4 cancers sur 10 sont évitables: ce que révèle l’étude OMS-CIRC de février 2026
Près de 4 cancers sur 10 observés en 2022 seraient liés à des risques modifiables, selon l’analyse OMS-CIRC publiée en février 2026

Et si une grande part des cancers n’était pas une fatalité, mais le résultat de risques que l’on peut réduire? Cette idée dérange, car elle touche à l’intime, nos habitudes, nos choix, et parfois nos contraintes.
Début février 2026, à l’approche de la Journée mondiale contre le cancer (4 février), une analyse de l’OMS via le CIRC (IARC), publiée dans Nature Medicine, a estimé qu’environ 37% des nouveaux cancers en 2022, soit près de 4 sur 10, étaient liés à des facteurs de risque modifiables. Cela représente autour de 7,1 millions de cas.
Comprendre ces résultats aide à agir, sans se juger. On va voir ce que l’étude dit vraiment, pourquoi l’écart est fort entre hommes et femmes, quels sont les grands moteurs (tabac, infections, alcool), et quoi faire, à son niveau, avec pragmatisme.
Ce que dit vraiment l’étude, et ce que ça ne dit pas
L’étude ne dit pas que “4 cancers sur 10” seront évités si chacun fait “tout bien”. Elle dit autre chose, plus utile: une part importante des cancers observés est associée à des expositions qu’on peut modifier, au moins en partie, par des choix de vie, des politiques publiques, et un meilleur accès aux soins.
Les chercheurs ont passé en revue 30 facteurs modifiables. On y retrouve des classiques, comme le tabac, l’alcool, l’excès de poids, la sédentarité, la pollution de l’air, ou les UV. Point marquant, l’analyse intègre aussi, pour la première fois dans ce type d’exercice global, neuf infections liées à certains cancers (virus, bactéries, parasites). Ce n’est pas un détail, car la prévention passe alors par des vaccins, des tests, et des traitements.
L’étude décrit aussi un écart net selon le sexe. À l’échelle mondiale, autour de 45% des nouveaux cancers chez les hommes seraient attribuables à ces facteurs, contre environ 30% chez les femmes. Les auteurs rappellent aussi une limite: certains déterminants importants chez les femmes, comme des facteurs hormonaux ou liés à la reproduction, ne sont pas inclus. Le poids des facteurs modifiables chez les femmes pourrait donc être sous-estimé.
“Prévenable” ne veut pas dire facile, ni sous contrôle total
Le mot “prévenable” peut donner l’impression d’un interrupteur, comme si tout dépendait d’une volonté. La vraie vie ressemble moins à ça. Le risque baisse quand on réduit une exposition, mais il ne tombe pas à zéro.
Il reste la génétique, le hasard, l’âge, et l’histoire médicale. Il y a aussi le contexte social. Arrêter de fumer est plus dur quand on vit du stress, ou quand l’entourage fume. Manger équilibré coûte plus cher dans certains quartiers. Se faire dépister demande du temps, parfois de l’argent, et un accès simple aux soins.
Lire “4 sur 10” comme une invitation est plus juste que le lire comme un verdict. La prévention fonctionne, mais elle marche mieux quand la société enlève des obstacles, pas quand elle ajoute de la culpabilité.
Pourquoi les hommes sont plus touchés par les causes évitables
L’écart hommes-femmes n’a rien de “mystique”. Il colle aux expositions les plus fréquentes. Les hommes sont, en moyenne, plus exposés au tabac, à l’alcool, et à certains cancérogènes au travail. Ce trio pèse lourd dans des cancers comme ceux du poumon, du foie, de l’estomac, et du côlon.
L’étude souligne aussi des différences régionales. Dans certaines zones d’Asie de l’Est, la part des cancers liés à des facteurs modifiables chez les hommes est très élevée. À l’inverse, dans plusieurs pays à revenu plus faible, les infections pèsent davantage, avec des barrières d’accès aux vaccins, aux tests, et aux soins rapides.
Le message n’est pas “les hommes font moins attention”. Le message est plus concret: les grandes expositions évitables touchent plus souvent les hommes, et la prévention doit en tenir compte.
Les trois grands moteurs des cancers évitables dans le monde
Dans cette analyse, trois causes ressortent, loin devant les autres. D’abord le tabac, associé à un peu plus de 15% des nouveaux cas “préventables”, soit environ 3,3 millions de cas en 2022. Ensuite les infections, au-delà de 10%, autour de 2,3 millions de cas. Puis l’alcool, au-delà de 3%, environ 700 000 cas.
Ces chiffres ne servent pas à faire peur. Ils servent à fixer des priorités. Quand on veut réduire un risque, on cherche d’abord les leviers qui pèsent le plus. C’est comme colmater une fuite d’eau, on commence par le trou le plus large.
