Ce régime alimentaire lié à un risque plus bas maladie rénale chronique
Ce régime alimentaire est associé à un risque un peu plus bas de maladies rénales chroniques, avec une baisse d’environ 6 à 9 % selon les scores.

La maladie rénale chronique touche beaucoup d’adultes, environ 1 personne sur 10 dans le monde. Elle avance souvent en silence, car les reins filtrent moins bien, sans signe clair au début. On peut la voir comme un filtre qui s’encrasse lentement, jusqu’au jour où le corps le paie.
La bonne nouvelle, c’est qu’un facteur reste concret et modifiable, la qualité de l’alimentation. Des données récentes, à grande échelle, relient une meilleure adhésion au régime EAT-Lancet à un risque plus bas de maladie rénale chronique. Le message reste sobre, c’est une association, pas une promesse. Mais l’échelle de l’étude donne du poids à l’idée.
Comprendre le lien entre alimentation et maladie rénale chronique
La maladie rénale chronique (MRC) signifie que les reins perdent, peu à peu, leur capacité à filtrer le sang. Ils gèrent l’eau, le sel, certains déchets, et aident à garder l’équilibre du corps. Quand ce travail se fait moins bien, la tension peut monter, des toxines s’accumulent, et d’autres organes souffrent aussi.
Le risque augmente avec l’âge, mais pas seulement. Il grimpe aussi quand l’hypertension s’installe, quand le diabète est mal contrôlé, quand le cholestérol est élevé, ou quand le poids devient trop haut. Ces problèmes sont courants, et ils se renforcent entre eux. Les reins, eux, se retrouvent au centre de cette chaîne.
Pourquoi l’alimentation compte autant ? Parce qu’elle agit sur des axes très concrets, la pression artérielle, la glycémie, l’état des vaisseaux, et l’inflammation de fond. Trop de sel retient l’eau et hausse la tension. Trop de sucres ajoutés favorise la prise de poids et un foie plus gras. Un excès de produits ultra-transformés apporte souvent du sodium, des sucres, et des graisses de faible qualité, tout en laissant peu de place aux aliments riches en fibres.
Plusieurs modèles dits “sains” vont dans le même sens. Le régime DASH, certains schémas de type méditerranéen, ou des index axés sur les plantes, encouragent fruits, légumes, et aliments peu transformés, tout en limitant la viande rouge. Le régime EAT-Lancet ajoute une idée simple, manger mieux pour la santé, et aussi pour la planète, avec une base surtout végétale.
Les signes ne sont pas toujours visibles, alors la prévention compte
La MRC peut progresser sans douleur. Beaucoup de personnes se sentent “comme d’habitude”, jusqu’à un stade déjà avancé. C’est ce qui rend la prévention si utile, car elle ne dépend pas d’un symptôme qui alerte.
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Le dépistage repose souvent sur des analyses de sang et d’urine, qui évaluent la filtration et la présence d’albumine. Ces tests donnent une image plus fiable que l’intuition. On n’a pas besoin d’être anxieux pour agir. Il s’agit plutôt de repérer tôt, puis d’ajuster ses habitudes au quotidien.
L’alimentation s’inscrit dans cette logique. Elle agit un peu comme un courant régulier dans une rivière. Chaque repas ne change pas tout, mais l’ensemble finit par peser. Quand le terrain est à risque, ces choix comptent encore plus.
Ce qui abîme souvent les reins au quotidien
Certains facteurs reviennent souvent. Une alimentation trop salée pousse la tension vers le haut. Les boissons sucrées ajoutent des calories faciles, sans satiété. Un excès de viande rouge, surtout quand elle remplace les fibres, s’associe souvent à plus d’inflammation et à un profil cardio-métabolique moins bon.
Les habitudes de vie jouent aussi. Le tabac abîme les vaisseaux. La sédentarité rend le contrôle du poids et du sucre plus difficile. Un IMC élevé s’accompagne souvent d’une tension plus haute et d’une résistance à l’insuline. Dans les grandes cohortes, on observe souvent ce profil chez les personnes qui finissent par développer une MRC, elles sont plus âgées, plus souvent fumeuses, moins actives, avec plus d’hypertension, d’hypercholestérolémie, et de diabète. Ce tableau n’accuse personne, il décrit un terrain de risque typique.
Le régime EAT-Lancet en clair, quoi manger plus souvent et quoi réduire
Le régime EAT-Lancet, souvent appelé “planetary health diet”, repose sur une idée simple, une assiette majoritairement végétale. On y trouve plus souvent fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, noix, et des graisses plutôt insaturées (comme l’huile d’olive ou de colza, selon les habitudes). Il limite la viande rouge, les sucres ajoutés, et certaines graisses, en gardant une place mesurée pour des produits animaux, selon les choix de chacun.
