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Perdre du poids peut prévenir plusieurs maladies, ce que montre la recherche sur les risques liés à l’obésité

Cette étude de 2026 relie l’obésité à de nombreuses maladies qui coexistent souvent.

Quand on pense à la perte de poids, on pense souvent à une seule maladie, comme le diabète. Pourtant, beaucoup de problèmes de santé arrivent en « paquets ». Une douleur d’arthrose peut suivre un diabète, puis une atteinte des reins, comme une rangée de dominos.

Une grande étude publiée en 2026 dans Communications Medicine (Nature), menée par l’Université d’Exeter dans le cadre du projet GEMINI, a voulu mettre des chiffres sur cette idée. Les chercheurs ont combiné données de santé et données génétiques pour estimer comment une baisse d’IMC (indice de masse corporelle) pourrait réduire le risque d’avoir deux maladies à la fois.

Ce texte explique les résultats avec des mots simples. Il ne remplace pas un avis médical, surtout si vous avez déjà une maladie chronique.

Ce que l’étude a vraiment mesuré, et pourquoi c’est important

Les médecins parlent de multimorbidité quand une personne vit avec deux maladies chroniques ou plus. Ce n’est pas rare. Au Royaume-Uni, environ neuf millions de personnes seraient dans ce cas, selon les auteurs cités autour de cette recherche. Pour le système de soins, et pour la vie de tous les jours, éviter l’accumulation de maladies est un objectif clair.

Le problème est simple à dire, mais dur à étudier. Les maladies se croisent, se masquent, et partagent parfois des causes. Pour y voir plus net, l’équipe a étudié les maladies deux par deux, comme on compare deux fils d’un même nœud. L’étude a porté sur 71 maladies qui coexistent souvent, en s’appuyant sur de grands jeux de données de plusieurs pays.

Le résultat central est direct: l’obésité semble jouer un rôle causal dans 61 des 71 maladies analysées. Et pour 10 paires de maladies, l’obésité expliquait tout le chevauchement génétique observé entre les deux, ce qui la place comme moteur principal de leur co-apparition.

Pour suivre le raisonnement, il faut comprendre l’IMC. C’est un chiffre basé sur le poids et la taille. En pratique, un IMC au-dessus de 30 sert souvent à définir l’obésité, et en dessous de 25 un poids dit « normal ». Mais l’IMC reste un outil imparfait. Il ne décrit pas la masse grasse, ni sa répartition, ni la forme physique. Il reste utile pour les études de population, un peu comme une règle simple pour mesurer un grand mur, sans voir chaque brique.

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Pourquoi utiliser la génétique change la qualité des conclusions

Beaucoup d’études montrent un lien entre poids élevé et maladie, mais un lien ne prouve pas une cause. La maladie peut aussi faire prendre du poids, par la fatigue, la douleur, ou certains traitements. La génétique aide à trier ces fils.

L’idée est la suivante: certains variants génétiques sont associés à un IMC plus élevé. Comme ces variants sont présents dès la naissance, ils servent d’outil pour tester une direction de cause à effet. Si ces variants liés à l’IMC sont aussi liés à une maladie, cela renforce l’idée que l’excès de masse grasse contribue au risque, plutôt que l’inverse.

Dans cette étude, cette approche donne plus de poids aux conclusions. Elle soutient une lecture prudente mais solide: réduire l’obésité, à l’échelle d’un pays, peut réduire plusieurs maladies à la fois, surtout celles qui se présentent souvent ensemble.

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Combien de perte d’IMC peut faire baisser le risque de deux maladies

Les résultats les plus parlants ne sont pas des pourcentages abstraits, mais des exemples concrets. Les chercheurs ont estimé, au niveau de la population, ce que pourrait changer une baisse d’environ 4,5 points d’IMC chez des personnes en surpoids ou vivant avec une obésité.

Prenons un duo fréquent: maladie rénale chronique et arthrose. Dans l’estimation de l’étude, pour 1 000 personnes qui finissent par avoir ces deux diagnostics, une baisse de 4,5 points d’IMC aurait pu éviter environ 17 cas de double diagnostic. Pour un autre duo, diabète de type 2 et arthrose, l’ordre de grandeur rapporté est d’environ 9 cas évités sur 1 000.