Il faut aussi garder une idée simple: ces facteurs se cumulent. Une personne peut fumer et boire, vivre dans un air pollué, et bouger peu. Le risque ne s’additionne pas toujours comme une simple somme, mais le mélange n’aide jamais.
Tabac, le premier facteur, et pas seulement pour le poumon
Le tabac reste le moteur principal, car il agresse les tissus, provoque une inflammation, et favorise des erreurs dans l’ADN des cellules. On pense au cancer du poumon, mais le tabac est aussi lié à d’autres cancers (gorge, bouche, œsophage, vessie, pancréas, entre autres).
La bonne nouvelle, c’est que l’arrêt apporte un bénéfice, même après des années. Le corps commence à récupérer vite, puis le risque baisse avec le temps. Ce n’est pas une épreuve de caractère, c’est une dépendance. Et une dépendance se traite.
Parler à un médecin, utiliser des substituts nicotiniques, ou un suivi adapté, change la donne. Beaucoup de personnes ont besoin de plusieurs essais. C’est normal. L’objectif n’est pas la perfection, c’est de réduire l’exposition, puis de l’arrêter.
Infections, la partie “oubliée” de la prévention
L’idée choque parfois: une infection peut préparer un cancer, sans bruit, sur des années. Ce n’est pas une fatalité non plus. Le lien passe par une inflammation chronique, des lésions répétées, ou une action directe sur les cellules.
Trois exemples parlent à tout le monde. Le HPV (papillomavirus) est la cause principale du cancer du col de l’utérus. Les hépatites B et C augmentent le risque de cancer du foie. La bactérie Helicobacter pylori augmente le risque de cancer de l’estomac.
L’analyse du CIRC compte aussi d’autres agents infectieux associés à certains cancers, dont des virus comme Epstein-Barr, et des parasites dans des zones où ils restent fréquents. Le point clé reste simple: quand une cause est infectieuse, on peut agir par la vaccination, le dépistage, et le traitement quand il existe. Là où l’accès manque, le poids des cancers liés aux infections grimpe.
Alcool, un risque souvent minimisé
L’alcool a une place sociale forte. Il passe souvent pour “moins grave” que le tabac. Pourtant, le risque de cancer augmente avec la quantité, et avec la régularité. L’alcool peut se transformer en substances irritantes pour les tissus, et il facilite aussi l’effet d’autres cancérogènes, surtout avec le tabac.
Réduire aide, même sans arrêter d’un coup. Se fixer des jours sans alcool, diminuer les verres au fil des semaines, éviter de boire seul, tout cela marche. L’important est d’être honnête sur sa consommation réelle, pas sur celle qu’on aimerait avoir.
Si réduire semble impossible, il faut en parler. Un professionnel de santé peut proposer un soutien, sans jugement, et des solutions adaptées. Là encore, l’enjeu est la baisse d’exposition, pas une médaille.
Quels cancers sont le plus souvent liés à des risques évitables
L’étude met en avant trois cancers souvent liés à des facteurs modifiables: le cancer du poumon, de l’estomac, et du col de l’utérus. On pourrait dire que ce sont trois histoires différentes, mais avec un point commun, on peut agir avant que le cancer n’apparaisse.
Pour le poumon, la combinaison la plus connue est le tabac, et l’air pollué. Pour l’estomac, l’infection par H. pylori pèse lourd. Pour le col, c’est le HPV, avec une prévention très efficace quand la vaccination et le dépistage sont accessibles.
Ces exemples montrent une règle utile: la prévention n’est pas “une seule chose”. Parfois, c’est une décision personnelle (arrêter de fumer). Parfois, c’est un outil collectif (air plus propre). Parfois, c’est un acte médical simple (vaccin, test).
Poumon, quand tabac et air pollué s’additionnent
Le poumon est un filtre. Il reçoit tout ce qu’on respire. La fumée de tabac et certains polluants agressent la paroi des bronches. Les cellules se réparent, puis se réparent encore. À force, des erreurs s’installent.
À l’échelle d’une personne, le levier principal reste l’arrêt du tabac, actif ou passif. Réduire l’exposition à la fumée des autres aide aussi, à la maison, au travail, et dans les lieux fermés. L’air intérieur compte, car on y passe beaucoup de temps.
On ne choisit pas toujours l’air de sa ville, mais on peut repérer des expositions évitables. Aérer quand la pollution est plus basse, éviter de brûler des matériaux dans des pièces mal ventilées, et limiter l’usage de produits irritants, sont des gestes simples. Ils ne remplacent pas des politiques publiques, mais ils réduisent une dose.
