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Vape: Vapeur vieillie et exposition passive, pourquoi les poumons peuvent trinquer

Une vielle vapeur de vape change avec le temps, surtout en intérieur. Les particules ultrafines peuvent aller très profond dans les poumons, jusque dans les alvéoles

La vapeur d’une cigarette électronique ne disparaît pas quand l’odeur s’efface. Elle peut rester dans une pièce, se mélanger à l’air, puis changer. C’est ce qu’on appelle une plume vieillie: une vapeur expirée qui a eu le temps de “vieillir” en intérieur.

Pourquoi ça compte? Parce qu’à force d’en respirer, surtout dans des espaces clos, cette plume peut irriter et fragiliser les poumons. Les risques exacts de la vape passive ne sont pas tous fixés. Mais des travaux de labo donnent des signaux nets, à prendre au sérieux.

Une étude publiée en 2025 dans Environmental Science & Technology s’est penchée sur ce point. Elle décrit un mélange qui peut devenir plus réactif avec le temps, avec des particules fines, des métaux, et des composés oxydants.

Vapeur fraîche, vapeur vieillie, ce qui change dans l’air d’une pièce

Quand une personne vapote, elle relâche un aérosol frais, encore “jeune”. Dans les minutes qui suivent, cet aérosol se dilue, se dépose sur des surfaces, et réagit avec l’air intérieur. Après 30 à 90 minutes, on ne parle plus du même nuage, même si on ne voit plus rien.

L’air d’un logement contient souvent un peu d’ozone. Une partie vient de l’air extérieur qui entre par les fenêtres. Une autre peut venir de certaines sources en intérieur. Cet ozone peut réagir avec des composés de la vapeur, surtout avec certains arômes et solvants. Le résultat, c’est la formation de nouveaux produits, dont des peroxydes, qui sont des oxydants.

Dans l’étude citée plus haut, les chercheurs ont créé une vapeur à partir d’un liquide simplifié. Il contenait un seul arôme (un terpène à odeur florale), sans nicotine. Ils l’ont vaporisé avec deux modèles de vape pens, dans une chambre contenant de l’ozone, puis ils ont laissé la plume vieillir 90 minutes avant analyse. Ce cadre est volontairement contrôlé, donc ce n’est pas “toute la vraie vie”. Mais c’est utile pour voir les réactions possibles, sans bruit de fond.

Le rôle de l’ozone intérieur et des réactions chimiques

L’ozone est un peu comme un invité qui réagit avec ce qu’il trouve. Il peut transformer des molécules en d’autres molécules, parfois plus agressives pour les tissus. Dans ce travail, l’attention s’est portée sur des oxydants formés après contact entre ozone et composés organiques de la vape.

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Pourquoi parler d’oxydants? Parce qu’ils peuvent favoriser la création de radicaux libres quand ils rencontrent un milieu humide, comme le film liquide qui tapisse les voies respiratoires. Cette idée ne dit pas que chaque bouffée passive rend malade. Elle décrit un mécanisme plausible, surtout si l’exposition se répète.

Des particules très petites qui se chargent en métaux et composés réactifs

Un autre point ressort de l’analyse des aérosols âgés: la présence de métaux. Les particules collectées contenaient des ions de fer, d’aluminium et de zinc. On trouvait aussi des traces de métaux lourds, dont le plomb, l’arsenic et l’étain.

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Ce qui inquiète le plus, c’est la taille. Les particules ultrafines (les plus petites) portaient une part plus élevée de métaux et de composés oxydants, comparées aux particules plus grosses. En clair, plus c’est petit, plus ça peut être chargé, même si la masse totale est faible.

Pourquoi les particules ultrafines inquiètent les poumons

Les poumons ne filtrent pas l’air comme un masque. Les plus grosses particules se déposent plus tôt, dans le nez ou la gorge. Les particules ultrafines, elles, peuvent descendre très bas, jusqu’aux zones d’échange d’oxygène.

Ces zones s’appellent les alvéoles. Elles sont fines, humides, et très riches en petits vaisseaux. C’est une surface faite pour laisser passer l’oxygène, pas pour encaisser des agresseurs chimiques. Quand une particule arrive là, sa taille lui donne un avantage mécanique, elle passe plus loin. Sa chimie peut faire le reste.

Un point important est le rapport taille-effet. À masse égale, les particules ultrafines ont une grande surface. Elles offrent plus de points de contact avec les tissus et les fluides. Si elles transportent des métaux et des oxydants, elles peuvent déclencher plus de réactions dans un petit volume.