Ces chiffres ne disent pas ce qui va se passer pour une personne donnée. Ils décrivent un effet moyen, à l’échelle d’un groupe. C’est un point clé. Deux personnes peuvent perdre le même poids et voir des effets très différents, selon l’âge, l’activité, les antécédents, ou les traitements.

Mais l’image reste forte: perdre du poids ne ressemble pas à fermer un seul robinet. Cela ressemble plutôt à baisser la pression dans tout un réseau de tuyaux, ce qui réduit le risque de plusieurs fuites.

Des duos de maladies reviennent souvent, et l’obésité en explique certains

L’étude cite des paires qui parlent au grand public, parce qu’on les voit souvent en consultation. Il y a diabète de type 2 et arthrose, un duo où le poids agit à la fois sur le métabolisme et sur la charge des articulations. Il y a aussi maladie rénale chronique et arthrose, qui peut s’installer sur des années, avec douleur, baisse d’activité, puis prise de poids.

D’autres associations existent, comme maladie rénale et BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive). Le message pratique est simple: quand certaines maladies se regroupent, repérer une cause commune aide à fixer des priorités de prévention. Un clinicien peut adapter le conseil, car il sait quelles « combinaisons » sont les plus liées à l’obésité, et lesquelles demandent d’autres pistes.

Les auteurs soulignent aussi un point souvent oublié: certaines paires ne sont pas surtout dues à l’obésité. L’équipe GEMINI cherche donc d’autres causes modifiables, au-delà du poids, et aussi des gènes et voies biologiques qui pourraient guider de futures actions.

Ce que ça change pour vous, et les limites à garder en tête

À l’échelle d’une vie, on ne « traite » pas l’obésité en quelques semaines. La recherche pousse plutôt vers une idée de gestion au long cours, avec des objectifs réalistes et suivis. Une perte modeste, si elle tient dans le temps, peut compter, car elle peut réduire le risque d’ajouter une seconde maladie, puis une troisième.

Il faut aussi garder les limites en tête. L’IMC ne dit pas tout. La santé dépend aussi de l’âge, du tabac, de l’activité physique, du sommeil, du stress, de l’alimentation, et de certains médicaments. Les gènes jouent un rôle, sans tout décider. Et quand une maladie est déjà là, la perte de poids n’efface pas le passé, mais elle peut changer la suite.

Sur le plan collectif, l’étude renforce l’intérêt de politiques de santé qui aident à prévenir l’obésité. Le projet GEMINI s’inscrit dans un effort de recherche large au Royaume-Uni, via un financement public majeur sur la multimorbidité. L’objectif est clair: réduire le nombre de personnes qui voient les diagnostics s’empiler au fil des ans.

Quand demander de l’aide, et comment fixer un objectif réaliste

Certains signes méritent un avis médical, sans attendre. C’est le cas si vous avez un diabète, des douleurs d’articulations qui limitent la marche, un essoufflement inhabituel, une maladie des reins, ou une prise de poids rapide. Si vous avez déjà une maladie chronique, un plan de perte de poids doit tenir compte des traitements et des risques.

Un objectif réaliste ressemble rarement à une transformation totale. Il ressemble plus à une trajectoire stable, avec suivi, ajustements, et patience. La priorité est la santé, pas la perfection, et un bon plan est souvent celui qu’on peut tenir sans s’épuiser.

Ce qu’il faut retenir

Cette étude de 2026 relie l’obésité à de nombreuses maladies qui coexistent souvent. Pour plusieurs duos fréquents, l’obésité semble être un moteur majeur, et une baisse d’IMC peut réduire le risque de double diagnostic à l’échelle d’une population. Ce n’est pas une promesse pour chaque personne, mais c’est un signal fort pour la prévention. Si vous hésitez sur le bon objectif, le bon rythme, ou la bonne méthode, faites le point avec un pro de santé et visez des changements durables.

 

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