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Microplastiques et nanoplastiques: un lien découvert avec la maladie de Parkinson

Des travaux récents décrivent des mécanismes plausibles entre microplastiques et nanoplastiques et processus cérébraux liés à la maladie de Parkinson.

On boit, on mange, on respire, sans y penser. Dans l’air, l’eau, la poussière, de minuscules bouts de plastique circulent. On les appelle microplastiques et nanoplastiques. Ils sont si petits qu’ils passent souvent sous le radar.

La maladie de Parkinson, elle, touche surtout le mouvement. Elle est liée à la perte progressive de neurones qui fabriquent la dopamine. Tremblements, lenteur, raideur, ces signes sont connus. Ce qui l’est moins, c’est la part possible de l’environnement.

Des travaux récents décrivent des mécanismes plausibles entre plastiques minuscules et processus cérébraux liés à Parkinson. Mais la preuve d’un lien direct chez l’humain manque encore. Vous allez comprendre d’où viennent ces particules, comment elles peuvent atteindre le cerveau, quels mécanismes ressemblent à ceux de Parkinson, et quels gestes simples réduisent l’exposition.

Microplastiques et nanoplastiques, de quoi parle-t-on et comment ils entrent dans notre corps

Un microplastique, c’est un fragment de plastique entre 1 micromètre et 5 millimètres. Un nanoplastique est encore plus petit, sous 1 micromètre. À cette échelle, la différence compte, car plus c’est petit, plus ça peut franchir des barrières du corps.

Ces particules viennent surtout de la dégradation des déchets plastiques, sous l’effet du soleil et de l’usure. Elles viennent aussi des emballages, des pneus, des textiles synthétiques, et de la poussière des logements. On peut les voir comme une “farine” invisible qui se dépose partout, puis finit dans nos voies d’entrée habituelles.

Trois plastiques reviennent souvent dans les études, le polystyrène (PS), le polyéthylène (PE) et le PVC. Ce choix ne veut pas dire que les autres sont “sans effet”. Il reflète surtout ce qui est facile à tester en laboratoire.

Les routes les plus courantes, manger, respirer, toucher

La voie la plus simple à comprendre, c’est l’ingestion. Des particules ont été retrouvées dans l’eau, y compris l’eau en bouteille, et dans certains aliments (comme les fruits de mer). Le sel et des aliments très transformés peuvent aussi en contenir, selon les conditions de production et d’emballage. Le geste banal de boire ou de grignoter devient alors une porte d’entrée.

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La respiration compte aussi. La poussière d’intérieur contient des fibres et des fragments issus des tissus, des moquettes, et des objets du quotidien. Dans une pièce mal aérée, on inhale une partie de ce mélange. Le contact avec la peau existe, mais il semble moins direct que l’air ou l’alimentation.

Un repère frappe les esprits, des estimations évoquent jusqu’à 52 000 particules ingérées par an. Ce chiffre varie selon les méthodes, mais il donne un ordre de grandeur.

Peuvent-elles vraiment circuler dans le corps

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La question centrale est simple, ces particules restent-elles dans l’intestin, ou voyagent-elles ? Des études chez l’humain ont rapporté la présence de particules dans le sang et dans certains organes, comme le foie. Des travaux ont aussi signalé des traces dans des tissus cérébraux, avec des niveaux mesurés pouvant atteindre 4 917 µg/g dans certains prélèvements.

Ces résultats attirent l’attention, mais ils ont des limites. Les outils de mesure évoluent vite, et les chiffres changent selon les protocoles. On ne sait pas encore quelle “dose interne” est la plus préoccupante, ni sur combien d’années.

Comment ces particules pourraient toucher des mécanismes liés à Parkinson

Les données les plus riches viennent de modèles animaux, de cultures de cellules, et d’analyses informatiques. L’intérêt de ces modèles est de tester des mécanismes précis, comme on suit une piste dans un labyrinthe. Le risque est de croire trop vite que le labyrinthe est identique chez l’humain.

