Les médicaments pour perdre du poids, Ozempic et Wegovy favorisent la perte de cheveux

Auteur: François Lehn

Publié le:

Les médicaments pour perdre du poids, Ozempic et Wegovy favorisent la perte de cheveux
Chez les adultes atteints de diabète de type 2, les médicaments pour perdre du poids, Ozempic et Wegovy, sont associés à davantage d'alopécie non cicatricielle que deux autres classes de médicaments

Une chute de cheveux peut inquiéter lorsqu’elle apparaît après le début d’un traitement par Ozempic, Wegovy ou un autre agoniste du GLP-1. Les médicaments GLP-1 liés à une perte de cheveux temporaire font désormais l’objet de données plus précises, mais le risque absolu reste faible.

La plupart des patients ne signalent aucune perte capillaire importante. Quand elle survient, elle est souvent réversible et doit être analysée sans arrêter seul un traitement utile contre le diabète ou l’obésité.

Médicaments GLP-1 liés à une perte de cheveux temporaire : voici pourquoi

Des chercheurs de Penn Medicine ont étudié les dossiers médicaux électroniques d’adultes atteints de diabète de type 2, entre janvier 2019 et septembre 2024. Leur travail, publié dans le BMJ, compare les utilisateurs de GLP-1 à ceux prenant d’autres médicaments antidiabétiques.

La première comparaison portait sur 12 004 personnes traitées par GLP-1 et 15 221 traitées par inhibiteurs de SGLT-2. La seconde incluait 11 964 utilisateurs de GLP-1 et 11 238 utilisateurs d’inhibiteurs de DPP-4. Le risque observé d’alopécie non cicatricielle était supérieur de 37 % face aux inhibiteurs de SGLT-2, et de 68 % face aux inhibiteurs de DPP-4.

Ces pourcentages peuvent sembler élevés. Dans les faits, environ six à sept personnes sur 1 000 traitées par GLP-1 ont eu chaque année une chute de cheveux enregistrée dans leur dossier. Il s’agit d’une étude observationnelle. Elle établit une association, pas une preuve que le médicament provoque directement la chute.

Une alopécie qui n’abîme pas les follicules

L’alopécie non cicatricielle désigne une perte de cheveux sans destruction durable des follicules. Le cuir chevelu garde donc, en principe, sa capacité à produire de nouveaux cheveux.

Elle peut prendre la forme d’un effluvium télogène, une chute diffuse qui survient après un stress pour l’organisme. L’alopécie androgénétique relève d’un autre mécanisme, souvent lié à une prédisposition familiale et hormonale. Dans le premier cas, la repousse est généralement possible après correction du facteur déclenchant.

La perte de poids rapide est une piste sérieuse

Les GLP-1 réduisent l’appétit et ralentissent la vidange de l’estomac. Chez certaines personnes, la baisse des apports alimentaires et la perte de poids deviennent rapides. Pour l’organisme, ce changement peut agir comme un signal d’alerte.

Le cycle du cheveu se modifie alors. Plusieurs mois plus tard, souvent entre trois et six mois, une chute diffuse peut devenir visible. Le traitement peut y contribuer indirectement, mais l’étude ne permet pas de séparer la part du médicament de celle de l’amaigrissement.

Une chute apparue après une perte de poids rapide ne signifie pas que les cheveux sont perdus définitivement.

Pourquoi la perte de cheveux varie d’une personne à l’autre

Les médicaments GLP-1 liés à une perte de cheveux temporaire ne touchent pas tous les patients de la même façon. La vitesse d’amaigrissement, l’état nutritionnel, les antécédents capillaires et la santé générale pèsent dans la balance.

Une alimentation devenue trop restrictive peut manquer de protéines, de fer, de zinc ou de biotine. Ces éléments participent à la croissance normale du cheveu. Les femmes ayant de faibles réserves en fer, les personnes ayant subi une chirurgie bariatrique et celles qui réduisent fortement leurs calories peuvent remarquer davantage de chute.

Les troubles de la thyroïde, une infection récente, un stress prolongé, un changement hormonal ou une alopécie androgénétique doivent aussi être recherchés. Le ralentissement de la vidange gastrique peut modifier l’absorption de certains traitements oraux, dont les hormones thyroïdiennes ou sexuelles. Cette possibilité mérite une évaluation médicale au cas par cas.

Que faire face à une chute de cheveux sous GLP-1 ?

La première règle est simple : ne modifiez pas votre dose et n’arrêtez pas le traitement sans parler au professionnel qui vous suit. Pour beaucoup de patients, les bénéfices métaboliques sur le diabète de type 2 et le poids dépassent largement le risque d’une chute temporaire.

Un rendez-vous permet de retracer le calendrier précis des symptômes, l’évolution du poids et les habitudes alimentaires. Selon la situation, le médecin peut demander un bilan du fer, de la vitamine B12 ou de la thyroïde. Une consultation dermatologique est indiquée si la chute persiste, forme des plaques, ou s’accompagne de démangeaisons et de lésions du cuir chevelu.

Pendant cette période, mieux vaut viser une perte de poids progressive, préserver un apport suffisant en protéines et éviter les régimes extrêmes. Limiter les décolorations, la chaleur excessive et les coiffures qui tirent sur les racines peut aussi réduire la casse. Les conseils de la British Association of Dermatologists sur l’effluvium télogène vont dans le même sens.

Un rapport bénéfices-risques à discuter individuellement

Les données disponibles invitent à informer les patients, sans dramatiser. Les inhibiteurs de SGLT-2 et de DPP-4 peuvent être des options pour certains profils, mais ils ne conviennent pas à tout le monde. Le choix dépend du diabète, des antécédents, des autres traitements et des objectifs de poids.

L’analyse relayée par le BMJ Group rappelle que la chute de cheveux reste peu fréquente. Une personne déjà sujette aux carences, à l’alopécie ou à une perte de poids rapide mérite un suivi plus attentif.

À retenir

Chez les adultes atteints de diabète de type 2, les médicaments pour perdre du poids, Ozempic et Wegovy, sont associés à davantage d’alopécie non cicatricielle que deux autres classes de médicaments. Le risque individuel demeure faible, et la perte est souvent temporaire.

Une chute de cheveux appelle une recherche des causes corrigeables, surtout les carences, la thyroïde et la rapidité de la perte de poids. Garder un suivi médical régulier reste la meilleure façon de protéger à la fois la santé métabolique et les cheveux.

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