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Une tasse de café par jour: moins de rechutes de fibrillation auriculaire selon cette étude parue dans le JAMA

Dans cet essai randomisé publié dans JAMA en janvier 2026, une tasse de café par jour a été associée à moins de récidives de fibrillation auriculaire

Quand on vit avec une fibrillation auriculaire (FA), le café fait souvent peur. Beaucoup de patients l’évitent par réflexe, comme on couperait un fil rouge sans savoir s’il est relié à l’alarme.

En janvier 2026, un essai randomisé publié dans JAMA apporte un message plus nuancé. Chez des personnes avec FA persistante, juste après une cardioversion électrique, une consommation modeste de café caféiné (environ une tasse par jour) a été associée à moins de rechutes de FA ou de flutter sur six mois.

Ce résultat ne veut pas dire que le café “soigne” la FA. Il parle d’un contexte précis, avec des limites importantes, et il ne remplace pas l’avis de votre cardiologue.

Ce que l’étude a vraiment trouvé, en mots simples

L’essai a comparé deux approches après une cardioversion électrique réussie. D’un côté, des participants ont continué à boire du café caféiné chaque jour. De l’autre, des participants ont tenté d’éviter le café (et la caféine) de façon stricte.

Sur six mois, une récidive de FA ou de flutter a été détectée en soins courants chez 47 % des personnes assignées au café, contre 64 % dans le groupe abstinence. On peut se représenter l’écart comme deux files d’attente. Dans la file “café”, moins de personnes reviennent “au guichet” pour une récidive repérée en clinique.

Un autre point ressort. Le délai avant la récidive a été plus long chez les buveurs de café. En clair, quand une rechute survenait, elle arrivait plus tard, en moyenne, dans le groupe café.

Les auteurs rapportent aussi un risque plus bas dans le groupe café, résumé par une baisse d’environ 39 % du “hazard” (un indicateur de risque au fil du temps). Inutile de faire des calculs pour comprendre l’idée, dans ce cadre, la récidive semble moins fréquente, et aussi plus tardive.

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Côté hospitalisations pour FA ou flutter, le groupe abstinence en a eu plus (15 événements) que le groupe café (10 événements). L’étude n’était pas conçue pour trancher ce point avec certitude, donc il faut rester prudent sur ce signal.

Qui a participé, et quel café ils ont bu

L’étude a inclus 200 participants, répartis en deux groupes de 100. Ce sont des buveurs actuels ou anciens de café, avec une FA persistante (ou un flutter avec antécédent de FA), tous traités par cardioversion électrique.

Le groupe “café” devait boire au moins une tasse de café caféiné par jour. Les chercheurs n’ont pas demandé d’augmenter fortement la dose. L’idée était de rester proche d’un usage réel.

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Le groupe “abstinence” devait éviter le café, y compris le décaféiné, et aussi les autres produits avec caféine. Le suivi a duré six mois, une durée utile car beaucoup de récidives arrivent tôt après cardioversion.

Comment les rechutes ont été repérées, et pourquoi ça compte

Les récidives ont été identifiées pendant les soins habituels, par exemple lors d’une consultation, d’un ECG, ou d’une visite liée à des symptômes. Il ne s’agissait pas d’un suivi par capteur en continu.

Cette nuance change la lecture. Une FA peut être silencieuse, sans palpitations nettes. Sans surveillance continue, certaines récidives passent sous le radar. Le résultat principal concerne donc des récidives cliniquement détectées, celles qui ressortent dans la vraie vie médicale, pas toutes celles qui existent.

Ce choix rend l’étude plus proche de la pratique, mais il peut aussi modifier les chiffres. Un groupe qui consulte plus, ou qui signale plus, peut avoir plus de récidives “repérées”, sans avoir plus d’arythmie en réalité.

Pourquoi ce résultat surprend, et ce que la science pense du café et de la FA

Pendant des années, le café a eu une réputation de déclencheur de FA. Beaucoup de patients ont entendu la même consigne, “arrêtez la caféine”. Cette idée colle à une sensation fréquente, après un café, le cœur semble battre plus fort, et la peur augmente.

Pourtant, des essais randomisés plus anciens n’ont pas retrouvé de façon constante un effet déclencheur de la caféine chez des personnes qui se disaient sensibles. Autrement dit, le ressenti n’est pas toujours un bon détecteur de cause.

L’essai JAMA 2026 s’inscrit dans ce mouvement, il remet en question l’interdiction automatique du café après cardioversion, du moins à faible dose. Il ne dit pas que le café est “protecteur” pour tous, mais il montre que l’abstinence stricte n’a pas fait mieux, dans ce groupe précis.

Les auteurs discutent aussi des habitudes autour du café. Certains participants buvaient plus de soda, et ajoutaient plus souvent du sucre. Ces éléments comptent, car le poids, le diabète et l’hygiène de vie influencent la FA. Ces observations restent descriptives, elles ne prouvent pas une cause. D’autres essais ont aussi relié la consommation de café à plus d’activité physique, ce qui pourrait jouer un rôle, sans que ce soit démontré ici.