Pourquoi ce schéma peut aider les reins ? Parce qu’il tend à réduire la charge en sodium et en sucre, et à augmenter fibres, potassium alimentaire (via fruits et légumes), et composés anti-inflammatoires. Le but n’est pas de “manger parfait”, mais de faire pencher la balance dans le bon sens, plus d’aliments bruts, moins de produits très transformés.
Concrètement, cela peut ressembler à un bol de flocons d’avoine avec un fruit et quelques noix au petit-déjeuner. À midi, une salade tiède de lentilles avec des légumes rôtis, un filet d’huile, et du pain complet. Le soir, une soupe de légumes, un plat de pois chiches aux épices douces, et un peu de riz complet. Pour une collation, un yaourt nature, un fruit, ou une poignée de noix, selon la faim. Rien d’exotique, juste une base stable.
L’assiette type qui aide les reins et reste simple
Une image repère aide souvent. Imaginez une assiette où la moitié est occupée par des légumes, crus ou cuits. Un quart vient des céréales complètes, comme le riz complet, l’orge, ou le pain complet. Le dernier quart apporte des protéines, souvent végétales, comme les lentilles, les haricots, ou le tofu (et, selon les préférences, du poisson ou des œufs, en quantité raisonnable).
Les graisses se placent comme un assaisonnement, pas comme un ingrédient central. Une cuillère d’huile, quelques noix, ou de l’avocat suffisent. Pour la boisson, l’eau reste la base la plus simple. Cette structure s’adapte au budget, au temps, et aux goûts. Elle fonctionne aussi avec des produits surgelés ou en conserve, si l’on surveille le sel.
Les pièges fréquents quand on veut manger plus végétal
Passer à une alimentation plus végétale ne veut pas dire “automatiquement sain”. Beaucoup de produits végétaux ultra-transformés sont riches en sel, en graisses, et en additifs. Certaines sauces prêtes à l’emploi, même “végétales”, peuvent transformer un plat simple en bombe de sodium.
Le piège le plus courant, c’est aussi la portion. Un plat à base de céréales complètes reste utile, mais une montagne de pâtes, même complètes, peut gêner le poids et la glycémie. La solution tient souvent en gestes basiques. Cuisiner simple, garder des légumes visibles dans l’assiette, et lire l’étiquette du sodium quand on achète des produits préparés.
Côté protéines, la variété aide. Alterner lentilles, pois chiches, haricots, tofu, et, si on en consomme, un peu de poisson. Cette diversité évite la lassitude, et elle couvre mieux les besoins. L’objectif reste le même, construire une routine facile à tenir, pas un défi de volonté.
Ce que montre l’étude UK Biobank sur EAT-Lancet et le risque de MRC
Une étude publiée en 2026 dans CMAJ a examiné le lien entre l’adhésion au régime EAT-Lancet et le risque de maladie rénale chronique. Les chercheurs ont utilisé la UK Biobank, une grande cohorte au Royaume-Uni, suivie sur le long terme. Le point fort est l’ampleur, près de 179 500 adultes, sans MRC au départ, avec un suivi médian d’environ 12 ans.
L’alimentation a été évaluée par des rappels alimentaires sur 24 heures, puis traduite en scores d’adhésion au régime EAT-Lancet, selon plusieurs méthodes. Cette approche permet de vérifier si le résultat tient, même quand la façon de noter change. Au cours du suivi, environ 4 800 personnes ont développé une MRC.
Le message principal reste cohérent. Les personnes avec une meilleure adhésion au régime EAT-Lancet avaient un risque un peu plus bas de MRC. On parle d’une baisse modeste, mais elle devient importante si l’on pense en population, car la MRC est fréquente et lourde en soins.
Une baisse de risque modeste, mais qui peut compter à grande échelle
Selon la méthode de score utilisée, le risque plus bas se situait autour de 6 à 9 % chez ceux qui suivaient mieux le régime. Ce n’est pas une baguette magique. C’est plutôt une petite pente, dans la bonne direction, répétée jour après jour.
L’étude rapporte aussi un signal “dose-effet” avec l’un des scores, celui qui capte bien les différences entre individus. En clair, plus l’adhésion est haute, plus la baisse de risque apparaît, avec une différence plus nette dans le groupe le plus adhérent, comparé au moins adhérent.
Les analyses ont aussi tenu compte de nombreux facteurs, comme l’âge, le tabac, l’activité, le poids, et des maladies comme l’hypertension ou le diabète. “Après ajustement” veut dire qu’on essaie d’isoler l’effet du régime, sans confondre avec ces facteurs. Cela ne prouve pas une cause directe, mais cela rend l’association plus crédible.