Estomac et col de l’utérus, deux exemples où le dépistage et les vaccins comptent beaucoup
Le cancer de l’estomac illustre bien une prévention “à bas bruit”. Beaucoup de personnes porteuses de Helicobacter pylori n’ont aucun symptôme clair. Dans certains contextes, le médecin peut proposer un test, puis un traitement antibiotique si besoin. Le but est de réduire l’inflammation chronique de l’estomac, et donc le risque à long terme, surtout dans les zones ou familles à risque.
Pour le col de l’utérus, la logique est encore plus directe. Le vaccin HPV réduit fortement le risque de lésions précancéreuses liées aux types à haut risque. Le dépistage repère des anomalies avant le cancer, ce qui permet un suivi, ou un traitement, au bon moment.
Le frein principal n’est pas scientifique. Il est pratique. L’accès au vaccin, aux tests, et à un parcours de soins rapide, varie beaucoup selon les pays, et selon le revenu. Quand ces outils sont disponibles, ils changent l’histoire naturelle de la maladie.
Ce que chacun peut faire dès maintenant, sans se sentir coupable
On peut lire ces chiffres et se sentir écrasé. Ce serait une erreur. La prévention du cancer n’est pas un grand plan parfait, c’est une série de décisions réalistes, prises dans un contexte réel. Et une petite baisse d’exposition, répétée sur des années, pèse souvent plus qu’un effort intense sur deux semaines.
L’étude parle aussi d’autres facteurs modifiables, comme l’excès de poids, la sédentarité, certains aspects de l’alimentation, les UV, la pollution, et des expositions au travail (l’amiante reste un exemple connu). Aucun de ces sujets ne se règle par une phrase. Mais on peut choisir une seule action, puis une autre.
Le bon repère est simple: agir là où le gain est grand, et où l’effort reste tenable. C’est la stratégie qui dure.
Les gestes qui ont le plus d’impact sur le risque de cancer
Le premier geste, si on fume, reste l’arrêt du tabac. Il domine les chiffres, et le bénéfice apparaît avec le temps. Même une baisse est un pas, mais l’objectif reste l’arrêt complet, avec aide si besoin.
La baisse de l’alcool vient ensuite, car le risque monte avec la dose. Beaucoup de personnes réussissent en changeant le rythme, en gardant des jours sans alcool, et en évitant les “verres automatiques” du soir.
Bouger plus aide aussi, car l’activité physique agit sur le poids, l’inflammation, et le métabolisme. Pas besoin de sport dur. La marche, le vélo tranquille, et des escaliers plus souvent, comptent.
Côté alimentation, viser moins d’aliments ultra-transformés et plus d’aliments simples aide à long terme. Le soleil demande aussi une règle claire, se protéger des UV, surtout en été, et éviter les coups de soleil répétés.
Au travail, la prévention passe par la réduction des expositions à des produits dangereux, et par le respect des règles de sécurité. Si un doute existe, il faut le dire. Les risques pros ne doivent pas rester silencieux.
Vaccins et dépistages, la prévention “sans effort” une fois en place
Certains gestes de prévention demandent une décision unique, puis ils “travaillent” en arrière-plan. La vaccination est l’exemple le plus parlant. Le vaccin HPV réduit le risque de cancers liés aux HPV à haut risque, et il s’inscrit dans une stratégie de santé publique. Pour l’hépatite B, la vaccination, avec une dose à la naissance dans plusieurs pays, protège tôt contre un virus lié au cancer du foie.
Le dépistage est l’autre pilier. Pour le col de l’utérus, suivre les recommandations locales permet de repérer des lésions précoces. Pour les hépatites B et C, des tests existent, puis un suivi ou un traitement peut être proposé selon les cas. Pour H. pylori, le médecin peut juger utile de tester, puis de traiter.
Le problème, dans beaucoup de régions, n’est pas le manque d’outils. C’est leur disponibilité. L’étude insiste sur ce point, une prévention efficace demande des programmes suivis, des vaccins accessibles, des tests simples, et un système de soins qui répond vite.
A retenir
Près de 4 cancers sur 10 observés en 2022 seraient liés à des risques modifiables, selon l’analyse OMS-CIRC publiée en février 2026. Les leviers les plus lourds sont clairs, tabac, infections, alcool, avec des écarts marqués entre hommes et femmes.
La meilleure approche n’est pas de tout changer d’un coup. Choisissez une action cette semaine, un rendez-vous pour parler arrêt du tabac, vérifier un vaccin, ou planifier un dépistage. La prévention ne promet pas une garantie, mais elle offre une chose rare, plus de marge de manœuvre, et moins de risque avec le temps.
Source
Global and regional cancer burden attributable to modifiable risk factors to inform prevention
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.
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