Le mythe du café déclencheur, et le rôle de la perception

Pourquoi tant de personnes accusent le café ? Parce que la FA et ses signes varient. Un café se prend souvent quand on dort mal, quand on court partout, ou après un repas lourd. Le cerveau associe l’épisode au geste le plus visible, la tasse.

Un exemple simple aide à comprendre. Vous buvez un café après une nuit courte. Vous arrivez stressé au travail. Vous sentez des battements irréguliers. Le café devient le suspect, alors que le manque de sommeil et le stress sont aussi de bons candidats.

Cela ne veut pas dire que “c’est dans la tête”. La sensation est réelle. Le point clé est autre, un lien temporel ne prouve pas une cause.

Des explications possibles, sans promesse magique

Les auteurs évoquent des pistes, mais l’étude n’a pas testé ces mécanismes. L’une des hypothèses concerne l’adénosine, une molécule qui peut influencer l’activité électrique du cœur. La caféine bloque des récepteurs de l’adénosine, ce qui pourrait réduire certains effets pro-arythmie dans l’oreillette, dans des conditions données.

On parle aussi d’effets possibles du café sur l’inflammation et la pression artérielle. Si la tension baisse un peu, ou si certains marqueurs inflammatoires diminuent, le terrain de la FA peut devenir moins favorable. Là encore, ce sont des explications plausibles, pas des preuves.

Enfin, le café n’est pas “que de la caféine”. Il contient de nombreux composés, et leurs effets peuvent se combiner. C’est une raison de plus pour éviter les conclusions trop rapides.

Ce que vous pouvez faire si vous avez une fibrillation auriculaire

Le message le plus utile est simple. Si vous avez une FA persistante, et que vous venez d’avoir une cardioversion, une consommation modeste de café caféiné n’a pas montré de pire résultat dans cet essai. Elle a même été associée à moins de récidives détectées en clinique.

Ce cadre reste étroit. Les auteurs précisent que les résultats ne s’appliquent pas aux fortes doses de caféine. Ils ne s’appliquent pas non plus à tous les profils, et ils mentionnent que ce n’est pas établi pour la FA paroxystique. Enfin, l’étude a inclus des buveurs actuels ou anciens, pas des personnes qui n’ont jamais bu de café.

Dans la vie réelle, la question n’est pas “café ou zéro café” pour tout le monde. C’est plutôt, “quel est mon seuil, et qu’est-ce qui accompagne ma tasse ?”. Un café très sucré, un latte géant, ou une boisson énergisante n’ont pas le même sens qu’un petit café pris calmement.

Les bases restent les mêmes, sommeil régulier, alcool limité, poids suivi, activité physique adaptée, et prise correcte des traitements. Le café se place dans ce tableau, il n’en devient pas le centre.

Si vous aimez le café, faut-il l’arrêter après une cardioversion ?

L’essai suggère qu’une abstinence stricte n’a pas montré d’avantage, et qu’un café modéré peut aller avec moins de rechutes. Le mot qui compte est modéré, environ une tasse par jour dans ce protocole.

Si vous voulez tester sans vous tromper, gardez une routine stable. Prenez la même boisson, à la même heure, avec une dose proche. Notez vos symptômes, et ce qui se passe autour (stress, alcool, sommeil). Cette approche ressemble à une petite expérience personnelle, plus fiable que des impressions prises sur une semaine agitée.

Parlez-en à votre cardiologue, surtout si vous avez des palpitations nettes après café, une pression mal contrôlée, ou une sensibilité marquée à la caféine.

Les limites à connaître avant de changer vos habitudes

L’étude n’était pas en aveugle. Les participants savaient s’ils buvaient du café. Les médecins aussi. Ce point peut favoriser un biais de détection et un biais de déclaration, car on ne cherche pas les mêmes choses quand on s’attend à un effet.

Les récidives ont été repérées sans suivi continu. Des épisodes silencieux ont pu être manqués. Le résultat parle donc d’événements vus dans les soins courants, pas d’un “compteur” complet de toutes les arythmies.

L’adhésion au protocole a aussi posé problème. Dans le groupe abstinence, 69 % ont respecté totalement l’absence de café. Cela peut réduire l’écart entre groupes, et rendre l’interprétation plus difficile.

Ces limites ne rendent pas l’essai inutile. Elles rappellent juste une règle simple, une étude est une lampe torche, pas le soleil.

A retenir

Dans cet essai randomisé publié dans JAMA en janvier 2026, une tasse de café par jour après cardioversion a été associée à moins de récidives cliniques de FA ou de flutter. La peur du café n’est donc pas toujours fondée, surtout à faible dose. Ce n’est pas une règle universelle, ni une “recette” pour éviter la FA. Le bon réflexe reste d’en parler avec votre équipe de soins, de viser la régularité, et d’éviter les excès, surtout le café très fort, le sucre, et les boissons caféinées multiples.

 

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