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Mettre fin aux mutilations génitales féminines: un appel mondial à l’action de l’OMS et de l’UNESCO

En 2026, les agences de l’ONU estiment qu’environ 4,5 millions de filles pourraient subir des mutilations génitales féminines souvent avant l’âge de cinq ans

Les mutilations génitales féminines (MGF) désignent toute atteinte volontaire aux organes génitaux externes d’une fille, sans raison médicale. Une phrase suffit pour poser le cadre, et il est clair: c’est une violation des droits humains, et aucun motif ne les justifie.

Pourtant, le risque reste massif. En 2026, les agences de l’ONU estiment qu’environ 4,5 millions de filles pourraient subir des MGF, souvent avant l’âge de cinq ans. Et le problème ne concerne pas seulement l’avenir: plus de 230 millions de filles et de femmes vivent déjà avec des effets qui durent toute une vie.

Ce billet a un but simple. Expliquer ce qui marche, ce qui bloque, et ce que chacun peut faire pour tenir l’objectif 2030. Les solutions existent, mais elles demandent de la constance, des moyens, et une parole claire.

MGF, impacts réels et pourquoi le temps presse jusqu’à 2030

Parler des MGF, ce n’est pas parler d’une “tradition” neutre. C’est parler d’un acte qui porte atteinte à l’intégrité, à la santé, et à la liberté des filles. Quand une norme sociale impose la douleur au nom de l’honneur, la société traite le corps des filles comme un terrain de contrôle. Peut-on appeler cela un choix?

Les effets se voient à plusieurs niveaux. Il y a des conséquences physiques, parfois immédiates, parfois tardives. Il y a aussi des effets psychiques, plus discrets, mais tenaces. À l’échelle d’un pays, ces effets se traduisent par des soins répétés, des complications à suivre, et des services de santé sous tension. Des estimations onusiennes situent le coût global de la prise en charge autour de 1,4 milliard de dollars par an, un poids qui aurait pu être évité par la prévention.

L’urgence s’explique aussi par le contexte. Quand l’école recule, quand la santé primaire manque de moyens, quand la protection de l’enfance se fragilise, les familles perdent des repères et des appuis. Dans ces périodes, les normes les plus dures reprennent de la place, et les filles paient le prix.

Une pratique qui blesse le corps et l’esprit, parfois pour toute une vie

Les MGF peuvent entraîner des douleurs persistantes et des infections. Elles peuvent aussi compliquer la grossesse et l’accouchement, avec des soins plus lourds et plus longs. Ce sont des risques médicaux connus, et ils ne relèvent pas d’un débat d’opinion.

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L’impact sur la santé mentale compte tout autant. Beaucoup de survivantes décrivent de l’anxiété, un stress durable, des troubles du sommeil, ou une difficulté à faire confiance. Demander de l’aide peut aussi sembler impossible, car le sujet est entouré de silence et de honte.

Il faut ajouter la pression sociale. Une fille peut grandir avec l’idée qu’elle doit “prouver” sa valeur. La communauté peut présenter l’acte comme un passage obligé. Dans ce climat, les survivantes ont besoin de soins adaptés, respectueux, et discrets, avec une prise en charge qui tient compte de leur histoire et de leur sécurité.

Où en est-on: des progrès plus rapides, mais fragiles

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Il y a de bonnes nouvelles, et elles reposent sur des années d’efforts. Dans plusieurs pays où les MGF sont fréquentes, une large part de la population dit soutenir l’abandon de la pratique, autour de deux personnes sur trois selon des synthèses onusiennes. Cette évolution compte, car une norme sociale ne change pas par décret, elle change quand l’idée d’abandon devient acceptable et partagée.

Les tendances montrent aussi une baisse du risque pour les filles. Après des décennies de progrès lents, l’accélération des dix dernières années a compté. On décrit souvent cette baisse comme un passage d’environ une fille sur deux à une sur trois dans les pays concernés, même si la situation varie selon les régions et les générations.

Cette fragilité impose une règle: ne pas relâcher. Les gains jusqu’ici ressemblent à un barrage réparé après une crue, il tient tant qu’on entretient les fondations.

Ce qui fonctionne pour mettre fin aux MGF, et ce qui menace les avancées

Les approches efficaces ont un point commun: elles ne se contentent pas d’informer, elles changent les conditions qui rendent l’acte “normal”. L’éducation à la santé aide, mais elle marche mieux quand elle s’accompagne de discussions au sein des familles, de messages portés par des personnes respectées, et de services accessibles.