Le point commun des résultats est la plausibilité biologique. Plusieurs voies se croisent, comme des petits ruisseaux qui alimentent la même rivière, inflammation, stress oxydant, défaut de “nettoyage” cellulaire, troubles de l’énergie, et perturbations de l’axe intestin-cerveau. Ces éléments sont déjà connus dans Parkinson, ce qui rend la question difficile à ignorer.

Protéines qui se collent, quand l’alpha-synucléine forme des amas

Parkinson est marqué par des amas de protéines dans le cerveau, souvent appelés corps de Lewy. L’alpha-synucléine, une protéine normale du neurone, peut se replier de travers, puis s’agréger. Imaginez une goutte de sucre qui cristallise, puis entraîne d’autres grains avec elle.

Des nanoplastiques peuvent offrir une surface où l’alpha-synucléine s’accroche plus vite, surtout via des zones hydrophobes. Dans des modèles cellulaires issus de patients, des chercheurs ont rapporté une hausse d’amas d’alpha-synucléine d’environ la moitié. Dans les mêmes travaux, le système de dégradation cellulaire (lié aux lysosomes) était moins efficace, avec une baisse autour d’un tiers. Ce duo, plus d’amas et moins de nettoyage, ressemble à un terrain favorable aux dégâts.

Énergie en baisse dans les neurones, mitochondries sous stress

Les neurones sont gourmands en énergie. Ils doivent maintenir des signaux électriques et recycler des messagers chimiques. Leur “centrale” est la mitochondrie, qui fabrique l’ATP.

Des nanoplastiques, surtout en polystyrène dans plusieurs modèles, peuvent gêner un maillon clé de cette production, le complexe I. Résultat, l’ATP chute, le stress oxydant grimpe. La cellule tente alors de se défendre en éliminant les mitochondries abîmées. Si ce processus s’emballe (mitophagie excessive, observée via des voies comme AMPK et ULK1 dans certains modèles), le neurone peut finir par mourir. Ce scénario n’est pas une preuve chez l’humain, mais il colle à des mécanismes déjà impliqués dans la perte des neurones à dopamine.

Inflammation, barrière intestinale fragile, et message intestin-cerveau

L’axe intestin-cerveau n’est pas une idée vague. Le nerf vague, le système immunitaire, et des molécules circulantes forment un vrai réseau de signalisation. Quand la barrière intestinale s’abîme, des fragments bactériens peuvent passer plus facilement dans le sang.

Dans des modèles d’exposition orale, on observe une baisse de protéines de jonction serrée (comme ZO-1), signe d’un intestin plus perméable. Cela facilite le passage de toxines, dont le LPS, et de signaux inflammatoires, capables d’atteindre le cerveau. Des études animales rapportent aussi des changements du microbiote, avec un ratio Firmicutes/Bacteroidetes plus élevé, un profil parfois décrit chez des personnes vivant avec Parkinson. Là encore, ce n’est pas une preuve, mais c’est un faisceau cohérent.

Métaux, glutamate, et autres effets qui peuvent aggraver les dégâts

Les plastiques ne sont pas toujours “nus”. Ils peuvent porter des métaux et d’autres polluants. Cette charge peut dérégler l’équilibre du fer dans les tissus. Or, un excès de stress lié au fer peut déclencher une mort cellulaire appelée ferroptose, évoquée dans la recherche sur Parkinson.

Un autre point concerne les astrocytes, des cellules de soutien du cerveau. Certains travaux suggèrent une baisse d’un transporteur (EAAT2) qui aide à retirer le glutamate. Si le glutamate s’accumule, il peut sur-stimuler les neurones, un phénomène appelé excitotoxicité. Ce n’est pas “un seul bouton” qui casse tout, c’est une série de pressions qui s’additionnent.