Radicaux libres, stress oxydant, une image facile à comprendre

Les radicaux libres se comprennent bien avec une image simple. Pensez à des étincelles chimiques. Une étincelle seule peut s’éteindre vite. Mais si elles se forment en série, elles peuvent abîmer ce qu’elles touchent, comme une rouille rapide sur du métal.

Dans l’expérience, les chercheurs ont mis les particules vieillies dans une solution aqueuse, pensée pour imiter un milieu humide proche des fluides pulmonaires. Résultat marquant: les particules ultrafines ont généré environ 100 fois plus de radicaux, par unité de masse, que les particules plus grosses. Ce chiffre ne prédit pas une maladie chez une personne donnée. Il signale une capacité élevée à produire des réactions d’oxydation.

À l’échelle du corps, un excès d’oxydation favorise l’irritation, puis l’inflammation. Si l’exposition se répète, la gêne peut devenir plus fréquente, avec une respiration moins confortable. Chez certaines personnes, cela peut aussi peser sur la fonction respiratoire, surtout quand les poumons sont déjà fragiles.

Qui est le plus à risque en cas d’exposition répétée

Tout le monde ne réagit pas de la même façon. Les personnes avec asthme ou BPCO (COPD) partent avec moins de marge. Un air irritant peut déclencher des symptômes plus vite, avec toux, sifflement, ou oppression.

Les enfants sont aussi plus exposés. Ils respirent plus vite, et leurs poumons sont en croissance. Les personnes âgées peuvent avoir des voies respiratoires plus sensibles. La grossesse mérite aussi une prudence simple, car la qualité de l’air compte pour la mère et le fœtus. Enfin, en cas d’infections respiratoires fréquentes, une plume vieillie peut ajouter une irritation de plus.

Même sans diagnostic, respirer souvent un air chargé peut gêner, surtout en petite pièce mal ventilée. L’absence d’odeur ne suffit pas pour conclure que tout est parti.

Exposition passive à la vape, situations courantes et comment réduire le risque

L’exposition passive ne se limite pas à “être à côté” d’un vapoteur. Elle peut aussi venir d’un passage dans une pièce après usage. Elle peut se produire en doses faibles, mais répétées, plusieurs fois par jour ou plusieurs jours par semaine. C’est là que la notion de répétition prend du sens.

On la retrouve dans des scènes banales: un salon en soirée, une chambre, une cuisine sans fenêtre ouverte, une salle de pause, ou une voiture. La voiture est un cas à part, car l’air y est vite saturé, et la ventilation reste limitée, même vitre entrouverte.

Les endroits où la vapeur vieillit le plus vite

Les espaces fermés favorisent l’accumulation. Moins il y a d’air neuf, plus la vapeur reste longtemps. Elle peut aussi se déposer sur les meubles, les rideaux, ou les vêtements, puis se relâcher ensuite en petite quantité. L’air intérieur devient alors un mélange, avec des résidus, des réactions, et des particules en suspension.

Un piège courant est de se fier au nez. L’odeur d’un arôme peut disparaître avant que les particules fines aient quitté la pièce. Et une plume vieillie n’a pas besoin d’être visible pour exister.

Gestes simples pour moins respirer de plume vieillie

La mesure la plus efficace est simple: éviter de vapoter en intérieur. Vapoter dehors réduit l’exposition des proches, surtout des enfants et des personnes malades. Si ce n’est pas possible, l’aération doit durer, pas seulement quelques minutes. Ouvrir en grand aide plus qu’une fenêtre entrouverte, car on renouvelle mieux l’air.

Il faut aussi éviter la vape dans une voiture, même pour un trajet court. À la maison, fixer une zone sans vape protège l’air des pièces de vie. Tenir les personnes fragiles à distance réduit aussi la dose respirée. Une hotte ou une ventilation mécanique peut aider quand elle évacue vraiment l’air vers l’extérieur.

Les purificateurs d’air peuvent réduire une partie des particules, selon le modèle et le filtre. Mais ils ne remplacent pas l’arrêt de la source. Si la vape continue, le mélange continue aussi.

A retenir

Une vielle vapeur de vape change avec le temps, surtout en intérieur. Les particules ultrafines peuvent aller très profond dans les poumons, jusque dans les alvéoles. En milieu humide, ces particules vieillies peuvent produire beaucoup de radicaux, ce qui soutient un risque d’irritation si l’exposition se répète.

Il faut garder en tête les limites, car l’étude repose sur un cadre de labo, avec un liquide simplifié, et des conditions contrôlées. Mais le message pratique reste clair: protégez l’air intérieur, surtout autour des personnes fragiles. En cas de toux, gêne, ou souffle court qui dure, parlez-en à un professionnel de santé.“

 

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