Odorat : votre alimentation influe sur la qualité de votre sens olfactif

Auteur: François Lehn

relu par Dr Muriel Dodin

Publié le :

Odorat : votre alimentation influe sur la qualité de votre sens olfactif
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Une étude menée auprès de près de 6 700 adultes en Italie établit un lien entre alimentation et odorat.

Les personnes ayant une alimentation saine, riche en végétaux, reconnaissaient mieux les odeurs, mais cette association ne prouve pas un effet direct. Pour comprendre ces résultats, il faut distinguer le rôle de l’odorat et ce que les chercheurs ont mesuré.

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Votre alimentation pourrait jouer un rôle dans votre odorat

L’odorat intervient bien avant la première bouchée. Pendant le repas, les arômes atteignent aussi le nez depuis la bouche. Ils contribuent à la perception des saveurs et au plaisir de manger.

Un sens qui participe à l’équilibre nutritionnel

Lorsque les odeurs deviennent moins perceptibles, certains aliments perdent leur attrait. Les repas peuvent sembler plus fades, ce qui modifie parfois l’appétit et les choix alimentaires. Une baisse de l’odorat peut donc affecter la qualité de vie et l’état nutritionnel, sans que ces conséquences soient identiques chez chacun.

L’alimentation n’est cependant qu’une piste parmi d’autres. Selon le National Institute on Deafness and Other Communication Disorders, les causes des troubles de l’odorat comprennent les infections respiratoires, les problèmes de sinus et les traumatismes crâniens. Le vieillissement et le tabagisme peuvent également intervenir. Une perte persistante mérite un avis médical, plutôt qu’un changement alimentaire comme seule réponse.

Ce que mesure un test d’identification des odeurs

Pour évaluer l’odorat, les chercheurs peuvent utiliser un test validé plutôt que demander aux participants leur impression. Le test Sniffin’ Sticks présente des odeurs au moyen de dispositifs ressemblant à des feutres. Dans cette étude, les participants devaient identifier 16 odeurs.

Les personnes qui en reconnaissaient au plus 12 étaient classées comme présentant une hyposmie, c’est-à-dire une diminution de l’odorat. Ce seuil sert à comparer les groupes étudiés. Il ne signifie pas une perte totale de l’odorat. Le résultat renseigne sur l’identification des odeurs, une capacité qui mobilise aussi leur reconnaissance et leur association à un nom.

Ce qu’une étude menée auprès de près de 6 700 adultes a révélé

Publiée en 2026 dans Chemical Senses, l’étude sur l’alimentation et l’olfaction utilise les données du programme CHRIS, mené dans le Tyrol du Sud, en Italie. L’analyse portait sur 6 690 adultes, âgés en moyenne de 44,5 ans.

Les chercheurs ont comparé leurs habitudes alimentaires aux résultats du test. Leurs modèles tenaient compte de plusieurs facteurs, dont l’âge, le sexe, le tabagisme, l’indice de masse corporelle et l’hypertension.

Les habitudes alimentaires associées à un meilleur odorat

Plusieurs indices évaluant une alimentation saine ou riche en végétaux étaient associés à de meilleurs résultats d’identification des odeurs. Une consommation plus élevée de fruits et légumes allait également de pair avec une probabilité plus faible d’hyposmie. Les associations observées étaient modestes, ce qui limite leur portée pour une personne donnée.

Ces indices décrivent des habitudes d’ensemble. Ils ne permettent pas d’attribuer le résultat à un aliment précis. L’étude ne détermine pas non plus quelle quantité de fruits ou légumes pourrait améliorer l’odorat.

Pourquoi tous les régimes végétaux ne se valent pas

L’indice d’alimentation végétale malsaine, appelé uPDI, présentait une association inverse. Un score plus élevé était lié à de moins bonnes performances olfactives et à une probabilité accrue d’hyposmie. La qualité des aliments végétaux compte donc dans l’interprétation des résultats.

Une alimentation végétale peut faire une large place aux céréales complètes, aux légumes et aux fruits. Elle peut aussi privilégier des produits raffinés ou sucrés. Ces profils ne sont pas équivalents sur le plan nutritionnel. L’étude les distingue, mais elle ne démontre pas que l’un protège l’odorat ou que l’autre l’altère.

Ce que ces résultats ne permettent pas encore d’affirmer

La taille de l’échantillon apporte des informations utiles. Elle ne résout toutefois pas la principale limite méthodologique : cette étude est transversale, avec des mesures recueillies à un moment donné.

Alimentation et odorat : un lien à double sens

Impossible, avec ces données, d’établir ce qui précède l’autre. Une alimentation de meilleure qualité pourrait être liée au fonctionnement olfactif. À l’inverse, mieux percevoir les arômes pourrait favoriser certains choix alimentaires. Les deux phénomènes peuvent aussi dépendre de facteurs communs que les ajustements statistiques ne captent pas entièrement.

La consommation alimentaire était déclarée par les participants. Un questionnaire de fréquence alimentaire reste exposé aux oublis et aux erreurs d’estimation. Le test mesurait l’identification, sans couvrir toutes les fonctions olfactives, comme la détection ou la distinction entre odeurs.

Enfin, certaines associations perdaient leur signification statistique dans les analyses complémentaires tenant compte d’indicateurs cognitifs et de signes de maladie de Parkinson. Tous les résultats n’avaient donc pas la même solidité.

L’alcool ne constitue pas une recommandation de prévention

Les chercheurs ont aussi observé des associations favorables chez les consommateurs déclarés de café, de thé, de vin ou de bière. Ces comparaisons ne démontrent aucun bénéfice de ces boissons sur l’odorat. Elles peuvent refléter d’autres différences entre consommateurs et non-consommateurs.

Le cas de l’alcool appelle une prudence particulière. L’Organisation mondiale de la santé rappelle qu’aucun niveau de consommation n’est sans risque. Le vin et la bière ne doivent donc pas être recommandés pour préserver l’odorat. Une association statistique favorable sur un seul critère ne permet pas de conclure à un bénéfice global pour la santé.

En quelques mots

Une alimentation saine, riche en végétaux, était associée à un meilleur odorat donc une identification plus fine des odeurs dans cette population italienne. Les résultats restent modestes et ne prouvent pas qu’un changement de régime préserve l’odorat.

Une alimentation équilibrée demeure favorable à la santé générale. Des études longitudinales, suivant les participants dans le temps, sont nécessaires pour déterminer si elle peut aussi contribuer au maintien des capacités olfactives.

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