Health Diet et un risque plus faible, mais elle ne démontre pas que ce modèle alimentaire est la cause directe de cette baisse.

Les analyses ont tenu compte de l’âge, de l’origine, du niveau d’études, des revenus, du tabac, de l’alcool, de l’activité physique, de l’indice de masse corporelle et des calories consommées. Malgré ces ajustements, d’autres différences entre participantes peuvent peser sur les résultats.

C’est une prudence importante. Les personnes qui mangent plus de végétaux peuvent aussi avoir un meilleur accès aux soins ou d’autres habitudes protectrices.

Adopter ce modèle sans bouleverser ses habitudes

Pour une femme après la ménopause, l’approche la plus utile reste progressive. Remplir plus souvent la moitié de l’assiette avec des légumes change déjà la composition d’un repas courant.

Au petit-déjeuner, des flocons d’avoine ou une céréale complète peuvent remplacer un produit raffiné. À table, l’huile d’olive ou l’avocat peuvent prendre la place du beurre. Un repas sans viande par semaine suffit pour commencer.

Ces ajustements doivent tenir compte des besoins en protéines, en calcium, en vitamine B12 et en fer. En cas de traitement, de diabète, d’insuffisance rénale ou de problème digestif, un échange avec un médecin ou un diététicien est préférable.

À retenir

Chez les femmes après la ménopause, la Planetary Health Diet est associée à moins de maladies cardiovasculaires, y compris lorsque l’adhésion reste modérée. L’étude invite à privilégier des changements durables plutôt qu’une restriction stricte.

Les recherches se poursuivent sur l’évolution de la qualité alimentaire avec l’âge. Pour le cœur, le cap le plus raisonnable reste une assiette plus végétale, plus complète et mieux adaptée à chaque situation médicale.

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