Pourquoi tout le monde ne réagit pas pareil, gènes et environnement
Un point intéressant concerne la variabilité entre personnes. L’association semblait plus forte chez les individus avec le génotype GG du variant rs2010352. Le détail du mécanisme reste un sujet de recherche, mais l’idée générale est simple, notre biologie peut changer la façon dont un même régime agit.
L’environnement comptait aussi. Les personnes moins exposées aux espaces verts montraient une association inverse plus marquée entre EAT-Lancet et MRC. Cela ne veut pas dire que “la nature remplace l’alimentation”. Cela suggère plutôt que le contexte de vie, stress, air, activité, accès à des lieux de marche, peut modifier le bénéfice observable.
On voit ici une direction claire, aller vers une prévention plus adaptée. Pas une prévention “sur mesure” pour chaque repas, mais une approche qui reconnaît que gènes et cadre de vie pèsent sur le résultat.
Ce qui se passe dans le corps, les indices donnés par les biomarqueurs
Quand on parle d’alimentation, on pense souvent aux menus. Les chercheurs, eux, regardent aussi les traces dans le sang. Les métabolites sont de petites molécules, issues de la digestion et du métabolisme. Les protéines mesurées dans le sang reflètent, en partie, l’état des tissus, de l’inflammation, et des signaux biologiques.
Dans cette étude, les auteurs ont construit des “signatures” liées au régime EAT-Lancet, une signature métabolique et une signature protéique. Ces signatures n’ont pas pour but de juger les gens. Elles servent à mieux comprendre la cohérence biologique, et à tester si le corps porte une empreinte mesurable d’un mode alimentaire.
Résultat, des scores plus élevés de ces signatures étaient aussi liés à un risque plus bas de MRC, même en tenant compte de l’adhésion déclarée au régime. Cela suggère qu’il existe une part “objective” de l’exposition alimentaire, captée par le sang, et pas seulement par le questionnaire.
Des signatures sanguines liées au régime, et liées à moins de MRC
La signature métabolique, basée sur 122 métabolites, était associée à environ 11 % de risque en moins par hausse d’un écart-type du score. La signature protéique, basée sur 143 protéines, montrait une association plus forte, autour de 20 %de baisse par écart-type.
Les détails exacts comptent moins que la logique. On retrouve des signaux liés à la qualité des graisses (avec plus d’insaturation) et à des marqueurs comme les glycoprotéines acétylées, souvent discutées dans le cadre de l’inflammation de fond. Ces indices ne disent pas “vos reins vont bien”. Ils disent plutôt “ce mode alimentaire s’inscrit dans une biologie plus favorable”.
L’étude estime aussi que ces signatures expliquent une partie de l’association observée entre EAT-Lancet et MRC. La médiation rapportée se situait autour de 18 % pour la partie métabolique, et 27 % pour la partie protéique. C’est une façon de dire que le corps ne fait pas que suivre un menu, il réagit, et cette réaction se mesure.
Pourquoi ces données renforcent le message, sans prouver une cause unique
Ces biomarqueurs renforcent la cohérence du tableau. Une alimentation plus proche d’EAT-Lancet s’associe à des profils sanguins plus favorables, et ces profils s’associent à moins de MRC. Cela soutient l’idée d’un lien biologique plausible, via inflammation, vaisseaux, et équilibre métabolique.
Mais il faut garder le sens des limites. L’alimentation reposait sur des rappels de 24 heures, qui captent mal les habitudes sur des années. Les diagnostics de MRC s’appuyaient surtout sur des codes médicaux, qui peuvent manquer certains cas. Des facteurs non mesurés peuvent rester, même après ajustement. La cohorte était aussi très majoritairement blanche, au Royaume-Uni, ce qui réduit la portée à d’autres populations.
En bref, cette étude donne une direction solide, mais elle ne remplace pas des essais cliniques. Elle aide à décider quoi tester, et quoi encourager, sans vendre une cause unique.
A retenir
La maladie rénale chronique avance souvent sans bruit, ce qui rend la prévention précieuse. Dans une grande cohorte suivie sur plus de dix ans, une meilleure adhésion au régime EAT-Lancet s’associe à un risque un peu plus bas de MRC, avec une baisse d’environ 6 à 9 % selon les scores. L’effet est modeste à l’échelle d’une personne, mais il compte quand on pense à des millions d’adultes.
L’étude suggère aussi que gènes, exposition aux espaces verts, et profils sanguins peuvent moduler la réponse, ce qui ouvre la voie à une prévention plus adaptée. Si vous voulez commencer simplement, changez un ou deux repas par semaine, en augmentant légumes et légumineuses, et en réduisant sucres ajoutés et viande rouge. Et si vous avez une maladie rénale, ou un traitement en cours, parlez-en à un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation de façon importante.