Les programmes qui avancent s’appuient sur les parents, les jeunes, les leaders religieux et communautaires, et les soignants. Les médias locaux comptent aussi, radio, télévision, presse, et réseaux sociaux, parce qu’ils répètent des messages simples: une fille a des droits, la violence n’a pas de place, la loi protège.

Il existe aussi des menaces claires. La “médicalisation”, quand on prétend que l’acte deviendrait acceptable s’il est réalisé par un soignant, brouille le message. Elle donne une fausse impression de sécurité, alors que l’atteinte reste une violation des droits, et que les risques ne disparaissent pas. Une autre menace tient aux coupes de budgets, quand les actions de terrain et les services aux survivantes perdent des moyens.

Changer les normes sociales, pas seulement informer

Une affiche ne change pas une norme, pas plus qu’un cours unique ne change une pratique installée. Ce qui compte, c’est la répétition, la cohérence, et la confiance. Quand une sage-femme, un enseignant, un chef religieux, et un groupe de jeunes tiennent le même discours, la communauté entend un signal fort.

Les mouvements menés par les communautés ont un rôle central. Ils créent des espaces où l’on peut parler sans humiliations. Ils aident les parents à dire non, sans se retrouver isolés. Ils montrent aussi que l’abandon n’est pas une rupture avec l’identité, mais un choix de protection.

L’école reste un lieu clé, car elle donne des mots simples pour parler des droits, de la santé, et du respect du corps. Et quand les filles restent scolarisées, elles gagnent du temps, des appuis, et des adultes de confiance.

Quand les budgets baissent, les filles paient le prix

Quand les financements diminuent, on voit des effets concrets. Moins de visites à domicile, moins de médiation, moins de suivi, moins de points d’écoute. Les services de santé et de protection reçoivent plus de demandes, avec moins de personnel.

L’argument économique renforce le message, sans remplacer l’argument moral. Des analyses partagées par les agences onusiennes indiquent qu’un dollar investi dans la fin des MGF peut produire environ dix dollars de retombées, en coûts évités et en bénéfices sociaux. Elles avancent aussi qu’un effort global autour de 2,8 milliards de dollars pourrait éviter des dizaines de millions de cas, avec des retours estimés bien plus élevés. L’idée est simple: prévenir et soutenir coûte moins cher que réparer les dégâts.

Un financement stable protège aussi les survivantes. Sans moyens, les soins spécialisés, le soutien psy, et l’aide juridique deviennent inégaux, parfois inaccessibles.

Un appel à l’action clair: ce que chacun peut faire, et comment soutenir les survivantes

Chacun peut agir à son niveau, sans se mettre en danger, ni mettre une famille en danger. Un parent peut parler tôt des droits et du respect du corps, avec des mots simples. Un enseignant peut repérer un silence inhabituel, ou une inquiétude liée à un voyage, et demander conseil à des personnes formées. Un soignant peut poser des questions avec tact, et orienter vers des services adaptés, en respectant la confidentialité.

Les responsables locaux et les associations peuvent renforcer les espaces sûrs, soutenir les réseaux de jeunes, et travailler avec des leaders religieux et communautaires qui refusent la pratique. Les entreprises et les bailleurs peuvent financer des programmes de prévention, mais aussi des services pour les survivantes, car l’accompagnement ne s’arrête pas au “non”. Il inclut des soins complets, un soutien psy, et, selon le contexte, une aide juridique.

Mettre les survivantes au centre change tout. Leur parole guide les priorités, à condition qu’elle soit recueillie avec respect, et sans exposition.

Parler des MGF sans juger, et protéger les filles au bon moment

La façon de parler compte. Accuser ferme les portes, écouter les ouvre. Il faut nommer les MGF clairement, rappeler les droits, et rappeler la loi quand c’est utile, sans transformer la discussion en procès de famille.

La prévention doit commencer tôt, car beaucoup de filles à risque sont très jeunes. Les rendez-vous de santé, la petite enfance, et l’école sont des moments où l’on peut informer, repérer, et orienter. Si un doute existe, mieux vaut chercher l’aide d’un service formé, plutôt que d’agir seul. La sécurité passe avant tout.

A retenir

Les MGF causent des dommages graves, et ils sont évitables. Les solutions sont connues, et les résultats existent déjà, avec une baisse du risque dans plusieurs pays et un soutien public plus large à l’abandon. Mais ces progrès restent fragiles, surtout quand les budgets baissent et quand la médicalisation brouille le message.

Tenir jusqu’à 2030 demande une ligne claire: financer les programmes locaux, écouter les survivantes, et défendre des services solides en santé, éducation, et protection de l’enfance. La question finale est simple: que choisissons-nous de protéger, si ce n’est les filles et leurs droits?

 

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