Du laboratoire à la vraie vie, ce que l’on sait, et ce qu’on ne sait pas encore

Ces résultats servent de signaux d’alerte. Ils ne prouvent pas que les microplastiques causent Parkinson. La maladie dépend aussi de l’âge, des gènes, et d’autres expositions (pesticides, solvants, métaux). Le défi est de séparer ce qui déclenche, ce qui accélère, et ce qui n’a qu’un effet faible.

La recherche se heurte aussi à la diversité des particules. Taille, forme, type de polymère, additifs, polluants accrochés, tout change. Deux échantillons “de microplastiques” peuvent se comporter comme deux mélanges très différents.

Pourquoi la taille, la forme, et le type de plastique changent tout

À taille nano, le passage à travers certaines barrières biologiques devient plus probable. La surface relative augmente, ce qui peut renforcer les interactions avec des protéines. Le PS, le PE, et le PVC ne se lient pas aux tissus de la même façon, et ne portent pas les mêmes additifs.

Les additifs et polluants fixés à la surface peuvent compter autant que le fragment lui-même. On parle alors d’un effet “transporteur”. Cela complique la réponse à une question simple, quel est le vrai responsable, le plastique, ce qu’il transporte, ou les deux ?

Les grandes questions que la recherche doit trancher en 2026

Les auteurs des revues récentes appellent à des études humaines longues, avec mesures d’exposition et suivi clinique. Les questions à trancher sont concrètes, quelle quantité atteint le cerveau, sur combien d’années, et chez quels profils à risque.

Les voies d’entrée vers le cerveau décrites dans la littérature sont aussi à clarifier. Les particules peuvent passer par le sang et la barrière hémato-encéphalique, ou contourner en partie cette barrière via le nerf olfactif (nez vers cerveau) et le nerf vague (intestin vers cerveau). Tant que ces routes restent mal quantifiées, la lecture doit rester prudente.

Réduire son exposition sans paniquer, gestes simples au quotidien

On ne peut pas “zéro plastique” en ville, ni au travail. L’objectif réaliste est de réduire la charge globale, surtout sur les sources évitables. Pensez à une pluie fine, on ne l’arrête pas, mais on peut prendre un manteau.

Dans la cuisine et l’eau, choisir des options qui limitent le plastique chauffé

La chaleur et l’usure favorisent le relargage de particules. Évitez de chauffer des aliments dans des contenants en plastique, surtout au micro-ondes. Le verre et l’inox limitent ce risque, tout en restant simples à vivre.

Quand c’est possible, réduire l’eau en bouteille peut aussi aider, en privilégiant l’eau du robinet si elle est potable chez vous. Un geste banal, comme remplacer un vieux récipient rayé, peut aussi réduire la libération liée à l’abrasion.

À la maison, baisser la poussière et les fibres dans l’air

L’air intérieur est une source sous-estimée. Aérer chaque jour aide à diluer les fibres en suspension. Un aspirateur avec filtre efficace, et un nettoyage humide, réduisent la poussière qui revient sans cesse.

Les textiles synthétiques libèrent des fibres, surtout avec le frottement et le séchage. Entretenir les tissus, éviter de surcharger le sèche-linge, et nettoyer les filtres, baisse la quantité de fibres qui finissent dans l’air. L’idée n’est pas de culpabiliser, mais de choisir deux ou trois habitudes durables.

A retenir

Les microplastiques et nanoplastiques font partie de notre quotidien, souvent sans bruit. Des modèles de laboratoire décrivent des mécanismes proches de ceux de Parkinson, comme les amas d’alpha-synucléine, l’inflammation, et le stress des mitochondries. La preuve d’une causalité chez l’humain reste incomplète, et la recherche doit la tester avec des études longues.

En attendant, réduire l’exposition globale reste raisonnable, sans peur inutile. Suivre l’actualité scientifique, soutenir des travaux de qualité, et adopter quelques gestes simples, c’est une approche pragmatique. Si une inquiétude est personnelle, ou si des symptômes apparaissent, parlez-en à un professionnel de santé.

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